Diane Dufresne est une chanteuse, peintre et actrice québécoise née le 30 septembre 1944 à Montréal, au Canada. Première rockeuse du monde francophone, elle est connue pour ses spectacles à thème, ses costumes extravagants et son rôle de Stella Spotlight dans l'opéra-rock Starmania.
Née dans le quartier ouvrier Hochelaga-Maisonneuve à Montréal, Diane Dufresne quitte le Québec à 18 ans pour s'établir à Paris, où elle étudie le chant auprès de Jean Lumière et l'art dramatique auprès de Françoise Rosay. Entre 1966 et 1968, elle se produit dans des cabarets de la Rive gauche, notamment l'Écluse et l'Échelle de Jacob, où elle interprète des textes de Jacques Brel, Louis Aragon et Léo Ferré. De retour au Québec, elle noue une collaboration déterminante avec le compositeur François Cousineau et le parolier Luc Plamondon, qui lui présente André Gagnon alors qu'elle n'a pas encore 20 ans. Ce trio propulse la sortie de son premier album, Tiens-toé ben, j'arrive!, en 1972, qui marque le début d'une transformation radicale : de chanteuse conventionnelle, elle devient une bête de scène rock, popularisant le joual dans le registre du rock québécois. En 1973, son passage à la Place des Arts de Montréal confirme sa consécration au Québec.
La participation de Diane Dufresne à l'opéra-rock Starmania, écrit par Luc Plamondon et composé par Michel Berger, en 1978-1979, lui offre une visibilité internationale. Elle y interprète le personnage de Stella Spotlight, dont les airs Les Adieux d'un sex-symbol et Le Rêve de Stella Spotlight restent parmi les moments les plus mémorables de l'oeuvre. Le 17 août 1984, elle devient la première artiste québécoise à se produire au Stade olympique de Montréal, devant plus de 55 000 spectateurs habillés en rose pour le spectacle Magie rose. Dans les années 1980, elle collabore avec Serge Gainsbourg, Michel Jonasz, Jacques Higelin, Alain Bashung, Claude Nougaro, Juliette Gréco et Georges Brassens, s'imposant comme l'une des artistes francophones les plus en vue en France. À partir des années 1990, elle se consacre à des spectacles-concepts novateurs, dont Réservé (1998), Effusions (2007) et Diane Dufresne chante Kurt Weill (2005), avec Yannick Nézet-Séguin à la direction de l'Orchestre Métropolitain. En 2018, elle sort l'album Meilleur après. Le 18 mai 2023, elle est intronisée au Panthéon de la musique canadienne, première interprète francophone à recevoir cette distinction.
1944 : naissance le 30 septembre dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal
1957 : décès de sa mère ; elle quitte l'école à 15 ans
1965 : départ pour Paris ; études de chant avec Jean Lumière et d'art dramatique avec Françoise Rosay
1966 : engagée dans des cabarets de la Rive gauche (l'Écluse, l'Échelle de Jacob)
1969 : participe à la revue musicale Les Girls de Clémence DesRochers
1972 : sortie du premier album Tiens-toé ben, j'arrive!, en collaboration avec François Cousineau et Luc Plamondon
1978 : tête d'affiche à l'Olympia de Paris ; sortie de l'album Starmania avec Michel Berger et Luc Plamondon ; rôle de Stella Spotlight aux côtés de Daniel Balavoine et France Gall
1982 : prix Félix de l'interprète de l'année (ADISQ) ; spectacle Hollywood/Halloween au Forum de Montréal
1984 : premier spectacle d'une artiste québécoise au Stade olympique de Montréal (Magie rose) ; début des collaborations avec des auteurs français (Serge Gainsbourg, Michel Jonasz)
1993 : album Détournement majeur et spectacle au Forum de Montréal
1998 : retour sur scène avec le spectacle Réservé, mis en scène par Richard Langevin ; prix Félix du scénariste de l'année
2001 : Prix du gouverneur général pour les arts du spectacle (réalisation artistique) ; reçoit la distinction de chevalière de l'Ordre des Arts et des Lettres de France, remise par Juliette Gréco
2005 : album Diane Dufresne chante Kurt Weill avec Yannick Nézet-Séguin
2008 : nommée chevalière de la Légion d'honneur de la République française
2015 : nommée membre de l'Ordre du Canada ; inauguration du Centre d'art Diane-Dufresne à Repentigny
2023 : intronisée au Panthéon de la musique canadienne (première interprète francophone) ; doctorat honorifique de l'Université Laval
2026 : participation au grand spectacle de la Fête nationale le 24 juin à Montréal ; couverture du magazine Châtelaine ; poursuite des projets d'arts visuels
Diane Dufresne est la fille de Roger Dufresne, agent d'assurance, et de Marie-Claire Lucienne Dumas. Sa mère décède en 1957, alors que Diane n'a que 13 ans, un événement qui l'oblige à quitter l'école à 15 ans et marque profondément son rapport à la création. Elle a une soeur, Carole, née lorsque Diane avait environ 8 ans. Elle réside depuis plusieurs années à Hudson, dans la région de Montréal. Elle est l'épouse du sculpteur et scénographe Richard Langevin, originaire du Saguenay, qu'elle a rencontré il y a plus de trente ans. Richard Langevin est également son gérant et le commissaire de la plupart de ses expositions. Le couple n'a pas d'enfants connus publiquement.
