Frank Serpico, de son nom complet Francesco Vincent Serpico, est un ancien détective américain du NYPD né le 14 avril 1936 à Brooklyn, New York, d'origine italienne. Il est principalement connu pour avoir dénoncé la corruption systémique au sein de la police de New York à la fin des années 1960, acte qui inspira le film Serpico de Sidney Lumet (1973).
Fils d'immigrants italiens originaires de Marigliano, dans la province de Naples, Frank Serpico grandit à Brooklyn dans un environnement ouvrier marqué par les valeurs de travail et d'intégrité transmises par son père, Vincenzo Serpico, artisan cordonnier. Après avoir obtenu son diplôme au St. Francis Preparatory School en 1954, il s'engage dans l'armée américaine à l'âge de dix-sept ans et sert deux ans en Corée du Sud en tant que fantassin. De retour aux États-Unis, il travaille parallèlement comme enquêteur privé et conseiller pour la jeunesse tout en suivant des cours au Brooklyn College, puis au City College of New York, où il obtient une licence. Le 11 septembre 1959, il intègre le NYPD comme patrouilleur probatoire, réalisant un rêve d'enfance nourri par l'admiration qu'il portait à son oncle, membre des carabinieri italiens. Il est assermenté plein patrolman le 5 mars 1960 et affecté au 81e commissariat de Brooklyn, avant d'être muté au Bureau d'identification criminelle puis aux unités plainclothes du Bronx et de Manhattan.
C'est dans ces unités en civil que Frank Serpico prend conscience de l'étendue de la corruption organisée au sein du NYPD : pots-de-vin perçus auprès de bookmakers, de trafiquants de drogue et de propriétaires de commerces, partage systématisé des produits illicites entre collègues. Seul à refuser de participer à ces pratiques — refusant même les repas offerts « on the arm » —, il commence dès 1967 à signaler des preuves de corruption généralisée aux autorités compétentes, sans réaction. Il contacte alors son collègue David Durk, qui partage ses convictions, et tous deux transmettent leurs informations au journaliste David Burnham du New York Times. Le 25 avril 1970, le journal publie en une un article détaillant l'ampleur du système, forçant le maire John V. Lindsay à constituer la commission Knapp. Le 3 février 1971, lors d'une opération anti-drogue au 778 Driggs Avenue à Williamsburg, Serpico est grièvement blessé d'une balle en plein visage. Ses trois coéquipiers ne lui portent pas secours ; c'est un voisin qui alerte les secours. Sorti de l'hôpital, Serpico témoigne devant la commission Knapp, devenant le premier policier de l'histoire du NYPD à dénoncer publiquement la corruption interne. Il prend sa retraite le 15 juin 1972, un mois après avoir reçu la Medal of Honor — la plus haute distinction du NYPD —, qui lui est remise sans cérémonie.
1936 : naissance le 14 avril à Brooklyn, New York, dernier de quatre enfants de Vincenzo et Maria Giovanna Serpico
1954 : diplôme au St. Francis Preparatory School ; engagement dans l'armée américaine, stationné en Corée du Sud
1956 : retour aux États-Unis, travail comme enquêteur privé et conseiller pour la jeunesse ; études au Brooklyn College puis au City College of New York
1959 : intègre le NYPD comme patrouilleur probatoire le 11 septembre
1960 : assermenté plein patrolman le 5 mars ; affecté au 81e commissariat de Brooklyn
1967 : signale aux autorités des preuves documentées de corruption systémique au sein du NYPD, sans suite
1970 : le 25 avril, le New York Times publie en une l'article de David Burnham fondé sur ses informations ; le maire Lindsay crée la commission Knapp
1971 : le 3 février, blessé d'une balle en plein visage lors d'une opération à Williamsburg, Brooklyn ; témoigne devant la commission Knapp, premier policier du NYPD à le faire publiquement
1972 : reçoit la Medal of Honor du NYPD ; prend sa retraite le 15 juin ; part s'installer en Suisse puis aux Pays-Bas pour près d'une décennie
1973 : sortie du film Serpico de Sidney Lumet, avec Al Pacino dans le rôle-titre ; Al Pacino est nommé aux Oscars
1976 : adaptation en série télévisée sur NBC avec David Birney dans le rôle principal (diffusion jusqu'en 1977)
1980 : naissance de son fils Alexander Serpico ; retour aux États-Unis après le décès de sa compagne Marianne
2013 : reçoit le prix Saint-Michel-Archange décerné par l'ANPS USA, reconnaissance officielle de la police d'État italienne
2015 : se présente au conseil municipal de Stuyvesant (New York) ; battu aux élections
2022 : premier lauréat du prix humanitaire PMR de l'Université de Californie du Sud (USC) ; le NYPD lui fait parvenir en février le certificat de la Medal of Honor, cinquante ans après les faits
Frank Serpico est le fils de Vincenzo Serpico, cordonnier artisan, et de Maria Giovanna Serpico, tous deux immigrés de Marigliano, dans la région de Campanie. Il est le benjamin de trois frères et sœurs : Pasquale, Salvatore et Tina. Il a contracté plusieurs unions successives — avec Mary Ann Wheeler (1957-1962), Leslie Lane (1963-1965), Laurie Young (1966-1969) et Marianne Serpico, compagne néerlandaise décédée d'un cancer en 1980. Il a un fils, Alexander Serpico, né hors mariage le 15 mars 1980, dont il a assuré la pension alimentaire à la suite d'une décision de justice. Serpico détient la double nationalité américano-italienne, obtenue en 2013 grâce à la reconnaissance du jus sanguinis par l'ANPS USA, avec le soutien du ministère de l'Intérieur italien. Il réside dans la région d'Albany, dans l'État de New York.
