Hubert Reeves (1932-2023) était un astrophysicien, vulgarisateur scientifique et écologiste franco-canadien, né à Montréal et naturalisé français. Auteur de Patience dans l'azur, vendu à plus d'un million d'exemplaires, il a présidé l'association Humanité et Biodiversité et dirigé des recherches au CNRS.
Joseph Jean Louis Hubert Reeves naît le 13 juillet 1932 à Montréal. Petit-fils de l'architecte Charles-Aimé Reeves, il grandit à Léry, où son père, représentant de commerce, rapporte à la maison l'Encyclopédie de la jeunesse. Après des études au collège Jean-de-Brébeuf, il obtient un baccalauréat en physique à l'Université de Montréal en 1953, puis une maîtrise à l'Université McGill en 1955. Il soutient en 1960 à l'Université Cornell une thèse sur les réactions thermonucléaires, dirigée par Edwin Salpeter, et y côtoie George Gamow, Richard Feynman, Fred Hoyle, Philip Morrison et Hans Bethe. De 1960 à 1964, il enseigne la physique à Montréal et conseille la NASA à New York. Il s'installe ensuite à Bruxelles, où il enseigne à l'Université libre, puis devient en 1965 directeur de recherche au CNRS, avec une mission de consultant au Commissariat à l'énergie atomique de Saclay.
En 1971, avec ses étudiants Jean Audouze et Maurice Meneguzzi, il publie un article sur l'origine du lithium, du béryllium et du bore par spallation sous l'effet du rayonnement cosmique. Il estime aussi, avec Johannes Geiss, l'abondance du deutérium dans l'Univers. Son manuscrit Patience dans l'azur, refusé par une trentaine d'éditeurs, est retravaillé avec Jean-Marc Lévy-Leblond et paraît au Seuil en 1981. Bernard Pivot le présente dans l'émission Apostrophes. Suivent Poussières d'étoiles en 1984, L'Heure de s'enivrer en 1986 et La Plus Belle Histoire du monde en 1995, avec Yves Coppens, Joël de Rosnay et Dominique Simonnet. Devenu militant écologiste, il préside à partir de 2001 l'association Humanité et Biodiversité, publie Mal de Terre en 2003, puis devient en 2016 premier président d'honneur de l'Agence française pour la biodiversité. Ses mémoires, Je n'aurai pas le temps, paraissent en 2008.
1932 : naissance à Montréal, le 13 juillet
1955 : maîtrise à l'Université McGill et mariage avec Francine Brunel
1960 : doctorat à l'Université Cornell sous la direction d'Edwin Salpeter
1964 : installation à Bruxelles et enseignement à l'Université libre
1965 : directeur de recherche au CNRS, installation en France
1971 : article sur l'origine du lithium, du béryllium et du bore, avec Jean Audouze et Maurice Meneguzzi
1981 : publication de Patience dans l'azur au Seuil
1984 : publication de Poussières d'étoiles
1986 : publication de L'Heure de s'enivrer
1990 : mariage avec la journaliste Camille Scoffier
2001 : présidence de l'association Humanité et Biodiversité
2008 : publication de ses mémoires, Je n'aurai pas le temps
2016 : premier président d'honneur de l'Agence française pour la biodiversité
2019 : prix Jules Janssen de la Société astronomique de France
2023 : décès à Paris, le 13 octobre
Fils de Joseph-Aimé Reeves, représentant de commerce, et de Manon Beaupré, mariés en 1927, Hubert Reeves a un frère aîné, André Reeves, hématologue (1930-2009). Il étudie au collège Jean-de-Brébeuf, tenu par les jésuites, puis aux universités de Montréal, McGill et Cornell. Il épouse en 1955 Francine Brunel, avec qui il a quatre enfants, Gilles Reeves, Nicolas Reeves, Benoît Reeves et Evelyne Reeves. Le couple divorce, et Francine Brunel-Reeves meurt en 2018. En 1990, il épouse la journaliste Camille Scoffier. Le couple vit à Paris et possède une ancienne ferme à Malicorne, village de l'Yonne, en Bourgogne.
Hubert Reeves multiplie les collaborations : Jean-Marc Lévy-Leblond l'aide à réécrire son premier livre, Yves Coppens et Joël de Rosnay cosignent avec lui La Plus Belle Histoire du monde, et il donne des conférences avec le biologiste David Suzuki à Montréal ou avec Jean-Marie Pelt. Il siège au comité d'honneur de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité et soutient le mouvement Les Débrouillards. Grand amateur de musique, il participe à des spectacles musicaux avec des amis musiciens. En 2000, il crée à l'Université Laval le fonds Hubert-Reeves, doté de 100 000 dollars canadiens.
Hubert Reeves meurt le 13 octobre 2023 à l'hôpital Broca, dans le 13e arrondissement de Paris, à 91 ans. Son fils Benoît Reeves annonce le décès sur Facebook. La cause précise du décès n'a pas été rendue publique par la famille. Ses obsèques, publiques selon son souhait, ont lieu le 25 octobre 2023 à Paris, dans la salle de la Coupole du cimetière du Père-Lachaise, devant plusieurs centaines de personnes. Des choristes interprètent Fix You, de Coldplay, et sa petite-fille Emmanuelle prend la parole. Le Premier ministre canadien Justin Trudeau, le Premier ministre du Québec François Legault et Étienne Klein rendent hommage à l'astrophysicien.
