François Cevert, pilote automobile français né à Paris en 1944, a remporté le Grand Prix des États-Unis 1971 chez Tyrrell, aux côtés de Jackie Stewart. Prévu comme numéro un de Tyrrell en 1974, il est mort à Watkins Glen lors des essais de 1973.
Fils du joaillier Charles Goldenberg et d'Huguette Cevert, François Cevert grandit à Paris avec le nom de sa mère, adopté sous l'Occupation. Il débute en deux-roues, puis effectue son service militaire au 5e régiment de hussards, de novembre 1964 à avril 1966. Libéré, il remporte en 1966 le Volant Shell à Magny-Cours, devant Patrick Depailler, sous la direction de l'instructeur Tico Martini. Sa première saison de Formule 3 sur Alpine est difficile : il ne finit que six des vingt-deux courses disputées en 1967. Passé sur une Tecno en 1968, il gagne à Montlhéry, La Châtre, Jarama, Nogaro et Albi, et devient champion de France de Formule 3 face à Jean-Pierre Jabouille. Pilote officiel Tecno en Formule 2 en 1969, il s'impose au Grand Prix de Reims, hors championnat, au terme d'un sprint où Jackie Stewart termine quatrième. Ken Tyrrell, qui l'a remarqué, l'engage en 1970 après le retrait de Johnny Servoz-Gavin.
Il débute en Formule 1 au Grand Prix des Pays-Bas 1970 sur une March et inscrit son premier point à Monza. En 1971, sur Tyrrell, il finit deuxième derrière Jackie Stewart en France puis en Allemagne, avant de remporter à Watkins Glen le Grand Prix des États-Unis, avec quarante secondes d'avance sur Jo Siffert. Il termine troisième du championnat du monde. Après une saison 1972 plus difficile, marquée par 15 points, il prend la deuxième place des 24 Heures du Mans avec le Néo-Zélandais Howden Ganley. En 1973, il compte six deuxièmes places en Formule 1 et forme chez Matra, en endurance, un équipage avec son beau-frère Jean-Pierre Beltoise, avec six pole positions à la clé. Stewart, qui a décidé de se retirer à l'issue de la saison, voit en lui un futur champion du monde ; Jody Scheckter est engagé pour 1974 et Cevert devait être numéro un de l'équipe.
1944 : naissance à Paris le 25 février, sous l'Occupation
1966 : victoire au Volant Shell à Magny-Cours, devant Patrick Depailler, après son service militaire
1968 : champion de France de Formule 3 sur Tecno, titre décidé à Albi face à Jean-Pierre Jabouille
1969 : victoire au Grand Prix de Reims de Formule 2, remarquée par Jackie Stewart et Ken Tyrrell
1970 : débuts en Formule 1 chez Tyrrell au Grand Prix des Pays-Bas, à la place de Johnny Servoz-Gavin
1970 : victoire aux 1000 km de Paris, à Montlhéry, avec Jack Brabham sur Matra
1971 : victoire au Grand Prix des États-Unis à Watkins Glen et troisième place au championnat du monde
1972 : deuxième des 24 Heures du Mans avec Howden Ganley sur Matra-Simca
1973 : victoire au Grand Prix de Pau de Formule 2 sur Elf2
1973 : victoire aux 6 Heures de Vallelunga avec Henri Pescarolo et Gérard Larrousse
1973 : mort le 6 octobre à Watkins Glen lors des essais du Grand Prix des États-Unis
1985 : Alain Prost devient champion du monde de Formule 1, douze ans jour pour jour après la mort de Cevert
2023 : Pierre Gasly porte un casque hommage à François Cevert au Grand Prix des États-Unis
Son père, Charles Goldenberg, né dans l'Empire russe, ouvre une bijouterie à Montmartre en 1921 et devient un joaillier parisien aisé. Sa mère, Huguette Cevert, est originaire de Vaudelnay, dans le Maine-et-Loire. Les parents ne sont pas mariés et les enfants portent le nom Cevert : François, son frère aîné Élie, son frère cadet Charles et sa sœur Jacqueline, née en 1947. Jacqueline épouse en 1968 le pilote Jean-Pierre Beltoise, avec qui elle a deux fils, Anthony Beltoise et Julien Beltoise. Il bénéficie, à ses débuts de pilote, de l'aide de sa sœur Jacqueline et de sa compagne Anne Van Malderen, dite Nanou.