Après son retour en Amérique dans les années 1980, Frank Serpico s'est imposé comme conférencier et militant pour la réforme des forces de l'ordre, prenant publiquement position lors des affaires Amadou Diallo (1999) et George Floyd (2020). Il préfère le terme de « lamplighter » (allumeur de réverbères) à celui de lanceur d'alerte, en référence au signal de Paul Revere, car il estime que ce terme valorise davantage l'acte civique. Il apporte son soutien à des individus poursuivant la vérité au risque de leur carrière, via des associations telles qu'Americans Who Tell the Truth. En 2022, il a été désigné premier lauréat du prix humanitaire PMR de l'Université de Californie du Sud par le docteur Erroll Southers, fondateur du Police Misconduct Registry.
1 - Enfant, Frank Serpico travaillait comme cireur de chaussures dans la boutique de son père à Brooklyn. Un policier ayant quitté la boutique sans payer, le jeune Frank exigea un paiement anticipé lors de sa visite suivante ; l'officier repartit sans ses chaussures et ne revint plus.
2 - Lorsque le NYPD lui remit la Medal of Honor en 1972, il n'y eut aucune cérémonie : selon Serpico, la distinction lui fut simplement tendue par-dessus un bureau, comme on tend un paquet de cigarettes — ses propres mots, rapportés à plusieurs journalistes.
3 - Avant le tournage du film Serpico, Al Pacino invita Frank Serpico dans sa maison de Montauk. Assis face à l'océan, l'acteur lui demanda pourquoi il n'avait pas simplement encaissé les pots-de-vin pour les redistribuer ensuite. Serpico répondit : « Si je l'avais fait, qui aurais-je été quand j'écoutais Beethoven ? » Cette réplique convainquit Pacino d'accepter le rôle, selon ses mémoires publiées en octobre 2024.
4 - Lors de l'opération du 3 février 1971, aucun des trois policiers présents ne porta secours à Serpico blessé. Ce fut un voisin du bâtiment, un citoyen anonyme, qui appela le 911. Par la suite, aucun collègue ne se présenta à l'hôpital de Greenpoint pour donner son sang, contrairement à la pratique habituelle entre policiers.
5 - Bien qu'ayant servi sous couverture pendant des années, Serpico adoptait une apparence délibérément anticonformiste au sein du NYPD : longs cheveux, barbe fournie, boucle d'oreille, jean et veste en cuir. Cette apparence, qui facilitait son travail en civil, lui valut régulièrement des frictions avec sa hiérarchie.
6 - En 2015, à près de quatre-vingts ans, Frank Serpico se présenta pour la première fois de sa vie à une élection, briguant un siège au conseil municipal de Stuyvesant, New York. Il perdit le scrutin.
- Métier(s) : ancien détective du NYPD, conférencier, militant pour la réforme policière
- Résidence principale : région d'Albany, État de New York
- Relations de couple : Mary Ann Wheeler (1957-1962), Leslie Lane (1963-1965), Laurie Young (1966-1969), Marianne Serpico (1973-1980, décédée)
- Enfants : Alexander Serpico (né le 15 mars 1980)
- Distinctions : Medal of Honor du NYPD (1972) ; prix Saint-Michel-Archange de l'ANPS USA (2013) ; prix humanitaire PMR de l'USC (2022)