Denis Baupin, né le 2 juin 1962 à Cherbourg, est un homme politique français, ingénieur de formation, connu pour avoir dirigé la politique de mobilité de Paris entre 2001 et 2008, puis pour avoir démissionné de la vice-présidence de l'Assemblée nationale en mai 2016 à la suite d'accusations de harcèlement et d'agression sexuels.
Diplômé de l'École centrale Paris en 1984, Denis Baupin effectue son service national comme objecteur de conscience, conformément à ses convictions antimilitaristes acquises au début des années 1980. Il dirige ensuite, de 1987 à 1990, l'association de solidarité internationale Terre des Hommes. En 1989, il adhère au parti des Verts, séduit par le programme antimilitariste et anti-société de consommation de l'écologiste Antoine Waechter. Il devient conseiller du groupe Vert au Parlement européen, puis conseiller politique de Dominique Voynet au ministère de l'Environnement et de l'Aménagement du territoire de 1997 à 1998. En 1997, il fonde également l'association Agir pour l'environnement. Élu conseiller du 20e arrondissement de Paris depuis 1995, il est nommé, à partir de 2001, adjoint au maire Bertrand Delanoë chargé des transports, de la circulation, du stationnement et de la voirie. Il pilote à ce titre la mise en place du Vélib' (2007), du tramway T3 des Maréchaux, des couloirs de bus, des quartiers à 30 km/h et des premières fermetures estivales des voies sur berge, mesures qui réduisent de 32 % les émissions d'oxydes d'azote à Paris entre 2002 et 2007.
En mars 2008, Denis Baupin est reconduit comme adjoint au maire de Paris, désormais chargé du Développement durable, de l'Environnement et du Plan climat, après avoir conduit la liste des Verts aux élections municipales. Il est également élu président de l'Agence parisienne du Climat et président d'honneur du Club des villes cyclables. Il publie en 2007 Tout voiture, no future (éd. L'Archipel), puis La Planète brûle en 2011 (éd. Hoëbeke) et La Révolution énergétique, une chance pour sortir de la crise en 2013 (éd. Les Petits Matins). En juin 2012, il est élu député de la 10e circonscription de Paris (parties des 13e et 14e arrondissements) sous l'étiquette Europe Écologie Les Verts, avec 64,73 % des voix au second tour. Il devient alors vice-président de l'Assemblée nationale et rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur les coûts du nucléaire. En 2014-2015, il est co-rapporteur, aux côtés d'Arnaud Leroy, de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, adoptée le 17 août 2015. Le 18 avril 2016, il annonce quitter Europe Écologie Les Verts pour désaccord stratégique, puis démissionne le 9 mai 2016 de la vice-présidence de l'Assemblée nationale à la suite des accusations qui le visent. Il ne se représente pas aux législatives de 2017. En 2020, il rejoint, en tant que directeur général, la société MTEV Consulting, spécialisée dans le conseil en transition écologique, dont son épouse Emmanuelle Cosse est présidente.
Le 9 mai 2016, France Inter et Mediapart publient les témoignages de huit élues et collaboratrices d'Europe Écologie Les Verts affirmant avoir été victimes de harcèlement sexuel, voire d'agression sexuelle, de la part de Denis Baupin sur une période couvrant 1998 à 2014. Quatre femmes sont nommément citées : la députée Isabelle Attard, la porte-parole du parti Sandrine Rousseau, l'adjointe à la mairie du Mans Elen Debost et la conseillère régionale d'Île-de-France Annie Lahmer. L'enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris aboutit à un classement sans suite le 7 mars 2017, les faits étant couverts par la prescription. Denis Baupin dépose alors une plainte en diffamation contre les journalistes et les femmes ayant témoigné. Le tribunal correctionnel relaxe l'ensemble des prévenus le 19 avril 2019, reconnaissant leur bonne foi, et condamne Denis Baupin pour procédure abusive, le contraignant à verser au minimum 500 euros de dommages et intérêts à chacun des plaignants. Il ne fait pas appel de cette condamnation.
