Résumé biographique
Champion olympique du 110 mètres haies et ancien ministre des Sports, Guy Drut incarne le lien entre haute performance athlétique et engagement politique, figure durable de l’histoire du sport français.
Parcours
Né le 6 décembre 1950 à Oignies, dans le Pas-de-Calais, Guy Drut se révèle à la fin des années 1960 sous le maillot de l’Étoile Oignies, d’abord entre perche, décathlon et haies avant de se consacrer pleinement au 110 mètres haies. Très vite, il s’impose comme l’un des meilleurs hurdlers européens, décrochant un premier podium continental en salle puis une médaille d’argent historique aux Jeux olympiques de Munich en 1972. Deux ans plus tard, il devient champion d’Europe à Rome, confirmant sa domination sur la discipline. En 1975, il bat à deux reprises le record du monde du 110 mètres haies, dernier record planétaire mesuré au chronométrage manuel, et collectionne les titres nationaux jusqu’à compter treize couronnes de champion de France.
Apogée de cette trajectoire sportive, le titre olympique conquis à Montréal en 1976 sur 110 mètres haies inscrit durablement son nom dans le palmarès de l’athlétisme français. Parallèlement, Guy Drut poursuit des études de professeur d’éducation physique et amorce une seconde carrière dans la vie publique. Proche de Jacques Chirac, il devient chargé de mission à Matignon, adjoint aux sports de la Ville de Paris, puis député de Seine-et-Marne à partir de 1986 et maire de Coulommiers de 1992 à 2008. Ministre de la Jeunesse et des Sports de 1995 à 1997, il rejoint en 1996 le Comité international olympique, où il joue un rôle actif, notamment autour de la candidature puis de l’organisation des Jeux olympiques de Paris 2024, tout en publiant plusieurs ouvrages, dont L’or et l’argent, Une haie après l’autre et Champions inoubliables.
Controverse
Au milieu des années 2000, Guy Drut est rattrapé par l’affaire des marchés publics d’Île-de-France, vaste dossier de financement politique illégal. Le 26 octobre 2005, l’ancien champion olympique est condamné par le tribunal correctionnel de Paris à quinze mois de prison avec sursis et 50 000 euros d’amende pour avoir bénéficié d’un emploi fictif au sein d’une entreprise de BTP liée au système de surfacturation des lycées franciliens. Il choisit de ne pas interjeter appel et sollicite une amnistie individuelle auprès du président de la République Jacques Chirac. Le 25 mai 2006, un décret présidentiel lui accorde cette amnistie, entraînant de vives critiques dans la classe politique. Suspendu un temps de ses fonctions au sein du Comité international olympique, il retrouve ensuite ses droits et siège à nouveau au CIO.
Repères chronologiques
1969 : Premiers résultats de haut niveau sur 110 m haies et sélection aux championnats d’Europe d’Athènes
1972 : Médaille d’argent du 110 m haies aux Jeux olympiques de Munich et premier grand podium international
1974 : Titre de champion d’Europe du 110 m haies à Rome et confirmation au plus haut niveau continental
1975 : Deux records du monde du 110 m haies et série de titres nationaux qui installent sa domination
1976 : Sacre olympique sur 110 m haies aux Jeux de Montréal, apogée de sa carrière d’athlète
1986 : Élection comme député de Seine-et-Marne, début d’une longue présence à l’Assemblée nationale
1992 : Élection à la mairie de Coulommiers, fonction qu’il conservera jusqu’en 2008
1995 : Entrée au gouvernement comme ministre de la Jeunesse et des Sports dans le premier gouvernement Juppé
1996 : Désignation comme membre du Comité international olympique, où il représente la France
2005 : Condamnation dans l’affaire des marchés publics d’Île-de-France pour emploi fictif
2006 : Amnistie individuelle accordée par le président Jacques Chirac et reprise de ses fonctions au CIO
2008 : Démission de la mairie de Coulommiers et recentrage sur ses mandats nationaux et olympiques
2020 : Élection au conseil municipal de Rueil-Malmaison sur la liste du maire Patrick Ollier
2024 : Implication dans l’organisation des Jeux de Paris 2024 et prises de position publiques sur le contexte politique
Vie personnelle et engagements
Issu d’un milieu modeste, Guy Drut grandit à Oignies, dans la même rue que le coureur Michel Jazy, auprès de ses parents Jacques Drut et Jacqueline Wigley. Il se forme comme professeur d’éducation physique et sportive, ancrant son parcours dans la transmission du sport. Le 1er septembre 1973, il épouse Brigitte Bonnel, avec laquelle il a une fille, Élodie, née en 1979. Après leur séparation, il se remarie le 7 décembre 1984 avec Véronique Hardy, cérémonie célébrée à Paris. De cette seconde union naît une autre fille, Lucie, en 1985. La dimension familiale reste en arrière-plan médiatique, l’ancien hurdler veillant à préserver la discrétion de ses proches tout en assumant une forte exposition publique.
Sur le plan des convictions et des engagements, Guy Drut revendique une relation ancienne et assumée au monde politique gaulliste, de l’UDR au RPR puis à l’UMP et à la droite républicaine. Franc-maçon déclaré, il reconnaît son appartenance à la Grande Loge nationale française, qu’il présente comme un espace de réflexion personnelle plutôt que de carrière. Parallèlement, il s’investit durablement dans les institutions sportives nationales et internationales, de l’Académie des sports au Comité international olympique, en défendant une vision exigeante de l’olympisme. Installé à Rueil-Malmaison, dans les Hauts-de-Seine, il y poursuit un engagement local comme élu municipal avant de quitter le conseil tout en restant une figure connue de la ville.
Anecdotes
1 - Avant de devenir l’un des meilleurs hurdlers du monde, Guy Drut s’illustre aussi au saut à la perche et au décathlon, franchissant plus de quatre mètres à l’adolescence. Ce profil polyvalent marque son apprentissage et nourrit sa capacité technique sur les haies hautes.
2 - En 1975, il bat deux fois le record du monde du 110 mètres haies, d’abord à Saint-Maur-des-Fossés puis à Berlin. Ces performances au chronométrage manuel font de lui le dernier détenteur d’un record du monde établi sans chronométrage entièrement électronique.
3 - Son nom est aujourd’hui associé à de nombreux équipements sportifs en France : stade municipal à Oignies, complexes et espaces dédiés à l’athlétisme ou aux sports collectifs dans plusieurs communes. Cette toponymie sportive prolonge sa trace d’athlète dans le paysage urbain.
4 - Franc-maçon revendiqué, il assume publiquement son appartenance à la Grande Loge nationale française, rare prise de position explicite chez un ancien ministre. Il présente cette démarche comme une manière de structurer sa réflexion éthique autant que sa vision de l’engagement public.
5 - Membre influent du CIO, il joue un rôle important dans la candidature puis la préparation des Jeux de Paris 2024, intervenant fréquemment dans les médias pour défendre le projet olympique français et commenter l’équilibre entre enjeux sportifs, économiques et politiques.
Points clés
- Métier(s) : Athlète (110 m haies), homme politique, dirigeant sportif
- Résidence principale : Rueil-Malmaison, Hauts-de-Seine (France)
- Relations : Brigitte Bonnel (ancienne épouse), Véronique Hardy (épouse)
- Enfants : Élodie (1979), Lucie (1985)
- Distinctions : Champion olympique 110 m haies (Montréal 1976), vice-champion olympique (Munich 1972), champion d’Europe (1974), multiple champion de France, membre du CIO, plusieurs fois « champion des champions » L’Équipe
