Cette année marque le 10ᵉ anniversaire de sa disparition.
Actrice, auteure et grande voix du doublage, Nadine Alari occupe une place singulière dans le cinéma, le théâtre et la télévision français, avec une carrière allant de l’après-guerre aux années 2010, marquée par de nombreux rôles et par le doublage de stars internationales.
Née Bernadette Nicole Frédérique Boverie le 23 février 1927 à Paris 12e, Nadine Alari grandit dans un milieu artistique, entre un père architecte-décorateur et une mère compositrice connue sous le nom de Maud Lélih. Après le lycée, elle découvre le théâtre et suit les cours de René Simon, tout en débutant sur scène. Elle joue à la Gaîté-Montparnasse dans le spectacle Zig-zag, puis rejoint un temps la compagnie Renaud-Barrault au théâtre Marigny. Dès 1945, elle tourne au cinéma dans Jéricho, puis dans Le Père tranquille et Les Amants du pont Saint-Jean. Elle développe ensuite une double carrière de comédienne et de grande interprète de doublage, tout en écrivant pour la scène et en traduisant Carlo Goldoni.
1937 : Création du journal lycéen Le Trèfle, soutenu par Noël-Noël.
1945 : Premier rôle au cinéma dans Jéricho de Henri Calef.
1946 : Rôle dans Le Père tranquille de René Clément et entrée dans la compagnie Renaud-Barrault.
1947 : Apparition dans Les Amants du pont Saint-Jean d’Henri Decoin.
1951 : Prix Suzanne-Bianchetti récompensant une jeune comédienne d’avenir.
Années 1950 : Multiples rôles au théâtre parisien et au cinéma, dont Caroline chérie et Madame du Barry.
Années 1960 : Activité intense de doublage pour le cinéma et la télévision, participation à des documentaires de l’ORTF.
1965 : Voyage en Roumanie pour un travail photographique sur les animaux.
1960-1962 : Enregistrements sonores de contes et adaptations radiophoniques.
1996 : Édition et adaptation de Sior Todero Brontolon ou le Vieux Tracassier de Carlo Goldoni au théâtre.
2001 : Collaboration avec Franck Berthier sur Un songe d’après Strindberg.
2012 : Création de sa pièce Les Apparents, mise en scène par Franck Berthier.
24 novembre 2016 : Décès à Paris 12e, après une longue carrière de comédienne et d’auteure.
Seule enfant de Henri Boverie et de Christiane Verger, dite Maud Lélih, Nadine Alari grandit près de la place de la Nation dans un environnement où se croisent musiciens, auteurs et comédiens. Très tôt, elle côtoie des figures comme Noël-Noël ou Suzy Solidor. Son parcours se tisse autour de liens artistiques durables, notamment avec Gérard Philipe, rencontré lors d’un tournage, et avec le metteur en scène Franck Berthier, qui accompagnera ses dernières créations. Engagée dans des causes liées aux droits humains et aux luttes contre les dictatures, elle soutient des combats en lien avec le Chili, certains pays d’Afrique et d’autres terrains de crise. Sa vie personnelle reste discrète dans les sources publiques, mais témoigne d’une fidélité forte à ses amitiés et collaborations artistiques.
1 – Encore lycéenne, Nadine Alari fonde en 1937 le journal Le Trèfle, dont l’une des rares abonnées est la chanteuse Suzy Solidor, tandis que l’acteur Noël-Noël en est un soutien actif.
2 – Au théâtre de la Gaîté-Montparnasse, elle débute dans le spectacle Zig-zag, où elle récite des poèmes inédits de Jacques Prévert et joue des scènes d’Alphonse Allais et Georges Neveux.
3 – Ses premiers rôles au cinéma dans Jéricho et Le Père tranquille la placent au cœur de récits consacrés à la Résistance et marquent le début d’une longue amitié avec l’acteur José Artur.
4 – Elle devient l’une des voix françaises les plus reconnues, doublant notamment Kim Novak dans Sueurs froides, Julie Christie dans Le Docteur Jivago, la baronne Elsa Schraeder dans La Mélodie du bonheur et l’infirmière Ratched dans Vol au-dessus d’un nid de coucou.
5 – Passionnée de photographie, elle réalise en 1965 un important travail de prises de vue d’animaux en Roumanie, restant des heures immobile pour obtenir certains clichés.
6 – Comme autrice et adaptatrice, elle signe la version française scénique de Sior Todero Brontolon ou le Vieux Tracassier de Carlo Goldoni, poursuivant un travail de traduction et d’édition théâtrale reconnu dans les années 1990.
Née et morte à Paris 12e, Nadine Alari reste associée aux quartiers de la Nation et aux scènes parisiennes comme la Gaîté-Montparnasse, le théâtre Marigny ou le théâtre du Petit Louvre à Avignon. Son corps est incinéré au crématorium du cimetière du Père-Lachaise, lieu majeur de mémoire artistique parisienne, le 7 décembre 2016.
Nadine Alari s’éteint à Paris le 24 novembre 2016, des suites d’une longue maladie. Elle est entourée de ses proches, en particulier du metteur en scène Franck Berthier, avec qui elle a travaillé sur plusieurs spectacles. La crémation a lieu au crématorium du cimetière du Père-Lachaise le 7 décembre 2016. Des hommages lui sont rendus dans le milieu du théâtre, du doublage et du cinéma, où collègues et amis rappellent son engagement artistique, son travail d’autrice et son implication dans diverses causes internationales.
• Métier(s) : actrice, comédienne de théâtre et de cinéma, autrice, adaptatrice, traductrice, comédienne de doublage
• Résidence principale : Paris, France
• Relations : réseaux artistiques parisiens, collaborations de longue durée avec Gérard Philipe et le metteur en scène Franck Berthier
• Enfants : non mentionnés dans les sources publiques
• Distinctions : prix Suzanne-Bianchetti (1951)