Henri Michel, né le 28 octobre 1947 à Aix-en-Provence et décédé le 24 avril 2018, est un footballeur et entraîneur français ayant passé seize ans au FC Nantes, puis conduit la France à la médaille d'or olympique de 1984 et au troisième rang du Mondial 1986.
Formé à l'Association sportive aixoise, Henri Michel rejoint le FC Nantes en 1966, l'année du deuxième titre de champion de France du club ligérien. Il s'impose rapidement au poste de milieu défensif, prend la capitainerie de l'équipe et ne la quitte plus pendant seize ans. Trois championnats de France (1973, 1977, 1980) et une Coupe de France (1979) viennent couronner cette longévité. En fin de carrière, il se repositionne en libéro aux côtés de Patrice Rio et de Maxime Bossis, avant de raccrocher les crampons en 1982 au terme de 532 matchs disputés sous le maillot nantais, un record qu'il partage depuis avec Jean-Paul Bertrand-Demanes. En sélection nationale, il cumule 58 capes entre 1967 et 1980, portant le brassard de capitaine à dix reprises, et participe à la Coupe du monde 1978 en Argentine. En 2022, le magazine So Foot le classe à la huitième place dans son palmarès des mille meilleurs joueurs du championnat de France.
À peine retraité, Henri Michel est engagé par TF1 pour commenter la Coupe du monde 1982 en Espagne aux côtés du journaliste Michel Denisot, avant de devenir l'adjoint de Michel Hidalgo, alors sélectionneur des Bleus. En 1982, il prend en main l'équipe de France olympique et la conduit à la médaille d'or des Jeux de Los Angeles en 1984, en battant le Brésil en finale sur le score de 4-1. Ce succès lui ouvre les portes du poste de sélectionneur de la France A, libéré par Michel Hidalgo. Entouré de Michel Platini et de sa génération, il remporte la Coupe intercontinentale des nations en 1985 et conduit la France jusqu'à la troisième place de la Coupe du monde 1986 au Mexique. Écarté en 1988 après l'échec des éliminatoires de l'Euro, remplacé par Michel Platini, il passe brièvement au Paris Saint-Germain avant d'entamer à partir de 1994 une carrière africaine de vingt ans : sélectionneur du Cameroun (Coupe du monde 1994), du Maroc pendant cinq ans (Coupe du monde 1998, nationalité marocaine accordée par le roi Hassan II) et de la Tunisie (Coupe du monde 2002).
1947 : Naissance le 28 octobre à Aix-en-Provence.
1964 : Débuts professionnels à l'AS Aix-en-Provence.
1966 : Arrivée au FC Nantes.
1973 : Premier titre de champion de France avec le FC Nantes.
1978 : Participation à la Coupe du monde en Argentine avec l'équipe de France.
1979 : Vainqueur de la Coupe de France avec le FC Nantes.
1982 : Fin de carrière de joueur au FC Nantes après 532 matchs ; prise en charge de l'équipe de France olympique.
1984 : Médaille d'or olympique à Los Angeles avec la France olympique ; nomination comme sélectionneur de la France A.
1986 : Troisième place à la Coupe du monde au Mexique avec l'équipe de France.
1994 : Sélectionneur du Cameroun pour la Coupe du monde aux États-Unis.
1998 : Qualification du Maroc pour la Coupe du monde en France ; nationalité marocaine accordée par le roi Hassan II.
1999 : Élevé au rang de chevalier de la Légion d'honneur (décret du 31 décembre 1999).
2003 : Coupe de la CAF avec le Raja de Casablanca ; champion du Maroc en 2004.
2006 : Finaliste de la Coupe d'Afrique des nations avec la Côte d'Ivoire ; qualification pour la Coupe du monde en Allemagne.
2018 : Décès le 24 avril à Gardanne des suites d'un cancer.
Henri Michel naît le 28 octobre 1947 à Aix-en-Provence, où il effectue ses premières armes à l'Association sportive aixoise avant de quitter sa ville natale à 18 ans pour rejoindre le FC Nantes. Il partage des liens d'amitié avec ses anciens coéquipiers, notamment Patrick Battiston, qui le décrit comme l'un de ses joueurs préférés dès ses débuts en équipe nationale. Son attachement au Maroc, pays où il séjourne à plusieurs reprises comme sélectionneur des Lions de l'Atlas, se concrétise en 1998 lorsque le roi Hassan II lui accorde la nationalité marocaine lors d'une cérémonie en hommage aux acteurs de la qualification pour la Coupe du monde. Il revient dans les Bouches-du-Rhône, où il s'éteint à Gardanne en avril 2018.
