Philippe Sollers

† à 86 ans
le 28 novembre 1936
Décédé le 5 mai 2023

Anniversaire historique Dans 222 jours

Cette année marque le 90ᵉ anniversaire de sa naissance.

Naissance :  Talence (Gironde, 33)France  
Nationalité : française

Biographie

Écrivain et éditeur français, Philippe Sollers s’impose comme une figure du paysage littéraire contemporain par son rôle dans la revue Tel Quel, la création de L’Infini chez Gallimard et une œuvre romanesque et essayistique où se croisent avant-garde, engagements politiques et relecture des traditions européennes.


Parcours

Né le 28 novembre 1936 à Talence dans une famille d’industriels, Philippe Sollers, de son vrai nom Philippe Joyaux, effectue sa scolarité à Bordeaux avant de poursuivre ses études à Versailles puis à l’ESSEC, qu’il abandonne pour se consacrer aux lettres. Il s’installe à Paris, suit les conférences de Francis Ponge et entre dans les milieux littéraires. En 1958, il publie son premier roman, Une curieuse solitude, remarqué par François Mauriac et Louis Aragon. En 1960, il fonde la revue Tel Quel, qu’il anime jusqu’en 1982. Dans les années 1970, il explore une écriture expérimentale avec Drame, Nombres, Lois et Paradis. À partir de Femmes (1983), il développe une veine romanesque plus narrative, tout en dirigeant la revue et la collection L’Infini chez Gallimard et en publiant de nombreux essais et biographies d’artistes.


Repères chronologiques

28 novembre 1936 : Naissance à Talence (Gironde), dans une famille d’industriels Joyaux Frères.
1958 : Publication de Une curieuse solitude au Seuil, premier roman qui le fait connaître.
1960 : Fondation de la revue Tel Quel aux Éditions du Seuil.
1961 : Parution de Le Parc, récompensé par le prix Médicis.
1962 : Hospitalisation à l’hôpital militaire de Belfort après simulation de schizophrénie pour éviter la guerre d’Algérie.
2 août 1967 : Mariage avec la philosophe et psychanalyste Julia Kristeva.
1968-1972 : Engagement marxiste au sein de Tel Quel, proximité avec le Parti communiste français et le maoïsme.
11 avril – 3 mai 1974 : Voyage officiel en Chine avec la délégation de Tel Quel et Roland Barthes.
1974-1982 : Rédaction et publication fragmentaire de Paradis dans Tel Quel, avant la version en volume (1981, 1986).
1982 : Fin de Tel Quel ; lancement de la revue L’Infini.
1983 : Parution du roman Femmes et transfert de L’Infini aux éditions Gallimard.
1985-1992 : Grands prix littéraires (Grand prix de littérature de la ville de Bordeaux, Grand prix du roman de la Ville de Paris, prix Paul-Morand de l’Académie française).
1999 : Chronique mensuelle « Le Journal du mois » dans la presse, prolongée jusqu’en 2013.
2001 : Essai La Guerre du goût, synthèse de ses positions sur la littérature et l’art.
5 mai 2023 : Décès à Paris à l’âge de 86 ans, inhumation au cimetière d’Ars-en-Ré (Charente-Maritime).


Vie personnelle et engagements

Philippe Sollers grandit à Talence avant de s’installer durablement à Paris, tout en restant lié à Bordeaux, à l’île de Ré et à Venise. En 1967, il épouse Julia Kristeva, avec laquelle il forme un couple intellectuel très exposé. Leur fils David, né en 1975, occupe une place importante dans ses écrits autobiographiques. Parallèlement, il entretient pendant plus de cinquante ans une relation amoureuse avec la romancière belge Dominique Rolin, rendue publique à la fin de leur vie commune. Politiquement, il passe par un engagement communiste et maoïste à la fin des années 1960, avant de rejoindre des positions antitotalitaires et de participer au Comité des intellectuels pour l’Europe des libertés. Il intervient régulièrement dans les médias, signe des tribunes et chroniques où il commente la vie politique, culturelle et médiatique française.


Anecdotes

1 – En 1962, pour échapper à la conscription pendant la guerre d’Algérie, Philippe Sollers simule des troubles psychiatriques, est placé trois mois en observation à l’hôpital militaire de Belfort, puis définitivement réformé après l’intervention d’André Malraux.
2 – Dans les années 1970, il engage Tel Quel dans un maoïsme très affirmé et organise un voyage en Chine en 1974 ; ses textes ultérieurs témoignent d’un décalage entre la Chine idéalisée par la théorie et la réalité observée sur place.
3 – Sa liaison avec Dominique Rolin commence à la fin des années 1950 et reste longtemps dissimulée ; elle est publiquement confirmée en 2000 lorsque l’écrivaine répond « oui » à Bernard Pivot dans l’émission Bouillon de culture.
4 – En 1977, il signe une pétition et une lettre ouverte demandant la révision des lois encadrant la sexualité entre adultes et mineurs, positions qui seront largement reprochées après l’affaire Gabriel Matzneff et sur lesquelles il reviendra des années plus tard.
5 – En 1999, il popularise l’expression « France moisie » dans une tribune du Monde, formule appelée à être souvent citée dans les débats sur le climat culturel et politique français.


