Naissance
Alise-Sainte-Reine (21), France
Décès
Nationalité
Astrologie

Anniversaire historique

Cette année marque le 150ᵉ anniversaire de sa naissance.

Biographie

Prêtre catholique, résistant héroïque et homme politique influent, Félix Kir a marqué l'histoire de la Bourgogne par sa personnalité haute en couleur et son engagement public. Maire emblématique de Dijon, il a laissé un héritage durable tant par ses réalisations urbaines que par sa contribution à la culture gastronomique française.


Parcours

Entré au petit séminaire de Plombières-lès-Dijon puis au grand séminaire de Dijon, Félix Kir est ordonné prêtre en 1901. Après avoir exercé son ministère dans plusieurs paroisses rurales, il devient curé de Bèze en 1910, puis est nommé à la tête de la paroisse de Nolay en 1924. Son destin bascule avec la Seconde Guerre mondiale. En 1940, alors que les autorités civiles ont quitté Dijon face à l'avancée allemande, il est nommé membre du conseil municipal provisoire et organise l'aide à la population. Son activité de résistant, marquée par l'organisation d'évasions de prisonniers de guerre du camp de Longvic, lui vaut plusieurs arrestations par la Gestapo et une condamnation à mort, commuée grâce à sa notoriété religieuse. Grièvement blessé lors d'un attentat commis par des collaborateurs en 1944, il survit miraculeusement et devient l'un des visages majeurs de la Libération dans l'est de la France.

À la Libération, son aura de "prêtre-résistant" le propulse sur le devant de la scène politique. Élu maire de Dijon en 1945, il conserve ce mandat sans interruption jusqu'à son décès en 1968. Parallèlement, il siège à l'Assemblée nationale en tant que député de la Côte-d'Or sous l'étiquette du Centre national des indépendants et paysans. Son action municipale est marquée par de grands travaux de modernisation, notamment la création d'un lac artificiel de trente-sept hectares à l'entrée ouest de la ville, baptisé ultérieurement lac Kir. Diplomate atypique, il prône le rapprochement entre les peuples durant la Guerre froide et initie de nombreux jumelages, dont celui avec Volgograd. Bien que controversé pour ses prises de position indépendantes et son caractère impétueux, le chanoine Kir demeure une figure tutélaire de la vie politique française, incarnant une synthèse singulière entre sa foi chrétienne et son dévouement républicain.


Repères chronologiques

1876 : Naissance de Félix Kir à Alise-Sainte-Reine.
1901 : Ordonnance sacerdotale au diocèse de Dijon.
1931 : Nomination comme chanoine de la cathédrale Saint-Bénigne de Dijon.
1940 : Engagement dans la résistance et aide à l'évasion de 5 000 prisonniers français.
1944 : Victime d'une tentative d'assassinat par des miliciens français.
1945 : Élection à la mairie de Dijon et à l'Assemblée nationale.
1946 : Décoration de la Légion d'honneur pour ses faits de résistance.
1951 : Officialisation du cocktail "Kir" comme boisson d'accueil municipale.
1953 : Élection comme doyen d'âge de l'Assemblée nationale.
1959 : Rencontre historique avec le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev.
1964 : Inauguration du lac artificiel de Dijon.
1966 : Reconnaissance officielle de son action par l'État d'Israël.
1968 : Décès du chanoine Kir à l'âge de 92 ans.


Vie personnelle et engagements

Fils d'un père d'origine alsacienne et d'une mère bourguignonne, Félix Kir grandit dans un milieu modeste au pied du mont Auxois. Orphelin de père très jeune, il suit sa vocation religieuse avec une détermination qui ne le quittera jamais. Bien que n'ayant jamais eu d'épouse ni d'enfants en raison de son sacerdoce, il considérait les habitants de Dijon comme sa propre famille. Son style de vie resta spartiate malgré ses hautes fonctions, conservant sa soutane noire comme unique habit, même dans l'enceinte de l'Assemblée nationale, où il siégeait avec une verve légendaire.

