Cette année marque le 2ᵉ anniversaire de sa disparition.
Écrivain emblématique de la scène littéraire new-yorkaise, Paul Auster a marqué la littérature contemporaine par son exploration du hasard et de l'identité, une influence qui perdure à travers des hommages académiques et la gestion de son œuvre monumentale.
Né dans le New Jersey, Paul Benjamin Auster forge sa sensibilité littéraire à l'Université Columbia avant de s'installer à Paris au début des années 1970. Cette période française, marquée par son travail de traducteur de poésie, s'avère déterminante pour son style futur. Il accède à une renommée internationale fulgurante avec la publication de sa Trilogie new-yorkaise entre 1985 et 1987, incluant les récits Cité de verre , Revenants et La Chambre dérobée . Ce triptyque romanesque, mêlant codes du polar et vertiges métaphysiques, assoit sa crédibilité auprès de la critique mondiale. L'écrivain poursuit ensuite une œuvre foisonnante avec des succès tels que Moon Palace ou Léviathan , tout en investissant le champ cinématographique. Sa collaboration avec le réalisateur Wayne Wang pour le film Smoke en 1995 illustre sa capacité à transposer sa poétique urbaine sur grand écran. Cette première phase de sa vie professionnelle consacre un auteur capable de transformer la géographie de Brooklyn en un territoire mythologique universel.
Au fil des décennies, il approfondit sa réflexion sur la contingence avec des ouvrages majeurs comme Le Livre des illusions ou son imposante fresque 4 3 2 1 publiée en 2017. Sa carrière est couronnée par de prestigieuses distinctions, notamment le prix Prince des Asturies en 2006, consolidant son statut de figure tutélaire des lettres américaines. En 2023, il publie son dernier roman de son vivant, Baumgartner , une œuvre empreinte de nostalgie rédigée alors qu'il lutte contre la maladie. L'actualité de l'écrivain reste marquée par la valorisation de ses archives personnelles et la mise en place de cycles de conférences explorant ses thématiques de prédilection. Sa mémoire est honorée par des rétrospectives cinématographiques et des publications critiques qui analysent la structure complexe de ses récits. En alliant une rigueur formelle à une humanité profonde, il demeure un auteur de référence dont l'œuvre continue de croître dans l'espace public, portée par des initiatives institutionnelles qui célèbrent la richesse d'une pensée oscillant sans cesse entre réalité et fiction.
1947 : Naissance à Newark dans l'État du New Jersey.
1970 : Obtention de son diplôme à l'Université Columbia.
1985 : Publication de Cité de verre , premier volet de sa trilogie culte.
1987 : Parution de l'intégrale de La Trilogie de New York .
1989 : Succès mondial du roman Moon Palace .
1993 : Obtention du prix Médicis étranger pour Léviathan .
1995 : Sortie du film Smoke dont il a rédigé le scénario.
1998 : Réalisation de son premier long-métrage, Lulu on the Bridge .
2006 : Récipiendaire du prix Prince des Asturies de littérature.
2017 : Publication de son roman majeur 4 3 2 1 .
2023 : Sortie de l'ouvrage Baumgartner en novembre.
2024 : Décès le 30 avril à son domicile de Brooklyn à l'âge de 77 ans.
2026 : Cycles de conférences académiques dédiés à son œuvre.
Paul Auster est le fils de Samuel Auster, propriétaire immobilier, et de Queenie Auster. Il grandit dans les banlieues de Newark, marqué par un environnement familial complexe qui influence son rapport à la solitude. Durant son adolescence, la bibliothèque de son oncle traducteur, Allen Mandelbaum, lui ouvre les portes de la littérature européenne. Sur le plan conjugal, il épouse d'abord l'écrivaine Lydia Davis, avec qui il a un fils, Daniel. En 1981, il rencontre la romancière Siri Hustvedt qu'il épouse l'année suivante. De cette union naît la chanteuse Sophie Auster en 1987. La famille s'établit durablement dans un brownstone du quartier de Park Slope à Brooklyn, lieu devenu indissociable de son identité littéraire.
