Laura Antonelli, de son vrai nom Laura Antonaz, est une actrice italienne née le 28 novembre 1941 à Pola (aujourd'hui Pula, Croatie). Réfugiée istrienne devenue l'une des actrices les plus demandées du cinéma italien des années 1970, elle est surtout connue pour le film Malicia (1973).
Née en 1941 à Pola, en Istrie alors italienne, Laura Antonaz grandit dans une famille qui fuit la région lors de l'exode consécutif à la défaite italienne de 1945. Après plusieurs étapes à Venise, Milan et Gênes, ses parents Mario Antonaz et Gioconda Bresciani s'installent à Naples, où elle suit les cours du lycée scientifique Vincenzo-Cuoco. En 1960, elle obtient un diplôme de l'ISPEF (Institut supérieur d'éducation physique) et s'installe à Rome, où elle exerce brièvement comme professeure de gymnase au Liceo artistico de la Via di Ripetta. Sa carrière cinématographique s'amorce via les publicités de la série télévisée Carosello, puis par des romans-photos. En 1965, elle tient un petit rôle dans Le sedicenni de Luigi Petrini, avant d'apparaître aux côtés de Vincent Price dans L'Espion qui venait du surgelé de Mario Bava (1966). En 1969, Massimo Dallamano lui confie le premier rôle de Vénus en fourrure, adapté du roman de Leopold von Sacher-Masoch, mais la censure italienne bloque la sortie du film pendant six ans.
La notoriété arrive en 1971 avec Ma femme est un violon de Pasquale Festa Campanile, aux côtés de Lando Buzzanca. C'est lors des tournages français suivants - Les Mariés de l'an II de Jean-Paul Rappeneau (1971) et Docteur Popaul de Claude Chabrol (1972) - que sa carrière prend une dimension internationale. En 1973, Malicia de Salvatore Samperi, dans lequel elle incarne Angela La Barbera aux côtés de Turi Ferro et Alessandro Momo, lui vaut une consécration mondiale. Ses partenariats s'élargissent aux plus grands réalisateurs transalpins : Dino Risi pour Le Sexe fou (1973), Luigi Comencini pour Mon Dieu, comment suis-je tombée si bas ? (1974), Luchino Visconti pour L'Innocent (1976) avec Giancarlo Giannini, Mauro Bolognini pour Black Journal (1977), Ettore Scola pour Passion d'amour (1981) et Tonino Cervi pour des adaptations de Molière avec Alberto Sordi. En 1986, Mauro Bolognini lui offre son dernier grand rôle dans La Vénitienne. En 1991, Malicia 2000, nouveau film de Salvatore Samperi, marque sa dernière apparition à l'écran.
Le 27 avril 1991, lors d'une perquisition dans sa villa de Cerveteri, la police saisit 36 grammes de cocaïne. Laura Antonelli est arrêtée et assignée à résidence, puis condamnée en première instance à 3 ans et 6 mois de prison pour trafic de drogue. La procédure judiciaire s'étend sur neuf ans. En 2000, la cour d'appel de Rome la relaxe de l'ensemble des accusations. En parallèle, une injection de collagène pratiquée en 1991 lors de la préparation de Malicia 2000 provoque une réaction allergique grave, dite oedème de Quincke, lui laissant des séquelles durables. Un procès civil est engagé contre le chirurgien, mais la cour de Rome rejette sa demande en dommages et intérêts, estimant que les troubles sont imputables à une réaction allergique et non à une faute médicale. En 2006, la cour d'appel de Pérouse lui alloue néanmoins 108 000 euros de dédommagement pour les préjudices sur sa santé et son image subis du fait de la lenteur excessive de la justice. Ces procédures successives, jointes à l'échec commercial de Malicia 2000, mettent un terme définitif à sa carrière.
1941 : naissance le 28 novembre à Pola, Istrie (Italie, aujourd'hui Croatie)
1945-1947 : exode istrien avec la famille ; étapes à Venise, Milan et Gênes, avant l'installation à Naples
1960 : diplôme de l'ISPEF à Naples ; professeure de gymnase à Rome
1965 : mariage avec Enrico Piacentini ; premiers rôles au cinéma
1966 : apparition dans L'Espion qui venait du surgelé de Mario Bava aux côtés de Vincent Price
1971 : premier grand succès avec Ma femme est un violon de Pasquale Festa Campanile
1972 : début de la liaison avec Jean-Paul Belmondo, rencontré sur le tournage de Docteur Popaul
1973 : rôle d'Angela dans Malicia de Salvatore Samperi ; Grolla d'oro de la meilleure actrice
1974 : Ruban d'argent (Nastro d'Argento) de la meilleure actrice et Globe d'or de la révélation pour Malicia
1976 : rôle de Giuliana dans L'Innocent, dernier film de Luchino Visconti
1980 : fin de la liaison avec Jean-Paul Belmondo
1981 : Passion d'amour d'Ettore Scola ; nomination au David di Donatello de la meilleure actrice dans un second rôle
1991 : perquisition le 27 avril à Cerveteri ; condamnation en première instance ; Malicia 2000, dernier film
2000 : acquittement par la cour d'appel de Rome
2006 : dédommagement de 108 000 euros alloué par la cour d'appel de Pérouse
2015 : décès le 22 juin à Ladispoli, d'un infarctus du myocarde
Laura Antonelli est la fille de Mario Antonaz et de Gioconda Bresciani. Elle a un frère, Claudio, établi au Canada. En 1965, à 24 ans, elle épouse Enrico Piacentini, antiquaire italien. C'est lors des tournages français du début des années 1970 qu'elle rencontre Jean-Paul Belmondo. Elle quitte Piacentini et s'installe à Paris dans la demeure de Belmondo, où vivent les trois enfants de l'acteur. Leur liaison, décrite par Belmondo lui-même comme passionnée et orageuse, dure de 1972 à 1980. Laura Antonelli n'a pas d'enfant biologique reconnu publiquement.
