Johann Jakob Schweppe incarne la figure de l'innovateur industriel qui sut transformer une recherche scientifique en empire commercial. Né le 16 mars 1740 à Witzenhausen dans le landgraviat de Hesse-Cassel, cet horloger et orfèvre hessois s'installa à Genève et révolutionna la production de boissons gazeuses au tournant du XVIIIe siècle, jetant les bases d'une marque mondiale dont le nom résonne encore aujourd'hui.
Formé initialement comme horloger et orfèvre, Johann Jakob Schweppe s'installe à Genève en 1766 comme joaillier, où il est reçu habitant en 1768. Il s'associe en 1777 au joaillier Jean-Louis Dunant. Parallèlement à son activité artisanale, il se passionne pour les travaux du pasteur et chimiste britannique Joseph Priestley, pionnier dans l'étude des gaz. À la fin des années 1770, il développe un procédé novateur permettant de dissoudre du dioxyde de carbone dans l'eau pour créer une boisson gazeuse. En 1783, il dépose un brevet pour ce breuvage aux prétendues vertus médicinales, l'appareil est alors désigné sous le nom de "machine de Genève", une innovation qui attire l'attention des milieux médicaux et commerciaux de l'époque.
Après 1783, Schweppe transforme le domaine rural des Petits-Crêts, au Grand-Saconnex près de Genève, en résidence bourgeoise dont il fait sa demeure. En 1790, il fonde à Genève une fabrique d'eaux minérales artificielles avec trois associés : Nicolas Paul, Henri-Albert Gosse et William Belcombe. L'entreprise se développe rapidement et, deux ans plus tard, Schweppe franchit le pas décisif en partant pour Londres, où il installe une succursale à Drury Lane. Cette implantation britannique, bien qu'indépendante de la maison-mère genevoise, connaît un succès fulgurant et s'impose rapidement sur le marché anglais. Le slogan Soft Drink Manufactures Schweppes Ltd. London. Famous since 1783 ancre durablement la marque dans l'imaginaire collectif. En 1799, Schweppe cède ses parts à ses associés et se retire des affaires, fortune faite. Il regagne sa résidence du Grand-Saconnex vers 1802.
En 1789, l'enlèvement de sa fille Colette, âgée de douze ans, provoque un émoi considérable à Genève. L'auteur de l'enlèvement est identifié : le musicien Jean-Claude Elouis, professeur de musique de la jeune fille. L'affaire secoue la société genevoise et les autorités prononcent le bannissement d'Elouis de Genève, qui doit s'établir à Carouge. Le dénouement précis pour Colette reste peu documenté, mais l'événement marque profondément la vie familiale de Schweppe et alimente les chroniques genevoises de l'époque.
Johann Jakob Schweppe mène une existence marquée par une double appartenance culturelle, entre la Hesse où il naît et la Suisse où il construit sa fortune. Il épouse Louise Eléonore Roget (1746-1796), avec qui il a au moins deux enfants : sa fille Colette et une autre fille prénommée Nicolarde (vers 1780-1836), qui épousera en 1806 Henri Louis Maunoir. Installé au Grand-Saconnex près de Genève, il y développe un goût prononcé pour la vie bourgeoise et les propriétés foncières, transformant le domaine des Petits-Crêts en résidence cossue. L'enlèvement de sa fille Colette en 1789 représente un drame familial dont il ne se remet sans doute jamais complètement. Après sa retraite en 1799, il regagne sa demeure genevoise vers 1802 et y mène une vie paisible jusqu'à sa mort en 1821.
Aucun engagement associatif, politique ou philanthropique notable n'est documenté. Schweppe semble s'être concentré exclusivement sur son activité entrepreneuriale et sur la gestion de son patrimoine immobilier. Ses convictions personnelles et ses amitiés demeurent peu connues, témoignant d'un homme discret qui laisse surtout une trace par son invention industrielle.
Johann Jakob Schweppe s'éteint le 18 novembre 1821 au Petit-Saconnex, à l'âge de 81 ans. Les circonstances précises de son décès et la cause exacte ne sont pas détaillées dans les archives historiques accessibles. Il meurt retiré des affaires depuis plus de deux décennies, ayant vécu ses dernières années dans sa résidence du Grand-Saconnex.
Né à Witzenhausen dans le landgraviat de Hesse-Cassel, Johann Jakob Schweppe fait du Grand-Saconnex près de Genève son lieu de résidence principal dès la fin du XVIIIe siècle. Il y acquiert et transforme le domaine rural des Petits-Crêts en résidence bourgeoise. Londres représente également un lieu déterminant dans son parcours, puisque la succursale ouverte à Drury Lane en 1792 assure la fortune et la renommée de sa marque. Il meurt au Petit-Saconnex le 18 novembre 1821.