Hier marquait le 63ᵉ anniversaire de sa disparition.
Ngô Đình Diệm est un homme d'État vietnamien, président de la République du Viêt Nam de 1955 à 1963. Ministre démissionnaire de l'empereur Bảo Đại en 1933, il vit en exil dans des séminaires catholiques aux États-Unis et en Belgique avant d'accéder au pouvoir en 1954.
Fils d'un haut mandarin de la cour de Huế, Ngô Đình Diệm fréquente l'école Pellerin puis le lycée Quốc Học, décline une bourse d'études à Paris et sort en 1921 major de l'école d'administration et de droit de Hanoï. Il débute à la bibliothèque royale de Huế, devient chef de district, puis gouverneur de la province de Bình Thuận en 1929. Nommé ministre de l'Intérieur par l'empereur Bảo Đại en 1933, il démissionne environ trois mois plus tard, après le refus de ses projets de réforme par l'administration française, et renonce à ses titres et décorations. Capturé en 1945 par le Việt Minh, il refuse le ministère que lui propose Hồ Chí Minh, en invoquant le meurtre de son frère aîné Ngô Đình Khôi. Condamné à mort par contumace, il quitte le Viêt Nam en 1950 et séjourne de 1951 à 1953 dans deux séminaires catholiques aux États-Unis, puis dans un monastère en Belgique.
Rappelé par Bảo Đại, il devient Premier ministre de l'État du Viêt Nam en juin 1954, peu avant les accords de Genève qui partagent le pays au 17e parallèle. En octobre 1955, un référendum dont les suffrages dépassent le nombre d'inscrits écarte l'empereur, et Ngô Đình Diệm proclame la République du Viêt Nam, dont il prend la présidence. Il refuse en 1956 les élections de réunification prévues à Genève et confie des postes clés à sa famille : son frère Ngô Đình Nhu dirige le parti Cần Lao, Ngô Đình Cẩn administre la région de Huế et Ngô Đình Thục en est l'archevêque. En mai 1957, il prononce un discours devant le Congrès des États-Unis. Le 1er novembre 1963, des généraux menés par Dương Văn Minh se soulèvent. Il demande alors par téléphone à l'ambassadeur Henry Cabot Lodge la position américaine. Il est tué le lendemain.
La crise bouddhiste de 1963 débute à Huế en mai, lorsque les forces de l'ordre tirent sur des fidèles protestant contre l'interdiction du drapeau bouddhiste, faisant neuf morts. Le moine Thích Quảng Đức s'immole par le feu à Saïgon en juin, et les raids menés en août contre les pagodes, dont celle de Xá Lợi, entraînent plus de 1 400 arrestations. Le gouvernement de Ngô Đình Diệm dément toute persécution, attribue les troubles à une infiltration communiste et ferme douze pagodes où il affirme avoir trouvé des armes. Saisie de la question des violations des droits de l'homme au Sud-Viêt Nam, l'Assemblée générale des Nations unies envoie à Saïgon, à l'invitation du gouvernement, une mission d'enquête de sept États présidée par l'Afghan Abdul Rahman Pazhwak, arrivée le 24 octobre 1963. Son rapport est daté du 7 décembre 1963, après la chute du régime. L'ampleur de la répression reste discutée par les historiens.
1901 : naissance dans une famille de mandarins catholiques originaire de la province de Quảng Bình
1921 : sort major de l'école d'administration et de droit de Hanoï
1929 : nommé gouverneur de la province de Bình Thuận
1933 : ministre de l'Intérieur de Bảo Đại, démission après environ trois mois
1945 : capturé par le Việt Minh, refuse de rejoindre le gouvernement de Hồ Chí Minh
1950 : départ en exil, audience auprès du pape Pie XII à Rome
1954 : nommé Premier ministre de l'État du Viêt Nam
1955 : victoire contre les milices Bình Xuyên, référendum remporté avec plus de 98 % des voix officielles et proclamation de la République
1957 : visite d'État aux États-Unis et discours devant le Congrès
1960 : échec d'une tentative de coup d'État menée par des unités parachutistes
1962 : bombardement du palais présidentiel par deux officiers de l'armée de l'air
1963 : crise bouddhiste, puis renversement et assassinat lors du coup d'État de novembre
1983 : transfert de sa sépulture du cimetière Mạc Đĩnh Chi vers le cimetière de Lái Thiêu
Ngô Đình Diệm est le fils de Ngô Đình Khả, haut mandarin, conseiller de l'empereur Thành Thái et premier directeur du lycée Quốc Học de Huế, et de Phạm Thị Thân. Baptisé sous le prénom de Jean-Baptiste, il appartient à une famille dont les ancêtres figurent parmi les premiers Vietnamiens convertis au catholicisme au XVIIe siècle. Vers quinze ans, il entre brièvement au séminaire avant d'y renoncer. Ses frères sont Ngô Đình Khôi, Ngô Đình Thục, Ngô Đình Nhu, Ngô Đình Cẩn et Ngô Đình Luyện. Resté célibataire, il n'a pas d'enfant. Son neveu Nguyễn Văn Thuận, fils de sa soeur Ngô Đình Thị Hiệp, devient cardinal.
