Physicien américain et lauréat du prix Nobel, William Shockley fut une figure clé dans l'invention du transistor, une innovation qui a jeté les bases de l'électronique moderne et de la Silicon Valley. Sa carrière scientifique brillante a cependant été éclipsée par ses opinions controversées en matière d'eugénisme.
Né William Bradford Shockley le 13 février 1910 à Londres, de parents américains, il grandit principalement à Palo Alto, en Californie. Son père était un ingénieur minier et sa mère, May Bradford Shockley, était ingénieure minière et la première femme arpenteur-géomètre adjoint des mines aux États-Unis. Il développe très jeune un intérêt pour la science et la physique. Il obtient son baccalauréat en sciences du California Institute of Technology (Caltech) en 1932, puis un doctorat en physique du Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 1936. Sa thèse, intitulée Calculation of Electronic Wave Functions in Sodium Chloride Crystals, portait sur la structure en bandes d'énergie du cristal de chlorure de sodium, posant les bases de sa future expertise dans la physique des semi-conducteurs.
Après ses études, Shockley rejoint les laboratoires Bell Telephone en 1936, où il mène des recherches fondamentales sur les semi-conducteurs. Durant la Seconde Guerre mondiale, il met ses compétences au service de la Défense, notamment en dirigeant un groupe de recherche sur la lutte anti-sous-marine à l'université Columbia et en étant consultant du ministère de la Défense après la guerre. En 1947, avec John Bardeen et Walter Houser Brattain, il participe à l'invention du transistor. Bien que le transistor à contact ponctuel ait été mis au point par Bardeen et Brattain, Shockley a joué un rôle crucial dans la compréhension théorique de l'effet transistor et a ensuite développé le transistor à jonction, plus pratique et fiable. Pour leurs recherches sur les semi-conducteurs et leur découverte de l'effet transistor, les trois hommes sont conjointement lauréats du Prix Nobel de physique en 1956. En 1955, il quitte Bell Labs pour fonder le Shockley Semiconductor Laboratory en Californie, posant ainsi les premières pierres de ce qui allait devenir la Silicon Valley. Son leadership controversé au sein de cette entreprise a cependant conduit plusieurs de ses meilleurs ingénieurs à partir et à fonder des entreprises rivales, notamment Intel, les "Huit Traîtres". Après cela, il accepte un poste de professeur à l'Université de Stanford. Le principe du transistor à effet de champ que Shockley voulait breveter avait déjà été décrit par Julius Lilienfeld en 1925, ce qui a limité ses revendications.
1910 : Naissance à Londres, Royaume-Uni.
1932 : Obtient son Bachelor of Science de Caltech.
1936 : Obtient son doctorat en physique du MIT et rejoint Bell Telephone Laboratories.
1947 : Participe à l'invention du transistor avec John Bardeen et Walter Houser Brattain.
1955 : Fonde le Shockley Semiconductor Laboratory.
1956 : Lauréat du Prix Nobel de physique pour ses recherches sur les semi-conducteurs et la découverte de l'effet transistor.
1963 : Devient professeur à l'Université de Stanford.
1989 : Décès à Palo Alto, Californie, États-Unis.
William Shockley fut marié deux fois. Sa première épouse fut Jean Alberta Bailey (mariés en 1933, divorcés en 1955). De cette union sont nés deux fils, William et Richard, et une fille, Alison. Il épouse ensuite Emmy Lanning (née en 1913, décédée en 2007) en 1955, qui l'accompagne jusqu'à sa mort. Shockley était un passionné d'escalade, une activité où il était très doué. Il était également un orateur apprécié et un magicien amateur, connu pour ses farces élaborées dans sa jeunesse. Il nourrissait une passion de longue date pour l'élevage de colonies de fourmis.
Cependant, sa vie personnelle fut marquée par des difficultés, notamment des relations tendues avec ses fils. À la fin de sa vie, il était en grande partie éloigné de ses amis et de sa famille, ses enfants ayant appris son décès par la nécrologie. Ses engagements publics se sont principalement orientés vers la promotion de l'eugénisme, une position qui lui a valu l'ostracisation de la communauté scientifique.
Les dernières décennies de la vie de William Shockley furent marquées par son engagement virulent en faveur de l'eugénisme et de théories controversées sur la race et l'intelligence. Sans formation formelle en génétique, il a promu des idées scientifiquement discréditées, affirmant que les différences de QI entre les groupes ethniques étaient principalement génétiques. Il a notamment proposé d'inciter financièrement les individus ayant un QI bas à se faire stériliser. Ces vues, jugées racistes et non scientifiques, lui ont valu d'être largement condamné par la communauté académique et scientifique. Des manifestations ont eu lieu contre ses conférences, et le nom d'une voie d'escalade qu'il avait créée ("Shockley's Ceiling") a même été changé en raison de ses opinions. Ses opinions ont été officiellement condamnées par l'American Physical Society.
William Shockley est décédé d'un cancer de la prostate le 12 août 1989 à Palo Alto, en Californie, à l'âge de 79 ans. Au moment de sa mort, il était en froid avec la plupart de ses amis et de sa famille, à l'exception de sa seconde épouse, Emmy Lanning.
William Shockley est inhumé à l'Alta Mesa Memorial Park à Palo Alto, Californie, États-Unis. Ce cimetière est situé à proximité de Stanford et de la Silicon Valley, berceau de l'industrie qu'il a contribué à créer.
1 - Avant de se consacrer à la physique, Shockley a passé deux ans à la Palo Alto Military Academy et a même fréquenté une école de coaching à Los Angeles.
2 - En 1938, il a reçu son premier brevet pour un canon à électrons électromultiplicateur.
3 - Il était connu pour sa capacité à "produire comme par magie" un bouquet de roses à la fin de ses discours devant l'American Physical Society.
4 - Sa frustration de ne pas avoir été nommé sur les premières demandes de brevet du transistor à contact ponctuel l'a poussé à développer son propre design, le transistor à jonction, qui s'est avéré plus commercialisable.
5 - Son livre de 1950, Electrons and Holes in Semiconductors, est considéré comme fondamental pour la physique des semi-conducteurs et a établi les bases théoriques de l'ensemble du domaine.
6 - Le départ de huit de ses meilleurs ingénieurs de son laboratoire, surnommés les "Huit Traîtres", a conduit à la création de Fairchild Semiconductor, une entreprise qui, à son tour, a donné naissance à Intel et à de nombreuses autres sociétés de la Silicon Valley.
Métier(s) : Physicien, Inventeur, Professeur d'université
Résidence principale / sépulture : Palo Alto, Californie, États-Unis
Relations : Jean Alberta Bailey (première épouse, mariés 1933-1955), Emmy Lanning (seconde épouse, mariés 1955-1989)
Enfants : William, Richard, Alison
Distinctions : Prix Nobel de physique (1956), plus de 50 brevets.