Résumé biographique

Coiffeur des stars et homme d'affaires français, Jacques Dessange a bâti un groupe international de salons et de produits capillaires en popularisant le style « coiffé-décoiffé », devenu une référence des défilés de mode et des plateaux de cinéma.


Parcours

Fils d’un coiffeur de Souesmes en Sologne, Hubert « Jacques » Dessange apprend très tôt le métier dans le salon paternel avant de monter à Paris après la Seconde Guerre mondiale. Engagé puis renvoyé à plusieurs reprises, il affine sa technique chez Louis Gervais à Trouville-sur-Mer, où il met au point le fameux « coiffé-décoiffé ». À partir de la fin des années 1940, il devient le coiffeur des mannequins de maisons de couture comme Dior, puis travaille pour Chanel et Carven. En 1954, il ouvre son premier salon au 37, avenue Franklin-D.-Roosevelt, près des Champs-Élysées, et commence à attirer une clientèle de plus en plus médiatisée. Dans le cinéma, il collabore notamment avec Brigitte Bardot, dont il crée plusieurs chignons emblématiques, avec Jean Seberg pour À bout de souffle et avec de nombreuses actrices françaises et internationales des années 1950 et 1960.

En 1961, Jacques Dessange devient le coiffeur officiel du festival de Cannes, ce qui lui ouvre les portes d’Hollywood et renforce sa visibilité à l’international. Il ouvre en 1958 un premier salon à Tunis, puis développe progressivement un réseau de salons à son nom en France et à l’étranger. Pionnier de la franchise dans la coiffure, il structure dans les années 1970 un modèle qui permet à des professionnels indépendants d’exploiter la marque. Parallèlement, il crée des instituts de formation et lance des lignes de produits capillaires et de maquillage, avant de nouer un partenariat industriel avec L’Oréal et de développer la marque sœur Camille Albane. À son apogée, Dessange International regroupe plus de 1 700 salons dans plus de quarante pays. Retiré progressivement de la coiffure à partir de 1977, il cède la direction du groupe en 2004 et vend ses parts en 2008.


Controverse

Au milieu des années 2000, Jacques Dessange est impliqué dans plusieurs dossiers médiatisés. En 2004, sa nomination comme chevalier de la Légion d’honneur entraîne des propos critiques de Geneviève de Fontenay, à l’origine d’une procédure en diffamation intentée par le coiffeur. En 2011, la publication de son texte Le complot, où il accuse son fils Benjamin de l’avoir évincé du groupe, conduit Dessange International à saisir la justice pour limiter la diffusion de l’ouvrage et l’usage de la marque. En 2015, son nom apparaît dans l’enquête SwissLeaks concernant des avoirs non déclarés en Suisse, situation qu’il régularise ensuite auprès de l’administration fiscale française.


Repères chronologiques

1925 : Naissance d’Hubert « Jacques » Dessange à Souesmes (Loir-et-Cher), en Sologne.
1945 : Arrivée à Paris comme coiffeur, après le certificat d’études, et premiers emplois rapidement interrompus.
1947 : Engagement chez Louis Gervais à Trouville-sur-Mer, où il met au point le « coiffé-décoiffé ».
1954 : Ouverture du premier salon parisien au 37, avenue Franklin-D.-Roosevelt, près des Champs-Élysées.
1958 : Inauguration du premier salon à l’étranger, à Tunis, marquant le début de l’expansion internationale.
1961 : Nomination comme coiffeur officiel du festival de Cannes, au contact des grandes stars du cinéma.
1966 : Déploiement de salons portant son nom et structuration progressive d’une marque de haute coiffure.
1975 : Généralisation de la franchise au sein du réseau Dessange et création d’une école de formation.
1990 : Lancement de lignes de maquillage puis, en 1992, d’une gamme de produits capillaires avec L’Oréal.
1996 : Création de la marque sœur Camille Albane pour un positionnement plus accessible.
2004 : Passage de relais managérial à son fils Benjamin et promotion au rang de chevalier de la Légion d’honneur.
2008 : Cession de la majorité du capital du groupe à un investisseur financier et retrait opérationnel.
2011 : Publication de l’opuscule Le complot et affrontement judiciaire avec Benjamin Dessange et Dessange International.
2015 : Citation de son nom dans l’affaire SwissLeaks, suivie d’une régularisation de sa situation fiscale.
2020 : Décès à 94 ans à Pierrefitte-sur-Sauldre et inhumation au cimetière communal de Souesmes.


