Don Siegel, réalisateur et producteur américain né le 26 octobre 1912 à Chicago et mort en 1991, est l'auteur de L'Inspecteur Harry (1971). Mentor de Clint Eastwood, il le forma à la mise en scène et dirigea le dernier film de John Wayne.
Donald Siegel naît le 26 octobre 1912 à Chicago, dans une famille juive dont le père, Samuel Siegel, est mandoliniste. Après des études à New York, il s'installe en Angleterre pour suivre des cours au Jesus College de Cambridge, puis à la Royal Academy of Dramatic Art de Londres, avant de séjourner brièvement aux Beaux-Arts de Paris. De retour aux États-Unis, il intègre la Warner Bros. vers 1934 après avoir rencontré le producteur Hal Wallis. Employé d'abord comme archiviste, il devient chef du département montage, où il réalise des milliers de séquences pour de nombreux films, dont le montage d'introduction de Casablanca de Michael Curtiz en 1942. En 1945, il tourne deux courts métrages, Star in the Night et Hitler Lives, qui lui valent deux Oscars en 1946 et ouvrent la voie à sa carrière de réalisateur de longs métrages. Son premier long métrage, The Verdict (1946), réunit Peter Lorre et Sydney Greenstreet.
Ses premiers longs métrages de fiction appartiennent aux genres du film noir et du drame criminel. En 1954, il tourne Les Révoltés de la cellule 11 à la prison de Folsom, avec de véritables détenus comme figurants, une approche qui marque durablement le jeune Sam Peckinpah, alors coach de dialogue sur le tournage. En 1956, L'Invasion des profanateurs de sépultures lui vaut une reconnaissance internationale, notamment auprès des critiques de la Nouvelle Vague française. Sa filmographie s'élargit avec L'Enfer est pour les héros (1962, avec Steve McQueen), À bout portant (1964, avec Lee Marvin), et Madigan (1968, avec Richard Widmark et Henry Fonda). La même année, il dirige Clint Eastwood pour la première fois dans Un shérif à New York, inaugurant une collaboration de cinq films qui inclut L'Inspecteur Harry (1971) et L'Évadé d'Alcatraz (1979). Il réalise également Tuez Charley Varrick ! (1973) avec Walter Matthau, et Le Dernier des géants (1976), ultime film de John Wayne.
1912 : naissance à Chicago (Illinois) le 26 octobre
1934 : intègre la Warner Bros. comme archiviste, puis gravit les échelons jusqu'à la direction du département montage
1942 : réalise le montage d'introduction de Casablanca de Michael Curtiz
1945 : réalise les courts métrages Star in the Night et Hitler Lives, couronnés de deux Oscars en 1946
1954 : tourne Les Révoltés de la cellule 11 à la prison de Folsom avec de vrais détenus
1956 : réalise L'Invasion des profanateurs de sépultures, qui engendrera trois remakes
1962 : réalise L'Enfer est pour les héros avec Steve McQueen
1964 : réalise À bout portant avec Lee Marvin et Ronald Reagan
1968 : premier film avec Clint Eastwood, Un shérif à New York
1969 : signe le premier film sous le pseudonyme "Alan Smithee"
1971 : réalise L'Inspecteur Harry et Les Proies avec Clint Eastwood
1973 : réalise Tuez Charley Varrick ! avec Walter Matthau
1976 : réalise Le Dernier des géants, ultime film de John Wayne
1979 : réalise L'Évadé d'Alcatraz avec Clint Eastwood
1991 : décède d'un cancer le 20 avril à Nipomo (Californie), à l'âge de 78 ans
Don Siegel est né dans une famille juive de Chicago, fils d'un père mandoliniste, Samuel Siegel. Il épouse en 1948 l'actrice suédoise Viveca Lindfors, dont il a un fils, le comédien Kristoffer Tabori. Après leur divorce en 1953, il se remarie en 1957 avec l'actrice Doe Avedon, ancienne épouse du photographe Richard Avedon, avec qui il adopte quatre enfants ; ils divorcent en 1975. En 1981, il épouse Carol Rydall, ancienne secrétaire de Clint Eastwood, qui l'accompagne jusqu'à sa mort en Californie. Don Siegel est père de cinq enfants au total.
