Philippe Léotard

† à 60 ans
le 28 août 1940
Décédé le 25 août 2001 Cause de la mort : insuffisance respiratoire

Commémoration Dans 127 jours

Cette année marque le 25ᵉ anniversaire de sa disparition.

Naissance :  Nice (Alpes-Maritimes, 06)France  
Nationalité : française

Biographie

Philippe Léotard, de son état civil Ange Philippe Paul André Léotard-Tomasi, est un acteur, poète et chanteur français né le 28 août 1940 à Nice et mort le 25 août 2001 à Paris. Cofondateur du Théâtre du Soleil avec Ariane Mnouchkine et César du meilleur acteur en 1983 pour La Balance, il a tourné dans plus de soixante-dix films.


Parcours

Atteint dans l'enfance de la maladie de Bouillaud, Philippe Léotard passe de longues périodes alité chez sa grand-mère à Ajaccio, où il nourrit une passion précoce pour la poésie - Baudelaire, Lautréamont, Rimbaud - et la littérature classique. A dix-huit ans, en 1958, il s'engage brièvement à la Légion étrangère à Bonifacio avant de rejoindre la classe d'hypokhâgne du lycée Henri-IV à Paris. Il poursuit ses études à la Sorbonne, où il obtient une licence de lettres et l'agrégation de lettres classiques. C'est dans le cadre de l'Association théâtrale des étudiants de Paris (ATEP) qu'il rencontre Ariane Mnouchkine : ensemble, ils fondent le Théâtre du Soleil en 1964. La compagnie parcourt les théâtres de banlieue avec des pièces d'auteurs étrangers ; Léotard traduit notamment plusieurs textes d'Arnold Wesker pour Gallimard. Parallèlement, il enseigne les lettres et la philosophie au collège Sainte-Barbe jusqu'en 1968. Il quitte le Théâtre du Soleil en 1970 pour rejoindre le Théâtre national populaire dans Les Anges meurtriers.

C'est Claude Sautet qui lui ouvre les portes du cinéma en lui confiant un rôle dans Max et les Ferrailleurs (1971), suivi de François Truffaut qui l'intègre à Les Deux Anglaises et le Continent (1971) puis à Une belle fille comme moi (1972). Philippe Léotard tient sa première tête d'affiche dans Avoir vingt ans dans les Aurès de René Vautier (1972). Il enchaîne ensuite les tournages avec des réalisateurs comme Yves Boisset dans Le Juge Fayard dit Le Shériff (1977), qui lui vaut une nomination au César du meilleur second rôle, puis Claude Lelouch dans Le Bon et les Méchants (1976). En 1975, il figure au générique américain de French Connection 2 de John Frankenheimer aux côtés de Gene Hackman. L'apogée de sa carrière cinématographique survient en 1982 avec La Balance de Bob Swaim, polar tourné dans le quartier de Belleville, qui lui vaut le César du meilleur acteur en 1983. La même année, il donne la réplique à Coluche dans Tchao Pantin de Claude Berri. Après 1983, il se raréfie au cinéma, tourne encore pour Agnès Varda dans Jane B. par Agnès V. (1988) et pour Claude Lelouch dans Les Misérables (1994), puis se consacre à la chanson et à l'écriture.


Controverse

Philippe Léotard est condamné en 1995 à dix-huit mois de prison avec sursis dans le cadre d'une affaire de trafic de cocaïne. La même année, il déclare publiquement au sujet de sa dépendance : "J'ai pris cette béquille dans les années soixante-dix, et je n'ai pas voulu m'en cacher, voilà mon erreur." L'alcoolisme et les addictions aux drogues marquent l'ensemble de sa vie adulte et professionnelle, documentés par la presse nationale et dans ses propres ouvrages. Il subit deux comas éthyliques et plusieurs overdoses au cours de son existence. En 1993, lors du festival du Printemps de Bourges, alors que son frère François Léotard occupe le poste de ministre de la Défense, il se proclame publiquement "ministre de la défonce", formule reprise par Le Monde du 24 avril 1993. En 1999, un malaise survenu sur un tournage le contraint à une brève hospitalisation.


Repères chronologiques

1940 : naissance le 28 août à Nice
1958 : engagement bref à la Légion étrangère à Bonifacio ; admission en hypokhâgne au lycée Henri-IV
1964 : cofondation du Théâtre du Soleil avec Ariane Mnouchkine
1966 : première apparition à l'écran dans une version télévisée de Crimes et châtiments
1970 : départ du Théâtre du Soleil ; rôle de figurant dans Domicile conjugal de François Truffaut
1972 : premier rôle principal dans Avoir vingt ans dans les Aurès de René Vautier
1975 : tournage de French Connection 2 de John Frankenheimer
1977 : nomination au César du meilleur second rôle pour Le Juge Fayard dit Le Shériff
1982 : tournage de La Balance de Bob Swaim
1983 : César du meilleur acteur pour La Balance ; tournage de Tchao Pantin de Claude Berri
1988 : publication de Portrait de l'artiste au nez rouge (éd. Balland-Égée)
1990 : sortie du premier album A l'amour comme à la guerre, Prix Charles-Cros
1992 : publication de Pas un jour sans une ligne (éd. Les Belles Lettres)
1993 : déclaration publique "ministre de la défonce" au Printemps de Bourges
1994 : sortie de Philippe Léotard chante Léo Ferré, second Prix Charles-Cros
1995 : condamnation à 18 mois de prison avec sursis pour trafic de cocaïne
1997 : publication de Clinique de la raison close (éd. Les Belles Lettres) ; Grand prix des poètes de la SACEM
2001 : décès le 25 août à Paris d'une insuffisance respiratoire