Engagé pour la liberté d'expression, l'écrivain a présidé le PEN American Center, luttant activement pour la défense des auteurs persécutés à travers le monde. Ses amitiés célèbres incluent des personnalités comme le réalisateur Wim Wenders ou le musicien Lou Reed . Son héritage est préservé par sa veuve Siri Hustvedt, qui supervise la gestion de son patrimoine littéraire. Passionné par le baseball et le cinéma classique, il soutenait régulièrement des programmes d'alphabétisation à New York. Il refusait l'usage de l'ordinateur, préférant rédiger ses œuvres à la main ou sur sa vieille machine à écrire Olympia. Cette éthique de travail artisanale définit son rapport physique et charnel à l'écriture romanesque.
Le décès de Paul Auster est survenu à l'âge de 77 ans le 30 avril 2024 dans sa résidence de Brooklyn. La cause de sa disparition a été identifiée comme des complications liées à un cancer du poumon diagnostiqué en décembre 2022. Ses obsèques ont été célébrées dans la stricte intimité familiale à New York. Des hommages mondiaux ont salué la perte d'un géant des lettres, notamment via des déclarations officielles du ministère de la Culture en France et de nombreuses institutions littéraires internationales. Sa veuve, Siri Hustvedt, a salué son courage stoïque. Aucune cérémonie publique d'envergure n'a été organisée, conformément à la discrétion habituelle de l'auteur durant ses dernières années.
Le mémorial principal de l'écrivain réside dans son œuvre centrée sur Brooklyn, particulièrement le quartier de Park Slope où il a vécu plus de quarante ans. Un hommage symbolique lui est rendu dans plusieurs capitales européennes par l'apposition de plaques commémoratives ou la dénomination d'espaces culturels portant son nom.
1 - À l'âge de 14 ans, Paul Auster a vu l'un de ses camarades de camp de vacances mourir foudroyé juste devant lui, un traumatisme fondateur qui a nourri son obsession pour l'aléatoire et la fragilité de l'existence humaine.
2 - L'écrivain possédait une collection de plus de soixante rubans encreurs pour sa machine à écrire manuelle Olympia, refusant catégoriquement de passer au traitement de texte informatique par peur de perdre le contact physique avec les mots.
3 - Pour son roman Cité de verre , il a utilisé son propre nom pour un personnage secondaire, créant un jeu de miroirs entre l'auteur et sa fiction qui est devenu l'une de ses signatures littéraires les plus célèbres.
4 - L'inventaire de ses archives révèle qu'il conservait des centaines de carnets de notes manuscrits, remplis d'observations quotidiennes sur les passants de New York, confirmant sa méthode d'observation quasi-sociologique de la vie urbaine.
- Métier(s) : Écrivain, scénariste, réalisateur
- Résidence principale : Brooklyn (États-Unis)
- Relations de couple : Lydia Davis (1974-1978), Siri Hustvedt (depuis 1982)
- Enfants : Daniel (1977-2022), Sophie (1987)
- Distinctions : Commandeur des Arts et des Lettres, Prix Prince des Asturies
Toute mort est unique.
Le silence oblitère tout.
Rien n'est réel sauf le hasard.
Les vrais mariages sont toujours insensés.
Chacun n'a qu'un certain nombre de mots en lui.
Personne n'est autorisé à mourir plus d'une fois.
Le désir sexuel peut aussi être le désir de tuer.
Si on n'est pas prêt à tout, on n'est prêt à rien.
Les écrivains ne savent jamais juger leurs oeuvres.
L'échec n'entache pas la sincérité de la tentative.
L'hostilité peut être aussi une dimension de l'amour.
Une bibliothèque est un sanctuaire de la pensée pure.
Le sentiment de culpabilité est un aiguillon puissant.
On n'obtient ce qu'on désire qu'en ne le désirant pas.
L'histoire n'est pas dans les mots, elle est dans la lutte.
Les choses les plus précieuses sont plus légères que l'air.
