Résumé biographique

Chanteur, compositeur et acteur emblématique de la chanson française, Enrico Macias porte depuis plus de soixante ans une mémoire singulière de l’exil, mêlant influences arabo-andalouses, engagement pour la paix et tournées internationales qui ont marqué plusieurs générations de publics.


Parcours

Né Gaston Ghrenassia le 11 décembre 1938 à Constantine, en Algérie alors française, Enrico Macias grandit dans une famille juive de musiciens de malouf, marquée par la figure de son futur beau-père, le violoniste Cheikh Raymond. D’abord instituteur en 1956, il rejoint l’orchestre de ce dernier et se forge une identité artistique au croisement de la tradition arabo-andalouse et de la chanson populaire. L’assassinat de Cheikh Raymond en 1961 et le départ précipité d’Algérie le 29 juillet de la même année bouleversent sa vie : durant la traversée vers la France, il compose la chanson qui deviendra « Adieu mon pays », symbole durable de l’exil des rapatriés. Installé à Argenteuil puis à Paris, il enchaîne les petits boulots et les cabarets, avant d’être repéré et de passer pour la première fois à la télévision en 1962 dans l’émission « Cinq colonnes à la une », où sa chanson impose immédiatement sa présence singulière.

À partir de 1963, Pathé Marconi publie ses disques et Enrico Macias s’impose avec « Enfants de tous pays », « Les filles de mon pays » ou « Paris, tu m’as pris dans tes bras », mêlant structures occidentales et couleurs méditerranéennes. Dès 1964, il se produit à l’Olympia en première partie des Compagnons de la chanson, puis entame une carrière internationale qui le mène au Carnegie Hall, au Japon, en Union soviétique ou au Proche-Orient. Dans les années 1970 et 1980, il enchaîne albums et tournées, de Mélisa à Un berger vient de tomber, tout en devenant une figure familière des grandes émissions de variétés françaises. Reconnu pour son message de fraternité, il reçoit en 1980 le titre de « chanteur de la paix » des Nations unies et plusieurs décorations françaises, avant de célébrer en 2024 soixante ans d’Olympia et de poursuivre, à plus de quatre-vingts ans, tournées anniversaires et enregistrements, dont un ultime album studio annoncé.


Controverse

La carrière d’Enrico Macias est marquée par plusieurs polémiques documentées. Sa volonté déclarée de chanter à nouveau en Algérie, notamment autour de l’an 2000, suscite une forte opposition d’une partie de la classe politique algérienne et conduit à l’annulation d’un projet de tournée, sur fond de critiques liées à son soutien à Israël. Sur le plan financier, un prêt contracté en 2007 auprès de Landsbanki Luxembourg lui vaut, après la faillite de la banque, d’être condamné en 2014 par la justice luxembourgeoise à rembourser une somme très importante, à l’issue d’une procédure qu’il conteste sans succès. En octobre 2023, ses propos particulièrement virulents à l’encontre de responsables de La France insoumise, tenus à la télévision dans le contexte de la guerre entre Israël et le Hamas, déclenchent enfin un vif débat sur la radicalité de certaines de ses prises de position publiques.


Repères chronologiques

1956 : Il débute comme instituteur à Constantine et rejoint l’orchestre de Cheikh Raymond, s’immergeant dans le malouf.
1961 : Après l’assassinat de Cheikh Raymond, sa famille quitte Constantine le 29 juillet et il compose Adieu mon pays pendant la traversée vers la France.
1963 : Pathé Marconi publie son premier album avec le titre Enfants de tous pays, qui installe sa voix dans la chanson française.
1964 : Il adopte le pseudonyme d’Enrico Macias et se produit pour la première fois à l’Olympia en première partie des Compagnons de la chanson.
1968 : Il fait ses débuts nord-américains au Carnegie Hall de New York, avant une série de concerts dans plusieurs grandes villes américaines.
1976 : Sa chanson Mélisa obtient un disque d’or et confirme son statut de vedette populaire en France et à l’international.
1980 : L’ONU le désigne « chanteur de la paix » après le don des recettes de Malheur à celui qui blesse un enfant à l’UNICEF.
2006 : Il est promu commandeur des Arts et des Lettres, puis officier de la Légion d’honneur l’année suivante pour l’ensemble de sa carrière.
2014 : La justice luxembourgeoise le condamne à rembourser une importante somme dans le dossier du prêt contracté auprès de Landsbanki Luxembourg.
2022 : Il retrouve l’Olympia pour une série de concerts célébrant ses soixante ans de carrière et renouant avec la grande salle parisienne.
2023 : Il donne un concert gratuit à Mâcon dans le cadre du festival Été frappé, devant plusieurs milliers de spectateurs.
2024 : Il enregistre un album live à l’Olympia les 18 et 19 mai, marquant les soixante ans de son premier passage dans la salle.
2025 : Il poursuit une tournée française et prépare un ultime album studio, tout en apparaissant encore à l’écran dans des fictions et documentaires.


