Résumé biographique

Né en 1921 à Civray, André Chandernagor est un haut fonctionnaire et homme politique français, député de la Creuse pendant plus de vingt ans, ministre délégué aux Affaires européennes au début des années 1980 et premier président de la Cour des comptes, ancré durablement dans la vie publique creusoise et nationale.


Parcours

Issu d’une famille modeste du Poitou, André Chandernagor suit des études de droit après le lycée Henri-IV, intègre l’École nationale de la France d’Outre-mer en 1943 puis l’ENA, dont il sort dans la promotion « Europe » avant de rejoindre le Conseil d’État au début des années 1950. Il adhère à la SFIO en 1944 et entre dans la haute fonction publique comme maître des requêtes. Parallèlement, il construit son implantation locale en Creuse, d’abord comme maire de Mortroux, puis comme conseiller général et président du conseil général. Élu député de la Creuse à partir de 1958, il devient l’un des parlementaires socialistes les plus expérimentés sur les questions institutionnelles. En 1981, il entre au gouvernement comme ministre délégué aux Affaires européennes, avant d’être nommé premier président de la Cour des comptes en 1983, fonction qu’il exerce jusqu’en 1990.


Repères de carrière

1943 : Admission à l’École nationale de la France d’Outre-mer, élève administrateur des services civils de l’Indochine.
1951 : Réussite au concours interne de l’ENA, entrée au Conseil d’État.
3 mai 1953 : Élection comme maire de Mortroux (Creuse).
30 novembre 1958 : Élection comme député de la Creuse (2e circonscription), mandat renouvelé jusqu’en 1981.
1967-1968 : Vice-président de l’Assemblée nationale.
30 septembre 1973 : Élu président du conseil général de la Creuse.
5 janvier 1974 : Devient président du conseil régional du Limousin.
22 mai 1981 : Nommé ministre délégué aux Affaires européennes dans les gouvernements Mauroy.
7 décembre 1983 : Nommé premier président de la Cour des comptes.
1990 : Devient premier président honoraire de la Cour des comptes après la fin de son mandat actif.
1993 : Publication de Les maires en France. Histoire et sociologie d’une fonction.
2004 : Parution de l’ouvrage La Liberté en héritage.
19 septembre 2021 : Le centre de ressources de la Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson prend son nom pour son centenaire.
18 novembre 2025 : Décès à son domicile d’Aubusson, à l’âge de 104 ans.


Vie personnelle et engagements

Né à Civray dans une famille d’artisans, avec un père coutelier, André Chandernagor appartient à une lignée marquée par un ancêtre indien affranchi au XVIIIe siècle, Charles-François Chandernagor, dit « Bengale ». Il épouse en 1944 Éliane Bernardet, fille d’un maçon creusois, avec laquelle il a trois enfants, dont l’écrivaine et haut fonctionnaire Françoise Chandernagor, ainsi que Dominique et Thierry, futur président du conseil général de la Creuse. Installé durablement en Creuse, entre Mortroux, Aubusson et Bourganeuf, il partage sa vie entre activités locales, responsabilités nationales et écriture d’essais sur le parlementarisme, la démocratie et les élus locaux. Resté très attaché à la Creuse après la fin de ses mandats, il continue à participer à des événements publics, à soutenir des responsables locaux et à intervenir dans des conférences, notamment autour de la Cour des comptes et de l’aménagement du territoire.


Anecdotes

1 – Son patronyme vient du comptoir français de Chandernagor, en Inde : un de ses ancêtres, jeune esclave originaire du Bengale, affranchi au XVIIIe siècle, a reçu ce nom lors de son baptême avant de s’installer à Civray.
2 – En 2023, à 102 ans, il assiste à Aubusson au dévoilement d’un buste à son effigie commandé par l’ancien maire, symbole de son rôle durable dans la vie publique creusoise.
3 – Pour ses 100 ans en 2021, la Cité internationale de la tapisserie rebaptise son centre de ressources « Bibliothèque des Arts André Chandernagor » en hommage à son action en faveur de ce lieu et de la tapisserie d’Aubusson.


Lieux de mémoire

Né à Civray, dans la Vienne, André Chandernagor construit sa trajectoire entre Paris, où il étudie, et la Creuse, où il s’installe durablement. Mortroux, dont il est maire pendant trente ans, et Aubusson, où il réside et meurt en 2025, constituent ses principaux lieux de référence. Bourganeuf et Limoges marquent aussi ses engagements régionaux. Les institutions d’Aubusson, notamment la Cité internationale de la tapisserie, conservent aujourd’hui sa mémoire à travers un centre de ressources et un buste installés en ville.


Contexte du décès

André Chandernagor s’éteint le 18 novembre 2025 à son domicile d’Aubusson, à l’âge de 104 ans. 


Points clés

• Métiers : haut fonctionnaire, conseiller d’État, député de la Creuse, président de conseil général, président de conseil régional, ministre délégué aux Affaires européennes, premier président de la Cour des comptes, auteur d’essais politiques
• Résidence principale : Aubusson, France
• Relations : mariage avec Éliane Bernardet (à partir de 1944, veuvage en 2004)
• Enfants : Françoise (1945), Dominique, Thierry (1950)
• Distinctions : grand-croix de la Légion d’honneur, ancien grand officier de la Légion d’honneur