Si on ment, autant le faire de façon à se mettre en danger.
L'ébriété n'est jamais qu'un symptôme, pas une cause absolue.
C'est finalement tout ce qu'on veut d'un livre - être diverti.
La réalité est un yo-yo, le changement est la seule constante.
On ne se découvre qu'en se tournant vers ce que l'on n'est pas.
Rien n'est dépourvu de sens, tout en ce monde est relié au reste.
Une fois qu'on a goûté au futur on ne peut pas revenir en arrière.
Vient un moment où un homme peut choisir la mort plutôt que la vie.
L'amour est la seule force qui peut stopper un homme dans sa chute.
Seule l'obscurité a le pouvoir d'ouvrir au monde le coeur d'un homme.
Nous ne découvrons qu'en nous tournant vers ce que nous ne sommes pas.
Chacun est seul et nous n'avons donc nul recours qu'en notre prochain.
Un mensonge ne peut jamais être effacé. Même la vérité n'y suffit pas.
Le soleil est le passé, la terre est le présent et la lune est le futur.
Nous sommes tous victimes de quelque chose, ne fût-ce que d'être en vie.
On ne peut poser les pieds sur le sol tant qu'on n'a pas touché le ciel.
Si le monde n'était pas si beau, on risquerait tous de devenir cyniques.
La discrétion a ses mérites, mais à trop forte dose elle peut être fatale.
Il y a de l'espoir pour tout le monde, c'est ce qui fait tourner l'univers.
Même un enfant sait que la vérité peut être utilisée à des fins trompeuses.
Il n'y a pas de coïncidences, l'usage de ce mot est l'apanage des ignorants.
C'est ce qu'on apprend de la vie en fin de compte : combien elle est étrange.
On arrive à un certain point de la vie et puis il est trop tard pour changer.
Le mariage : un marais, un exercice d'auto-mystification qui dure la vie entière.
Avoir un enfant, cela revient à appartenir à quelque chose de plus grand que soi.
Comme dans toute initiation, c'est dans le fait même de survivre qu'est le triomphe.
Le simple fait d'errer dans le désert n'implique pas l'existence de la terre promise.
Le ciel à Paris a ses propres lois qui opèrent indépendamment de la ville en dessous.
Quelque chose se produit et puis cette même chose continue à se produire pour toujours.
Je ne peux pas dire qui je serai demain. Chaque jour est neuf et chaque jour je renais.
Le dedans et le dehors ne peuvent pas être séparés sans causer de grands dommages à la vérité.
Un livre, c'est le seul lieu au monde où deux étrangers peuvent se rencontrer de façon intime.
Un livre est un objet mystérieux et une fois qu'il a pris son envol, n'importe quoi peut arriver.
La destruction à grande échelle est l'affaire de Dieu, les hommes n'ont pas le droit de s'en mêler.
Nos vies nous emportent selon des modes que nous ne pouvons maîtriser, et presque rien ne nous reste.
Un mariage heureux peut supporter n'importe quelle pression extérieure, un mariage malheureux se brise.
Une voix de femme qui parle, qui raconte des histoires de vie et de mort, a le pouvoir de donner la vie.
Les vies n'ont pas de sens. Quelqu'un vit, puis meurt, et ce qui se passe entre les deux n'a pas de sens.
Quand des paroles sortent, s'envolent en l'air, vivent un instant et meurent, c'est ce qui s'appelle parler.
En général les vies semblent virer abruptement d'une chose à une autre, se bousculer, se cogner, se tortiller.
Dans un bon roman policier rien n'est perdu, il n'y a pas de phrase ni de mot qui ne soient pas significatifs.
Dans la mémoire, les choses n'ont pas toujours le même poids. Quelques jours peuvent compter plus que cent ans.
Il y a un monde de différence entre faire une chose et y penser. Sans cette distinction, la vie serait impossible.
Une vie n'appartient qu'à celui qui la vit ; la vie elle-même revendiquera les vivants ; vivre c'est laisser vivre.
