Alfred Nobel, chimiste et industriel suédois (1833-1896), est l'inventeur de la dynamite et le fondateur des prix Nobel. Né à Stockholm, il déposa 355 brevets dans plus de vingt pays et légua la quasi-totalité de sa fortune à la création des prix qui portent son nom.
Né le 21 octobre 1833 à Stockholm, Alfred Nobel est le troisième fils d'Immanuel Nobel (1801-1872), ingénieur et inventeur, et d'Andriette Ahlsell Nobel (1805-1889). La famille s'installe à Saint-Pétersbourg en 1842, où Immanuel Nobel fournit du matériel militaire à l'armée russe. Alfred y reçoit une instruction privée intensive, notamment en chimie auprès du professeur Nikolaï Zinin, et maîtrise cinq langues à l'âge de dix-sept ans. En 1850, il séjourne à Paris pour étudier la chimie auprès de Théophile-Jules Pelouze, et entre en contact avec les travaux d'Ascanio Sobrero, inventeur de la nitroglycérine. Il passe ensuite aux États-Unis, où il travaille dans l'atelier de l'ingénieur John Ericsson. De retour en Suède en 1863, il dépose un brevet pour un détonateur à fulminate de mercure. En 1864, une explosion à l'usine familiale d'Heleneborg, à Stockholm, tue cinq personnes dont son frère cadet Emil Oskar Nobel, épisode déterminant dans ses travaux sur la stabilisation des explosifs.
En 1867, Alfred Nobel obtient le brevet de la dynamite, mélange de nitroglycérine et de kieselguhr. Il démontre l'explosif dans une carrière à Redhill, en Angleterre. En 1875, il invente la gélinite ; en 1887, la balistite, poudre propulsive sans fumée. Ces inventions lui permettent de constituer un réseau de plus de quatre-vingt-dix usines et laboratoires dans vingt pays. Élu membre de l'Académie royale des sciences de Suède, Nobel développe par ailleurs une amitié épistolaire avec Bertha von Suttner, ancienne secrétaire devenue militante pacifiste, dont l'influence se reflète dans l'inclusion d'un prix de la paix dans son testament. Sur le plan littéraire, Nobel écrit de la poésie en anglais, inspiré par Percy Bysshe Shelley et Lord Byron, et rédige peu avant sa mort la tragédie Nemesis, en quatre actes en prose, fondée sur le destin de Béatrice Cenci.
En 1887, après que le gouvernement français a refusé sa nouvelle balistite, Alfred Nobel la cède à l'Italie. Cette décision déclenche en France une campagne de presse l'accusant d'espionnage industriel au détriment de Paul Vieille, inventeur de la Poudre B. La fabrication de la balistite est interdite sur le sol français, une provision destinée à des expériences est confisquée et son autorisation de conduire des recherches en France est retirée. Menacé d'emprisonnement, Nobel quitte définitivement la France en 1890 pour s'installer à San Remo. Par ailleurs, en 1893, il engage une procédure judiciaire en Grande-Bretagne contre les chimistes Frederick Augustus Abel et James Dewar, auteurs de la cordite, qu'il accuse de violer son brevet de balistite. Il perd le procès en 1893, puis ses deux appels successifs, dont le dernier devant la Chambre des lords en 1895, avec condamnation aux dépens.
1833 : Naissance le 21 octobre à Stockholm. Immanuel Nobel déclare faillite la même année.
1842 : Installation de la famille à Saint-Pétersbourg, où Immanuel Nobel relance ses activités industrielles.
1850 : Séjour de formation à Paris auprès du chimiste Théophile-Jules Pelouze. Contact avec les travaux d'Ascanio Sobrero sur la nitroglycérine.
1863 : Premier brevet suédois pour un détonateur à fulminate de mercure.
1864 : Explosion meurtrière à l'usine d'Heleneborg, à Stockholm : cinq morts, dont Emil Oskar Nobel.
1867 : Brevet de la dynamite dans plusieurs pays. Première démonstration dans une carrière à Redhill, Angleterre.
1873 : Installation à Paris, avenue Malakoff. Début d'un séjour français de dix-sept ans.
1875 : Invention et brevet de la gélinite (gélatine explosive).
1881 : Acquisition du château de Sevran, en Seine-et-Oise, pour y établir un laboratoire.
1887 : Brevet de la balistite. Vente à l'Italie, déclenchant le conflit avec les autorités françaises.
1888 : Décès de son frère Ludvig Nobel à Cannes. Publication erronée d'un obituaire d'Alfred par un journal français, titré "Le marchand de la mort est mort."
1890 : Départ de France sous pression gouvernementale. Installation à San Remo.
1895 : Signature du testament au Club Suédo-Norvégien de Paris, le 27 novembre.
1896 : Décès le 10 décembre à San Remo, à 63 ans. Inhumation au Norra begravningsplatsen de Stockholm.
1900 : Création de la Fondation Nobel le 29 juin. Premier prix Nobel décerné en 1901.