Lieux de mémoire

Les lieux associés à Philippe Sollers s’organisent entre Talence et Bordeaux, où se situe son enfance, Paris, où il vit et travaille de longue date, et Venise, qu’il évoque régulièrement dans ses livres. Il réside également au Martray, sur l’île de Ré, près d’Ars-en-Ré, où il est inhumé au cimetière communal après une messe à l’église Saint-Étienne, faisant de l’île un lieu central de mémoire.


Contexte du décès

Philippe Sollers meurt le 5 mai 2023 à Paris, à 86 ans. L’annonce est faite par son éditeur Gallimard et largement reprise dans la presse française et internationale. Ses obsèques se déroulent le 15 mai 2023 à Ars-en-Ré, lors d’une cérémonie catholique en comité restreint à l’église Saint-Étienne, en présence de Julia Kristeva, de leur fils David et de leurs proches. Il est ensuite inhumé au cimetière d’Ars-en-Ré, sur l’île de Ré, dans un cadre conforme à ses souhaits, l’île étant déjà au cœur de plusieurs de ses textes et entretiens.


Points clés

• Métier(s) : écrivain, romancier, essayiste, critique littéraire, directeur de revue, éditeur
• Résidence principale : Paris, France
• Relations : Julia Kristeva (mariage 1967-2023), Dominique Rolin (relation de 1958 à 2012)
• Enfants : David (né en 1975)
• Distinctions : prix Médicis (1961), Grand prix de littérature de la ville de Bordeaux (1985), Grand prix du roman de la Ville de Paris (1988), prix Paul-Morand de l’Académie française (1992), prix de la Bibliothèque nationale de France (2009), chevalier de la Légion d’honneur, officier de l’ordre national du Mérite, officier des Arts et des Lettres

