Tahar Ben Jelloun, écrivain et poète marocain de langue française né en 1944, explore les thèmes de l'identité, de l'exil et des fractures sociales à travers romans, essais et poèmes. Lauréat du Prix Goncourt en 1987 pour La Nuit sacrée, il publie des ouvrages pédagogiques sur le racisme et l'islam, et intervient dans les médias sur les enjeux migratoires et culturels entre Maghreb et Europe.
Tahar Ben Jelloun naît le 1er décembre 1944 à Fès au Maroc et fréquente une école bilingue arabe-français. Il poursuit ses études au lycée Regnault de Tanger jusqu'à 18 ans, puis s'inscrit à l'université Mohammed V de Rabat en philosophie. En 1966, il est arrêté avec d'autres étudiants pour participation aux manifestations du 23 mars 1965 et interné dans un camp militaire jusqu'en 1968. Libéré, il enseigne la philosophie au Maroc et publie ses premiers poèmes dans la revue Souffles, suivis du recueil Hommes sous linceul de silence en 1971. L'arabisation obligatoire de l'enseignement en 1971 le pousse à s'installer à Paris, où il obtient un doctorat en psychopathologie sociale en 1975. Il devient correspondant pour Le Monde en 1973 et publie son premier roman Harrouda la même année. Ses essais initiaux, comme La Réclusion solitaire en 1976 et La Plus haute des solitudes en 1977, traitent de la condition des immigrés maghrébins en France, basés sur son expérience professionnelle en centre de médecine psychosomatique. Ces travaux marquent le début de son engagement littéraire sur les thèmes de l'exil et de la solitude, avec une écriture mêlant réalisme social et éléments poétiques inspirés des contes arabes.
Sa carrière évolue vers une reconnaissance internationale avec L'Enfant de sable en 1985, suivi de La Nuit sacrée en 1987 qui lui vaut le Prix Goncourt, premier pour un auteur maghrébin. Ces romans explorent l'identité de genre et la quête de soi dans un cadre marocain mythique. Dans les années 1990, il publie Les Yeux baissés en 1991 sur l'exclusion des femmes immigrées et Jours de silence à Tanger en 1990, portrait de son père. Au début des années 2000, Cette aveuglante absence de lumière en 2001 dénonce les conditions à la prison de Tazmamart, obtenant le Prix international IMPAC Dublin en 2004. Ses essais pédagogiques, tels Le Racisme expliqué à ma fille en 1998, L'Islam expliqué aux enfants en 2002 et Le Terrorisme expliqué à nos enfants en 2016, répondent à des événements comme les lois sur l'immigration, les attentats du 11 septembre et ceux de 2015. Élu membre de l'Académie Goncourt en 2008, il continue de publier, avec Les Arbres racontés aux enfants en 2023 et Ils se sont tant aimés en 2025. Sa production, comptant plus de 40 ouvrages traduits en 43 langues, reflète une constance dans l'exploration des identités plurielles et des injustices sociales, alternant fiction et non-fiction.
En septembre 2000, un article de Libération accuse Tahar Ben Jelloun et son épouse Aïcha Ben Jelloun d'avoir employé illégalement Fatna S., une Marocaine de 34 ans ramenée du Maroc en 1999 pour s'occuper des quatre enfants et des tâches ménagères, avec un salaire mensuel de 1500 francs et sans autorisation de travail. Fatna S. retourne au Maroc en juillet 2000 après réception de 10 000 francs de solde. Tahar Ben Jelloun publie un droit de réponse dans Libération le 9 septembre 2000, niant l'exploitation et affirmant un accord amiable. Aucune procédure judiciaire n'est engagée.
En 2001, la publication de Cette aveuglante absence de lumière suscite des critiques d'Ahmed Marzouki, qui reproche à Tahar Ben Jelloun son silence antérieur sur la répression au Maroc et un opportunisme commercial. En 2021, Yasmina Khadra accuse publiquement Tahar Ben Jelloun de diffamation et d'ostracisation dans le milieu littéraire français. Des commentateurs comme Omar Brouksy le qualifient de proche de la monarchie marocaine en France. En 2025, des médias algériens critiquent sa défense de Boualem Sansal et ses chroniques sur les relations franco-algériennes.