Alfred Nobel reste célibataire toute sa vie et n'a pas d'enfants. Fils d'Immanuel Nobel, ingénieur contraint à la faillite l'année même de la naissance d'Alfred, et d'Andriette Ahlsell Nobel, il compte parmi les quatre enfants sur huit à atteindre l'âge adulte dans une fratrie frappée par la précarité. À partir de 1876, il entretient une liaison de dix-huit ans avec Sofie Hess, fleuriste d'origine viennoise, qu'il appelle parfois "Madame Sofie Nobel" dans leur correspondance. Sofie Hess se marie dans les années 1890 ; Nobel lui accorde alors une rente annuelle jusqu'à sa propre mort.
En 1876, Bertha von Suttner, alors comtesse Kinsky, est brièvement secrétaire de Nobel à Paris, avant d'épouser le baron Arthur Gundaccar von Suttner. Les deux entretiennent une correspondance régulière pendant près de vingt ans. Bertha von Suttner reçoit en 1905 le prix Nobel de la paix pour ses activités en faveur du désarmement. Nobel se décrit dans ses propres écrits comme "misanthrope bienveillant" et possède une vaste bibliothèque littéraire, conservée en partie au manoir de Björkborn à Bofors, en Suède. Son legs de la quasi-totalité de sa fortune à la fondation fondée en son nom traduit un engagement philanthropique constant.
Alfred Nobel meurt d'une hémorragie cérébrale le 10 décembre 1896 dans sa villa de San Remo, sur la Riviera italienne. Cette propriété, anciennement baptisée "Mio Nido" (Mon Nid) par son précédent propriétaire, l'écrivain polonais Józef Ignacy Kraszewski, servait de refuge à Nobel après son départ de France. Nobel souffrait d'angine de poitrine depuis au moins 1895. Il est inhumé au Norra begravningsplatsen de Stockholm. Ses exécuteurs testamentaires, Ragnar Sohlman et Rudolf Lilljequist, assurent l'application du testament, contesté par une partie de la famille Nobel, ce qui retarde la remise des premiers prix jusqu'en 1901. Aucun éloge funèbre officiel d'une personnalité nommée n'est documenté dans les sources primaires consultées.
Alfred Nobel est inhumé au Norra begravningsplatsen, le cimetière nord de Stockholm, dans le caveau familial. Le manoir de Björkborn à Bofors (Suède) est aujourd'hui un musée dédié à ses dernières années et à ses inventions. À Sevran (Seine-Saint-Denis, France), un monument en granit noir et une stèle commémorative sont inaugurés en novembre 1996, à l'occasion du centenaire de sa mort, sur la place principale de la commune.
1 - Souffrant d'angine de poitrine à partir de 1895, Alfred Nobel se voit prescrire de la nitroglycérine à usage cardiaque par ses médecins. La substance qui avait fondé sa fortune se retrouvait ainsi au coeur de son propre traitement médical.
2 - La tragédie Nemesis, rédigée en prose peu avant sa mort et inspirée de l'histoire de Béatrice Cenci, est jugée si scandaleuse que ses proches détruisent presque toute l'édition imprimée. Seuls trois exemplaires subsistent. La pièce est créée pour la première fois à Stockholm en décembre 2005.
3 - Interdit de rebâtir son usine sur le sol suédois après l'explosion de 1864, Alfred Nobel poursuit ses expériences sur une barge ancrée dans le lac Mälar, près de Stockholm, transformant un plan d'eau en laboratoire flottant.
4 - Parmi ses 355 brevets, Alfred Nobel dépose plusieurs inventions sans rapport avec les explosifs : soies artificielles, cuirs synthétiques et procédés chimiques divers. Cette diversité reste peu connue du grand public.
5 - En 1873, Alfred Nobel s'installe à Paris, avenue Malakoff, et acquiert en 1881 le château de Sevran, en Seine-et-Oise, pour y établir un laboratoire. La commune, désormais en Seine-Saint-Denis, lui rend hommage par un monument inauguré en novembre 1996.
- Métier(s) : chimiste, inventeur, industriel, philanthrope
- Résidence principale : San Remo (Italie)
- Relations de couple : Sofie Hess (liaison d'environ dix-huit ans) ; Bertha von Suttner (amitié épistolaire, 1876-1896)
- Enfants : aucun
- Distinctions : membre de l'Académie royale des sciences de Suède ; élément nobélium (No, numéro atomique 102) nommé en son honneur
96 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
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« La satisfaction est la seule vraie richesse. »
— Aphorismes d'Alfred Nobel, Fondation Nobel, nobelprize.org (traduit de l'anglais)
« Ma maison est là où je travaille, et je travaille partout. »
— Aphorismes d'Alfred Nobel, Fondation Nobel, nobelprize.org (traduit de l'anglais)
« Je suis un misanthrope et pourtant entièrement bienveillant. »
— Aphorismes d'Alfred Nobel, Fondation Nobel, nobelprize.org (traduit de l'anglais)
« Un coeur ne peut pas plus être contraint d'aimer qu'un estomac ne peut être forcé de digérer par persuasion. »
— Aphorismes d'Alfred Nobel, Fondation Nobel, nobelprize.org (traduit de l'anglais)
« Il est expressément de mon voeu que, pour l'attribution des prix, aucune considération ne soit accordée à la nationalité des candidats, mais que le plus digne reçoive le prix, qu'il soit Scandinave ou non. »
— Testament d'Alfred Nobel, 27 novembre 1895, Paris (traduit du suédois)