Résumé biographique
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Compositeur, pianiste virtuose et chef d’orchestre russe du XIXe siècle, Anton Rubinstein s’impose comme l’une des figures centrales de la vie musicale impériale, fondateur du Conservatoire de Saint-Pétersbourg et auteur d’une œuvre abondante qui traverse opéras, symphonies, concertos et musique de chambre.
Parcours
Né le 28 novembre 1829 à Vikhvatinets (aujourd’hui Ofatinți, en Transnistrie), Anton Rubinstein reçoit ses premières leçons de piano de sa mère avant d’être pris en charge par le pédagogue Alexander Villoing à Moscou. Enfant, il se produit déjà en récital. En 1844, il part étudier à Berlin, notamment la composition auprès de Siegfried Dehn, puis travaille avec Adolf Bernhard Marx et rencontre Franz Liszt. Au cours des années 1850, il mène de vastes tournées européennes comme pianiste. En 1859, il participe à la fondation de la Société musicale russe, puis crée en 1862 le Conservatoire de Saint-Pétersbourg, qu’il dirige jusqu’en 1867, puis à nouveau de 1887 à 1891. Parallèlement, il compose opéras, symphonies, concertos et pièces pour piano tout en poursuivant une carrière internationale de soliste et de chef.
Repères chronologiques
28 novembre 1829 : Naissance à Vikhvatinets (Ofatinți), province de Podolie, Empire russe.
1835 : Installation de la famille à Moscou, début des études avec Alexander Villoing.
1839 : Premier récital public de piano à Moscou.
1844 : Départ pour Berlin, études de composition avec Siegfried Dehn.
1854-1858 : Grande tournée de concerts en Europe comme pianiste et compositeur.
1859 : Fondation de la Société musicale russe avec la grande-duchesse Elena Pavlovna.
1862 : Ouverture du Conservatoire de Saint-Pétersbourg, Rubinstein en devient le premier directeur.
1865 : Mariage avec Vera de Tschikouanov.
1867 : Démission de la direction du Conservatoire.
1872-1873 : Tournée américaine et série de récitals historiques à New York.
1871 : Création de l’opéra Le Démon.
1887 : Retour à la tête du Conservatoire de Saint-Pétersbourg.
1891 : Nouvelle démission en désaccord avec les quotas ethniques imposés aux étudiants.
14 janvier 1894 : Dernier concert à Saint-Pétersbourg.
20 novembre 1894 : Mort à Peterhof, près de Saint-Pétersbourg.
Vie personnelle et engagements
Issu d’une famille juive convertie à l’orthodoxie russe dans son enfance, Anton Rubinstein grandit entre Vikhvatinets et Moscou, où son père dirige une fabrique de crayons. Il a deux frères et une sœur, dont Nikolaï, futur fondateur du Conservatoire de Moscou. En 1865, il épouse Vera de Tschikouanov, demoiselle d’honneur à la cour impériale russe, avec laquelle il aura trois enfants. Sa carrière est étroitement liée au mécénat de la grande-duchesse Elena Pavlovna, qui soutient la création de la Société musicale russe et du Conservatoire. Hostile aux discriminations, Rubinstein s’oppose aux quotas ethniques imposés aux étudiants juifs, ce qui contribue à sa démission du Conservatoire en 1891. Il se consacre aussi à l’enseignement, formant des générations de musiciens, dont Piotr Ilitch Tchaïkovski.
Anecdotes
1 – Lors d’une audition à Vienne, Franz Liszt, impressionné mais refusant de le prendre comme élève, lui aurait déclaré qu’un artiste talentueux devait atteindre seul son but, renforçant la détermination de Rubinstein à s’imposer par ses propres moyens.
2 – Rubinstein organise des « récitals historiques » en sept concerts couvrant l’histoire du répertoire pianistique, dont un programme consacré à de nombreuses sonates de Beethoven donné en une seule soirée, expérience marquante pour le public européen et américain.
3 – Ses contemporains décrivent un jeu d’une grande puissance sonore, au point que certains critiques affirment que le piano « sonnait comme un orchestre » sous ses doigts, avec des crescendos et diminuendos poussés à l’extrême.
4 – Il cofonde en 1859 la Société musicale russe avec la grande-duchesse Elena Pavlovna, structure qui organise concerts publics et enseignement et prépare la création des conservatoires de Saint-Pétersbourg et de Moscou.
5 – Rubinstein refuse les quotas ethniques décidés par les autorités impériales pour l’accès au Conservatoire, notamment à l’encontre des étudiants juifs, et préfère quitter la direction plutôt que d’en appliquer les critères.
6 – Malgré sa renommée, il reconnaît volontiers la part de risque de son jeu en plaisantant, après un concert à Berlin, qu’avec toutes les notes perdues sous le piano, il pourrait donner un second récital.
Lieux de mémoire
Anton Rubinstein naît à Vikhvatinets (Ofatinți, aujourd’hui en Transnistrie/Moldavie), grandit à Moscou, puis séjourne à Berlin pour ses études. Sa carrière se déroule principalement à Saint-Pétersbourg et Peterhof, avec une période de résidence à Dresde après 1891. Mort à Peterhof, il est inhumé au cimetière Tikhvine de la laure Alexandre-Nevski à Saint-Pétersbourg.
Contexte du décès
Au début des années 1890, la santé d’Anton Rubinstein se dégrade, notamment en raison d’une affection cardiaque. Après avoir quitté la direction du Conservatoire de Saint-Pétersbourg, il s’installe à Dresde, puis revient à Peterhof à l’été 1894. Il y meurt le 20 novembre 1894 des suites d’une maladie cardiaque, à 64 ans. Sa dépouille, d’abord inhumée au cimetière Nikolskoïe de la laure Alexandre-Nevski, est transférée en 1939 au cimetière Tikhvine, nécropole des artistes de Saint-Pétersbourg, où sa tombe reste un lieu de mémoire associé aux grands compositeurs russes.
Points clés
• Métier(s) : pianiste, compositeur, chef d’orchestre, pédagogue, fondateur de conservatoire
• Résidence principale : Saint-Pétersbourg, Empire russe
• Relations : Vera de Tschikouanov (épouse, mariage 1865), grande-duchesse Elena Pavlovna (protectrice et mécène), Piotr Ilitch Tchaïkovski (élève, collègue)
• Enfants : trois enfants
• Distinctions : Ordre de Saint-Vladimir et autres décorations de l’Empire russe








