Cette année marque le 40ᵉ anniversaire de sa disparition.
Thierry Sabine, pilote de rallye et organisateur d'événements sportifs français né le 13 juin 1949 à Boulogne-Billancourt, est le fondateur du Rallye Paris-Dakar et de l'Enduro du Touquet, décédé le 14 janvier 1986 au Mali dans un accident d'hélicoptère à l'âge de 36 ans.
Fils de Gilbert Sabine, chirurgien-dentiste réputé au Touquet, Thierry Sabine suit les cours de l'École française des attachés de presse (EFAP) et obtient le titre d'attaché de presse. Sa carrière sportive débute dès 1969 sur les circuits nationaux : il termine deuxième du Rallye National du Touquet avec son père comme coéquipier sur une Alpine A110 1300. En 1970, il remporte deux rallyes nationaux en compagnie de Bernard Surre, le Rallye National de Picardie et le Rallye National de Lorraine, finissant deuxième du Critérium National des Rallyes derrière Jean-Louis Clarr. À partir de 1971, il s'engage aussi en course sur circuits, participant aux 24 Heures du Mans en 1975 et 1976 sur Porsche 911 Carrera RSR aux côtés de Jean-Claude Andruet. En 1975, Sabine est recruté comme attaché de presse par la ville du Touquet, dont le maire est Léonce Deprez, avec pour mission d'animer la station en hiver. Il crée alors l'Enduro du Touquet, une compétition de motocycles avec départ en ligne sur la plage, qui deviendra l'un des événements motocyclistes les plus courus de France.
En 1977, Thierry Sabine participe au Rallye Abidjan-Nice à moto, accompagné de Dominique Sauvêtre, Patrick Schaal et Uwe Ommer. Il s'égare dans le désert à la frontière du Ténéré et de la Libye, abandonne sa moto en panne d'essence, et marche trois jours sans eau ni vivres avant d'être secouru in extremis par le pilote Jean-Michel Sinet, envoyé par l'organisateur Jean-Claude Bertrand. Profondément marqué par cette expérience, il conçoit l'idée d'un grand rallye africain. Le 26 décembre 1978, il lance le premier Rallye Paris-Dakar, dont le départ s'élance du Trocadéro à Paris. L'épreuve réunit 170 équipages et s'achève à Dakar le 14 janvier 1979, avec Cyril Neveu comme premier vainqueur en catégorie moto. Grâce à ses compétences de communicant et au soutien précoce de médias tels que Paris Match, VSD et RTL via Max Meynier, le Paris-Dakar s'impose en quelques éditions comme la compétition de rallye-raid la plus médiatisée au monde. En 1985, Sabine diversifie ses projets en organisant le "Raid Blanc", une épreuve hors-piste dans la neige aux Arcs, à Val d'Isère et dans les Dolomites italiennes, ainsi que la Croisière Bleue en Belgique. Il écrit également l'ouvrage Paris Dakar avec Isabelle Bich de Dufourcq aux Éditions du Chêne.
Le 14 janvier 1986, lors de la huitième édition du Paris-Dakar, l'hélicoptère Écureuil AS-350 de Thierry Sabine décolle à 17h15 depuis Gao, au Mali, pour rejoindre le bivouac de Gourma-Rharous. À son bord : Sabine, le chanteur Daniel Balavoine, le pilote François-Xavier Bagnoud, la journaliste du Journal du dimanche Nathalie Odent et le technicien radio Jean-Paul Le Fur. La nuit tombée et la tempête de sable montante, l'appareil tente de suivre les feux d'un véhicule au sol. Il heurte un arbre à environ huit kilomètres de Gourma-Rharous et se désintègre sur plus de 150 mètres. Les cinq occupants sont tués sur le coup. Les obsèques de Thierry Sabine sont célébrées en l'église Saint-Pierre d'Épernon, puis il est inhumé au cimetière intercommunal des Joncherolles à Villetaneuse. Son père Gilbert Sabine reprend immédiatement les rênes du Paris-Dakar, assurant la continuité de l'organisation jusqu'en 1993. Jean-Luc Roy consacre à Sabine l'ouvrage Thierry Sabine : L'homme qui déplaçait les dunes, paru chez Olivier Orban en 1986.
Thierry Sabine est inhumé au cimetière intercommunal des Joncherolles à Villetaneuse (Seine-Saint-Denis). Une partie de ses cendres a été dispersée dans le désert du Ténéré, au Niger, au pied d'un acacia solitaire depuis lors dénommé "Arbre de Thierry Sabine". Une stèle de marbre et de laiton y est déposée, avec l'inscription : "Pour ceux qui partent, un défi. Pour ceux qui restent, un rêve."
1949 : naissance le 13 juin à Boulogne-Billancourt.
1969 : deuxième du Rallye National du Touquet avec son père Gilbert Sabine sur Alpine A110 1300.
1970 : vainqueur du Rallye National de Picardie et du Rallye National de Lorraine avec Bernard Surre ; deuxième du Critérium National des Rallyes.
1973 : vainqueur du Rallye International de Picardie avec Willy Huret sur Alpine A110 1800.
1975 : création de l'Enduro du Touquet pour la ville du Touquet ; participation aux 24 Heures du Mans (17e avec Aeschlimann et Dagoreau).
1976 : vainqueur du Rallye International du Touquet avec Dominique Surre sur Porsche 911 Carrera RSR ; 24 Heures du Mans (13e avec Jean-Claude Andruet et Dagoreau).
1977 : perdu trois jours dans le désert du Ténéré lors du Rallye Abidjan-Nice ; mariage avec Diane Thierry-Mieg en novembre à l'église de l'Annonciation à Paris.
1978 : lancement de la Croisière Verte (traversée de la France à moto du Touquet à Sète) ; départ du premier Paris-Dakar le 26 décembre depuis le Trocadéro à Paris.