Citations

On est toujours moins seul qu'on ne croit.
La vie du désir n'a aucune raison de vieillir.
Le plus beau des courages est celui d'être heureux.
Entre dépenser du temps et le vivre, il y a un abîme.
Le coup d'oeil est souvent trompeur, pas le coup de nez.
Toute écriture, qu'elle le veuille ou non, est politique.
Les obsédés de la mort sont les ratés de l'amour physique.
Beaucoup de pourquoi au malheur, pas de pourquoi au bonheur.
Tous les amoureux ont douze ans, d'où la fureur des adultes.
Celui qui ne sait pas rire ne doit pas être pris au sérieux.
Les femmes n'aiment ni les hommes ni les femmes mais les bébés.
L'écriture est la continuation de la politique par d'autres moyens.
La résistance est individuelle, elle ne se réfère à aucun programme.
Mêlez-vous de vos affaires, et les imposteurs s'évanouiront d'eux-mêmes.
Le roman deviendra ce que quelqu'un sachant écrire écrira de sa liberté.
L'amour est aveugle ? Quelle plaisanterie ! Dans un domaine où tout est regard !
Composer un livre, seul moyen de parler de soi sans assister à l'ennui des autres.
Fais à l'autre ce qu'il aime qu'on lui fasse. Si tu n'aimes pas ça, laisse tomber.
Ce n'est pas la peine de dissimuler : les jugements de nez sont toujours réciproques.
Les hommes demanderont de plus en plus aux machines de leur faire oublier les machines.
Lucidité, superficialité, vénalité : toutes les qualités pour bien coller à la réalité.
Une femme qui tolère votre sommeil fait plus que vous aimer, elle vous pardonne d'exister.
L'instant, rien d'autre, la notation pure et simple : une énorme liberté insoupçonnée est là.
L'homme n'est pas un animal social, c'est un esprit errant, dont on ignore heureusement la nature.
Sera heureux celui ou celle pour qui tout est très important et, en même temps, sans aucune importance.
La maladie de l'adolescence est de ne pas savoir ce que l'on veut et de le vouloir cependant à tout prix.
Celui qui parvient à la Grande Destinée s'adapte, mais celui qui ne saisit que sa petite destinée la subit.
Le langage est notre corps et notre air, notre monde et notre pensée, notre perception et notre inconscient même.
Les gens rient sournoisement de l'amour, ils en rêvent, ils disent le contraire, ils en ont peur, ils rôdent autour.
Le Diable a appris son catéchisme : chaque chose et chaque individu a son prix, tout doit pouvoir s'acheter ou se vendre.
Tous les hommes, femmes comprises, naissent prisonniers et inégaux, ce que le droit doit essayer de corriger dans la mesure du possible.
Les affaires de désir ont lieu dans le nez : buée, fumée, rosée, ondes, particules, répulsions ou attractions invisibles, odeurs en creux et limaille en l'air.
La fantaisie et la liberté d'imagination ne s'acquièrent pas comme ça, qu'il y faut du temps, de l'obstination, de la sévérité, de la rigueur, des mathématiques, de la raison.
Il faut écouter... Parler, écouter, écrire, tout ça est évidemment la même chose. Les tableaux s'écoutent aussi. Ils sont faits pour être vus mais plus encore pour être écoutés.
On est toujours moins seul qu'on ne croit.
La vie du désir n'a aucune raison de vieillir.
Le plus beau des courages est celui d'être heureux.
Entre dépenser du temps et le vivre, il y a un abîme.
Le coup d'oeil est souvent trompeur, pas le coup de nez.
Toute écriture, qu'elle le veuille ou non, est politique.
Les obsédés de la mort sont les ratés de l'amour physique.
Beaucoup de pourquoi au malheur, pas de pourquoi au bonheur.
Tous les amoureux ont douze ans, d'où la fureur des adultes.
Celui qui ne sait pas rire ne doit pas être pris au sérieux.
Les femmes n'aiment ni les hommes ni les femmes mais les bébés.
L'écriture est la continuation de la politique par d'autres moyens.
La résistance est individuelle, elle ne se réfère à aucun programme.
Mêlez-vous de vos affaires, et les imposteurs s'évanouiront d'eux-mêmes.
Le roman deviendra ce que quelqu'un sachant écrire écrira de sa liberté.
L'amour est aveugle ? Quelle plaisanterie ! Dans un domaine où tout est regard !
Composer un livre, seul moyen de parler de soi sans assister à l'ennui des autres.
Fais à l'autre ce qu'il aime qu'on lui fasse. Si tu n'aimes pas ça, laisse tomber.
Ce n'est pas la peine de dissimuler : les jugements de nez sont toujours réciproques.
Les hommes demanderont de plus en plus aux machines de leur faire oublier les machines.
Lucidité, superficialité, vénalité : toutes les qualités pour bien coller à la réalité.
Une femme qui tolère votre sommeil fait plus que vous aimer, elle vous pardonne d'exister.
L'instant, rien d'autre, la notation pure et simple : une énorme liberté insoupçonnée est là.
L'homme n'est pas un animal social, c'est un esprit errant, dont on ignore heureusement la nature.
Sera heureux celui ou celle pour qui tout est très important et, en même temps, sans aucune importance.
La maladie de l'adolescence est de ne pas savoir ce que l'on veut et de le vouloir cependant à tout prix.
Celui qui parvient à la Grande Destinée s'adapte, mais celui qui ne saisit que sa petite destinée la subit.
Le langage est notre corps et notre air, notre monde et notre pensée, notre perception et notre inconscient même.
Les gens rient sournoisement de l'amour, ils en rêvent, ils disent le contraire, ils en ont peur, ils rôdent autour.
Le Diable a appris son catéchisme : chaque chose et chaque individu a son prix, tout doit pouvoir s'acheter ou se vendre.
Tous les hommes, femmes comprises, naissent prisonniers et inégaux, ce que le droit doit essayer de corriger dans la mesure du possible.
Les affaires de désir ont lieu dans le nez : buée, fumée, rosée, ondes, particules, répulsions ou attractions invisibles, odeurs en creux et limaille en l'air.
La fantaisie et la liberté d'imagination ne s'acquièrent pas comme ça, qu'il y faut du temps, de l'obstination, de la sévérité, de la rigueur, des mathématiques, de la raison.
Il faut écouter... Parler, écouter, écrire, tout ça est évidemment la même chose. Les tableaux s'écoutent aussi. Ils sont faits pour être vus mais plus encore pour être écoutés.

Autres écrivains nés dans les années 1930

Questions autour de Philippe Sollers

Qui est né le même jour que Philippe Sollers ?
Karen Gillan, Joe Dante, Ed Harris, Pierre Joxe et Édouard Philippe sont nés le 28 novembre comme Philippe Sollers.
À quel âge est mort Philippe Sollers ?
Philippe Sollers est mort à 86 ans, le 5 mai 2023.
Qui est mort le même jour que Philippe Sollers ?
Napoléon Ier, Isao Tomita, Gino Bartali, Alfred Grévin et Walter Gotell sont morts le 5 mai comme Philippe Sollers.
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