Résumé biographique
Actrice italienne emblématique du cinéma populaire des années 1970, Laura Antonelli s’impose comme figure centrale du cinéma érotique et d’auteur italien, de Malizia à Mon Dieu, comment suis-je tombée si bas ?, avant de connaître un retrait durable de la vie publique après de lourds démêlés judiciaires.
Parcours
Née en 1941 à Pola, en Istrie alors italienne, Laura Antonelli grandit dans une famille déplacée par l’exode istrien et poursuit des études secondaires à Naples avant d’obtenir en 1960 un diplôme d’éducation physique. Installée à Rome, elle enseigne brièvement l’éducation physique tout en posant pour des fotoromanzi et des publicités télévisées. Elle débute au cinéma au milieu des années 1960 avec de petits rôles, notamment dans Il magnifico cornuto, puis enchaîne les seconds rôles. Le tournant intervient en 1971 avec Il merlo maschio, qui prépare le succès de Malizia en 1973. Cette notoriété lui permet de travailler avec des réalisateurs comme Dino Risi, Luigi Comencini, Luchino Visconti et Ettore Scola, avant une fin de carrière marquée par Malizia 2000 en 1991.
Repères chronologiques
28 novembre 1941 : Naissance de Laura Antonaz à Pola, Istrie, royaume d’Italie (aujourd’hui Pula, Croatie).
1960 : Diplôme d’éducation physique à l’ISPEF de Naples et installation à Rome avec sa famille.
1964 : Premiers petits rôles au cinéma, dont Il magnifico cornuto d’Antonio Pietrangeli.
1971 : Rôle central dans Il merlo maschio, qui lance son image d’actrice érotique au cinéma italien.
1973 : Succès de Malizia de Salvatore Samperi, qui l’impose dans le cinéma européen.
1974 : Récompenses majeures (Grolle d’oro, Ruban d’argent, Globe d’or) pour son interprétation dans Malizia.
1974 : Tournage de Mon Dieu, comment suis-je tombée si bas ? sous la direction de Luigi Comencini.
1976 : Interprétation de Giuliana dans L’Innocent de Luchino Visconti.
1981 : Rôle dans Passion d’amour d’Ettore Scola, adaptation du roman de Tarchetti.
1988-1989 : Passage à la télévision avec les mini-séries Gli indifferenti et Disperatamente Giulia.
27 avril 1991 : Perquisition dans sa villa de Cerveteri, découverte de cocaïne et arrestation.
1991 : Sortie de Malizia 2000, suite de Malizia et dernier film de sa carrière.
2000 : Relaxée par la cour d’appel de Rome des accusations de trafic de drogue.
2006 : Indemnisation décidée par la justice italienne pour la durée excessive de la procédure pénale.
22 juin 2015 : Décès à Ladispoli, près de Rome, à l’âge de 73 ans, des suites d’un infarctus.
Vie personnelle et engagements
Fille de Mario Antonaz et Gioconda Bresciani, Laura Antonelli vit enfant l’exode des populations istriennes avant l’installation familiale à Naples puis à Rome. À 24 ans, elle épouse l’antiquaire Enrico Piacentini, mariage de courte durée. Elle entretient ensuite une relation avec l’humoriste Mario Marenco, puis partage la vie de Jean-Paul Belmondo de 1972 à 1980, s’installant une partie du temps à Paris au sein de la famille de l’acteur. Elle adopte un fils, Germano Randi, avec lequel la relation deviendra complexe à la fin de sa vie. À partir des années 2000, fragilisée par ses ennuis judiciaires et sa situation économique, elle se replie à Ladispoli, se rapproche de la religion catholique et mène une existence discrète, sous la protection d’un tuteur légal et des services sociaux locaux.
Anecdotes
1 – Chassée d’Istrie après la Seconde Guerre mondiale, elle connaît enfant la vie dans plusieurs villes italiennes avant que sa famille ne se fixe à Naples, où elle suit un cursus scientifique complet.
2 – Après le triomphe de Malizia, son cachet au cinéma aurait été multiplié par vingt, passant de quelques millions à près de 100 millions de lires par film, ce qui la place alors parmi les actrices les mieux payées du pays.
3 – En 1991, 36 grammes de cocaïne sont saisis à son domicile de Cerveteri ; elle est d’abord condamnée à trois ans et demi d’assignation à résidence avant d’être relaxée en appel en 2000, puis indemnisée pour la longueur de la procédure.
4 – Après son retrait du cinéma et une longue période d’isolement, sa trajectoire inspire la chanson Laura de Simone Cristicchi, parue en 2013 sur l’album Album di famiglia, et un documentaire télévisé diffusé en 2023, Senza Malizia.
5 – Son fils adoptif, Germano Randi, et une ancienne aide à domicile sont renvoyés en jugement au début des années 2010, après une plainte de l’actrice pour escroquerie et circonvention d’incapable portant sur des retraits et investissements immobiliers à Ladispoli.
6 – Devenue très croyante, elle fréquente assidûment l’église Santa Maria del Rosario à Ladispoli, où auront lieu ses funérailles en juin 2015 en présence de nombreux artistes italiens.
Lieux de mémoire
Née à Pola en Istrie, Laura Antonelli est associée à Naples et Rome, villes de sa formation et de ses débuts au cinéma. Elle vit ensuite entre Rome et Paris durant sa relation avec Jean-Paul Belmondo, puis dans le Latium, notamment à Cerveteri et Ladispoli. Ses dernières années se déroulent à Ladispoli, où elle réside dans un logement modeste et où elle est inhumée au cimetière municipal.
Contexte du décès
Le 22 juin 2015, Laura Antonelli est retrouvée morte dans la salle à manger de son appartement de Ladispoli, au nord-ouest de Rome, par la femme de ménage ou gardienne chargée de veiller sur elle. Les autorités concluent à un infarctus et ne jugent pas nécessaire de pratiquer une autopsie. L’actrice vivait dans un logement simple mis à disposition par les services sociaux de la commune et était suivie par un tuteur, une assistante sociale et une aide à domicile. Ses funérailles se déroulent le 26 juin 2015 à l’église Santa Maria del Rosario de Ladispoli, avant son inhumation au cimetière local, en présence de proches, d’habitants de la ville et de collègues du monde du spectacle qui saluent publiquement son parcours.
Points clés
• Métier(s) : actrice de cinéma et de télévision, ancienne professeure d’éducation physique
• Résidence principale : Ladispoli, Italie (dernières années de vie)
• Relations : mariée à Enrico Piacentini (années 1960) ; relation avec Mario Marenco ; compagne de Jean-Paul Belmondo (1972-1980)
• Enfants : Germano Randi (fils adoptif)
• Distinctions : Grolle d’oro de la meilleure actrice 1973 pour Malizia ; Ruban d’argent de la meilleure actrice 1974 pour Malizia ; Globes d’or (révélation 1974, meilleure actrice 1975) pour ses rôles dans Malizia et Mon Dieu, comment suis-je tombée si bas ?