Vie personnelle et engagements

Issu d’une famille juive de musiciens de malouf, fils de Sylvain Ghrenassia et de Suzanne Zaouch, Enrico Macias reste profondément marqué par son enfance à Constantine et par la figure de son beau-père Cheikh Raymond. En 1962, il épouse Suzy Leyris, dont il partage la vie jusqu’au décès de celle-ci en 2008, des suites d’une longue pathologie cardiaque. Le couple a deux enfants, Jocya, née en 1964, et Jean-Claude, né en 1969, qui l’accompagnent régulièrement dans les moments majeurs de sa carrière. Très attaché à la mémoire familiale et à ses racines, il revendique publiquement son identité d’exilé et sa fidélité à l’Algérie natale.

Installé de longue date à Paris, notamment dans le quartier des Grands Boulevards, il passe aussi une partie de son temps dans le sud de la France, autour de Saint-Tropez, où il a longtemps possédé une villa devenue emblématique de son histoire familiale. Cousin éloigné du journaliste Paul Amar, il cultive un réseau d’amitiés dans les milieux artistiques et médiatiques. Très engagé en faveur d’Israël et de la paix au Proche-Orient, il participe à de nombreux galas de soutien, reçoit une médaille du ministère israélien de la Défense et mène des actions publiques en faveur des enfants, dans le prolongement de ses missions à l’UNICEF.


Lieux de référence

Pour comprendre le lien d’Enrico Macias à ses publics, plusieurs lieux reviennent constamment : Constantine, ville natale qu’il évoque dans ses chansons ; Paris, où il vit, notamment autour des Grands Boulevards, et où l’Olympia reste sa scène fétiche ; la région de Saint-Tropez enfin, associée à sa maison du sud et à de nombreux séjours, à laquelle s’ajoutent les villes françaises où il poursuit ses tournées anniversaires.


Anecdotes

1 - Lors de la traversée qui le mène d’Algérie en France en juillet 1961, il compose à la guitare la chanson Adieu mon pays, écrite quasiment d’un seul jet sur le pont du navire, avant même d’imaginer sa future célébrité.
2 - En 1968, lorsqu’il se produit pour la première fois au Carnegie Hall de New York, il découvre l’ampleur de sa popularité internationale, chantant un répertoire largement francophone devant un public cosmopolite qui reprend en chœur ses refrains méditerranéens.
3 - Très marqué par l’assassinat du président égyptien Anouar el-Sadate, qui l’avait invité à chanter au pied des pyramides, il lui consacre la chanson Un berger vient de tomber, devenue l’un des titres les plus symboliques de sa discographie.
4 - Ambassadeur itinérant pour la paix et la défense des enfants pour l’UNICEF à partir de 1997, il multiplie les concerts caritatifs et fait de la chanson Malheur à celui qui blesse un enfant un symbole de son engagement en faveur des plus jeunes.


Points clés

- Métier(s) : Chanteur, musicien, compositeur, acteur
- Résidence principale : Paris (quartier des Grands Boulevards)
- Relations : Suzy Leyris (épouse, 1962-2008, décédée)
- Enfants : Jocya (1964), Jean-Claude (1969)
- Distinctions : Officier de la Légion d’honneur, commandeur des Arts et des Lettres, Chanteur de la paix (ONU), ambassadeur itinérant pour la paix et la défense des enfants, médaille du ministère israélien de la Défense, Victoire d’honneur 2013