Jackie Stewart, son aîné de cinq ans, devient son mentor, que Cevert surnomme « le Maestro ». Quelques jours avant le Grand Prix des États-Unis 1973, il passe des vacances aux Bermudes avec Stewart et son épouse Helen. Cevert fréquente aussi le show-business, notamment Brigitte Bardot et Françoise Hardy, et compte Alain Delon parmi ses amis. Au piano, il joue chaque soir la Sonate Pathétique de Beethoven pendant ce séjour, son père ayant espéré pour lui une carrière de pianiste. Stewart le décrira plus tard comme un athlète, très bon joueur de tennis, aux manières impeccables.
Le 6 octobre 1973, lors des essais qualificatifs du Grand Prix des États-Unis à Watkins Glen, François Cevert perd le contrôle de sa Tyrrell dans les esses, à environ 240 km/h, heurte les rails et meurt avant l'arrivée des secours, la voiture éventrée au niveau de la poitrine. Jackie Stewart se dit convaincu que Cevert a passé la troisième vitesse, tandis que Niki Lauda attribue l'accident à une erreur de pilotage. Tyrrell se retire de la course. Les obsèques ont lieu en l'église Saint-Pierre de Neuilly, avec Emerson Fittipaldi, Graham Hill et Alain Delon dans l'assistance et un office célébré par le père Michel Riquet. L'Équipe le désigne champion des champions 1973 à titre posthume.
François Cevert repose au cimetière de Vaudelnay, dans le Maine-et-Loire, village d'origine de sa mère Huguette. Au-dessus de sa tombe, un médaillon en bronze sculpté par Robert Rebatet est scellé dans le mur de pierres. Plusieurs rues, un lycée professionnel à Écully, un gymnase à Dammarie-les-Lys et un complexe sportif à Mazé portent son nom.
1 - Pour financer ses débuts, il vend des disques éducatifs à domicile, puis devient représentant en confection féminine dans le quartier du Sentier, un emploi qui lui laisse plus de temps libre pour la course.
2 - Au Grand Prix d'Albi 1968, dernière manche du championnat de France, la Tecno de Cevert ne démarre pas sur la grille. Jean-Pierre Jabouille, son rival au titre, accepte de repousser le départ de vingt minutes ; Cevert gagne la course et le titre.
3 - Le pilote Jo Schlesser lui demande un jour de lui procurer « les pilules qui me rendent les yeux bleus », afin d'obtenir sur les filles le même effet que le jeune Français.
4 - En 1971, la Tyrrell 002 de Cevert, proche de la 001 de Stewart, est construite avec un monocoque plus long, comme les 003 et 004, car le Français est plus grand que l'Écossais.
5 - Le mercredi précédant sa mort, Cevert signe un contrat pour rédiger un livre en disant « J'ai envie de laisser quelque chose ». Ses souvenirs de course paraissent en 1974 sous le titre La mort dans mon contrat, avec Jean-Claude Hallé.
- Métier(s) : pilote automobile (Formule 1, Formule 2, endurance)
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Anne Van Malderen (compagne en 1973)
- Enfants : aucun enfant déclaré publiquement
- Distinctions : Volant Shell 1966, champion de France de Formule 3 1968, Prix Roland Peugeot 1971, champion des champions de L'Équipe 1973 (à titre posthume)
22 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
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« Il a fait plus pour moi que pour un frère. »
— Propos sur Jackie Stewart après sa victoire de 1971, rapportés par Eurosport, Les Grands Récits, 2018
« Un jour, je serai Champion du monde de F1. »
— Confidence à sa sœur Jacqueline adolescent, rapportée par Caradisiac, François Cevert 40 ans déjà
« Je me sentais comme un footballeur amateur à qui on aurait offert une place au Real Madrid. »
— Propos sur son arrivée chez Tyrrell, rapportés par Eurosport, Les Grands Récits, 2018
« La mort, c'est le risque numéro 1. Il est inconcevable d'être pilote automobile et d'avoir peur de l'accident et de la mort. »
— Propos de 1971, rapportés par Eurosport, Les Grands Récits, 2018
« Jackie a arrêté tout ça et m'a enseigné comment analyser une voiture, comment penser au volant, avoir une vision. Il a fait toute mon éducation. »
— Propos sur Jackie Stewart, rapportés par Eurosport, Les Grands Récits, 2018