Éva Kaïlí, femme politique grecque née le 26 octobre 1978 à Thessalonique, a été vice-présidente du Parlement européen de janvier à décembre 2022. Ancienne présentatrice sur Mega Channel, elle est inculpée dans le scandale Qatargate, dont la procédure judiciaire belge est toujours en cours en 2026.
Éva Kaïlí entre en politique dès l'adolescence en rejoignant les Jeunesses du PASOK en 1992. Après des études d'architecture et de génie civil à l'Université Aristote de Thessalonique, où elle préside l'Association des étudiants en architecture en 2001, elle travaille comme présentatrice de journaux télévisés sur Mega Channel de 2004 à 2007. En 2007, à 29 ans, elle est élue au Parlement hellénique pour la première circonscription de Thessalonique sous les couleurs du PASOK, devenant la plus jeune parlementaire de ce parti. Elle siège dans les commissions des Affaires culturelles et éducatives, de la Défense nationale et des Affaires étrangères. En novembre 2011, elle annonce son intention de voter contre le gouvernement du Premier ministre George Papandreou lors d'un vote de confiance, avant de rejoindre la majorité socialiste qui s'impose à 155 voix. Elle est réélue en 2009 et exerce son mandat jusqu'en 2012. Elle obtient en parallèle un master en affaires internationales et européennes à l'Université du Pirée en 2008.
Élue au Parlement européen en 2014 pour le groupe Socialistes et Démocrates (S&D), Éva Kaïlí s'impose dans les dossiers liés aux technologies et au numérique. De 2017 à 2022, elle préside le STOA, le panel d'évaluation des options scientifiques et technologiques du Parlement européen, première femme à occuper cette présidence. Elle dirige également le Centre pour l'intelligence artificielle du Parlement (C4AI) et plaide pour les cryptomonnaies lors de conférences européennes. Cheffe de la délégation S&D grecque entre 2019 et 2022, elle est élue vice-présidente du Parlement européen dès le premier tour en janvier 2022 avec 454 voix, sous la présidence de Roberta Metsola. Son mandat de vice-présidente dure onze mois : le 9 décembre 2022, elle est arrêtée à Bruxelles dans le cadre du Qatargate, un scandale portant sur des soupçons de corruption liés au Qatar et au Maroc, et remplacée à la vice-présidence par Marc Angel.
Le 9 décembre 2022, la police fédérale belge perquisitionne seize domiciles à Bruxelles dans le cadre d'une enquête sur des faits présumés de corruption, blanchiment d'argent et participation à une organisation criminelle liés à des tentatives d'influence du Qatar et du Maroc sur les décisions du Parlement européen. Éva Kaïlí est arrêtée en situation de flagrant délit après l'interception de son père, Alexandros Kaïlis, à la sortie d'un hôtel bruxellois en possession d'une valise contenant plusieurs centaines de milliers d'euros en liquide. Des sacs remplis de billets sont simultanément découverts à son domicile, pour un montant d'environ 150 000 euros, tandis que le total des saisies atteint 600 000 euros. Son compagnon Francesco Giorgi, ancien assistant parlementaire, et l'ex-eurodéputé italien Antonio Panzeri, fondateur de l'ONG Fight Impunity, sont aussi inculpés, de même que le directeur de No Peace Without Justice, Niccolò Figà-Talamanca, et le syndicaliste Luca Visentini. Panzeri conclut un accord de coopération avec le parquet belge ; Giorgi admet son rôle dans le dispositif. Le 13 décembre 2022, le Parlement européen vote à 625 voix contre 1 la destitution d'Éva Kaïlí de la vice-présidence. Exclue du PASOK, elle est qualifiée de "cheval de Troie de la Nouvelle Démocratie" par son président Nikos Androulakis. Maintenue en détention préventive à la prison de Haren, elle est libérée en résidence surveillée le 14 avril 2023, bracelet électronique levé le 25 mai 2023. En juin 2023, le juge d'instruction Michel Claise se récuse pour conflit d'intérêts. Une seconde enquête portant sur des détournements présumés de salaires d'assistants parlementaires entre 2014 et 2020, estimés entre 120 000 et 150 000 euros, conduit à la levée de son immunité parlementaire en février 2024. En septembre 2023, ses défenseurs obtiennent l'ouverture d'un contrôle sur la régularité de la collecte des preuves. En décembre 2025, la cour d'appel de Bruxelles entend les arguments des parties ; en février 2026, elle rejette les griefs de la défense, conclut à la régularité de la procédure et valide sa poursuite. Aucune date de procès n'est fixée à cette échéance.
