Viktor Orbán, né le 31 mai 1963 à Székesfehérvár, est un homme d'État hongrois, cofondateur du Fidesz. Premier ministre de Hongrie de 1998 à 2002 puis de 2010 à 2026, il a théorisé la « démocratie illibérale » avant d'être défait par Péter Magyar aux législatives d'avril 2026.
Étudiant en droit à l'université Loránd-Eötvös de Budapest, Viktor Orbán participe le 30 mars 1988, à 24 ans, à la fondation de l'Alliance des jeunes démocrates (Fidesz) avec un cercle d'étudiants du collège István Bibó. Le 16 juin 1989, devant 250 000 personnes réunies place des Héros à Budapest pour le « réenterrement » d'Imre Nagy, il prononce un discours appelant au retrait des troupes soviétiques qui le propulse sur la scène politique nationale. Boursier de la fondation Soros, il étudie brièvement la philosophie politique au Pembroke College d'Oxford sous la tutelle de Zbigniew Pełczyński, fréquentant aussi l'historien Norman Stone. Élu député en 1990, il prend en 1993 la présidence du Fidesz, qu'il fait évoluer d'une formation libérale vers un parti conservateur. À 35 ans, après la victoire des législatives de 1998, il devient le plus jeune Premier ministre d'Europe et engage l'adhésion de la Hongrie à l'OTAN, effective en 1999.
Défait par Péter Medgyessy en 2002, il reconquiert le pouvoir en avril 2010 avec une majorité des deux tiers. Il fait promulguer en 2012 une nouvelle Loi fondamentale qui inscrit les racines chrétiennes du pays et redéfinit le mariage. Lors de la crise migratoire de 2015, il fait ériger une barrière à la frontière serbo-hongroise. À l'université d'été de Băile Tușnad, en juillet 2014, il revendique la construction d'un « État illibéral », reprenant un concept du politologue Fareed Zakaria. Reconduit en 2014, 2018 et 2022, il devient en 2019 le plus long Premier ministre de l'histoire hongroise, dépassant Kálmán Tisza. Allié de Vladimir Poutine, proche de Donald Trump, soutien de Marine Le Pen et de Giorgia Meloni, il initie en 2024 le groupe « Patriotes pour l'Europe » au Parlement européen, dont Jordan Bardella prend la présidence.
Le 3 avril 2025, en pleine visite d'État du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, visé depuis novembre 2024 par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité dans la bande de Gaza, le gouvernement Orbán annonce le retrait de la Hongrie du Statut de Rome. Gergely Gulyás, chef de cabinet, en formalise la procédure ; Viktor Orbán qualifie la Cour de « tribunal politique ». La Hongrie devient le premier État membre de l'Union européenne à engager une telle sortie. Le retrait est annulé par le nouveau Parlement le 27 mai 2026, sous le gouvernement de Péter Magyar, par 133 voix contre 37. En juillet 2022, à Băile Tușnad, ses propos sur la « race mixte » et le rejet des « non-Européens » avaient provoqué la démission de sa conseillère Zsuzsa Hegedűs et l'indignation du Comité international d'Auschwitz.
1963 : naissance à Székesfehérvár, le 31 mai
1988 : cofondation de l'Alliance des jeunes démocrates (Fidesz), le 30 mars
1989 : discours sur la place des Héros, le 16 juin, lors du « réenterrement » d'Imre Nagy
1990 : élu député à l'Assemblée nationale
1993 : prend la présidence du Fidesz
1998 : devient Premier ministre, le 6 juillet, à 35 ans
1999 : adhésion de la Hongrie à l'OTAN
2002 : défaite face au Parti socialiste de Péter Medgyessy
2010 : retour au pouvoir avec une majorité des deux tiers
2012 : entrée en vigueur de la nouvelle Loi fondamentale
2014 : discours sur la « démocratie illibérale » à Băile Tușnad, en juillet
2015 : construction de la barrière frontalière avec la Serbie
2019 : devient le plus long Premier ministre de l'histoire hongroise
2025 : annonce le retrait de la Hongrie de la Cour pénale internationale, le 3 avril
2026 : défaite aux législatives du 12 avril face à Péter Magyar et au parti Tisza
Viktor Mihály Orbán naît dans une famille de la classe moyenne rurale et grandit dans le village de Felcsút. Son père, Győző Orbán, est ingénieur agronome et ancien militant du Parti socialiste ouvrier hongrois ; sa mère, Erzsébet Sípos, est éducatrice et orthophoniste. Il a deux frères cadets, Győző et Áron, nés en 1965 et 1977. Après le déménagement de sa famille à Székesfehérvár en 1977, il achève ses études secondaires à orientation anglais avant d'intégrer l'université Loránd-Eötvös de Budapest. En septembre 1986, il épouse Anikó Lévai, juriste née à Szolnok en 1963 et rencontrée au collège István Bibó. Le couple a cinq enfants : Ráhel (1989), Gáspár (1992), Sára (1994), Róza (2000) et Flóra (2004).
