Cette année marque le 5ᵉ anniversaire de sa disparition.
Nathalie Delon, de son vrai nom Francine Canovas, est une actrice, réalisatrice et écrivaine française née le 1er août 1941 à Oujda, au Maroc. Révélée en 1967 dans Le Samouraï de Jean-Pierre Melville, elle est la seule femme qu'Alain Delon ait épousée.
Née à Oujda, dans le Maroc sous protectorat français, Francine Canovas grandit principalement à Casablanca. Son père, Louis Canovas, dirigeant d'une entreprise de transport, quitte le foyer familial alors qu'elle n'a que huit mois. Élevée par sa mère, Antoinette Rodriguez, une Espagnole originaire de Melilla, elle quitte le Maroc en 1961, à vingt ans, pour tenter sa chance à Paris, d'abord comme modèle et photographe. Elle travaille alors sous le pseudonyme de Nathalie Sand. C'est dans ce milieu qu'elle rencontre en 1962, par l'entremise de Jean Poniatowski, l'acteur Alain Delon dans une boîte de nuit tenue par la célèbre Régine. En août 1964, ils se marient discrètement à La Ville-aux-Clercs, dans le Loir-et-Cher. Enceinte, Nathalie embarque avec Alain sur le paquebot France pour un voyage de noces aux États-Unis, où le couple séjourne à Hollywood le temps d'un contrat d'Alain Delon avec la Metro-Goldwyn-Mayer, rompu par la suite par le studio américain.
C'est sur l'insistance du réalisateur Jean-Pierre Melville -- contre les réticences d'Alain Delon -- que Nathalie Delon fait ses débuts au cinéma en 1967 dans Le Samouraï. Elle y incarne Jane Lagrange, la maîtresse du tueur à gages Jef Costello, et adopte définitivement le pseudonyme de Nathalie Delon. Le film réunit plus de deux millions de spectateurs en France. Elle retrouve Melville dans L'Armée des ombres (1969). Sa carrière se poursuit tout au long des années 1970, avec notamment Barbe-Bleue (1972) d'Edward Dmytryk, aux côtés de Richard Burton, et Une Anglaise romantique (1975) de Joseph Losey. Elle passe ensuite à la réalisation avec Ils appellent ça un accident (1982), coréalisé avec Yves Deschamps, puis la comédie franco-américaine Sweet Lies (1988). Elle est par ailleurs créditée comme co-auteure des parties françaises du tube de Grace Jones I've Seen That Face Before (Libertango) (1981). Elle publie aussi le roman Au plus fort de l'orage (Robert Laffont, 1994) et ses mémoires, Pleure pas, c'est pas grave (Flammarion, 2006).
En 1968, peu avant sa séparation d'avec Alain Delon, Nathalie Delon entretient une liaison brève avec Stevan Marković, garde du corps et proche collaborateur de l'acteur. L'assassinat de Marković en septembre 1968 déclenche l'affaire Marković, un scandale politico-judiciaire qui implique notamment le nom de Claude Pompidou, épouse du futur président Georges Pompidou. Alain et Nathalie Delon sont longuement interrogés par la police judiciaire le 12 octobre 1968. Aucune charge n'est retenue contre eux. Le gangster corse François Marcantoni est le seul à être mis en cause ; l'affaire est classée sans suite en 1973 faute de preuves. Cette affaire n'a eu aucune conséquence judiciaire directe pour Nathalie Delon.
1941 : naissance le 1er août à Oujda, Maroc sous protectorat français
1957 : premier mariage avec Guy Barthélémy au Maroc
1961 : installation à Paris, débuts comme modèle sous le pseudonyme Nathalie Sand
1962 : rencontre Alain Delon à Paris
1964 : mariage avec Alain Delon à La Ville-aux-Clercs (Loir-et-Cher) ; naissance de leur fils Anthony Delon à Los Angeles le 30 septembre
1967 : premiers pas au cinéma dans Le Samouraï de Jean-Pierre Melville
1968 : interrogée dans le cadre de l'affaire Marković ; séparation d'avec Alain Delon
1969 : divorce prononcé le 14 février ; apparition dans L'Armée des ombres de Jean-Pierre Melville
1978 : début de la relation avec Chris Blackwell, fondateur du label Island Records ; installation à Nassau, Bahamas
1981 : co-signature des parties françaises de I've Seen That Face Before (Libertango) de Grace Jones
1982 : réalise Ils appellent ça un accident, coréalisé avec Yves Deschamps
1988 : réalise Sweet Lies, comédie franco-américaine
1994 : publie le roman Au plus fort de l'orage (Robert Laffont)
2006 : publie ses mémoires Pleure pas, c'est pas grave (Flammarion)
2021 : décède le 21 janvier à Paris des suites d'un cancer du pancréas
Nathalie Delon est la mère de deux enfants issus de deux unions différentes. Du premier mariage contracté en 1957 avec Guy Barthélémy, un appelé du contingent devenu fondé de pouvoir à l'Omnium marocain d'assurance, naît une fille prénommée Nathalie. De son mariage avec Alain Delon naît Anthony Delon, le 30 septembre 1964 au centre médical Cedars-Sinaï de Los Angeles. Acteur comme ses parents, Anthony est le seul fils légitime d'Alain Delon. Après le divorce prononcé le 14 février 1969, Nathalie entretient avec l'acteur des relations ponctuelles mais constantes jusqu'à la fin de sa vie, avec une dernière rencontre photographiée début janvier 2021.
