Geronimo, de son nom apache Goyathlay (« celui qui baille »), est un chef de guerre et homme-médecine amérindien de la nation Chiricahua-Bedonkohe, né en juin 1829 au Nouveau-Mexique. Dernier résistant apache à déposer les armes en 1886, il a tenu en échec simultanément les armées américaine et mexicaine pendant près de trois décennies.
Goyathlay naît en juin 1829 à Nodoyohn Canyon, en bordure de la rivière Gila, dans le territoire alors mexicain du Nouveau-Mexique, au sein de la bande Bedonkohe des Apaches Chiricahuas. Fils de Taa Di Tlish Hn et de Gha Den Dini, il grandit selon les traditions guerrières de sa tribu et est admis au conseil de guerre des Apaches Chiricahuas dès 1846. En 1858, un détachement de soldats mexicains massacre sa mère, son épouse Alope et ses trois enfants près d'un village apache nommé Kas-ki-yeh. Ce deuil radical transforme l'homme : il entreprend des raids de représailles en territoire mexicain. Le 30 septembre 1859, jour de la Saint-Jérôme, il venge les siens lors d'un combat acharné ; les soldats mexicains, terrifiés, invoquent « Gerónimo ! » pour appeler saint Jérôme à leur secours. Il adopte ce cri comme son nom de guerre. Homme-médecine respecté plutôt que chef au sens institutionnel, Geronimo acquiert une autorité fondée sur le prestige et les capacités prophétiques que lui prêtent les siens. Il combat aux côtés des chefs Cochise et Mangas Coloradas lors de la bataille d'Apache Pass en octobre 1862. Lorsque Mangas Coloradas, contre l'avis de Geronimo, se rend au Fort McLane en janvier 1863 pour négocier un traité, il est arrêté, exécuté, et son corps mutilé.
En 1871, après dix ans de guerre, les Apaches Chiricahuas dirigés par Cochise négocient un accord de paix sous l'impulsion de l'agent Tom Jeffords et obtiennent la création d'une réserve sur leurs terres ancestrales. Mais en 1876, les autorités américaines ferment la réserve Chiricahua et déportent les Indiens vers la réserve aride de San Carlos, en Arizona. Geronimo s'y refuse : il s'enfuit, est arrêté l'année suivante par l'agent John P. Clum, transféré de force, puis s'échappe à nouveau. En 1881, à la suite de la mort du leader spirituel apache Nochedelklinne, tué par des soldats, Geronimo, Naiche (fils de Cochise) et le chef Juh fuient une nouvelle fois et lancent des raids meurtriers en Arizona et au Nouveau-Mexique. Le général George Crook est dépêché pour les traquer jusqu'au Mexique. Après plusieurs renditions et nouvelles évasions, Geronimo se rend définitivement le 4 septembre 1886 à Skeleton Canyon, face au général Nelson Miles, avec 16 guerriers, 12 femmes et 6 enfants. Sur ordre du président Grover Cleveland, il est incarcéré à Fort Pickens en Floride, avant d'être transféré à Fort Sill, en Oklahoma, en 1894, où il demeurera prisonnier de guerre jusqu'à sa mort.