Pendant sa présidence, sa belle-soeur Trần Lệ Xuân, épouse de Ngô Đình Nhu, tient le rôle de première dame. Elle se trouve en Californie lors du coup d'État de 1963. En 1950, au Japon, Ngô Đình Diệm rencontre l'universitaire américain Wesley Fishel, qui l'introduit auprès de l'université d'État du Michigan, dont il devient consultant au bureau de recherche gouvernementale, à l'origine d'une mission de conseillers envoyée au Sud-Viêt Nam. Catholique pratiquant, il est reçu en audience par le pape Pie XII pendant l'Année sainte. Son frère Ngô Đình Nhu structure autour de lui le parti Cần Lao, qui se réclame du personnalisme.
Après avoir quitté le palais Gia Long dans la soirée du 1er novembre 1963 et s'être réfugiés à Chợ Lớn, Ngô Đình Diệm et son frère Ngô Đình Nhu sont arrêtés le 2 novembre à la sortie de la messe à l'église Saint-François-Xavier. Placés dans un véhicule blindé M113, ils y sont abattus. L'enquête du général Trần Văn Đôn désigne le commandant Dương Hiếu Nghĩa et le capitaine Nguyễn Văn Nhung, garde du corps de Dương Văn Minh. La junte évoque un suicide accidentel, version contredite par les photographies des corps. Aucune poursuite judiciaire n'a suivi. John F. Kennedy, informé le lendemain, se montre bouleversé selon Maxwell Taylor. Aucune cérémonie publique n'est autorisée avant 1968.
La junte n'a pas rendu public le lieu d'inhumation initial. Ngô Đình Diệm repose ensuite au cimetière Mạc Đĩnh Chi de Saïgon, détruit en 1983, puis au cimetière de Lái Thiêu, dans la province de Bình Dương. Une messe y est célébrée le 1er novembre 2013 pour le cinquantenaire de sa mort, puis en 2018 une autre, présidée par Mgr Micae Hoàng Đức Oanh, réunit environ 300 personnes.
1 - Avant d'entrer à l'école d'administration et de droit de Hanoï, Ngô Đình Diệm décline une bourse pour étudier à Paris. Il en sort en 1921 major d'une promotion de vingt élèves, puis débute comme employé de la bibliothèque royale de Huế.
2 - En février 1957, à la foire agricole de Buôn Ma Thuột, le militant communiste Hà Minh Trí tire sur Ngô Đình Diệm. La balle le manque et atteint au bras le secrétaire d'État chargé de la réforme agraire, qui se tenait à ses côtés.
3 - En mai 1957, Ngô Đình Diệm arrive à Washington à bord du Columbine III, l'avion du président américain. Dwight Eisenhower se déplace en personne à l'aéroport pour l'accueillir, un geste accordé seulement une fois auparavant à un chef d'État étranger.
4 - Au cours de la même visite, l'université d'État du Michigan remet un doctorat honoris causa à Ngô Đình Diệm, et le gouverneur G. Mennen Williams proclame une journée Ngô Đình Diệm dans l'État. À New York, environ 250 000 personnes assistent à son défilé.
5 - Lors du référendum d'octobre 1955, 605 025 voix sont comptabilisées à Saïgon en faveur de Ngô Đình Diệm, alors que la ville ne compte qu'environ 450 000 électeurs inscrits. Au niveau national, les suffrages dépassent les inscrits de plus de 380 000.
6 - Le certificat de décès, établi sans autopsie par un médecin français à l'hôpital Saint-Paul de Saïgon, désigne Ngô Đình Diệm comme simple chef de province et son frère Ngô Đình Nhu comme chef du service de bibliothèque.
- Métier(s) : homme d'État, haut fonctionnaire mandarinal
- Résidence principale : Saïgon
- Relations de couple : aucune, resté célibataire
- Enfants : aucun
- Distinctions : doctorats honoris causa de l'université Seton Hall et de l'université d'État du Michigan en 1957
Je crois au devoir avant tout.
— Conversation téléphonique avec l'ambassadeur Henry Cabot Lodge, 1er novembre 1963 (traduit de l'anglais), lors du coup d'État des généraux
Nous affirmons que la démocratie n'est ni le bonheur matériel ni la suprématie du nombre.
— Discours devant le Congrès des États-Unis, 9 mai 1957 (traduit de l'anglais)