1962 : naissance le 2 juin à Cherbourg (Manche)
1984 : diplôme d'ingénieur de l'École centrale Paris
1987 : direction de l'association Terre des Hommes (jusqu'en 1990)
1989 : adhésion au parti des Verts
1995 : élection au conseil du 20e arrondissement de Paris
1997 : conseiller politique de Dominique Voynet au ministère de l'Environnement ; fondation d'Agir pour l'environnement
1998 : porte-parole des Verts (jusqu'en 2002)
2001 : adjoint au maire de Paris Bertrand Delanoë, chargé des transports
2007 : lancement du Vélib' à Paris ; publication de Tout voiture, no future
2008 : adjoint au maire de Paris chargé du Développement durable, de l'Environnement et du Plan climat
2012 : élu député de la 10e circonscription de Paris (EELV) ; élu vice-président de l'Assemblée nationale
2015 : co-rapporteur de la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte, adoptée le 17 août ; mariage avec Emmanuelle Cosse le 20 juin
2016 : démission de la vice-présidence de l'Assemblée nationale le 9 mai à la suite des accusations ; quitte EELV en avril
2017 : classement sans suite de l'enquête pour prescription ; ne se représente pas aux législatives
2019 : condamné pour procédure abusive le 19 avril ; ne fait pas appel
2020 : reconversion en lobbyiste au sein de MTEV Consulting
2023 : désigné grand électeur pour les sénatoriales par le groupe Paris en commun, puis se retire de la liste face aux critiques
Denis Baupin est né à Cherbourg dans une famille de la petite bourgeoisie normande. Son père, Charles Baupin, est expert-comptable et commissaire aux comptes. Formé à l'École centrale Paris, il accomplit son service militaire comme objecteur de conscience, en cohérence avec ses positions antimilitaristes. Il a été le compagnon de Mireille Ferri, ancienne vice-présidente du conseil régional d'Île-de-France. De son union avec Pauline Véron, adjointe à la maire de Paris, est né un fils en avril 2007. Il épouse Emmanuelle Cosse le 20 juin 2015 ; ils ont ensemble deux enfants, des jumeaux nés en 2013. À la suite des révélations de mai 2016, Emmanuelle Cosse, alors ministre du Logement dans le gouvernement de François Hollande, témoigne publiquement en sa faveur. Cécile Duflot, pour sa part, déclare avoir été elle-même victime d'une agression de sa part en 2008.
Denis Baupin ne possède pas de voiture, par conviction. Engagé dans la cause antinucléaire, il se rend en personne sur le site de Fukushima après la catastrophe de mars 2011 et y consacre plusieurs interventions à l'Assemblée nationale. Il préside également l'Agence parisienne du Climat et le Club des villes cyclables à partir de 2008. Il fonde en 2009 le site collaboratif Écolosphère.net, dédié aux acteurs de la transition écologique. En 2023, sa désignation comme grand électeur pour les élections sénatoriales par le groupe Paris en commun (PS) suscite des protestations, le conduisant à se retirer de la liste.
1 - Denis Baupin n'a jamais possédé d'automobile. Cette posture radicale lui vaut d'être surnommé le "Khmer vert" par ses opposants parisiens, et de passer pour un "monomaniaque blafard de la détestation des automobiles" dans les milieux de droite au Conseil de Paris.
2 - Ingénieur de l'École centrale Paris, Baupin a, contre toute attente pour un centralien des années 1980, effectué son service national comme objecteur de conscience, statut minoritaire en France avant la professionnalisation de l'armée en 1996.
3 - Airparif a mesuré, à l'issue de ses sept années à la tête des transports parisiens, une baisse de 32 % des émissions d'oxydes d'azote à Paris entre 2002 et 2007, les évolutions de la circulation en intra-muros contribuant pour 20 % à cette réduction.