Don Siegel entretient une collaboration de longue durée avec le compositeur Lalo Schifrin, qui signe cinq de ses films dont L'Inspecteur Harry. Sa relation avec Clint Eastwood dépasse le cadre professionnel : bien que leurs orientations politiques divergent, Siegel se décrivant comme libéral face au conservatisme de son acteur, leur amitié perdure jusqu'à la mort du cinéaste. Eastwood dédicace en 1992 son film Impitoyable "pour Don et Sergio", en hommage à Siegel et à Sergio Leone. Les archives personnelles de Don Siegel sont conservées à la bibliothèque de l'Université de Boston.
Don Siegel décède d'un cancer le 20 avril 1991 à Nipomo, en Californie, à l'âge de 78 ans. Après le tournage de Jinxed ! en 1982, il cesse de réaliser des films et se retire dans le comté de San Luis Obispo. Ses obsèques sont privées. Clint Eastwood lui rend hommage en 1991 dans la revue Film Comment, aux côtés du critique Andrew Sarris. L'année suivante, Eastwood dédicace son film Impitoyable (1992) "pour Don et Sergio", en référence à Sergio Leone. Son autobiographie posthume A Siegel Film, publiée par Faber & Faber en 1993, recueille ses mémoires de cinéaste.
Don Siegel est inhumé au Cayucos-Morro Bay District Cemetery, un cimetière public situé en bordure de l'autoroute 1, dans la zone côtière de la Californie centrale, entre les localités de Cayucos et Morro Bay, dans le comté de San Luis Obispo. Ses archives personnelles et professionnelles sont conservées à la bibliothèque de l'Université de Boston.
1 - En 1969, en refusant de signer le film Une poignée de plombs dont il n'avait pas maîtrisé la totalité du tournage, Don Siegel crée le pseudonyme "Alan Smithee", qui deviendra l'alias officiel des réalisateurs reniant leurs films au sein du système hollywoodien.
2 - Le budget des effets spéciaux de L'Invasion des profanateurs de sépultures (1956) n'excède pas 15 000 dollars. Siegel tourne le film en vingt jours, concentrant les ressources sur le scénario et le jeu des acteurs plutôt que sur les trucages.
3 - Don Siegel tient de petits rôles dans des films de son entourage : barman dans Play Misty for Me de Clint Eastwood (1971), joueur de ping-pong dans Tuez Charley Varrick ! (1973), et chauffeur de taxi dans le remake de L'Invasion des profanateurs (Philip Kaufman, 1978).
4 - En 1954, Sam Peckinpah débuta à Hollywood comme coach de dialogue sur Les Révoltés de la cellule 11. Siegel l'invite en 1982 pour des prises de seconde équipe sur Jinxed !, lui permettant ainsi de signer son ultime long métrage.
5 - Don Siegel a dirigé Ronald Reagan dans son dernier rôle au cinéma : À bout portant (The Killers, 1964), dans lequel Reagan incarne un commanditaire de meurtre, seul film de sa carrière où il joue un personnage négatif.
- Métier(s) : réalisateur, producteur
- Résidence principale : Nipomo (Californie)
- Relations de couple : Viveca Lindfors (1948-1953), Doe Avedon (1957-1975), Carol Rydall (1981-1991)
- Enfants : Kristoffer Tabori (fils, avec Viveca Lindfors), quatre enfants adoptés (avec Doe Avedon)
- Distinctions : Oscar du meilleur court métrage de fiction (Star in the Night, 1946), Oscar du meilleur court métrage documentaire (Hitler Lives, 1946), Lifetime Achievement Award (Los Angeles Film Critics Association), Lifetime Achievement Award (Telluride Film Festival)
Je pense que le monde est peuplé de cosses, et je voulais le montrer.
— Entretien compilé dans Alan Lovell, Don Siegel - American Cinema, BFI Series, 1975 (traduit de l'anglais)
Je n'aime pas la violence pour la violence. Cela me met extrêmement mal à l'aise.
— Entretien compilé dans Alan Lovell, Don Siegel - American Cinema, BFI Series, 1975 (traduit de l'anglais)
Les Proies est le meilleur film que j'aie réalisé, et peut-être le meilleur que je réaliserai jamais.
— Entretien compilé dans Alan Lovell, Don Siegel - American Cinema, BFI Series, 1975 (traduit de l'anglais)
Tu as tort, Clint. Tu rejettes l'ineptie d'un système d'administration engoncé dans ses formules et sa paperasse.
— A Siegel Film, autobiographie de Don Siegel, Faber & Faber, 1993 (traduit de l'anglais)