Charles Messier, astronome français né le 26 juin 1730 à Badonviller (Lorraine) et mort à Paris le 12 avril 1817, est connu pour avoir découvert 20 comètes entre 1758 et 1801 et compilé le catalogue de 110 objets du ciel profond qui porte son nom.
Dixième d'une fratrie de douze enfants, Charles Messier perd son père Nicolas Messier, maire de Badonviller, à l'âge de onze ans. Son frère aîné Hyacinthe le retire alors de l'école et assure son éducation. En 1744, la vision de la comète C/1743 X1, observable à l'oeil nu avec six queues distinctes, éveille chez le jeune homme une passion durable pour l'observation céleste. Le 2 octobre 1751, il rejoint Paris et entre au service de l'astronome Joseph-Nicolas Delisle, installé à l'observatoire de l'Hôtel de Cluny. L'assistant de Delisle, Libour, lui enseigne la manipulation des instruments astronomiques. Sa première observation documentée est le transit de Mercure du 6 mai 1753. À partir de 1757, Delisle le charge de localiser la comète de Halley, dont le retour a été prédit par l'astronome britannique Edmond Halley. Le 21 janvier 1759, Messier parvient à l'observer, mais Delisle lui impose le silence et s'attribue la priorité de la découverte.
Après le retrait de Joseph-Nicolas Delisle en 1763, Messier conduit librement ses recherches depuis l'observatoire de l'Hôtel de Cluny. Il devient membre de la Royal Society de Londres en 1764, année durant laquelle il recense 19 objets célestes nouveaux en sept mois. Il obtient le poste d'astronome de la Marine en 1771 et publie la même année la première édition de son Catalogue des nébuleuses et des amas d'étoiles, qui identifie 45 objets. L'astronome Pierre Méchain collabore activement à l'enrichissement du catalogue, qui atteint 103 objets dans sa version de 1781. Le mathématicien Jean Baptiste Bochart de Saron, président du Parlement de Paris, calcule pour Messier la trajectoire des comètes à partir de ses observations. En 1770, Messier est élu à l'Académie des sciences de Paris. Napoléon Ier le décore de la Croix de la Légion d'honneur en 1806. Frappé d'un accident vasculaire cérébral en 1815, Messier cesse ses observations et décède à Paris le 12 avril 1817, à l'âge de 86 ans.
1730 : naissance le 26 juin à Badonviller, principauté de Salm-Salm
1741 : décès du père Nicolas Messier ; retrait de l'école, éducation prise en charge par le frère Hyacinthe
1744 : observation de la grande comète C/1743 X1 à six queues, éveillant sa vocation astronomique
1751 : arrivée à Paris le 2 octobre ; entrée au service de Joseph-Nicolas Delisle à l'observatoire de l'Hôtel de Cluny
1753 : première observation documentée, le transit de Mercure du 6 mai
1759 : première observation du retour de la comète de Halley le 21 janvier
1764 : élection à la Royal Society de Londres ; recensement de 19 objets célestes en sept mois
1770 : mariage avec Marie-Françoise de Vermauchampt le 26 novembre ; élection à l'Académie des sciences de Paris
1771 : nomination comme astronome de la Marine ; publication de la première édition du catalogue (45 objets)
1772 : décès de son épouse et de son fils Antoine-Charles peu après la naissance, le 23 et le 26 mars
1781 : publication de la version la plus complète du catalogue (103 objets) ; grave chute dans une glacière qui l'éloigne un an de l'observatoire
1806 : décoration de la Croix de la Légion d'honneur par Napoléon Ier
1815 : accident vasculaire cérébral ; fin des observations
1817 : décès à Paris le 12 avril, à l'âge de 86 ans
Charles Messier naît de Nicolas Messier, maire de Badonviller et commissaire aux saisies réelles dans la principauté de Salm-Salm, et de Françoise née Grandblaise. Dixième de douze enfants, six de ses frères et soeurs ne survivent pas jusqu'à l'âge adulte. À la mort du père en 1741, son frère aîné Hyacinthe Messier assume la direction de la famille et veille à l'éducation du jeune Charles. Le 26 novembre 1770, à l'âge de 40 ans, Messier épouse Marie-Françoise de Vermauchampt, qu'il connaît depuis environ quinze ans. Le 15 mars 1772, Marie-Françoise donne naissance à leur fils Antoine-Charles, mais décède le 23 mars des suites de l'accouchement ; Antoine-Charles meurt trois jours plus tard. Messier ne se remarie pas et n'a pas d'autre descendant.
