Aimé Jacquet, ancien footballeur et entraîneur français né en 1941 à Sail-sous-Couzan, a conduit l'équipe de France à son premier titre de champion du monde, le 12 juillet 1998. En juin 2026, il a adressé un message à Didier Deschamps avant le Mondial.
Fils de bouchers de Sail-sous-Couzan, Aimé Jacquet obtient un CAP de métallurgie à Thiers, puis travaille comme fraiseur aux aciéries de Saint-Chamond tout en jouant à l'US Couzan. Recruté en 1960 par l'AS Saint-Étienne, il mène une double vie d'ouvrier et de footballeur sous les ordres de Jean Snella puis d'Albert Batteux. Milieu défensif aux côtés de Robert Herbin, il remporte la Division 2 en 1963, cinq titres de champion de France entre 1964 et 1970 et les Coupes de France 1968 et 1970. Louis Dugauguez le sélectionne à deux reprises en 1968. Une rupture du tendon d'Achille en 1970 l'éloigne des terrains pendant près de deux ans, puis il rejoint l'Olympique lyonnais en 1973 et met fin à sa carrière en 1975. Il prend la tête de l'OL en 1976, où il lance Jean Tigana, puis signe aux Girondins de Bordeaux en 1980 à l'appel du président Claude Bez.
À Bordeaux, avec Alain Giresse, Jean Tigana et Bernard Lacombe, Jacquet remporte les championnats 1984, 1985 et 1987 et les Coupes de France 1986 et 1987, et atteint deux demi-finales européennes, dont celle de la Coupe des clubs champions 1985 face à la Juventus de Michel Platini. Limogé par Claude Bez en 1989, il passe à Montpellier, où le président Louis Nicollin le remercie au printemps 1990 malgré les arrivées de Carlos Valderrama et d'Éric Cantona, puis à Nancy. Adjoint de Gérard Houllier en 1992, il devient sélectionneur à titre provisoire après la défaite face à la Bulgarie, en novembre 1993. Avec Didier Deschamps et Laurent Blanc comme relais, puis Zinédine Zidane et Youri Djorkaeff, il bat l'Italie à Naples pour son premier match, atteint la demi-finale de l'Euro 1996, puis bat le Brésil 3-0 en finale de la Coupe du monde 1998. Roger Lemerre lui succède, tandis qu'il dirige la Direction technique nationale jusqu'en 2006.
Pendant son mandat de sélectionneur, Aimé Jacquet est la cible de vives critiques de la presse, en particulier du quotidien L'Équipe, qui juge son jeu trop défensif et se moque de son accent du Forez. Il écarte progressivement Éric Cantona, David Ginola et Jean-Pierre Papin de l'équipe de France. En mai 1998, sa présélection de 28 joueurs au lieu de 22 provoque un éditorial de Jérôme Bureau estimant qu'il n'est pas l'homme de la situation. Après la finale, il déclare ne pas pardonner aux journaux. En 2002, il tient dans Le Monde des propos très durs à l'égard de certains journalistes ; L'Équipe porte plainte pour injure publique en 2003, et le tribunal relaxe Jacquet en retenant les provocations du quotidien à son encontre.
1941 : naissance à Sail-sous-Couzan (Loire)
1960 : quitte l'US Couzan pour l'AS Saint-Étienne
1964 : premier titre de champion de France avec l'ASSE
1968 : deux sélections en équipe de France et Coupe de France avec Saint-Étienne
1970 : dernier titre de champion de France comme joueur, puis rupture du tendon d'Achille
1976 : devient entraîneur de l'Olympique lyonnais
1980 : arrive aux Girondins de Bordeaux
1984 : premier titre de champion de France comme entraîneur, avec Bordeaux
1989 : limogé par Claude Bez, puis entraîneur du Montpellier HSC
1993 : nommé sélectionneur de l'équipe de France à titre provisoire
1996 : demi-finaliste de l'Euro avec les Bleus
1998 : champion du monde le 12 juillet face au Brésil, puis chevalier de la Légion d'honneur
2006 : quitte la Direction technique nationale le 31 décembre
2007 : promu officier de la Légion d'honneur
2026 : message à Didier Deschamps diffusé sur France Inter le 3 juin, avant la Coupe du monde
Aimé Jacquet est le fils de Claudius et Bénédicte Jacquet, qui tiennent la boucherie de Sail-sous-Couzan. À 13 ans, la maladie de son père pousse la famille à s'installer à Boën-sur-Lignon, tandis qu'il reste chez sa tante pour passer son certificat d'études. Il suit ensuite un apprentissage à l'École nationale professionnelle de Thiers, puis travaille aux aciéries de Saint-Chamond, où son collègue fraiseur Roger Berne témoigne en 1998 de ses qualités humaines. En 1961, il effectue son service militaire au 22e bataillon de chasseurs alpins de Nice, avant de retrouver Robert Herbin et Jean Snella à Saint-Étienne en 1963.