Vie personnelle et engagements

Jacques Dessange naît à Souesmes, en Sologne, dans une famille modeste où son père René tient un salon de coiffure et sa mère Aline un café contigu. En 1956, il épouse Corinne Françoise André de Valeton de Boissière, attachée de presse notamment pour Brigitte Bardot, avec laquelle il forme un couple très présent dans les milieux de la mode et du cinéma. Le couple a deux fils, Cyril, né en 1961, et Benjamin, né en 1967, ainsi qu’un petit-fils, Lancelot, né en 1998. Après le décès de son épouse en 1991, il reste très attaché à sa Sologne natale.
Installé dès les années 1950 dans sa propriété de l’Ardoise, près de Pierrefitte-sur-Sauldre, il fait de ce domaine solognot son ancrage principal, tout en conservant un pied à Paris pour ses activités professionnelles. Dans cette maison entourée de forêts et d’étangs, il consacre une part croissante de son temps à la peinture, au point d’organiser des ventes aux enchères de ses toiles et souvenirs au bénéfice des communes voisines de Pierrefitte-sur-Sauldre et Souesmes. Parallèlement, à travers les écoles de formation Dessange, il soutient la transmission du métier de coiffeur à de jeunes professionnels en France et à l’étranger.


Contexte du décès

En fin de vie, Jacques Dessange se retire presque entièrement dans sa propriété de Sologne, où il mène une existence centrée sur la peinture et un cercle relationnel plus restreint. C’est dans ce cadre qu’il s’éteint à 94 ans à Pierrefitte-sur-Sauldre, dans le Loir-et-Cher, décès annoncé publiquement par son avocat et confirmé par le groupe Dessange International. Il est inhumé au cimetière communal de Souesmes, le village de son enfance, rejoignant ainsi sa région natale. La presse nationale et la profession de la coiffure saluent alors la mémoire d’un entrepreneur qui a profondément marqué le secteur.


Où se recueillir ?

Les personnes souhaitant se recueillir peuvent se rendre au cimetière communal de Souesmes, dans le Loir-et-Cher, où Jacques Dessange repose dans le caveau familial. Ce petit cimetière de village, au cœur de la Sologne, constitue aujourd’hui le principal lieu de mémoire public associé au coiffeur et homme d’affaires français disparu.


Anecdotes

1 - C’est au salon de Louis Gervais, à Trouville-sur-Mer, que Jacques Dessange met au point dans les années 1940 le fameux « coiffé-décoiffé », une coupe volontairement souple et structurée qui rompt avec les mises en plis rigides de l’après-guerre.
2 - À partir de 1961, il devient le coiffeur officiel du festival de Cannes et y coiffe des actrices comme Brigitte Bardot, Jean Seberg, Jeanne Moreau ou Liz Taylor, renforçant le lien entre ses salons, le cinéma et la mode internationale.
3 - Inventeur du dispositif de coiffage Capi-Lustro, destiné au bouclage domestique, Jacques Dessange est indirectement à l’origine de la marque d’appareils électriques BaByliss, qui réutilise ce concept et contribue à populariser le coiffage professionnel à domicile.
4 - En 2011, il organise une vente aux enchères de tableaux et d’objets personnels dans sa propriété de l’Ardoise, en Sologne, afin de financer des projets pour les villages voisins de Pierrefitte-sur-Sauldre et Souesmes auxquels il reste très attaché.


Points clés

- Métier(s) : Coiffeur, homme d’affaires
- Résidence principale : Propriété de l’Ardoise, Pierrefitte-sur-Sauldre (Loir-et-Cher, France)
- Relations : Corinne Françoise André de Valeton de Boissière (épouse, 1956-1991)
- Enfants : Cyril (né en 1961), Benjamin (né en 1967)
- Distinctions : Chevalier de la Légion d’honneur (2004)