Isabelle Aubret, de son vrai nom Thérèse Coquerelle, est une chanteuse française née le 27 juillet 1938 à Marquette-lez-Lille, première artiste à avoir représenté deux fois la France à l'Eurovision, vainqueure en 1962 avec Un premier amour et principale interprète de la poésie de Louis Aragon mise en musique par Jean Ferrat.
Thérèse Coquerelle grandit dans une famille ouvrière du Nord, cinquième de onze enfants, et quitte l'école à quatorze ans pour travailler comme bobineuse dans l'usine Lemaire-Destombes à Saint-André, où son père est contremaître. En 1952, elle remporte les Championnats de France de gymnastique, tout en suivant des cours d'art dramatique et de danse classique. Après avoir été remarquée par le directeur d'une radio lilloise grâce à un professeur de théâtre, elle intègre à dix-huit ans un orchestre au Havre. En 1960, elle remporte un concours de chant à l'Olympia de Paris, où le directeur Bruno Coquatrix lui obtient un engagement au cabaret Fifty-Fifty de Pigalle. L'année suivante, l'agent artistique Jacques Canetti lui fait signer un contrat et elle publie son premier 45 tours. Sélectionnée par la télévision publique française pour le Concours Eurovision de la chanson 1962, elle interprète Un premier amour, écrit par Roland Valade et composé par Claude-Henri Vic, et remporte le concours le 18 mars 1962 à la Villa Louvigny de Luxembourg, sous la direction de Franck Pourcel. La même année, elle rencontre Jean Ferrat, qui lui écrit Deux enfants au soleil et lui offre la première partie de sa tournée.
En 1963, Isabelle Aubret assure la première partie de Jacques Brel à l'Olympia et partage la scène de l'ABC avec Sacha Distel. Le réalisateur Jacques Demy et le musicien Michel Legrand l'envisagent pour le rôle principal des Parapluies de Cherbourg, mais un grave accident de voiture à Arnay-le-Duc interrompt brutalement son ascension : l'accident fait un mort et plusieurs blessés graves, dont son pianiste Serge Sentis. Après de nombreuses opérations et une longue rééducation, elle revient en 1964 avec C'est beau la vie, écrit par Michelle Senlis sur une musique de Jean Ferrat, qui lui vaut un large succès commercial. Jacques Brel lui offre les droits à vie de sa chanson La Fanette. En 1968, sélectionnée une nouvelle fois par la télévision française, elle se classe troisième à l'Eurovision de Londres avec La Source, derrière Massiel et Cliff Richard. En 1969, elle signe avec le producteur Gérard Meys, qui devient aussi son compagnon. En 1973, son album Le Soleil est dans une orange contient une chanson signée par Alain Bashung, alors inconnu. Récompensée au festival de Tokyo en 1976 et sacrée meilleure chanteuse du monde par le public japonais en 1980, sa carrière connaît une nouvelle éclipse après une chute de trapèze en 1981 lors d'un gala de l'Union des artistes avec le boxeur Jean-Claude Bouttier, lui fracturant les deux jambes. Elle retrouve l'Olympia en 1987 avec l'album Vague à l'homme, reçoit la Légion d'honneur des mains de François Mitterrand en 1992, et se consacre dès lors à l'oeuvre poétique de Louis Aragon, aux chansons de Jacques Brel et aux standards du jazz. En mars 2026, à 87 ans, elle entame une nouvelle tournée avec le spectacle biographique On n'empêche pas un oiseau de chanter, se produisant notamment au Théâtre Marigny à Paris.
1938 : naissance de Thérèse Coquerelle le 27 juillet à Marquette-lez-Lille
1952 : championne de France de gymnastique ; quitte l'école à quatorze ans pour travailler en filature
1956 : engagée dans un orchestre au Havre à l'âge de dix-huit ans
1960 : remporte un concours de chant à l'Olympia ; remarquée par Bruno Coquatrix
1961 : signe avec Jacques Canetti chez Philips ; publie son premier 45 tours ; chante le générique de la série télévisée Poly de Cécile Aubry
1962 : remporte le Concours Eurovision de la chanson avec Un premier amour ; rencontre Jean Ferrat
1963 : première partie de Jacques Brel à l'Olympia ; grave accident de voiture à Arnay-le-Duc
1964 : succès commercial avec C'est beau la vie (Jean Ferrat / Michelle Senlis)
1965 : chante le générique des Aventures de Saturnin ; première partie de Salvatore Adamo à l'Olympia
1968 : troisième place à l'Eurovision de Londres avec La Source
1969 : signe avec le producteur Gérard Meys ; interprète la version française du thème de John Barry pour Au service secret de Sa Majesté
1973 : retour sur la scène de Bobino ; album Le Soleil est dans une orange, avec une chanson d'Alain Bashung
1976 : prix de la meilleure chanteuse au festival de Tokyo
1980 : sacrée meilleure chanteuse du monde par le public japonais
1981 : chute de trapèze lors du gala de l'Union des artistes avec Jean-Claude Bouttier ; fractures des deux jambes
1987 : retour à l'Olympia ; Grand Prix du Président de la République de l'Académie Charles-Cros pour Vague à l'homme
1992 : Légion d'honneur remise par François Mitterrand ; album Coups de coeur
2011 : commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres, remis par le ministre Frédéric Mitterrand
2016 : album Allons Enfants ; adieux officiels à l'Olympia le 3 octobre
2023 : deux derniers concerts à Marquette-lez-Lille, dans la salle qui porte son nom
2026 : retour sur scène à 87 ans avec le spectacle On n'empêche pas un oiseau de chanter
Thérèse Coquerelle est la cinquième de onze enfants. Son père, contremaître dans une filature de la région lilloise, et sa mère, femme au foyer d'origine ukrainienne, l'élèvent dans un milieu ouvrier modeste. Elle n'a pas poursuivi de scolarité au-delà de quatorze ans, ayant rejoint directement le monde du travail. Elle partage sa vie avec Gérard Meys, producteur de musique et fondateur des Productions Meys, également producteur de Jean Ferrat et Juliette Gréco, avec lequel elle vit une relation de plusieurs décennies jusqu'à son décès en 2020. Isabelle Aubret n'a pas eu d'enfants. La salle de spectacle de sa commune natale de Marquette-lez-Lille, inaugurée en mars 2020, porte son nom.