Deux personnes, par leur désir, peuvent créer une chose plus puissante que celle que chacune peut créer toute seule.
Ici n'existe qu'en fonction de là : si nous ne regardons pas en haut, nous ne saurons jamais ce qui se trouve en bas.
L'esprit ne peut pas vaincre la matière, car sitôt qu'il se trouve sollicité exagérément, il se révèle lui aussi fait de matière.
La clé de notre salut : c'est de devenir les maîtres des mots que nous prononçons, de forcer le langage à répondre à nos besoins.
Dès lors qu'on est parent, il y a des devoirs qu'on ne peut esquiver, des obligations qu'il faut remplir, quel qu'en soit le prix.
L'imagination, c'est l'art de donner vie à ce qui n'existe pas, de persuader les autres d'accepter un monde qui n'est pas vraiment là.
Une vie touche une autre vie, laquelle touche une troisième et très vite les enchaînements se font innombrables, impossibles à calculer.
Négliger les enfants, c'est nous détruire nous-mêmes. Nous n'existons dans le présent que dans la mesure où nous avons foi dans le futur.
C'est l'amour la seule force qui peut stopper un homme dans sa chute, la seule qui soit assez puissante pour nier les lois de la gravité.
Qu'est-ce qui pousse certains auteurs à se cacher derrière un pseudonyme ; est-ce qu'un écrivain, finalement, possède une existence réelle ?
Les histoires n'arrivent qu'à ceux qui sont capables de les raconter. De même, les expériences ne se présentent qu'à ceux qui peuvent les vivre.
Les livres naissent de l'ignorance, et s'ils continuent à vivre après avoir été écrits, ce n'est que dans la mesure où on ne peut les comprendre.
Négliger les enfants, c'est nous détruire nous-mêmes. Nous n'existons dans le présent que dans la mesure où nous mettons notre foi dans le futur.
Mais les chances perdues font autant partie de la vie que les chances saisies, et une histoire ne peut s'attarder sur ce qui aurait pu avoir lieu.
La Démocratie ne va pas de soi. Il faut se battre pour elle chaque jour, sinon nous risquons de la perdre. La seule arme dont nous disposions est la loi.
L'imagination sous sa forme la plus pure: l'art de donner vie à ce qui n'existe pas, de persuader les autres d'accepter un monde qui n'est pas vraiment là.
Ma boîte aux lettres, c'était ma cachette. Elle me reliait au reste du monde et recelait dans la magie de son obscurité le pouvoir de créer des événements.
Ecrire un roman, c'est raconter une histoire. Ce sont les gens que vous faites vivre qui donnent le ton du roman, la couleur des mots qui sortent de la plume.
Nous sommes tous étrangers à nous-mêmes, et si nous avons le moindre sens de qui nous sommes, c'est seulement parce que nous vivons à l'intérieur du regard d'autrui.
La plupart des gens ne font pas attention. Ils voient les mots comme des rocs, de grands objets impossibles à déplacer et sans vie, des nomades qui ne changent jamais.
L'écriture est une occupation solitaire qui accapare votre vie. Dans un certain sens, un écrivain n'a pas de vie propre. Même lorsqu'il est là il n'est pas vraiment là.
Marcher dans une foule signifie ne jamais aller plus vite que les autres, ne jamais traîner la jambe, ne jamais rien faire qui risque de déranger l'allure du flot humain.
Je trouve toujours stimulant de découvrir de nouveaux exemples de mes préjugés et de ma stupidité, de me rendre compte que je ne sais pas la moitié de ce que je crois savoir.
Toute mort est unique.
Le silence oblitère tout.
Rien n'est réel sauf le hasard.
Les vrais mariages sont toujours insensés.
Chacun n'a qu'un certain nombre de mots en lui.
Personne n'est autorisé à mourir plus d'une fois.
Le désir sexuel peut aussi être le désir de tuer.
Si on n'est pas prêt à tout, on n'est prêt à rien.
Les écrivains ne savent jamais juger leurs oeuvres.