1829 : naissance en juin à Nodoyohn Canyon (Nouveau-Mexique, alors Mexique), au sein de la bande apache Bedonkohe
1846 : admission au conseil de guerre des Apaches Chiricahuas
1858 : massacre de sa mère, de son épouse et de ses trois enfants par l'armée mexicaine près de Kas-ki-yeh
1859 : bataille du 30 septembre contre les soldats mexicains ; adoption du nom Geronimo
1862 : participation à la bataille d'Apache Pass aux côtés de Cochise et de Mangas Coloradas
1871 : accord de paix entre les Chiricahuas et les États-Unis, négocié sous l'impulsion de Tom Jeffords ; création d'une réserve
1876 : fermeture de la réserve Chiricahua par les autorités américaines ; déportation vers San Carlos
1881 : évasion de San Carlos avec Naiche et Juh ; début de la phase finale de résistance armée
1883 : traque dans les repaires mexicains par le général George Crook
1884 : retour dans la réserve de San Carlos
1885 : nouvelle évasion le 17 mai avec 35 guerriers et 109 femmes et enfants
1886 : reddition définitive le 4 septembre à Skeleton Canyon face au général Nelson Miles ; incarcération à Fort Pickens (Floride)
1894 : transfert à Fort Sill (Oklahoma), où il devient rancher et agriculteur
1904 : présence à l'Exposition universelle de Saint-Louis ; vente de souvenirs et de photographies
1905 : participation à la parade d'inauguration du président Theodore Roosevelt
1906 : dictée de ses mémoires à Stephen Melvil Barrett, surintendant de l'éducation de Lawton (Oklahoma), avec Asa Daklugie comme interprète
1909 : décès le 17 février à Fort Sill d'une pneumonie, en qualité de prisonnier de guerre
Geronimo est né de Taa Di Tlish Hn, son père, et de Gha Den Dini, sa mère, dont le nom apache signifie « celle qui est traversée par la lumière ». Il est le petit-fils du chef Mahko. Il a eu neuf épouses successives ou simultanées, dont Alope, massacrée en 1858, ainsi que Chee-hash-kish, Nana-tha-thtith, Zi-yeh, She-gha, Shtsha-she, Ih-tedda et Azul. Parmi ses enfants documentés figurent Chappo et Dohn-say. Sa soeur Ishton épousa le chef apache Juh, qui était selon certaines sources cousin de Geronimo, et leur fils Asa Daklugie servit d'interprète lors de la dictée des mémoires en 1906. Geronimo n'a jamais pu regagner ses terres natales : sa demande d'être enterré au bord de la rivière Gila, en Arizona, ne fut jamais exaucée.
Transféré à Fort Sill en 1894, Geronimo se convertit au christianisme et pratiqua l'agriculture et l'élevage. Malgré une relative célébrité sur le tard, il demeura officiellement prisonnier de guerre jusqu'à son dernier souffle. Son arrière-petit-fils Harlyn Geronimo mena à partir de 2009 une bataille judiciaire contre la société secrète Skull and Bones de l'université Yale, accusée d'avoir profané la tombe de Fort Sill en 1918 et d'avoir conservé le crâne du guerrier. La procédure, intentée contre Barack Obama, le secrétaire à la Défense Robert Gates et le secrétaire à l'Armée Pete Geren, visait au retour des restes vers le Nouveau-Mexique. Skull and Bones n'a jamais confirmé ni infirmé détenir ces restes.
En février 1909, Geronimo fait une chute de cheval et passe une nuit dans le froid avant qu'un ami ne le découvre gravement malade. Il meurt d'une pneumonie le 17 février 1909 à Fort Sill, en Oklahoma, à l'âge d'environ 79 ans, toujours en qualité de prisonnier de guerre américain. Il aurait confié à son neveu qu'il regrettait de s'être rendu et de ne pas s'être battu jusqu'à la mort. Aucun hommage officiel de grande ampleur n'est documenté à sa mort immédiate dans les sources primaires consultées. L'année du centenaire de son décès, en 2009, son arrière-petit-fils Harlyn Geronimo engagea une action judiciaire fédérale pour récupérer ses restes.
Geronimo est inhumé au Beef Creek Apache Cemetery (cimetière des prisonniers de guerre apaches) de Fort Sill, en Oklahoma. Son dernier voeu était d'être enterré sur les terres de la rivière Gila, au Nouveau-Mexique. Cette demande n'a pas été respectée. Sa tombe fait l'objet d'une controverse persistante quant à l'intégrité des restes qui y sont conservés.
1 - Lorsqu'il dicte ses mémoires en 1906 à Stephen Melvil Barrett, Geronimo est contraint d'obtenir l'autorisation écrite du président Theodore Roosevelt pour que l'ouvrage puisse être publié : le gouverneur militaire de Fort Sill avait d'abord refusé la demande de Barrett.
2 - A l'Exposition universelle de Saint-Louis en 1904, Geronimo vend des photographies de lui-même et des souvenirs artisanaux signés ; il est l'une des attractions humaines les plus photographiées de l'événement, aux côtés des délégations de plusieurs dizaines de peuples autochtones.
3 - En 1905, il est l'un des chefs amérindiens conviés à défiler lors de la parade d'inauguration du président Theodore Roosevelt, aux côtés notamment de Quanah Parker et d'autres leaders des nations indigènes ; des photos de cet événement sont conservées dans les archives nationales américaines.
