Résumé biographique
Figure majeure du ballet russe du XXe siècle, Maïa Plissetskaïa marque l’histoire du Bolchoï et de la danse classique internationale par une carrière de plusieurs décennies, faite de grands rôles comme Le Lac des cygnes, Carmen Suite ou Anna Karénine, d’engagements artistiques à l’étranger et d’une activité de chorégraphe et directrice de ballet.
Parcours
Née le 20 novembre 1925 à Moscou dans une famille juive liée au théâtre et au cinéma, Maïa Plissetskaïa entre très jeune à l’École chorégraphique du Bolchoï, où elle est formée notamment par Elizaveta Gerdt et sa tante Sulamith Messerer. Elle se produit pour la première fois sur la scène du Bolchoï à onze ans, puis y est engagée comme danseuse en 1943, à dix-huit ans. Interprète d’un vaste répertoire classique et moderne, elle est nommée prima ballerina assoluta du Bolchoï en 1962 et reste l’une de ses figures centrales jusqu’en 1990. À partir des années 1980, elle développe une activité de chorégraphe et de directrice artistique, en particulier à l’Opéra de Rome et au Ballet national d’Espagne.
Repères de carrière
1943 : Entrée au Ballet du Bolchoï après sa formation à l’École chorégraphique de Moscou.
1956 : Tournée marquante avec le Bolchoï, notamment dans Le Lac des cygnes, qui renforce sa notoriété internationale.
1958 : Titre d’Artiste du peuple de l’URSS et mariage avec le compositeur Rodion Chtchedrine.
1959 : Autorisation de tourner en Occident et premières grandes tournées internationales avec le Bolchoï.
1962 : Nomination comme prima ballerina assoluta du Bolchoï.
1967 : Création du rôle de Carmen dans Carmen Suite, ballet d’Alberto Alonso sur une partition réécrite par Rodion Chtchedrine.
1971 : Première d’Anna Karénine, dont elle signe la chorégraphie et tient le rôle principal.
1984–1985 : Direction artistique du Ballet de l’Opéra de Rome.
1987–1989 : Direction du Ballet national d’Espagne, où elle monte notamment Carmen Suite et Anna Karénine.
1990 : Dernières prestations comme soliste du Bolchoï, à 65 ans.
1991 : Publication de ses mémoires Moi, Maïa Plissetskaïa et installation à Munich avec Rodion Chtchedrine.
1994 : Lancement de concours et galas internationaux de ballet placés sous son nom.
2005 : Réception du prix Prince des Asturies pour les arts, partagé avec la danseuse Tamara Rojo.
2015 : Hommages officiels et gala commémoratif après son décès, au Bolchoï et dans plusieurs grandes compagnies.
2016 : Inauguration d’une place et d’un monument Maïa Plissetskaïa près du Bolchoï, à Moscou.
Vie personnelle et engagements
Maïa Plissetskaïa grandit dans un contexte de répression politique : son père, Mikhail Plisetski, est arrêté en 1937 et exécuté en 1938, tandis que sa mère, l’actrice Rachel Messerer, est déportée avec son plus jeune fils dans le camp d’ALJIR au Kazakhstan. Accueillie par sa tante Sulamith Messerer, elle poursuit sa formation au Bolchoï pendant ces années. En 1958, elle épouse le compositeur Rodion Chtchedrine, avec lequel elle forme un couple artistique durable, collaborant sur plusieurs ballets comme Carmen Suite ou Anna Karénine. Le couple n’a pas d’enfants, choix qu’elle assume en lien avec les exigences physiques de sa carrière. Naturellement portée vers la scène internationale, elle reste néanmoins attachée à la Russie et participe, après 1991, à la transmission du ballet classique par des masterclasses, jurys et concours.
Anecdotes
1 – En raison de l’exécution de son père et de la déportation de sa mère, Maïa Plissetskaïa est interdite de tournées en Occident pendant environ seize ans, malgré son statut de soliste du Bolchoï.
2 – C’est après une lettre directe adressée à Nikita Khrouchtchev, affirmant son attachement à l’URSS, que l’interdiction de voyager est levée en 1959, ouvrant ses grandes tournées internationales.
3 – Contrairement à d’autres danseurs soviétiques célèbres comme Rudolf Noureev ou Mikhaïl Barychnikov, elle refuse toujours de faire défection et poursuit sa carrière en restant officiellement liée au Bolchoï.
4 – Carmen Suite est créée en 1967 spécialement pour elle : le chorégraphe cubain Alberto Alonso et Rodion Chtchedrine conçoivent un ballet adapté à son style et à sa présence scénique.
5 – Ses mémoires, publiées sous le titre Moi, Maïa Plissetskaïa, reviennent en détail sur la Grande Terreur, la vie au Bolchoï et ses relations avec le pouvoir soviétique.
6 – À partir des années 1990, elle obtient, en plus de sa nationalité russe, la citoyenneté de la Lituanie et de l’Espagne, où ses liens avec le Ballet national d’Espagne restent forts.
7 – Une place portant son nom et un monument la représentant dans une pose de Carmen Suite sont inaugurés en 2016 à Moscou, près du Bolchoï.
8 – Son mari Rodion Chtchedrine, décédé en 2025, restera associé à son image à travers les ballets qu’il a composés spécialement pour elle, dont Anna Karénine et La Dame au petit chien.
Lieux de mémoire
Née à Moscou, Maïa Plissetskaïa est identifiée à la scène du Bolchoï, où elle danse de 1943 à 1990. Après l’effondrement de l’URSS, elle vit principalement à Munich tout en passant ses étés dans une résidence en Lituanie et en travaillant régulièrement en Espagne. Décédée à Munich le 2 mai 2015, elle demande dans son testament que ses cendres, réunies avec celles de Rodion Chtchedrine, soient dispersées au-dessus de la Russie.
Contexte du décès
Maïa Plissetskaïa meurt le 2 mai 2015 à Munich, en Allemagne, à l’âge de 89 ans, des suites d’une crise cardiaque survenue dans la ville où elle réside depuis le début des années 1990 avec Rodion Chtchedrine. Conformément à ses volontés, elle est crématisée. Son testament prévoit que ses cendres soient ultérieurement réunies avec celles de son époux et dispersées au-dessus du territoire russe. Son décès donne lieu à de nombreuses déclarations officielles et à des galas d’hommage au Bolchoï, au Mariinsky et dans plusieurs grandes maisons d’opéra, ainsi qu’à la création d’un monument et d’un espace public à son nom à Moscou.
Points clés
• Métier(s) : danseuse classique, chorégraphe, directrice de ballet, actrice
• Résidence principale : Munich, Allemagne (à partir du début des années 1990)
• Relations : mariage avec le compositeur Rodion Chtchedrine (1958–2015)
• Enfants : aucun
• Distinctions : titres d’Artiste du peuple de l’URSS, prima ballerina assoluta du Bolchoï, Ordre du Mérite pour la Patrie (Russie), prix Prince des Asturies pour les arts, Praemium Imperiale