Au fil de sa carrière, Henri Michel se lie d'amitié avec plusieurs figures du football. Michel Platini, qui évolue sous ses ordres et à ses côtés en sélection nationale, le qualifie après sa mort d'ami d'une fidélité et d'une loyauté rares. Son lien avec le football africain génère des attachements durables : le club du Raja de Casablanca, qu'il entraîne à deux reprises, honore sa mémoire après son décès en faisant entrer ses joueurs sur le terrain avec un t-shirt à son effigie lors d'un match de championnat. En 2019, le journaliste Denis Roux lui consacre une biographie, Henri Michel. Jouer pour vivre, rédigée avec la collaboration de Philippe Laurent, chef de projet du Musée du FC Nantes.
Henri Michel décède le 24 avril 2018 à Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône, des suites d'un cancer. Les obsèques se tiennent en la cathédrale Saint-Sauveur d'Aix-en-Provence. Michel Platini, Noël Le Graët (président de la Fédération Française de Football) et Emmanuel Macron rendent hommage à sa carrière, ce dernier saluant sa discrétion et son humilité. Le roi Mohammed VI du Maroc adresse un message de condoléances à la famille, soulignant que le Maroc perd en lui un ami fidèle qui a contribué au rayonnement du football national. Une minute de silence est observée lors du match de préparation France-Irlande pour la Coupe du monde 2018. Jean Tigana, Alain Giresse, Marius Trésor et Bernard Lacombe comptent parmi les anciens internationaux ayant témoigné publiquement.
Les obsèques d'Henri Michel se sont tenues en la cathédrale Saint-Sauveur d'Aix-en-Provence. Une statue, oeuvre du sculpteur Mauro Corda, est inaugurée le 8 mai 2021 au stade de la Beaujoire à Nantes en présence de la famille, accessible au public depuis le 19 mai 2021. En 2019, le journaliste Denis Roux publie une biographie intitulée Henri Michel. Jouer pour vivre (éditions Offset 5).
1 - Henri Michel est le seul entraîneur de l'histoire à avoir conduit cinq sélections nationales différentes en Coupe du monde : la France (1986, 3e place), le Cameroun (1994), le Maroc (1998), la Tunisie (2002) et la Côte d'Ivoire (2006).
2 - Le 21 avril 2018, trois jours avant son décès, les supporters du FC Nantes le désignent par vote en ligne "Canari du XI de légende", distinction qui lui est notifiée alors qu'il est déjà gravement malade.
3 - En 1988, Éric Cantona, écarté d'un match amical France-Tchécoslovaquie, déclare publiquement à la télévision qu'Henri Michel est un "sac à merde". Le président de la FFF Jean Fournet-Fayard lui inflige dix mois de suspension en sélection nationale.
4 - Sous la capitainerie d'Henri Michel, le FC Nantes établit entre mai 1976 et avril 1981 un record d'invincibilité à domicile de 92 matchs consécutifs sans défaite, considéré à ce jour comme inégalé en championnat de France.
5 - En 1998, le roi Hassan II lui accorde la nationalité marocaine lors d'une cérémonie à Rabat organisée en hommage à la sélection qualifiée pour la Coupe du monde, faisant de lui l'un des rares techniciens étrangers à avoir reçu un tel honneur d'un chef d'État.
- Métier(s) : Footballeur professionnel (milieu défensif, libéro) et entraîneur de football
- Résidence principale : Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône)
- Relations de couple : non documentées
- Enfants : non documentés
- Distinctions : Champion de France 1973, 1977, 1980 (FC Nantes), Coupe de France 1979, Médaille d'or olympique 1984, Coupe intercontinentale des nations 1985, 3e place Coupe du monde 1986, Coupe de la CAF 2003, Champion du Maroc 2004, chevalier de la Légion d'honneur (1999)
Mes ambitions, c'est de réussir l'organisation de la CAN, le challenge est de créer une équipe solide.
— Propos tenus lors de sa nomination comme sélectionneur de la Guinée Équatoriale, décembre 2010, rapportés par RFI Afrique Foot
Je ne peux pas continuer dans ces conditions qui ne me permettent pas de travailler comme je l'entends.
— Déclaration lors de sa démission de la sélection tunisienne, mars 2002, rapportée par Aujourd'hui.ma
J'avais fait acte de candidature il y a quelques années pour le poste de sélectionneur français en 2002, je n'ai même pas eu de réponse. J'ai été déçu par certains, mais c'est du passé. Je m'occupe du Maroc et je n'ai pas d'esprit de revanche.
— Interview accordée au journal Aujourd'hui.ma (Maroc), lors de son second mandat à la tête de la sélection marocaine