Un buste en bronze de la sculptrice Nacéra Kainou, réalisé avec l'association Humanité et Biodiversité, est dévoilé le 13 octobre 2025 dans le jardinet Auguste Scheurer-Kestner, à Paris. L'Université de Montréal a rebaptisé sa bibliothèque des sciences bibliothèque Hubert-Reeves en 2024. Un planétarium de l'Espace des sciences de Rennes et un astéroïde, (9631) Hubertreeves, portent aussi son nom.
1 - Pendant ses années de thèse à Cornell, il raccompagne en voiture Richard Feynman avec sa première épouse, Francine, et le physicien confie alors que rentrer seul le soir lui rappelle la mort de sa femme de la tuberculose.
2 - À son arrivée en Europe en 1964, il discute d'astrophysique nucléaire à Louvain, au domicile de Georges Lemaître, puis rencontre Iakov Zeldovitch lors d'un séjour en Union soviétique.
3 - Le California Institute of Technology lui propose un poste dans le laboratoire de William Fowler, mais refuse de reporter l'offre d'un an, alors que Reeves s'est déjà engagé auprès de physiciens belges.
4 - Plongé très tôt dans la musique de Bach et de Mozart, il apparaît à sa cousine Madeleine Caron, aujourd'hui avocate au Québec, comme un futur philosophe plutôt que comme un scientifique.
5 - Chaque année, il revenait enseigner la cosmologie au département de physique de l'Université de Montréal, où il avait été professeur de 1960 à 1964, puis professeur associé et honoraire.
- Métier(s) : astrophysicien, vulgarisateur scientifique, écrivain, écologiste
- Résidence principale : Paris (résidence secondaire à Malicorne, dans l'Yonne)
- Relations de couple : Francine Brunel-Reeves (mariage en 1955, divorcés), Camille Scoffier (mariage en 1990)
- Enfants : quatre, Gilles, Nicolas, Benoît et Evelyne Reeves, nés du premier mariage
- Distinctions : commandeur de la Légion d'honneur (2003), prix Albert Einstein (2001), prix Jules Janssen (2019), grand officier de l'Ordre national du Mérite (2019), officier de l'Ordre du Canada (1991), commandeur de l'Ordre de Montréal (2016), astéroïde (9631) Hubertreeves (1999)
14 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
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« Regarder loin, c'est regarder tôt. »
— Formule rapportée par l'AFP, 13 octobre 2023
« Je pense qu'il y a beaucoup d'autres civilisations dans l'Univers. »
— Interview Le Figaro, 2018
« plus accès à la poursuite de cette fascinante exploration du cosmos »
— La Presse canadienne, 13 octobre 2023
Observer, c'est perturber.
Agir dès maintenant, c'est l'urgence.
Regarder "loin", c'est regarder "tôt".
Il n'y a rien à "comprendre". C'est comme ça.
A l'échelle cosmique, l'eau est plus rare que l'or.
L'univers est une machine à faire de la conscience.
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Estimer correctement son degré d'ignorance est une étape saine et nécessaire.
Le vrai problème c'est : " Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? "
Les choses sont ce qu'elles sont parce qu'elles étaient ce qu'elles étaient...
Personne ne sait comment sont exactement les choses quand on ne les regarde pas.
Pour explorer le champ des possibles, le bricolage est la méthode la plus efficace.
Des catastrophes "arrivent". Puis, elles "sont arrivées". Et on passe à autre chose.
Les hérésies jouent un rôle essentiel. Elles tiennent les esprits en état d'alerte.
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Le drame de l'existence humaine est de devoir renoncer un jour à être dans la lumière.
Devenir adulte, c'est reconnaître, sans trop souffrir, que le "Père Noël" n'existe pas.
L'homme est un accident de parcours, dans un cosmos vide et froid. Il est un enfant du hasard.
La question n'est pas de savoir si Dieu existe ou non. Mais plutôt : qui est-Il, et à quoi joue-t-Il ?
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Si deux théories expliquent également bien un résultat, il convient de "trancher" en faveur de la plus simple.
Dans quelques décennies, nous ne serons plus, mais nos atomes existeront toujours, poursuivant ailleurs l'élaboration du monde.
A l'échelle astronomique, la lumière progresse à pas de tortue. Les nouvelles qu'elle nous apporte ne sont plus fraîches du tout !
En science comme ailleurs, l'inertie intellectuelle, la mode, le poids des institutions et l'autoritarisme sont toujours à craindre.
La science moderne est un admirable monument qui fait honneur à l'espèce humaine et qui compense (un peu) l'immensité de sa bêtise guerrière.
Nous entrons dans une expérience planétaire grandeur nature qui pourrait être intéressante. Le seul problème est que nous sommes dans l'éprouvette.
Qui serait assez téméraire pour affirmer que nous connaissons et percevons toutes les forces, toutes les ondes et tous les moyens de communications ?
Mal adapté parce que trop bien nanti, néfaste à l'équilibre biologique de la planète, l'être humain serait-il en définitive une erreur de la nature ?
Distinguer le "raisonnable" et le "rationnel". Le premier inclut l'intuition et l'affectif. Le second n'implique qu'un déroulement correct du processus logique.
Comme la femme enceinte ne sait pas ce que son ventre prépare, nous ignorons quelles merveilles peuvent encore surgir du développement de la complexité cosmique.
Devenir adulte, c'est apprendre à vivre dans le doute et à développer au travers des expériences, sa propre philosophie, sa propre morale. Eviter "le prêt à penser".