Après sa séparation d'avec Jean-Paul Belmondo en 1980 et l'arrêt de sa carrière en 1991, Laura Antonelli se retire progressivement du monde public et s'installe à Ladispoli, à une quarantaine de kilomètres de Rome. L'acteur Lino Banfi, avec qui elle tourne Roba da ricchi et Rimini Rimini, reste l'un de ses rares amis. Le chanteur Simone Cristicchi, qui lui rend visite régulièrement à partir de 2012, décrit ses dernières années comme une quête spirituelle, rythmée par l'écoute de Radio Maria. Dans ses dernières années, le tribunal désigne la municipalité de Ladispoli comme custode judiciaire de ses avoirs.
Le 22 juin 2015, Laura Antonelli est retrouvée sans vie par sa garde-maison à son domicile de Ladispoli, dans un appartement de la via Napoli. La cause du décès est un infarctus du myocarde. L'actrice vivait seule depuis plusieurs années, avec pour ressources une allocation mensuelle de 510 euros attribuée aux artistes en situation d'indigence. Ses obsèques se déroulent le 26 juin 2015 en l'église paroissiale de Santa Maria del Rosario de Ladispoli, célébrées par le père Alberto Mazzola, ami de longue date. Parmi les personnalités présentes : son frère Claudio, l'acteur Lino Banfi, l'actrice Claudia Koll et le chanteur Simone Cristicchi. Le ministre de la Culture Dario Franceschini rend hommage à une actrice d'un talent rare. Jean-Paul Belmondo déclare à l'agence ANSA qu'elle fut pour lui une compagne adorable, au charme exceptionnel.
Laura Antonelli est inhumée au cimetière municipal de Ladispoli. La municipalité de Ladispoli a annoncé son intention de lui dédier une salle de son auditorium et un espace vert de la ville. Le projet d'attribution de son nom à une rue de la commune est soumis à autorisation préfectorale.
1 - Avant d'entrer au cinéma, Laura Antonelli exerce brièvement comme professeure de gymnase au Liceo artistico de la Via di Ripetta à Rome, après avoir obtenu en 1960 un diplôme d'éducation physique à Naples.
2 - L'affiche de Ma femme est un violon (1971), montrant ses hanches vues de dos avec des ouïes de violoncelle en surimpression, s'inspire directement d'une photographie de Man Ray, selon Wikipédia FR.
3 - Le producteur américain Samuel Z. Arkoff attribuait publiquement l'échec de L'Espion qui venait du surgelé (1966) au refus de Laura Antonelli de se déshabiller, version rapportée par IMDb et Starburst Magazine.
4 - En 2012, Simone Cristicchi renonce à présenter la chanson Laura au Festival de Sanremo 2013, estimant que l'attention médiatique aurait nui à l'actrice qui vivait retirée ; il la publie dans l'album Album di famiglia.
5 - Le cachet de Laura Antonelli passe de 4 à 100 millions de lires par film entre 1972 et 1973, à la suite du succès de Malicia, selon la Wikipedia FR.
- Métier(s) : actrice
- Résidence principale : Ladispoli (province de Rome)
- Relations de couple : Enrico Piacentini (époux, 1965-1974 environ) ; Jean-Paul Belmondo (compagnon, 1972-1980)
- Enfants : aucun enfant biologique reconnu publiquement
- Distinctions : Grolla d'oro de la meilleure actrice (1973, pour Malicia) ; Ruban d'argent (Nastro d'Argento) de la meilleure actrice (1974, pour Malicia) ; Globe d'or de la révélation de l'année (1974, pour Malicia) ; Globe d'or de la meilleure actrice (1975, pour Mon Dieu, comment suis-je tombée si bas ?) ; nomination au David di Donatello de la meilleure actrice dans un second rôle (1981, pour Passion d'amour)
« Elle fut pour moi une compagne adorable, au charme exceptionnel. »
— Jean-Paul Belmondo, déclaration à l'agence ANSA, 22 juin 2015 (traduit de l'italien)