Vie personnelle et engagements

Philippe Léotard est le fils d'André Léotard, maire de Fréjus de 1959 à 1971, et d'Antoinette Léotard. Son grand-père maternel, Ange Tomasi, est un artiste pionnier de la photographie en Corse. La fratrie compte sept enfants, quatre filles et trois garçons, dont Philippe est l'aîné. Il se marie avec l'actrice Liliane Caulier, avec qui il a deux enfants : Frédéric, décorateur de cinéma et peintre, et Laetitia. En 1972, il rencontre l'actrice Nathalie Baye et quitte femme et enfants pour elle ; leur liaison dure jusqu'en 1981. En 1986, il rencontre Emmanuelle Guilbaud, avec qui il a une fille prénommée Faustine. Une quatrième enfant, Clara, est mentionnée dans plusieurs sources de presse au moment de son décès.

Son frère cadet François Léotard, homme politique, ministre de la Défense de 1993 à 1995 et président du Parti républicain, lui rend hommage posthume dans l'ouvrage A mon frère qui n'est pas mort (Grasset, 2003). Philippe Léotard se réclame admirateur d'Henri Michaux, de Léo Ferré et des poètes symbolistes. Il traduit plusieurs pièces d'Arnold Wesker pour Gallimard et collabore dans les années 1990 avec le compositeur et accordéoniste Philippe Servain pour ses albums de chanson. Il joue également en 1983 au Théâtre des Amandiers de Nanterre dans Combat de nègres et de chiens de Bernard-Marie Koltès, mis en scène par Patrice Chéreau.


Contexte du décès

Philippe Léotard meurt le 25 août 2001 dans une clinique parisienne du 11e arrondissement, où il est hospitalisé depuis deux mois, d'une insuffisance respiratoire. Au moment de son décès, il souffre d'une paralysie partielle et d'un cancer de la langue, consécutifs à des années d'addictions documentées. Les obsèques se déroulent au crématorium du cimetière du Père-Lachaise. Son frère François Léotard prononce un hommage public et publie en 2003 le livre A mon frère qui n'est pas mort. Le chanteur Claude Nougaro lui rend hommage dans un texte largement relayé par la presse. L'article de décès du quotidien Le Parisien, signé Marie Sauvion, est titré "Philippe Léotard s'en est allé". Le Nouvel Observateur le qualifie d'"autoproclamé ministre de la Défonce". Son décès survient trois jours avant son 61e anniversaire.


Lieux de mémoire

Philippe Léotard est incinéré au crématorium du cimetière du Père-Lachaise à Paris. Ses cendres sont ensuite déposées au cimetière du Montparnasse, dans la 9e division, à Paris.


Anecdotes

1 - Pour préparer son rôle de mac dans La Balance, Philippe Léotard déclare en 1985 aux Cahiers du cinéma qu'il avait passé des mois à fréquenter des truands et qu'après le César, il était resté presque un an sans travail, son nom ayant été retiré de l'affiche américaine du film.
2 - Détenteur de l'agrégation de lettres classiques, il aurait délibérément raté les épreuves de l'École normale supérieure pour poursuivre ses études à la Sorbonne, selon le quotidien suisse Le Temps citant ses déclarations.
3 - Son vrai nom complet, Ange Philippe Paul André Léotard-Tomasi, intègre le prénom corse Ange, héritage de son grand-père photographe Ange Tomasi, pionnier de la photographie en Corse.
4 - Son album Philippe Léotard chante Léo Ferré (1994) sort exactement un an après la mort de Léo Ferré (1993) et contient une lecture du Bateau ivre de Rimbaud mis en musique ; il obtient un second Prix Charles-Cros.
5 - Dans Clinique de la raison close (1997), il raconte sa cohabitation avec la cocaïne et l'alcool depuis les années 1970, précisant sur sa propre dégradation physique : "Mes poches sous les yeux, je les ai attrapées à force de larmes."
6 - Lors du festival du Printemps de Bourges en 1993, il se déclare publiquement "ministre de la défonce" depuis la scène, en allusion directe à son frère François alors ministre de la Défense - la formule exacte citée par Le Monde est : "Lui, c'est Léotard. Moi, c'est Monsieur Léotard."