L'échec n'entache pas la sincérité de la tentative.
L'hostilité peut être aussi une dimension de l'amour.
Une bibliothèque est un sanctuaire de la pensée pure.
Le sentiment de culpabilité est un aiguillon puissant.
On n'obtient ce qu'on désire qu'en ne le désirant pas.
L'histoire n'est pas dans les mots, elle est dans la lutte.
Les choses les plus précieuses sont plus légères que l'air.
Si on ment, autant le faire de façon à se mettre en danger.
L'ébriété n'est jamais qu'un symptôme, pas une cause absolue.
C'est finalement tout ce qu'on veut d'un livre - être diverti.
La réalité est un yo-yo, le changement est la seule constante.
On ne se découvre qu'en se tournant vers ce que l'on n'est pas.
Rien n'est dépourvu de sens, tout en ce monde est relié au reste.
Une fois qu'on a goûté au futur on ne peut pas revenir en arrière.
Vient un moment où un homme peut choisir la mort plutôt que la vie.
L'amour est la seule force qui peut stopper un homme dans sa chute.
Seule l'obscurité a le pouvoir d'ouvrir au monde le coeur d'un homme.
Nous ne découvrons qu'en nous tournant vers ce que nous ne sommes pas.
Chacun est seul et nous n'avons donc nul recours qu'en notre prochain.
Un mensonge ne peut jamais être effacé. Même la vérité n'y suffit pas.
Le soleil est le passé, la terre est le présent et la lune est le futur.
Nous sommes tous victimes de quelque chose, ne fût-ce que d'être en vie.
On ne peut poser les pieds sur le sol tant qu'on n'a pas touché le ciel.
Si le monde n'était pas si beau, on risquerait tous de devenir cyniques.
La discrétion a ses mérites, mais à trop forte dose elle peut être fatale.
Il y a de l'espoir pour tout le monde, c'est ce qui fait tourner l'univers.
Même un enfant sait que la vérité peut être utilisée à des fins trompeuses.
Il n'y a pas de coïncidences, l'usage de ce mot est l'apanage des ignorants.
C'est ce qu'on apprend de la vie en fin de compte : combien elle est étrange.
On arrive à un certain point de la vie et puis il est trop tard pour changer.
Le mariage : un marais, un exercice d'auto-mystification qui dure la vie entière.
Avoir un enfant, cela revient à appartenir à quelque chose de plus grand que soi.
Comme dans toute initiation, c'est dans le fait même de survivre qu'est le triomphe.
Le simple fait d'errer dans le désert n'implique pas l'existence de la terre promise.
Le ciel à Paris a ses propres lois qui opèrent indépendamment de la ville en dessous.
Quelque chose se produit et puis cette même chose continue à se produire pour toujours.
Je ne peux pas dire qui je serai demain. Chaque jour est neuf et chaque jour je renais.
Le dedans et le dehors ne peuvent pas être séparés sans causer de grands dommages à la vérité.
Un livre, c'est le seul lieu au monde où deux étrangers peuvent se rencontrer de façon intime.
Un livre est un objet mystérieux et une fois qu'il a pris son envol, n'importe quoi peut arriver.
La destruction à grande échelle est l'affaire de Dieu, les hommes n'ont pas le droit de s'en mêler.
Nos vies nous emportent selon des modes que nous ne pouvons maîtriser, et presque rien ne nous reste.
Un mariage heureux peut supporter n'importe quelle pression extérieure, un mariage malheureux se brise.
Une voix de femme qui parle, qui raconte des histoires de vie et de mort, a le pouvoir de donner la vie.
Les vies n'ont pas de sens. Quelqu'un vit, puis meurt, et ce qui se passe entre les deux n'a pas de sens.
Quand des paroles sortent, s'envolent en l'air, vivent un instant et meurent, c'est ce qui s'appelle parler.
En général les vies semblent virer abruptement d'une chose à une autre, se bousculer, se cogner, se tortiller.