Installé à l'observatoire de l'Hôtel de Cluny à Paris depuis son mariage en 1771, Messier y réside jusqu'à sa mort. Ses principaux collaborateurs sont Pierre Méchain, futur directeur de l'Observatoire de Paris, et Jean Baptiste Bochart de Saron, mathématicien et président du Parlement de Paris, guillotiné en 1794. L'astronome Jérôme de Lalande, également élève de Joseph-Nicolas Delisle, lui apporte régulièrement de l'huile pour alimenter ses lampes lors de ses observations nocturnes. Pendant la Révolution française, les académies sont supprimées et l'observatoire ferme temporairement. Messier est réintégré dans les institutions en 1793 lors de la création de l'Institut national des sciences et des arts.
En 1815, Charles Messier est frappé d'un accident vasculaire cérébral qui le laisse partiellement paralysé. Il cesse définitivement ses observations astronomiques à l'âge de 85 ans. La cause précise du décès survenu le 12 avril 1817 n'a pas été documentée au-delà des séquelles de cet accident vasculaire. Aucune cérémonie publique n'est documentée. La communauté scientifique, dont Jean-Baptiste Delambre, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, lui consacre une notice biographique manuscrite conservée à la bibliothèque de l'Observatoire de Paris. La postérité scientifique reconnaît Messier comme le premier compilateur systématique d'objets du ciel profond.
Charles Messier est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris, dans la 11e division. Sa tombe, longtemps non identifiée, a été restaurée grâce à une initiative privée lancée en 2022. L'astéroïde (7359) Messier et un cratère lunaire de 11 km de diamètre portent son nom. Un canal dans le sud du Chili a également reçu sa dénomination, par voie de tradition cartographique.
1 - En 1758, en cherchant la comète de Halley dans la constellation du Taureau, Messier repère une tache floue fixe le 28 août. Constatant son immobilité par rapport aux étoiles, il l'inscrit dans son catalogue comme premier objet (M1) : c'est la nébuleuse du Crabe.
2 - En novembre 1781, Messier tombe dans une glacière du jardin de Monceau en compagnie de Jean Baptiste Bochart de Saron. Il se fracture la jambe, l'épaule et plusieurs côtes, et doit s'absenter de l'observatoire pendant presque un an entier.
3 - Lors de la Révolution, Messier communique en 1793 la découverte d'une nouvelle comète à son seul ami encore joignable, Bochart de Saron, alors emprisonné à la Force. Ce dernier calcule l'orbite depuis sa cellule avant d'être guillotiné en avril 1794.
4 - Le catalogue de Messier n'était pas destiné à recenser les beaux objets du ciel : il avait pour fonction pratique d'éviter aux chasseurs de comètes de confondre des nébuleuses fixes avec de nouvelles comètes. C'est ainsi qu'un outil de travail est devenu une référence pour les astronomes amateurs.
5 - En 1806, Messier rédige un mémoire dédiant la grande comète de 1769 à Napoléon Ier, né cette année-là. Ce texte, jugé astrologisant par la communauté scientifique, ternit durablement sa réputation académique et lui vaut le qualificatif de "dernier astronome sérieux à associer comètes et événements terrestres".
6 - À la fin de sa carrière, Messier observe le 6 avril 1779 un objet qu'il note comme une étoile fixe. Il s'agit en réalité de l'astéroïde Pallas, dont la nature ne sera identifiée que 23 ans plus tard, en 1802, par Heinrich Wilhelm Olbers.
- Métier(s) : astronome, chasseur de comètes
- Résidence principale : Paris (Hôtel de Cluny)
- Relations de couple : Marie-Françoise de Vermauchampt (épouse 1770, décédée 1772)
- Enfants : Antoine-Charles Messier (né et décédé en mars 1772)
- Distinctions : membre de la Royal Society de Londres (1764), membre de l'Académie des sciences de Paris (1778), Croix de la Légion d'honneur (1806)
« Dès la fin 1753, je commençais à être bien exercé dans le genre de travaux qui me convenaient le mieux. »
— Mémoires de Charles Messier, cités dans la biographie manuscrite de Jean-Baptiste Delambre, Observatoire de Paris, vers 1813
« pour que les astronomes ne confondent plus ces mêmes nébuleuses avec des comètes commençant à peine à apparaître »
— Charles Messier, introduction au Catalogue des nébuleuses et des amas d'étoiles, mai 1764, repris dans diverses sources biographiques