Félix Kir cultivait des relations avec des personnalités de tous bords, de Nikita Khrouchtchev, qu'il reçut à Dijon malgré l'opposition de sa hiérarchie, au général de Gaulle. Membre fondateur du mouvement des villes jumelées, il était un défenseur acharné de la paix mondiale et de la fraternité européenne. Passionné de terroir, il a donné son nom à l'apéritif traditionnel de Bourgogne en autorisant officiellement les producteurs de crème de cassis à utiliser son patronyme pour désigner le mélange vin blanc aligoté et cassis, contribuant ainsi au rayonnement de la gastronomie locale.


Contexte du décès

Le chanoine Kir décède le 25 avril 1968 à son domicile de la cure de la cathédrale Saint-Bénigne à Dijon, après une chute accidentelle ayant entraîné des complications pulmonaires. Ses obsèques nationales, célébrées en la cathédrale Saint-Bénigne, rassemblent une foule immense de Dijonnais et de nombreuses personnalités politiques, dont le garde des Sceaux Louis Joxe représentant le gouvernement. Le général de Gaulle a salué la mémoire d'un "grand Français". L'éloge funèbre a mis en avant son courage pendant l'Occupation. Sa dépouille est inhumée au cimetière de son village natal, Alise-Sainte-Reine, lors d'une cérémonie marquée par une grande émotion populaire et la présence de délégations des villes jumelées.


Lieux de mémoire

Sa sépulture se trouve dans le cimetière d'Alise-Sainte-Reine, en Côte-d'Or. À Dijon, le lac Kir demeure le principal lieu de mémoire physique en son honneur. Une statue à son effigie est également installée près du quartier de la Fontaine d'Ouche, et son nom est porté par de nombreuses rues et places dans toute la région Bourgogne.


Anecdotes

1 - Le chanoine Kir est le seul prêtre de l'histoire de France à avoir siégé à l'Assemblée nationale en soutane, bravant la loi de séparation des Églises et de l'État par une tolérance coutumière exceptionnelle accordée à son statut de résistant.
2 - On raconte qu'un député communiste l'ayant interpellé sur son habit religieux, le chanoine lui aurait répondu avec humour qu'il préférait sa soutane aux vestes que ses collègues politiques retournaient un peu trop souvent.
3 - En 1960, le Vatican lui interdit de recevoir officiellement Nikita Khrouchtchev à Dijon pour des raisons politiques. Le chanoine s'éclipsa temporairement pour éviter la confrontation, mais la rencontre eut finalement lieu plus tard à Paris.
4 - L'usage de son nom pour le cocktail "Kir" fut acté par une lettre officielle du 20 novembre 1951, où il accordait l'exclusivité du nom à la maison Lejay-Lagoute, avant que le terme ne devienne un nom commun international.


Points clés

- Métier(s) : Prêtre, Homme politique, Résistant.
- Résidence principale : Dijon (France).
- Relations de couple : Célibataire (Sacerdoce).
- Enfants : Aucun.
- Distinctions : Commandeur de la Légion d'honneur, Croix de guerre 1939-1945.

Explorer

Autres responsables politiques nés dans les années 1870

Questions autour de Félix Kir

Qui est né le même jour que Félix Kir ?
Luidji, Robert E. Howard, Lord Byron, Bigflo et Isabelle Nanty sont nés le 22 janvier comme Félix Kir.
À quel âge est mort Félix Kir ?
Félix Kir est mort à 92 ans, le 25 avril 1968.
Qui est mort le même jour que Félix Kir ?
Louise Labé, Jacques Rouxel, Michele Alboreto, Ginger Rogers et Laurent Cantet sont morts le 25 avril comme Félix Kir.
Quels responsables politiques français sont du signe Verseau comme Félix Kir ?
Lien copié dans le presse-papier !