Le poète franco-uruguayen Isidore Ducasse, connu sous le pseudonyme de Lautréamont, s’impose comme une figure majeure de la littérature moderne avec son œuvre radicale Les Chants de Maldoror et ses Poésies, dont l’influence sur les avant-gardes et le surréalisme marque durablement l’histoire littéraire.
Né le 4 avril 1846 à Montevideo, Isidore Lucien Ducasse grandit dans une famille française installée en Uruguay, son père étant employé au consulat de France. Après la mort précoce de sa mère, il passe son enfance dans un contexte de guerre civile avant d’être envoyé en France pour ses études. Interne au lycée impérial de Tarbes à partir de 1859, puis élève à Pau, il obtient son baccalauréat ès lettres en 1865. Vers 1867, il revient à Montevideo puis s’installe à Paris, où il entreprend des études supérieures tout en se consacrant à l’écriture. Entre 1868 et 1870, il rédige et fait imprimer Les Chants de Maldoror ainsi que Poésies I et Poésies II, qui constituent l’essentiel de son œuvre conservée.
1846 : Naissance à Montevideo (Uruguay), de parents français.
1859 : Entrée comme interne au lycée impérial de Tarbes.
1863 : Poursuite des études secondaires à Pau, obtention du baccalauréat en lettres en 1865.
1867 : Installation à Paris pour des études supérieures et premiers travaux littéraires connus.
1868 : Publication anonyme à compte d’auteur du premier chant de Les Chants de Maldoror à Paris.
1869 : Impression en Belgique de l’édition complète des Chants de Maldoror sous le nom de « Comte de Lautréamont ».
1870 : Publication à Paris de Poésies I chez le libraire Gabrie.
1870 : Publication de Poésies II, ultime ouvrage paru du vivant de l’auteur.
24 novembre 1870 : Mort à Paris, à l’âge de vingt-quatre ans, pendant le siège de la capitale.
1874 : Mise en vente des exemplaires des Chants de Maldoror rachetés par le libraire-éditeur J.-B. Rozez.
1885 : Redécouverte de l’œuvre par Max Waller dans la revue La Jeune Belgique qui en publie un extrait.
1920-1927 : Canonisation progressive dans les milieux d’avant-garde, rééditions commentées et premières études majeures sur Les Chants de Maldoror et les Poésies.
Isidore Ducasse naît dans un foyer français expatrié, son père François Ducasse travaillant au consulat général de France à Montevideo. Sa mère, Jacquette-Célestine Davezac, meurt en 1847, laissant l’enfant être pris en charge par son père et la famille paternelle dans les Hautes-Pyrénées. Envoyé en internat à Tarbes puis à Pau, il est placé sous la tutelle de l’avoué Jean Dazet et se lie d’amitié avec Georges Dazet, futur dédicataire de ses Poésies. Jeune adulte, il partage sa vie entre l’Uruguay et la France avant de se fixer à Paris, où il loge successivement rue Notre-Dame-des-Victoires puis rue du Faubourg-Montmartre. Aucune union ni descendance n’est attestée, et ses engagements publics ou associatifs ne sont pas documentés, son nom n’apparaissant qu’à travers ses œuvres et quelques lettres.
1 – Son pseudonyme « comte de Lautréamont » provient très probablement du roman Latréaumont (1837) d’Eugène Sue, dont le héros rebelle présente des affinités avec l’univers des Chants de Maldoror.
2 – En 1869, l’éditeur Albert Lacroix fait imprimer l’édition complète des Chants de Maldoror en Belgique, mais refuse de la diffuser, craignant des poursuites et le non-règlement complet du tirage.
3 – Le stock d’exemplaires des Chants de Maldoror est racheté en 1874 par le libraire-éditeur Jean-Baptiste Rozez, qui les met discrètement en vente avec une nouvelle couverture.
4 – En 1885, Max Waller révèle l’œuvre au public moderne en publiant un extrait des Chants de Maldoror dans la revue La Jeune Belgique, déclenchant un mouvement de redécouverte.
5 – Sa sépulture au cimetière de Montmartre (cimetière du Nord) a été déplacée et n’est plus localisable avec certitude après les remaniements et transferts de fosses communales.
6 – Un portrait photographique présumé de Ducasse, daté de 1867, est retrouvé en 1977 à Bagnères-de-Bigorre dans les archives de la famille Dazet, et largement diffusé par les chercheurs.
Né à Montevideo, Isidore Ducasse reste lié aux Hautes-Pyrénées, notamment Bazet, Tarbes et Pau où il effectue ses études. À Paris, ses adresses de la rue Notre-Dame-des-Victoires, de la rue Vivienne et du Faubourg-Montmartre constituent des repères majeurs. Mort le 24 novembre 1870, il est inhumé au cimetière de Montmartre, dans une tombe aujourd’hui introuvable.
Ducasse meurt le 24 novembre 1870, pendant le siège de Paris, à son domicile du 7 rue du Faubourg-Montmartre. Les témoignages contemporains évoquent une « mauvaise fièvre », et l’acte de décès reste laconique. En raison de la crainte d’épidémies, il est enterré dès le lendemain après un office à Notre-Dame-de-Lorette, dans une fosse provisoire du cimetière du Nord, avant une translation en janvier 1871 vers une autre fosse commune. Les destructions d’archives et les réaménagements ultérieurs rendent sa sépulture définitive impossible à localiser avec précision.
• Métier(s) : poète, écrivain
• Résidence principale : Paris, France (fin de vie)
• Relations : aucune union durable ou partenaire identifié dans les sources connues
• Enfants : aucune descendance attestée