Résumé biographique

Danseuse et chorégraphe cubaine, Alicia Ernestina de la Caridad del Cobre Martínez del Hoyo s’impose comme « prima ballerina assoluta » grâce à une lecture dramatique de Giselle et une influence institutionnelle majeure à La Havane. Alicia Alonso a façonné le Ballet Nacional de Cuba.


Parcours

Née à La Havane le 21 décembre 1920, Alonso étudie la danse à Cuba, notamment au sein de la Sociedad Pro-Arte Musical, avant de partir très jeune aux États-Unis. Elle rejoint Ballet Theatre à New York et se révèle en 1943 en remplaçant au pied levé l’interprète prévue pour Giselle, rôle qui devient sa signature. Promue danseuse étoile en 1946, elle tourne largement et se produit avec des partenaires invités, dont Igor Youskevitch, tout en élargissant son répertoire. Elle aborde des classiques comme Le Lac des cygnes et participe à des créations américaines, dont Fall River Legend. Atteinte d’un grave problème oculaire dès la fin de l’adolescence, elle poursuit pourtant sa carrière malgré une vision très réduite, en s’appuyant sur un travail millimétré avec ses partenaires, la lumière et le placement scénique. Sur scène, elle impose aussi une Carmen au style très personnel.

En 1948, elle rentre à Cuba et fonde à La Havane le Ballet Alicia Alonso, noyau de la future compagnie nationale. À partir de 1959, le projet bénéficie d’un soutien public qui permet de structurer une école et un ensemble permanents, associés au Gran Teatro de La Habana. Sous sa direction, la troupe prend le nom de Ballet Nacional de Cuba et acquiert une visibilité internationale, tandis qu’Alonso transmet une esthétique et une discipline qui marquent durablement l’« école cubaine ». Elle signe ou supervise des versions de grands titres du répertoire, dont Giselle et Le Lac des cygnes, et conserve longtemps un rôle central dans la programmation. Son influence est reconnue par des distinctions telles que le Premio Nacional de Danza (1998), la médaille Pablo Picasso de l’UNESCO (1999) et le Prix Benois de la Danse pour l’ensemble de sa carrière (2000).


Repères chronologiques

1920 : naissance à La Havane (Cuba)
1937 : mariage avec Fernando Alonso
1938 : naissance de sa fille Laura Alonso
1943 : débuts remarqués dans Giselle au Ballet Theatre à New York
1946 : promotion comme danseuse étoile au sein de la compagnie
1948 : fondation à La Havane du Ballet Alicia Alonso
1959 : soutien public accru au projet de ballet et structuration de l’institution nationale
1998 : Premio Nacional de Danza (Cuba) ; distinction française d’Ordre des Arts et des Lettres (commandeur)
1999 : médaille Pablo Picasso de l’UNESCO
2019 : mort à La Havane


Vie personnelle et engagements

Issue d’une famille havanaise, elle est la fille d’Antonio Martínez Arredondo et d’Ernestina del Hoyo y Lugo. En 1937, elle épouse le danseur et chorégraphe Fernando Alonso ; leur fille Laura Alonso naît en 1938 et s’orientera à son tour vers la danse et l’enseignement. Le couple divorce en 1975. La même année, Alicia Alonso se remarie avec l’éditeur et critique de danse Pedro Simón Martínez, qui restera son époux jusqu’à sa mort. Elle a une sœur, Blanca María « Cuca » Martínez del Hoyo, et deux frères, Elizardo et Antonio. Elle est aussi grand-mère d’Iván Monreal-Alonso.


Au-delà de la scène, Alonso s’investit comme pédagogue et dirigeante, en structurant une compagnie et des formations associées au Ballet Nacional de Cuba. Son rayonnement institutionnel est aussi reconnu à l’international : elle est nommée ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO en 2002, puis « World Dance Ambassador » de l’organisation en 2017. Elle soutient des actions de diffusion du ballet classique et contribue à l’implantation d’un répertoire stable, transmis aux générations suivantes par des reprises et des stages. En 2018, l’UNESCO annonce la création d’une chaire ibéro-américaine de danse portant son nom, liée à la coopération culturelle.


Lieux de référence

À La Havane, son nom reste associé au Gran Teatro de La Habana Alicia Alonso, principal lieu de représentation du Ballet Nacional de Cuba, près du Paseo del Prado et du Parque Central. Ses activités se rattachent aussi aux espaces de formation liés à la compagnie, ainsi qu’aux salles qui accueillent le Festival Internacional de Ballet de La Habana, rendez-vous régulier du calendrier culturel cubain.


Contexte du décès

En fin de vie, Alicia Alonso est hospitalisée à La Havane au Centro de Investigaciones Médico Quirúrgicas, où elle meurt des suites de complications de santé. Sa disparition entraîne un hommage officiel et populaire : le Ballet Nacional de Cuba et les autorités culturelles organisent des cérémonies au Gran Teatro de La Habana portant son nom, lieu emblématique de sa carrière. Des artistes et institutions internationales saluent alors l’impact de son interprétation de Giselle et son rôle de bâtisseuse d’une école nationale.


Où se recueillir ?

Alicia Alonso est inhumée au Cementerio de Colón, grand cimetière historique de La Havane. Le recueillement peut également se faire au Gran Teatro de La Habana Alicia Alonso, où se tiennent régulièrement des hommages liés à la compagnie nationale et au festival de ballet. Ces lieux concentrent l’essentiel de la mémoire publique entretenue autour de son héritage.


Anecdotes

1 - Dès la fin de l’adolescence, une affection oculaire réduit fortement sa vision ; pour danser, elle mémorise les distances et utilise des repères lumineux sur le plateau, exigeant un placement extrêmement précis de ses partenaires.
2 - En 1943, à New York, elle remplace au dernier moment la ballerine prévue pour Giselle au Ballet Theatre ; ce succès critique immédiat installe son nom sur la scène américaine et lance une longue série de reprises du rôle.
3 - L’UNESCO la désigne ambassadrice de bonne volonté en 2002, puis « World Dance Ambassador » en 2017 ; l’organisation annonce ensuite une chaire ibéro-américaine de danse portant son nom en 2018.
4 - Au Gran Teatro de La Habana Alicia Alonso, un bronze la représente dans Giselle, rappel public de son rôle fondateur dans la vie de la compagnie nationale et de sa place dans l’imaginaire culturel cubain.


Points clés

- Métier(s) : danseuse classique, chorégraphe, directrice de compagnie
- Résidence principale : La Havane (Cuba)
- Relations : Fernando Alonso (mariage, puis divorce) ; Pedro Simón Martínez (mariage)
- Enfants : Laura Alonso (née en 1938)
- Distinctions : Premio Nacional de Danza (1998) ; médaille Pablo Picasso de l’UNESCO (1999) ; Prix Benois de la Danse (2000)