Jean-Claude Dauphin incarne depuis plus d'un demi-siècle la continuité d'une lignée d'artistes français, entre patrimoine familial et sobriété professionnelle. Né dans le sillage d'un père comédien reconnu et d'une mère actrice, il a su tracer un parcours discret mais constant, entre premiers rôles romantiques, personnages secondaires marquants et narrations documentaires, sans jamais céder à la surexposition médiatique.
Né le 16 mars 1948 à Boulogne-Billancourt, Claude Marie Raymond Legrand grandit dans un foyer artistique : son père Claude Dauphin et sa mère Maria Mauban sont tous deux comédiens. Son grand-père paternel est le poète Franc-Nohain, sa grand-mère Marie-Madeleine Dauphin dessinatrice. Son oncle Jean Nohain anime la radio et la télévision, tandis que ses cousins Dominique Nohain et Raphaëlle Giordano s'orientent respectivement vers la scène et la littérature. Cette constellation familiale forge une sensibilité précoce au spectacle et aux lettres. Au lycée Paul-Valéry à Paris, il étudie dans la classe du latiniste Bernard Mortureux, spécialiste de Sénèque. Il entame ensuite des études en sciences politiques, avec une vocation première de journaliste, avant que le cinéma ne l'en détourne définitivement.
Dès 1968, Jean-Claude Dauphin obtient son premier rôle au cinéma dans Adolphe ou l'Âge tendre, réalisé par Bernard Toublanc-Michel, aux côtés de ses deux parents. L'année suivante, il joue le fiancé de Claude Jade dans Le Témoin, sous la direction de Peter Bacso ; la comédienne deviendra sa compagne dans la vie. Elle écrira dans son autobiographie Baisers envolés : avec leur teint clair et leurs traits fins, ils auraient pu jouer un frère et une soeur. Philippe de Broca le dirige en 1970 pour Les Caprices de Marie, tandis que Claude Pinoteau lui confie le rôle principal aux côtés de Claude Jade dans La Maison des Bories. Il tourne avec Annie Girardot et Philippe Noiret dans La Mandarine d'Edouard Molinaro (1971), puis donne la réplique à Isabelle Adjani dans la série télévisée Le Secret des Flamands. Plusieurs films des années 1970 suivent : Le Hasard et la Violence de Philippe Labro, Barry of the Great St. Bernard, Dernière Sortie avant Roissy de Jeannot Szwarc. En 1975, il incarne le fils de Dora Doll, batteur de jazz des clubs parisiens, dans un épisode de la série Les Enquêtes du commissaire Maigret. L'année suivante, il apparaît dans le premier épisode de la nouvelle série Médecins de nuit.
Les années 1980 marquent un tournant avec des rôles réguliers à la télévision. En 1981, il interprète Léon Lécuyer, enseignant idéaliste, dans la série Au bon beurre d'Edouard Molinaro, et tourne au cinéma dans Le Choix des armes d'Alain Corneau. En 1986, il obtient l'un de ses rôles les plus importants, celui de Clovis dans Adieu la vie de Maurice Dugowson. L'année suivante, il partage l'affiche avec Daniel Day-Lewis et Juliette Binoche dans L'Insoutenable Légèreté de l'être, adapté du roman de Milan Kundera. Parmi ses autres succès figurent L'École de la chair de Benoît Jacquot (1998) avec Isabelle Huppert, et la comédie La Tour Montparnasse infernale (2001). Il prête sa voix de narrateur à plusieurs documentaires, dont Le Tombeau d'Alexandre de Chris Marker et Thérèse de Lisieux, un écho du coeur de Dieu (1997). En 2010, il interprète le rôle d'Henri Bachelin dans Jules Renard, homme de combats. En 2012, il joue dans Simpatico de Sam Shepard, mise en scène de Didier Long, au Théâtre Marigny. Au théâtre, il joue à plusieurs reprises dans Le Premier d'Israël Horovitz, mis en scène par Michel Fagadau, au Théâtre de Poche Montparnasse (1973, 1978) et au Théâtre de Boulogne-Billancourt (1980).
Jean-Claude Dauphin a grandi au sein d'une famille profondément ancrée dans le monde du spectacle et de la culture. Son père Claude Dauphin et sa mère Maria Mauban sont tous deux comédiens renommés, tandis que son grand-père paternel Franc-Nohain exerce le métier de poète et sa grand-mère Marie-Madeleine Dauphin celui de dessinatrice. L'animateur Jean Nohain, frère de son père, complète ce cercle artistique.
En 1969, il entame une relation avec l'actrice Claude Jade, sa partenaire à l'écran dans Le Témoin. En 1973, il épouse Laura Ulmer, chanteuse et fille du compositeur Georges Ulmer. Il a au moins un fils dont il n'a pas cité le nom mais qu'il mentionne parfois dans ses interviews, et qui s'oriente vers une carrière d'historien et de professeur universitaire. En 2003, Jean-Claude Dauphin le décrit avec une admiration visible : "Il est calé.";
Interrogé en 2003 par Le Parisien sur ses centres d'intérêt, il se révèle passionné d'histoire contemporaine, qu'il dit être capable de "décortiquer avec passion et précision". Grand lecteur, il fréquente les classiques, les ouvrages historiques et les biographies, citant notamment celle du photographe de guerre Robert Capa. Il suit la vie politique "en dilettante via le câble et les grands documentaires". Quant à l'écriture, il la récuse avec autodérision : "Je suis bien trop flemmard pour écrire un bouquin et trop agité pour me plier à ce travail de solitaire." Sa première vocation avait pourtant été le journalisme, interrompue par le cinéma dès ses 20 ans.
Jean-Claude Dauphin est né à Boulogne-Billancourt et a construit sa carrière à Paris. C'est dans la capitale qu'il suit ses études au lycée Paul-Valéry, qu'il débute au cinéma et qu'il se produit dans les principaux théâtres parisiens : le Théâtre de Poche Montparnasse, le Théâtre de Boulogne-Billancourt, la Maison des arts et de la culture de Créteil, et le Théâtre Marigny.
Quand les saltimbanques, les enfants trinquent.
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