Dans un bon roman policier rien n'est perdu, il n'y a pas de phrase ni de mot qui ne soient pas significatifs.
Dans la mémoire, les choses n'ont pas toujours le même poids. Quelques jours peuvent compter plus que cent ans.
Il y a un monde de différence entre faire une chose et y penser. Sans cette distinction, la vie serait impossible.
Une vie n'appartient qu'à celui qui la vit ; la vie elle-même revendiquera les vivants ; vivre c'est laisser vivre.
Deux personnes, par leur désir, peuvent créer une chose plus puissante que celle que chacune peut créer toute seule.
Ici n'existe qu'en fonction de là : si nous ne regardons pas en haut, nous ne saurons jamais ce qui se trouve en bas.
L'esprit ne peut pas vaincre la matière, car sitôt qu'il se trouve sollicité exagérément, il se révèle lui aussi fait de matière.
La clé de notre salut : c'est de devenir les maîtres des mots que nous prononçons, de forcer le langage à répondre à nos besoins.
Dès lors qu'on est parent, il y a des devoirs qu'on ne peut esquiver, des obligations qu'il faut remplir, quel qu'en soit le prix.
L'imagination, c'est l'art de donner vie à ce qui n'existe pas, de persuader les autres d'accepter un monde qui n'est pas vraiment là.
Une vie touche une autre vie, laquelle touche une troisième et très vite les enchaînements se font innombrables, impossibles à calculer.
Négliger les enfants, c'est nous détruire nous-mêmes. Nous n'existons dans le présent que dans la mesure où nous avons foi dans le futur.
C'est l'amour la seule force qui peut stopper un homme dans sa chute, la seule qui soit assez puissante pour nier les lois de la gravité.
Qu'est-ce qui pousse certains auteurs à se cacher derrière un pseudonyme ; est-ce qu'un écrivain, finalement, possède une existence réelle ?
Les histoires n'arrivent qu'à ceux qui sont capables de les raconter. De même, les expériences ne se présentent qu'à ceux qui peuvent les vivre.
Les livres naissent de l'ignorance, et s'ils continuent à vivre après avoir été écrits, ce n'est que dans la mesure où on ne peut les comprendre.
Négliger les enfants, c'est nous détruire nous-mêmes. Nous n'existons dans le présent que dans la mesure où nous mettons notre foi dans le futur.
Mais les chances perdues font autant partie de la vie que les chances saisies, et une histoire ne peut s'attarder sur ce qui aurait pu avoir lieu.
La Démocratie ne va pas de soi. Il faut se battre pour elle chaque jour, sinon nous risquons de la perdre. La seule arme dont nous disposions est la loi.
L'imagination sous sa forme la plus pure: l'art de donner vie à ce qui n'existe pas, de persuader les autres d'accepter un monde qui n'est pas vraiment là.
Ma boîte aux lettres, c'était ma cachette. Elle me reliait au reste du monde et recelait dans la magie de son obscurité le pouvoir de créer des événements.
Ecrire un roman, c'est raconter une histoire. Ce sont les gens que vous faites vivre qui donnent le ton du roman, la couleur des mots qui sortent de la plume.
Nous sommes tous étrangers à nous-mêmes, et si nous avons le moindre sens de qui nous sommes, c'est seulement parce que nous vivons à l'intérieur du regard d'autrui.
La plupart des gens ne font pas attention. Ils voient les mots comme des rocs, de grands objets impossibles à déplacer et sans vie, des nomades qui ne changent jamais.
L'écriture est une occupation solitaire qui accapare votre vie. Dans un certain sens, un écrivain n'a pas de vie propre. Même lorsqu'il est là il n'est pas vraiment là.
Marcher dans une foule signifie ne jamais aller plus vite que les autres, ne jamais traîner la jambe, ne jamais rien faire qui risque de déranger l'allure du flot humain.
Je trouve toujours stimulant de découvrir de nouveaux exemples de mes préjugés et de ma stupidité, de me rendre compte que je ne sais pas la moitié de ce que je crois savoir.