Propriétaire d'un chalet à Thônes en 1998, Aimé Jacquet réside depuis la fin des années 2000 dans la région d'Annecy et soutient en 2009 la candidature de la ville aux Jeux olympiques d'hiver de 2018. Il entraîne l'équipe de l'association France 98, présidée par Didier Deschamps, qui joue des matchs de bienfaisance. Les stades de Sail-sous-Couzan, de L'Étrat et de Beaux portent son nom. Le 4 juin 2024, invité d'honneur à Saint-Étienne, il salue la qualification historique des Bleues de 2002, entraînées par Élisabeth Loisel et capitanées par Corinne Diacre, pour la Coupe du monde 2003.
1 - Pendant la guerre d'Algérie, Aimé Jacquet craint d'être envoyé à Alger ou à Constantine lors de son service au 22e bataillon de chasseurs alpins de Nice. Nommé entraîneur de l'équipe du régiment, il la mène au titre de champion de la région.
2 - Les recruteurs stéphanois Pierre Garonnaire et Claude Abbes ne sont pas convaincus lors de leurs premières observations. C'est finalement un responsable de la réserve professionnelle, M. Hernandez, qui le repère avant son arrivée à l'ASSE en 1960.
3 - Devenu entraîneur de l'Olympique lyonnais, il demande au club le recrutement d'un médecin du sport résident, le docteur Jean-Marcel Ferret, qui sera plus tard, en parallèle, le médecin de l'équipe de France.
4 - Après la rupture du tendon d'Achille de 1970, le professeur Jean-Jacques Trillat lui greffe le court péroné latéral pour doubler le tendon. L'opération réussit, et Jacquet revient sur les terrains après presque deux ans d'absence.
5 - Sa statue de cire au musée Grévin, à Paris, le montre embrassant le trophée de la Coupe du monde, aux côtés de celles de Marcel Desailly et de Thierry Henry.
6 - Après avoir refusé plusieurs sollicitations, il tourne un spot publicitaire de 20 secondes pour Cafétéria Casino, en précisant qu'il a accepté parce que l'entreprise est de sa région.
- Métier(s) : ancien footballeur, entraîneur, sélectionneur de l'équipe de France (1993-1998), directeur technique national (1998-2006), consultant
- Résidence principale : région d'Annecy (Haute-Savoie)
- Relations de couple : non documentées
- Enfants : non documentés
- Distinctions : champion du monde 1998 comme sélectionneur, officier de la Légion d'honneur, entraîneur français de l'année par France Football (1981, 1984, 1998)
« ces gens infects et lâches »
— Entretien au Monde, 2002, à propos de certains journalistes
« Alors bonne chance, Trois pommes. Amitiés pour l'éternité. »
— Message à Didier Deschamps, France Inter, 3 juin 2026
« Nous avons été trahis par les journaux pendant des années. Je ne vous pardonnerai jamais. »
— Entretien France 3 après la finale, 12 juillet 1998, archive INA (traduit de l'anglais)
« Quels que soient les événements, je pense qu'il faut toujours laisser une chance à l'adversaire. »
— Interview FIFA.com, 2007
« Salut Didier, tu es bleu, blanc, rouge. L'équipe de France est en toi. Personne n'est indispensable, tu le sais. »
— Message à Didier Deschamps, France Inter, 3 juin 2026