Dès les années 1970, Diane Dufresne développe une pratique sérieuse de la peinture en fréquentant l'atelier du Frère Jérôme, pédagogue dont l'influence est décisive dans son évolution d'artiste visuelle. Ses oeuvres ont été exposées au Québec, aux États-Unis et en Europe. Elle partage également une amitié de longue date avec Yvon Deschamps, qui lui a offert en 1982 une Bentley 1956 exposée depuis dans ses rétrospectives. Parmi les figures qui l'ont introduite au milieu artistique, André Gagnon a joué un rôle important en la mettant en relation avec Luc Plamondon en début de carrière.
1 - Pour le spectacle Magie rose au Stade olympique de Montréal en 1984, Diane Dufresne avait demandé au public de se vêtir en rose. Plus de 55 000 spectateurs avaient répondu à l'invitation, remplissant les gradins d'un seul camaïeu de couleur.
2 - C'est un concert de Janis Joplin à Montréal en 1968 qui lui a révélé ce qu'était le rock selon ses propres termes : une attitude, une colère, une façon de se donner entièrement. Cet événement l'a conduite à transformer radicalement son style scénique au début des années 1970.
3 - En 2026, elle fait la couverture du magazine Châtelaine, rencontré par le journaliste Daniel Chrétien au Centre d'art Diane-Dufresne de Repentigny, à l'occasion des 10 ans de l'établissement qui porte son nom.
4 - Diane Dufresne a découvert la sculpture sur le tard, en modelant une centaine de petites têtes en argile pendant les absences de Richard Langevin au Saguenay. Son conjoint l'a convaincue d'exposer ces oeuvres qu'elle jugeait initialement peu abouties.
5 - Le Frère Jérôme lui répétait : « Si tu accordais autant de temps à la peinture qu'à ta musique, tu serais rendue beaucoup plus loin. » Cette phrase a nourri pendant des décennies la tension créatrice entre la chanteuse et la peintre.
6 - En mars 2019, Diane Dufresne a participé avec dix autres chanteuses québécoises, dont Céline Dion, Ginette Reno et Isabelle Boulay, à l'enregistrement du titre de Renée Claude Tu trouveras la paix, après l'annonce de la maladie d'Alzheimer de cette dernière.
- Métier(s) : chanteuse, peintre, actrice, scénographe, autrice
- Résidence principale : Hudson (Québec, Canada)
- Relations de couple : épouse de Richard Langevin (sculpteur et scénographe)
- Enfants : aucun enfant connu publiquement
- Distinctions : Prix du gouverneur général pour les arts du spectacle (2001) ; chevalière des Arts et des Lettres de la République française (2001) ; chevalière de la Légion d'honneur (2008) ; Ordre national du Québec (2002) ; membre de l'Ordre du Canada (2015) ; Panthéon de la musique canadienne (2023) ; doctorat honorifique de l'Université Laval (2023) ; trois prix Félix dont le Félix Hommage (2006)
« Mon métier, je l'ai fait sans prétention, presque comme une religion. »
— Interview ICI Radio-Canada, émission 24/60 avec Anne-Marie Dussault, 2021
« Il faut avoir la liberté de s'ennuyer, sinon, on ne peut jamais créer. »
— La Presse, entrevue, 11 octobre 2024
« La nostalgie pour moi, ça ne sert à rien. C'est quelque chose de négatif. Je préfère le temps présent, la différence, l'évolution. »
— Francouvertes (cité dans murdescelebrites.com)
« Un concert de Janis Joplin à Montréal en 1968 m'a fait réaliser ce qu'était le rock : une attitude frondeuse, une colère, une façon de se donner entièrement. »
— Télérama, no 3375, 17 septembre 2014
« J'essaie de créer tous les jours. Chaque jour est nouveau pour moi. Parce que lorsque tu t'endors le soir, tu ne sais jamais si tu vas te réveiller le lendemain. »
— La Presse, entrevue, 11 octobre 2024