1971 : Publication du recueil de poèmes Hommes sous linceul de silence.
1973 : Premier roman Harrouda et entrée comme correspondant au Monde.
1976 : Essai La Réclusion solitaire sur la condition des immigrés.
1977 : Doctorat en psychopathologie sociale et essai La Plus haute des solitudes.
1985 : Publication du roman L'Enfant de sable.
1987 : Prix Goncourt pour La Nuit sacrée.
1991 : Roman Les Yeux baissés sur les femmes immigrées.
1998 : Essai pédagogique Le Racisme expliqué à ma fille.
2001 : Roman Cette aveuglante absence de lumière.
2002 : Essai L'Islam expliqué aux enfants.
2004 : Prix international IMPAC Dublin pour Cette aveuglante absence de lumière.
2008 : Élu membre de l'Académie Goncourt.
2016 : Essai Le Terrorisme expliqué à nos enfants.
2016 : Roman Le Mariage de plaisir, finaliste GPLA.
2025 : Publication de Ils se sont tant aimés.
Tahar Ben Jelloun naît à Fès dans une famille dont les détails sur les parents et frères et sœurs restent non précisés, à l'exception d'un frère aîné de deux ans mentionné dans ses écrits. Il épouse Aïcha Ben Jelloun, avec qui il a quatre enfants, dont une fille prénommée Mérième. Aucune date de mariage ou de naissances n'est documentée publiquement.
Ses engagements portent sur la justice sociale et les droits humains, avec des interventions contre le racisme via des essais et des manifestations contre les lois Pasqua-Debré en 1998. Il critique l'islamophobie post-11 septembre 2001 et le terrorisme après les attentats de 2015. En 2010, il adresse une lettre ouverte à Nicolas Sarkozy contre la déchéance de nationalité. Il collabore à des tribunes, comme dans Le Point en 2022 sur la démocratie marocaine, et intervient dans des écoles et universités au Maroc, en France et en Europe. En 2025, il publie une chronique dans Le Point sur la détention de Boualem Sansal en Algérie.
Tahar Ben Jelloun réside principalement à Paris, France. Il apparaît lors de festivals littéraires, expositions de ses peintures et jurys de prix comme le Goncourt. En 2025, il participe au Festival du livre de Paris en avril, inaugure une exposition au Musée Mohammed VI de Rabat en juin et intervient dans des colloques sur l'islam et la culture méditerranéenne.
1 - En 1966, Tahar Ben Jelloun passe 18 mois interné dans un camp militaire pour avoir participé aux manifestations étudiantes du 23 mars 1965 au Maroc.
2 - Son père modifie son état civil pour avancer sa date de naissance de 1944 à 1947, afin d'anticiper son inscription scolaire.
3 - Avant La Nuit sacrée, le Prix Goncourt 1987 hésite entre son roman et celui de Marguerite Duras, optant finalement pour son œuvre.
4 - Durant son internement en 1966-1968, il compose clandestinement son premier poème L'Aube des dalles, publié dans la revue Souffles.
5 - En 2003, il se retire de la candidature au fauteuil 16 de l'Académie française, occupé précédemment par Léopold Sédar Senghor.
6 - Depuis 2015, il co-fonde la maison d'édition italienne La nave di Teseo avec Umberto Eco, publiant des auteurs francophones en Italie.
- Métier(s) : Écrivain, poète, peintre
- Résidence principale : Paris, France
- Relations : Aïcha Ben Jelloun (mariage non daté)
- Enfants : Quatre enfants, dont Mérième (dates de naissance non sourcées)
- Distinctions : Prix Goncourt (1987), Prix international IMPAC Dublin (2004), Prix Ulysse (2005), Officier de la Légion d'honneur (2008), Commandeur de l'Ordre des Arts et des Lettres (1995)