Ses engagements artistiques reflètent des convictions de gauche affirmées, partagées avec Jean Ferrat, qui lui offre plusieurs titres dont C'est beau la vie, décrit comme un hymne à la résilience. Dans les années 1970, son répertoire engagé - notamment l'adaptation de The Partisan de Leonard Cohen - lui vaut d'être écartée des médias français. Elle s'implique également dans des actions caritatives : en 1985, elle participe au disque collectif La Chanson de la vie, initiative de Marie-Claire Noah pour l'association Care France, aux côtés de vingt-quatre autres chanteuses, sur un texte de Claude Lemesle et une musique d'Alice Dona. En 2018, elle est présente à la Journée des oubliés des vacances organisée par le Secours Populaire.
1 - Préssentie par le réalisateur Jacques Demy et le musicien Michel Legrand pour incarner le rôle principal des Parapluies de Cherbourg en 1963, Isabelle Aubret est victime d'un accident de voiture deux semaines avant le début du tournage. Le rôle reviendra à Catherine Deneuve.
2 - Lors de l'Eurovision de 1962, son frère aîné violoniste lui affirme avant la compétition qu'elle ne peut pas gagner avec sa chanson. Elle remporte néanmoins le concours, offrant à la France sa troisième victoire dans l'histoire du contest.
3 - L'album Le Soleil est dans une orange (1973) contient une chanson signée Alain Bashung, alors totalement inconnu du grand public. C'est l'une des premières apparitions discographiques de l'auteur-compositeur sur un album d'une artiste établie.
4 - Jacques Brel lui offre les droits à vie de sa chanson La Fanette à la suite de son grave accident de voiture de 1963, geste rare de solidarité entre artistes documenté dans plusieurs sources biographiques.
5 - En 1981, elle se brise les deux jambes lors d'un numéro de trapèze volant répété pour le gala annuel de l'Union des artistes avec le boxeur Jean-Claude Bouttier. Deux années de rééducation lui seront nécessaires pour recouvrer l'usage de ses jambes.
6 - À 87 ans, Isabelle Aubret déclare en 2026 à l'AFP chanter tous les matins pendant quatre-vingt-dix minutes dans le studio aménagé à son domicile, affirmant compter atteindre le siècle.
- Métier(s) : chanteuse
- Résidence principale : non documentée précisément
- Relations de couple : Gérard Meys (compagnon, décédé en 2020)
- Enfants : aucun
- Distinctions : Légion d'honneur (1992, remise par François Mitterrand) ; Grand Prix du Président de la République de l'Académie Charles-Cros pour Vague à l'homme (1987) ; commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres (2011, remis par Frédéric Mitterrand) ; prix de la meilleure chanteuse au festival de Tokyo (1976) ; prix de la meilleure chanteuse du monde décerné par le public japonais (1980)
« Tout seul, on n'est rien ! »
— Interview AFP, mars 2026
« On n'empêche pas un oiseau de chanter. »
— Interview AFP, mars 2026
« J'ai une très bonne santé et je compte bien être centenaire ! J'aime mon métier passionnément. C'est toute ma vie. »
— Interview AFP, mars 2026
« Ma source de jouvence, c'est justement l'amour du partage. Donner du bonheur et pouvoir encore le faire, c'est magnifique. »
— Interview AFP, mars 2026
« Avec Ferrat, on n'a jamais pensé à des plans de carrière. Je voulais représenter les ouvriers et être dans la qualité, la poésie. »
— Interview Planet.fr, juillet 2022
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— Interview Planet.fr, juillet 2022