1979 : arrivée du premier Paris-Dakar à Dakar le 14 janvier ; 74 rescapés sur 170 partants ; Cyril Neveu vainqueur en moto.
1983 : lors du Paris-Dakar, 40 concurrents se perdent dans une tempête de sable dans le Ténéré ; Sabine passe quatre jours en hélicoptère à les retrouver tous.
1984 : séparation d'avec Diane Thierry-Mieg.
1985 : organisation du "Raid Blanc" (Arcs, Val d'Isère, Dolomites) et de la Croisière Bleue en Belgique.
1986 : mort le 14 janvier dans un accident d'hélicoptère au Mali lors du huitième Paris-Dakar, avec Daniel Balavoine, François-Xavier Bagnoud, Nathalie Odent et Jean-Paul Le Fur.
Thierry Sabine est le fils de Gilbert Sabine (1921-2019), chirurgien-dentiste réputé au Touquet, et le nom de sa mère n'est pas documenté dans les sources disponibles. À son retour du Rallye Abidjan-Nice en 1977, son ami Uwe Ommer, photographe de mode, organise une soirée à Paris où Sabine rencontre Diane Thierry-Mieg, mannequin de haute couture d'origine eurasienne. Les deux se marient en novembre 1977 à l'église de l'Annonciation à Paris. Très impliqués conjointement dans l'organisation du premier Paris-Dakar, ils se séparent en 1984 sous la pression des exigences organisationnelles. Thierry Sabine a eu une fille, Émilie, avec sa dernière compagne, Suzanne Fournais.
Ami proche du chanteur Daniel Balavoine, Sabine lui permet de participer aux Dakar 1983 et 1985, puis intègre son action humanitaire "Paris-Dakar, pari du cœur" en 1986, visant à installer des pompes à eau dans des villages du Sahel. Pilote accompli, cavalier et organisateur, il compte parmi ses relations sportives le pilote Hubert Auriol, qui déclarera après sa mort : "Il a créé une épreuve autour de lui. Même si c'est en Argentine, on pense encore à lui." Le guide touareg Mano Dayak, ami de Sabine, est évoqué dans les témoignages de son entourage africain. Jacky Ickx, pilote belge et participant au Dakar, rend hommage à l'organisateur : "C'était irréel, impensable qu'un homme à qui tout réussissait se fasse prendre ainsi."
1 - Lors du premier Paris-Dakar (décembre 1978), Sabine manque de vivres pour les concurrents au réveillon : il achète un chameau sur place pour les nourrir. La viande, dure mais appréciée, permet de passer la nuit de Noël dans le désert.
2 - La Yamaha XT 500 avec laquelle Sabine s'était perdu dans le Ténéré en 1977 a été offerte par son père Gilbert Sabine à Cyril Neveu, premier vainqueur du Paris-Dakar en 1979, qui la conserve depuis comme une relique.
3 - En 1983, Sabine crée avec Alain Dominique Perrin, président de Cartier, le "Cartier Challenge" : une montre Cheich offerte à quiconque remporterait le Dakar deux années consécutives dans la même catégorie. Seul le pilote belge Gaston Rahier y parvient, en 1984 et 1985.
4 - Lors de l'accident fatal du 14 janvier 1986, Jean-Luc Roy et Yann Arthus-Bertrand, initialement prévu à bord, cèdent leur place à Daniel Balavoine et à la journaliste Nathalie Odent : c'est l'arrivée d'un avion depuis Bamako qui modifie la composition du vol.
5 - Son slogan pour le Paris-Dakar, "Un défi pour ceux qui partent, du rêve pour ceux qui restent", est gravé sur la stèle de l'Arbre de Thierry Sabine dans le Ténéré, au Niger.
- Métier(s) : pilote de rallye, organisateur d'événements sportifs, attaché de presse
- Résidence principale : Le Touquet (Pas-de-Calais), puis région parisienne
- Relations de couple : Diane Thierry-Mieg (épouse, 1977-1984) ; Suzanne Fournais (dernière compagne)
- Enfants : Émilie Sabine (née de Suzanne Fournais)
- Distinctions : non documentées dans les sources consultées
« Faire vibrer ceux qui partent, faire rêver ceux qui restent. »
— Slogan du Paris-Dakar, attribué à Thierry Sabine dès 1978, rapporté par Eurosport et plusieurs sources spécialisées.
« Faisons les choses à fond, ne passons pas inaperçu, ne soyons pas petit. »
— Déclaration attribuée à Thierry Sabine, citée en lien avec l'esprit du Paris-Dakar (source : site bbcef.torres.free.fr, repris dans plusieurs publications consacrées au Dakar).
« C'est une expérience que je ne souhaite pas à mon pire ennemi, mais je ne regretterai jamais. »
— Interview non datée, rapportée par Wikipédia FR et Moto-Station (Mathias Brunner, 2016), à propos de sa perte dans le désert du Ténéré en 1977.
« Faire vibrer ceux qui partent, faire rêver ceux qui restent. »
— Slogan du Paris-Dakar, attribué à Thierry Sabine dès 1978, rapporté par Eurosport et plusieurs sources spécialisées.
« Faisons les choses à fond, ne passons pas inaperçu, ne soyons pas petit. »
— Déclaration attribuée à Thierry Sabine, citée en lien avec l'esprit du Paris-Dakar (source : site bbcef.torres.free.fr, repris dans plusieurs publications consacrées au Dakar).
« C'est une expérience que je ne souhaite pas à mon pire ennemi, mais je ne regretterai jamais. »
— Interview non datée, rapportée par Wikipédia FR et Moto-Station (Mathias Brunner, 2016), à propos de sa perte dans le désert du Ténéré en 1977.