4 - En 2010, le nom de code utilisé par les Navy Seals pour désigner Oussama ben Laden lors de l'opération qui entraîna sa mort à Abbottabad était « Geronimo ». Cette décision provoqua des protestations officielles des communautés amérindiennes, relayées notamment par le Congrès national amérindien.
5 - La lettre retrouvée en 2005 par l'historien Marc Wortman dans les archives de la bibliothèque Sterling Memorial de Yale, rédigée en 1918 par le membre des Skull and Bones Winter Mead à Trubee Davidson, mentionne explicitement que le crâne de Geronimo « a été exhumé de sa tombe à Fort Sill » et se trouve « en sécurité » dans le tombeau de la société secrète à New Haven.
- Métier(s) : chef de guerre, homme-médecine (chaman), guerrier apache
- Résidence principale : Fort Sill, Oklahoma (en tant que prisonnier de guerre à partir de 1894)
- Relations de couple : neuf épouses successives ou simultanées, dont Alope (tuée en 1858), Chee-hash-kish, Zi-yeh, Ih-tedda et Azul
- Enfants : Chappo, Dohn-say (documentés) ; plusieurs autres enfants nés de ses différentes unions
- Distinctions : aucune distinction officielle ; figure historique centrale des guerres apaches (1849-1886)
« C'est la quatrième fois que je me rends. »
— Paroles attribuées lors de la reddition du 4 septembre 1886 à Skeleton Canyon, rapportées dans les sources historiques (Wikipédia FR, Encyclopédie de l'Histoire du Monde)
« Je ne peux pas croire que nous soyons inutiles, sinon Dieu ne nous aurait pas créés. »
— Mémoires de Géronimo, recueillis par S.M. Barrett, 1906 (traduit de l'anglais)
« Je suis né dans les prairies, là où les vents soufflent librement et où rien n'arrête la lumière du soleil. Je suis né là où il n'y avait pas de barrière. »
— Mémoires de Géronimo, recueillis par S.M. Barrett, 1906, chapitre Enfance (traduit de l'anglais)
« Je n'ai jamais été chef, mais parce que j'avais été plus profondément lésé que les autres, cet honneur m'a été conféré, et j'ai résolu de m'en montrer digne. »
— Mémoires de Géronimo, recueillis par S.M. Barrett, 1906 (traduit de l'anglais)
« Je remercie le Président des États-Unis de m'avoir accordé la permission de raconter mon histoire. J'espère que lui et ceux qui exercent l'autorité sous ses ordres liront mon récit et jugeront si mon peuple a été traité avec justice. »
— Mémoires de Géronimo, Préface de Geronimo, recueillis par S.M. Barrett, 1906 (traduit de l'anglais)
« C'est la quatrième fois que je me rends. »
— Paroles attribuées lors de la reddition du 4 septembre 1886 à Skeleton Canyon, rapportées dans les sources historiques (Wikipédia FR, Encyclopédie de l'Histoire du Monde)
« Je ne peux pas croire que nous soyons inutiles, sinon Dieu ne nous aurait pas créés. »
— Mémoires de Géronimo, recueillis par S.M. Barrett, 1906 (traduit de l'anglais)
« Je suis né dans les prairies, là où les vents soufflent librement et où rien n'arrête la lumière du soleil. Je suis né là où il n'y avait pas de barrière. »
— Mémoires de Géronimo, recueillis par S.M. Barrett, 1906, chapitre Enfance (traduit de l'anglais)
« Je n'ai jamais été chef, mais parce que j'avais été plus profondément lésé que les autres, cet honneur m'a été conféré, et j'ai résolu de m'en montrer digne. »
— Mémoires de Géronimo, recueillis par S.M. Barrett, 1906 (traduit de l'anglais)
« Je remercie le Président des États-Unis de m'avoir accordé la permission de raconter mon histoire. J'espère que lui et ceux qui exercent l'autorité sous ses ordres liront mon récit et jugeront si mon peuple a été traité avec justice. »
— Mémoires de Géronimo, Préface de Geronimo, recueillis par S.M. Barrett, 1906 (traduit de l'anglais)