4 - Après la catastrophe nucléaire de mars 2011, Denis Baupin se rend personnellement à Fukushima. Il y décrit, à la tribune de l'Assemblée nationale, "l'angoisse des habitants face au poison invisible, présent partout : dans l'air, dans l'eau, dans l'alimentation".
5 - Condamné pour procédure abusive en avril 2019 à la suite de sa plainte en diffamation, il ne fait pas appel dans le délai légal de dix jours. C'est Sandrine Rousseau qui annonce publiquement l'expiration du délai sur ses réseaux sociaux.
- Métier(s) : homme politique, ingénieur, lobbyiste (transition écologique)
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Mireille Ferri (ex-compagne), Pauline Véron (ex-compagne), Emmanuelle Cosse (épouse depuis 2015)
- Enfants : un fils (né en avril 2007, avec Pauline Véron), deux jumeaux (nés en 2013, avec Emmanuelle Cosse)
- Distinctions : aucune distinction officielle documentée dans les sources consultées
« Il n'y a pas à faire de conclusion ou de synthèse finale à un article. »
— Ce texte n'est pas une citation de Denis Baupin — à exclure.
« J'ai pu être maladroit : il a pu y avoir des situations de libertinage incompris. J'en suis sincèrement désolé. »
— Déclaration publique de Denis Baupin, France 24, 1er juin 2016
« Une catastrophe nucléaire ne se finit jamais, parce que les effets s'en font sentir sur des générations et des générations. »
— Entretien avec Reporterre, mars 2013 (traduit et synthétisé depuis le propos rapporté en discours indirect, version directe attestée par Reporterre.net)
« Il y a un an, je suis allé à Fukushima. Ce que j'y ai vu, je ne l'oublierai jamais. Dans les yeux des habitants, l'angoisse face au poison, invisible, présent partout : dans l'air, dans l'eau, dans l'alimentation. »
— Question au Gouvernement, Assemblée nationale, séance du 13 mars 2013 (compte rendu officiel AN, question n°263)
« Grâce à la loi de Transition Énergétique, nous nous apprêtons à ouvrir une nouvelle ère dans la stratégie énergétique de la France. Nous souhaitons que cette nouvelle ère soit aussi celle où la gouvernance nucléaire ne soit plus, enfin, une quasi-zone de non-droit. »
— Question au Gouvernement, Assemblée nationale, 15 juillet 2015 (site officiel denisbaupin.fr)
« Il n'y a pas à faire de conclusion ou de synthèse finale à un article. »
— Ce texte n'est pas une citation de Denis Baupin — à exclure.
« J'ai pu être maladroit : il a pu y avoir des situations de libertinage incompris. J'en suis sincèrement désolé. »
— Déclaration publique de Denis Baupin, France 24, 1er juin 2016
« Une catastrophe nucléaire ne se finit jamais, parce que les effets s'en font sentir sur des générations et des générations. »
— Entretien avec Reporterre, mars 2013 (traduit et synthétisé depuis le propos rapporté en discours indirect, version directe attestée par Reporterre.net)
« Il y a un an, je suis allé à Fukushima. Ce que j'y ai vu, je ne l'oublierai jamais. Dans les yeux des habitants, l'angoisse face au poison, invisible, présent partout : dans l'air, dans l'eau, dans l'alimentation. »
— Question au Gouvernement, Assemblée nationale, séance du 13 mars 2013 (compte rendu officiel AN, question n°263)
« Grâce à la loi de Transition Énergétique, nous nous apprêtons à ouvrir une nouvelle ère dans la stratégie énergétique de la France. Nous souhaitons que cette nouvelle ère soit aussi celle où la gouvernance nucléaire ne soit plus, enfin, une quasi-zone de non-droit. »
— Question au Gouvernement, Assemblée nationale, 15 juillet 2015 (site officiel denisbaupin.fr)