Points clés

- Métier(s) : acteur, poète, chanteur, dramaturge, traducteur
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Liliane Caulier (mariage, dates exactes non documentées) ; Nathalie Baye (1972-1981) ; Emmanuelle Guilbaud (à partir de 1986)
- Enfants : Frédéric, Laetitia (avec Liliane Caulier) ; Faustine (avec Emmanuelle Guilbaud) ; Clara (mère non documentée)
- Distinctions : César du meilleur acteur 1983 pour La Balance ; Prix Charles-Cros (deux fois : 1990 et 1994) ; Grand prix des poètes de la SACEM 1997


Citations

J'écris pour me taire.

— Attribué à Philippe Léotard, sources bibliographiques multiples

Tout ça ne mérite pas d'exister si ça doit coûter une larme à un enfant.
Tu sais, la victoire et la défaite, c'est pareil : ça se traduit par des larmes.
J'ai pris cette béquille dans les années soixante-dix, et je n'ai pas voulu m'en cacher, voilà mon erreur.

— Déclaration après sa condamnation de 1995, rapportée par La DH/Les Sports+ et La Libre Belgique, août 2001

Si je me suis trompé, en disant : je t'aime, je préfère avoir dit : je t'aime. On ne me fera pas envier celui qui a eu raison sans aimer.

— Pas un jour sans une ligne, éd. Les Belles Lettres, 1992

Pour préparer La Balance, je m'étais mis à flirter avec des voyous et j'avais été loin. C'est fabuleusement excitant quand votre personnage, c'est la suite, c'est demain.

— Propos de Philippe Léotard rapportés par Le Temps (Suisse), 27 août 2001, attribués à une déclaration de 1985

Moi, je pourrais être ministre de la défonce. Chacun son truc, il vendra des missiles et moi des pétards. Pour nous distinguer, ce n'est pas difficile. Lui, c'est Léotard. Moi, c'est Monsieur Léotard.

— Le Monde, 24 avril 1993

J'écris pour me taire.

— Attribué à Philippe Léotard, sources bibliographiques multiples

Tout ça ne mérite pas d'exister si ça doit coûter une larme à un enfant.
Tu sais, la victoire et la défaite, c'est pareil : ça se traduit par des larmes.
J'ai pris cette béquille dans les années soixante-dix, et je n'ai pas voulu m'en cacher, voilà mon erreur.

— Déclaration après sa condamnation de 1995, rapportée par La DH/Les Sports+ et La Libre Belgique, août 2001

Si je me suis trompé, en disant : je t'aime, je préfère avoir dit : je t'aime. On ne me fera pas envier celui qui a eu raison sans aimer.

— Pas un jour sans une ligne, éd. Les Belles Lettres, 1992

Pour préparer La Balance, je m'étais mis à flirter avec des voyous et j'avais été loin. C'est fabuleusement excitant quand votre personnage, c'est la suite, c'est demain.

— Propos de Philippe Léotard rapportés par Le Temps (Suisse), 27 août 2001, attribués à une déclaration de 1985

Moi, je pourrais être ministre de la défonce. Chacun son truc, il vendra des missiles et moi des pétards. Pour nous distinguer, ce n'est pas difficile. Lui, c'est Léotard. Moi, c'est Monsieur Léotard.

— Le Monde, 24 avril 1993

Autres poètes nés dans les années 1940

Questions autour de Philippe Léotard

Quel est le vrai nom de Philippe Léotard ?
Son nom d'état civil complet est Ange Philippe Paul André Léotard-Tomasi.
Pourquoi Philippe Léotard est-il célèbre ?
Il est principalement connu pour son rôle dans le film policier La Balance (1982), qui lui vaut le César du meilleur acteur en 1983. Il est aussi cofondateur du Théâtre du Soleil et auteur de plusieurs recueils poétiques.
A-t-il des enfants ?
Philippe Léotard a quatre enfants : Frédéric et Laetitia (avec Liliane Caulier), Faustine (avec Emmanuelle Guilbaud) et Clara.
Qui est le frère de Philippe Léotard ?
Son frère est François Léotard, homme politique français, ancien président du Parti républicain et ministre de la Défense de 1993 à 1995.
Comment Philippe Léotard est-il décédé ?
Il est décédé le 25 août 2001 dans une clinique parisienne d'une insuffisance respiratoire, après deux mois d'hospitalisation.
Qui est né le même jour que Philippe Léotard ?
Joann Sfar, Luis Guzmán, José Eduardo dos Santos, Amanda Tapping et Daniel Stern sont nés le 28 août comme Philippe Léotard.
À quel âge est mort Philippe Léotard ?
Philippe Léotard est mort à 60 ans, le 25 août 2001.
Qui est mort le même jour que Philippe Léotard ?
Aaliyah, Neil Armstrong, John McCain, Michael Faraday et Sonia Rykiel sont morts le 25 août comme Philippe Léotard.
Qui est né à Nice comme Philippe Léotard ?
Joann Sfar, Lucie Bernardoni, Bertrand Chameroy, Marc Toesca et Catherine Barma sont nés à Nice comme Philippe Léotard.
Lien copié dans le presse-papier !