1992 : Adhésion aux Jeunesses du PASOK, à 14 ans
2002 : Plus jeune élue du conseil municipal de Thessalonique
2004 : Première candidature aux législatives grecques (PASOK) ; débuts comme présentatrice sur Mega Channel
2007 : Élection au Parlement hellénique (Thessalonique I, PASOK)
2008 : Master en affaires internationales et européennes, Université du Pirée
2014 : Élection au Parlement européen (groupe S&D)
2017 : Première présidente féminine du STOA au Parlement européen
2018 : Prix MEP de l'année pour les nouvelles technologies
2021 : Naissance de sa fille Ariadni avec Francesco Giorgi
2022 (janvier) : Élection à la vice-présidence du Parlement européen (454 voix, premier tour)
2022 (9 décembre) : Arrestation à Bruxelles dans le cadre du Qatargate
2022 (13 décembre) : Destitution de la vice-présidence par 625 voix contre 1
2023 (avril-mai) : Libérée de la prison de Haren ; bracelet électronique levé le 25 mai
2024 (février) : Annonce de non-candidature aux élections européennes ; levée de son immunité dans la seconde enquête
2026 (février) : Cour d'appel de Bruxelles valide la régularité de la procédure ; aucune date de procès fixée
Éva Kaïlí est la fille d'Alexandros Kaïlis, ingénieur mécanique et électrique né à Istanbul, et de Maria Ignatiadou, d'ascendance grecque d'Asie Mineure installée en Imathie. Elle a une soeur cadette, Mantalena Kaïli, juriste devenue PDG d'ELONTech, une organisation vouée aux technologies émergentes. Après ses études d'architecture et de génie civil à l'Université Aristote de Thessalonique, elle obtient un master en affaires internationales et européennes à l'Université du Pirée en 2008, puis entame en 2014 un doctorat en politique économique internationale, cursus resté inachevé. Elle partage sa vie avec l'ancien assistant parlementaire Francesco Giorgi, avec lequel elle a une fille, Ariadni, née en 2021.
Militante dès 14 ans au sein des Jeunesses du PASOK, Éva Kaïlí s'engage tôt dans la vie civique. Au Parlement européen, elle siège au sein du groupe S&D, notamment aux côtés de Marc Tarabella, eurodéputé belge lui aussi inculpé dans le Qatargate. En juin 2022, elle s'exprime lors d'une conférence à Bruxelles en faveur de l'intégration des cryptomonnaies dans les politiques des banques centrales. Après la levée de son bracelet électronique en mai 2023, elle reste en Belgique dans le cadre des conditions judiciaires imposées, avant de s'installer en Italie à partir d'avril 2024, en attente de l'ouverture de son procès.
1 - En 2001, Éva Kaïlí présidait l'Association des étudiants en architecture de l'Université Aristote de Thessalonique. Architecte de formation, elle avait entamé en 2014 un doctorat en politique économique internationale à l'Université du Pirée, cursus jamais achevé au moment de son arrestation.
2 - Dix-huit jours avant son arrestation, Éva Kaïlí défend le bilan du Qatar en matière de droits du travail depuis la tribune du Parlement européen, le 21 novembre 2022, lors d'un débat sur la Coupe du monde. Ce discours figure dans les archives officielles de l'institution.
3 - L'un des arguments ayant pesé sur la décision de libérer Éva Kaïlí en résidence surveillée en avril 2023 est l'absence de ses empreintes digitales sur les billets saisis lors des perquisitions, contrairement à celles d'Antonio Panzeri et de Francesco Giorgi.
4 - En juin 2023, le juge d'instruction Michel Claise, auteur de l'ordonnance d'arrestation d'Éva Kaïlí, se récuse pour conflit d'intérêts : son fils est révélé coassocié d'une entreprise avec Ugo Lemaire, fils de l'eurodéputée Marie Arena, dont le domicile avait été perquisitionné dans l'enquête.
5 - Lors de son arrestation en décembre 2022, la fille d'Éva Kaïlí, Ariadni, n'avait que 22 mois. Tenue à l'écart pendant près d'un mois, l'enfant rencontre sa mère pour la première fois à la prison de Haren le 6 janvier 2023, en présence de psychologues pénitentiaires.
- Métier(s) : Femme politique (ancienne eurodéputée), ancienne présentatrice de télévision
- Résidence principale : Bruxelles (Belgique), puis Italie depuis 2024
- Relations de couple : Francesco Giorgi (compagnon)
- Enfants : Ariadni (née en 2021)
- Distinctions : Prix MEP de l'année pour les nouvelles technologies (2018)
« Ils m'ont utilisée pour créer une affaire politique. »
— Quarta Repubblica (La7, Italie), janvier 2024 (traduit de l'italien)
« J'ai été mise en prison pour une chose dans laquelle je n'étais pas impliquée. »
— Libération, juin 2023
« Si je ne parviens pas à convaincre la justice belge de mon innocence, je ne retournerai jamais dans mon pays d'origine. »
— To Vima (Athènes), 15 avril 2023 (traduit du grec)
« Je suis torturée. C'est injuste. Je n'y résiste plus. Je m'effondre. Qu'est-ce qu'on reproche à ma petite pour qu'on me la tienne à l'écart ? »
— Ta Nea (Athènes), 4 janvier 2023 (traduit du grec)