Après le divorce, Nathalie Delon noue une relation avec l'acteur Marc Porel, avec lequel elle traverse une période de dépendance à l'héroïne à la fin des années 1970, dont elle sort par la suite. Elle se lie ensuite au producteur de musique Chris Blackwell, fondateur du label Island Records, avec lequel elle vit entre 1978 et 1993, principalement à Nassau, aux Bahamas. Dans les années 1990, elle s'installe à Sundance dans l'Utah, après avoir acquis un terrain auprès du réalisateur Robert Redford. Elle revient régulièrement à Paris pour retrouver ses petites-filles Loup et Liv, les filles d'Anthony Delon.
En novembre 2019, Nathalie Delon apprend qu'elle est atteinte d'un cancer du pancréas. Après trois séances de chimiothérapie et une de radiothérapie, elle renonce au traitement en juillet 2020. En décembre 2020, les médecins confirment la généralisation du cancer. Elle décède le 21 janvier 2021 à Paris, à 79 ans, entourée de ses proches. Son fils Anthony Delon annonce le décès le jour même. Les obsèques, organisées dans l'intimité le 26 janvier 2021 en l'église Saint-Germain-des-Prés, Paris 6e, réunissent la famille et quelques proches, dont la chanteuse Dani et la comédienne Muriel Robin. Alain Delon n'assiste pas à la cérémonie.
Les cendres de Nathalie Delon ont été dispersées en Jamaïque, conformément à ses dernières volontés. Cette île, où elle avait longuement séjourné en compagnie de Chris Blackwell, fondateur du label Island Records, occupait une place centrale dans sa vie personnelle. Aucun monument ni sépulture publique ne lui est consacré en France.
1 - Nathalie Delon est créditée comme co-auteure des parties françaises du tube de Grace Jones I've Seen That Face Before (Libertango) (1981), enregistré à Nassau. La chanson figure au générique du film Frantic de Roman Polanski (1988).
2 - Jean-Pierre Melville impose le casting de Nathalie Delon dans Le Samouraï contre la volonté d'Alain Delon. Le couple était alors en instance de séparation. Le film réunit plus de deux millions de spectateurs en France à sa sortie en octobre 1967.
3 - Dans les années 1990, Nathalie Delon acquiert un terrain à Sundance, dans l'Utah, auprès de Robert Redford. Elle y réside une partie de l'année, menant une vie retirée, pratiquant l'équitation, le ski et le yoga, discipline qu'elle pratique depuis les années 1970.
4 - Son père Louis Canovas, qu'elle ne connaît pas, meurt en 2003 à l'âge de 87 ans. Il avait quitté le foyer familial à Oujda quand Nathalie n'avait que huit mois. Nathalie Delon évoque cette absence dans ses mémoires Pleure pas, c'est pas grave (Flammarion, 2006).
- Métier(s) : actrice, réalisatrice, écrivaine
- Résidence principale : Paris (en dernier lieu) ; Sundance, Utah (années 1990-2000)
- Relations de couple : Guy Barthélémy (m. 1957, div. 1964) ; Alain Delon (m. 1964, div. 1969) ; Marc Porel (relation) ; Chris Blackwell (1978-1993)
- Enfants : Nathalie (née du mariage avec Guy Barthélémy) ; Anthony Delon (né en 1964, du mariage avec Alain Delon)
- Distinctions : aucune récompense officielle documentée
Ma vie n'est pas et n'a jamais été un enfer -- je devrais y aller s'il existe, j'y retrouverais sans doute tous mes amis --, mais je crois que chacun est responsable de ce qu'il fait en traversant l'existence.
— Pleure pas, c'est pas grave, Flammarion, 2006 (quatrième de couverture / incipit)