Issu d'une famille calviniste appartenant à l'Église réformée de Hongrie, il fait bénir son mariage en 1996 par le pasteur méthodiste Gábor Iványi, devenu ensuite opposant. Sa fille Ráhel a épousé en 2013 l'entrepreneur István Tiborcz, présenté par la presse hongroise comme l'un des hommes les plus fortunés du pays. Son fils Gáspár, ancien footballeur passé par le Puskás Akadémia FC, a été prédicateur évangélique avant de devenir officier et agent diplomatique en Afrique. Joueur de football semi-professionnel jusqu'en 2006, Viktor Orbán a fait construire dans son village de Felcsút un stade et l'académie Puskás. Il revendique son admiration pour Charles de Gaulle et a longtemps cultivé une relation politique avec Nicolas Sarkozy.
1 - À l'âge de vingt-quatre ans, il décroche en 1989 une bourse de la fondation Soros pour étudier la philosophie politique britannique au Pembroke College d'Oxford ; trente ans plus tard, son gouvernement contraint la Central European University fondée par George Soros à quitter Budapest.
2 - Selon ses propres dires, son rêve d'enfant était de devenir footballeur professionnel ; il n'a opté pour le droit qu'à la demande pressante de son père et il lui est arrivé, devenu Premier ministre, de manquer des réunions pour aller s'entraîner avec son club.
3 - Première visite en France à l'occasion de la finale de la Coupe du monde 1998 : depuis cette date, il n'a manqué aucune finale de la compétition.
4 - En 1991, lors de la visite du pape Jean-Paul II en Hongrie, Viktor Orbán, alors jeune libéral, boycotte l'événement ; à partir de 2010, son virage « national-chrétien » le rapproche de l'Église catholique romaine, religion de son épouse et de ses enfants.
5 - En 2010, il met fin à la dette contractée auprès du FMI et refuse la dernière tranche du prêt, choisissant de financer la Hongrie par une « taxe de crise » sur les banques, l'agroalimentaire, la grande distribution, l'énergie et les télécommunications.
6 - Le 12 avril 2026, après avoir reconnu une « défaite douloureuse » devant ses soutiens, il devient chef de l'opposition au Parlement, son groupe parlementaire étant désormais dirigé par son ancien ministre Gergely Gulyás.
- Métier(s) : homme d'État, juriste, ancien Premier ministre de Hongrie
- Résidence principale : Hongrie, entre Budapest et le village de Felcsút
- Relations de couple : marié à Anikó Lévai depuis septembre 1986
- Enfants : cinq enfants, Ráhel, Gáspár, Sára, Róza et Flóra
- Distinctions : Prix Franz Josef Strauß ; Freedom Award de l'American Enterprise Institute
« Nous ne voulons pas être une race mixte. »
— Discours à Băile Tușnad, juillet 2022 (traduit du hongrois, rapporté par Le Monde et l'AFP)
« La responsabilité et la possibilité de gouverner ne nous ont pas été données. »
— Allocution de défaite à Budapest, 12 avril 2026 (traduit du hongrois, rapporté par Euronews et NBC News)
« Le nouvel État que nous construisons est un État illibéral, un État non libéral. Il ne nie pas les valeurs fondamentales du libéralisme, comme la liberté, mais il ne fait pas de cette idéologie un élément central de l'organisation de l'État. »
— Discours à l'Université d'été de Băile Tușnad, 26 juillet 2014 (traduit du hongrois)
« Nous ne voulons pas être une race mixte. »
— Discours à Băile Tușnad, juillet 2022 (traduit du hongrois, rapporté par Le Monde et l'AFP)
« La responsabilité et la possibilité de gouverner ne nous ont pas été données. »
— Allocution de défaite à Budapest, 12 avril 2026 (traduit du hongrois, rapporté par Euronews et NBC News)
« Le nouvel État que nous construisons est un État illibéral, un État non libéral. Il ne nie pas les valeurs fondamentales du libéralisme, comme la liberté, mais il ne fait pas de cette idéologie un élément central de l'organisation de l'État. »
— Discours à l'Université d'été de Băile Tușnad, 26 juillet 2014 (traduit du hongrois)