Résumé biographique
Figure centrale du baroque romain, le sculpteur et architecte Gian Lorenzo Bernini marque durablement l’histoire de l’art en transformant Rome par ses ensembles monumentaux, de la place Saint-Pierre aux grandes réalisations sculptées comme Le Rapt de Proserpine , Apollo et Daphné , David ou l’Extase de sainte Thérèse .
Parcours
Né le 7 décembre 1598 à Naples, Gian Lorenzo Bernini est le fils du sculpteur Pietro Bernini et grandit très tôt dans les ateliers. La famille s’installe à Rome vers 1606, à proximité de la basilique Sainte-Marie-Majeure, où il se forme aux côtés de son père. Repéré enfant par le pape Paul V, il obtient rapidement la protection du cardinal Scipione Borghese, pour lequel il réalise à la Galleria Borghese des groupes sculptés tels que Le Rapt de Proserpine , Apollo et Daphné et David . Nommé architecte de la fabrique de Saint-Pierre en 1629, il conçoit le baldaquin majeur de la basilique puis la colonnade de la place Saint-Pierre. Il signe aussi des œuvres emblématiques comme l’Extase de sainte Thérèse à Santa Maria della Vittoria et la Fontaine des Quatre-Fleuves de la piazza Navona. En 1665, il séjourne plusieurs mois en France pour travailler pour Louis XIV.
Repères chronologiques
7 décembre 1598 : Naissance à Naples, Royaume de Naples.
1606 : Installation de la famille Bernini à Rome, près de Sainte-Marie-Majeure.
1619-1625 : Réalisation pour la Villa Borghese des groupes Le Rapt de Proserpine , Apollo et Daphné et David .
1623 : Début du baldaquin de Saint-Pierre de Rome sous le pontificat d’Urbain VIII.
1629 : Nomination comme architecte de la basilique Saint-Pierre.
1647-1652 : Exécution de l’Extase de sainte Thérèse dans la chapelle Cornaro, Santa Maria della Vittoria.
1651 : Inauguration de la Fontaine des Quatre-Fleuves sur la piazza Navona.
1656-1667 : Conception et construction de la colonnade de la place Saint-Pierre.
1665 : Voyage à Paris, réalisation du buste de Louis XIV et projets pour le Louvre.
1671-1674 : Sculpture de la Beata Ludovica Albertoni à San Francesco a Ripa.
1671-1678 : Conception du tombeau d’Alexandre VII à Saint-Pierre.
28 novembre 1680 : Décès à Rome, dans sa maison de la via della Mercede.
1680 : Inhumation dans le tombeau familial de la basilique Sainte-Marie-Majeure.
1898 : Pose d’une plaque commémorative sur sa maison de la via della Mercede à Rome.
Vie personnelle et engagements
Gian Lorenzo Bernini naît dans une famille nombreuse, fils d’Angelica Galante et du sculpteur Pietro Bernini. Installé à Rome, il vit d’abord dans la maison familiale de la via Liberiana, face à Sainte-Marie-Majeure, où se déploient son atelier et ses premières grandes commandes. À la fin des années 1630, une relation avec Costanza, épouse de son assistant Matteo Bonucelli, provoque un scandale retentissant et des poursuites judiciaires. En mai 1639, sur intervention du pape Urbain VIII, il épouse la Romaine Caterina Tezio dans un mariage arrangé. Le couple aura onze enfants, dont Pietro Filippo (né en 1640), Paolo Valentino (né en 1648) et Domenico (né en 1657), futur biographe de son père. À partir de cette période, Bernini mène une vie plus réglée, fortement marquée par la pratique religieuse quotidienne et son travail continu au service de la papauté et des ordres religieux.
Anecdotes
1 – Enfant, Bernini impressionne le pape Paul V lors d’une visite d’atelier ; le souverain pontife aurait déclaré que ce garçon serait le « Michel-Ange de son siècle », ce qui favorise son accès précoce aux grands mécènes romains.
2 – Vers la fin des années 1630, découvrant la liaison entre son frère Luigi et Costanza, sa maîtresse, Bernini poursuit Luigi jusque dans la basilique Sainte-Marie-Majeure et fait lacérer le visage de Costanza par un serviteur ; ce dernier est emprisonné, et Costanza incarcérée pour adultère, tandis que Bernini est exempté de peine par le pape.
3 – Durant son séjour parisien de 1665 auprès de Louis XIV, la foule suit ses déplacements au point qu’il compare son voyage à la tournée d’un éléphant exhibé ; le buste du roi sera l’un des rares résultats durables de cette mission, son projet pour le Louvre étant abandonné.
4 – Ses premières grandes sculptures mythologiques, dont Le Rapt de Proserpine , Apollo et Daphné et David , sont réalisées dans la maison familiale de la via Liberiana 24, à Rome, où une plaque rappelle aujourd’hui cette activité.
5 – Bernini conçoit aussi des décors et effets spéciaux pour des pièces et spectacles au palais Barberini, mêlant sculpture, architecture et mise en scène, ce qui prolonge sur scène son goût pour le théâtre visuel baroque.
6 – Malgré son rôle majeur dans la transformation de Rome, il repose sous une simple dalle au sol dans la basilique Sainte-Marie-Majeure, au sein du tombeau familial, sans monument sculpté, à l’inverse des nombreux tombeaux fastueux qu’il a créés pour les papes.
Lieux de mémoire
Né à Naples mais essentiellement actif à Rome, Gian Lorenzo Bernini est associé à plusieurs lieux clés : la maison de la via Liberiana, en face de Sainte-Marie-Majeure, puis le palais familial de la via della Mercede, près de la place d’Espagne, où il meurt en 1680. Ses œuvres majeures jalonnent la ville, de la place Saint-Pierre à la piazza Navona, en passant par Santa Maria della Vittoria et San Francesco a Ripa. Il est inhumé dans la basilique Sainte-Marie-Majeure, dans un tombeau familial discret situé dans une allée latérale proche du chœur.
Contexte du décès
En novembre 1680, après une carrière demeurée active jusque dans un grand âge, Gian Lorenzo Bernini est frappé par une attaque cérébrale qui le laisse diminué pendant environ deux semaines. Il meurt le 28 novembre 1680 dans sa résidence de la via della Mercede, à Rome, âgé de plus de 81 ans. Sa disparition donne lieu à des hommages dans les milieux artistiques et religieux romains, mais sans cérémonie monumentale comparable à celles de certains de ses commanditaires. Conformément aux dispositions familiales, il est enterré avec ses parents dans la basilique Sainte-Marie-Majeure, dans une sépulture modeste marquée par une simple inscription au sol, devenue un lieu de mémoire pour l’histoire du baroque.
Points clés
• Métier(s) : sculpteur, architecte, peintre, scénographe, urbaniste
• Résidence principale : Rome, États pontificaux (aujourd’hui Italie)
• Relations : liaison avec Costanza, épouse de Matteo Bonucelli (fin des années 1630) ; mariage avec Caterina Tezio (à partir de 1639)
• Enfants : Pietro Filippo (1640), Angelica (1646), Agnese Celeste (1647), Paolo Valentino (1648), Domenico (1657), ainsi que plusieurs autres fils et filles nés entre les années 1640 et 1660
• Distinctions : anobli chevalier (Cavaliere) par le pape, principal architecte et sculpteur de la cour pontificale au XVIIe siècle






