Francis Joyon, né le 28 mai 1956 à Hanches (Eure-et-Loir), est un navigateur français spécialiste de la course au large en multicoque. Premier marin à boucler un tour du monde sans escale sur multicoque en solitaire en 2004, il détient depuis 2017 le record du Trophée Jules-Verne avec son équipage sur IDEC Sport.
Issu d'une famille où personne ne navigue, Francis Joyon découvre la voile adolescent lors d'un stage à l'école des Glénans, dont il devient ensuite moniteur. Convoyeur de voiliers, il forge son expérience avant de se lancer comme professionnel en 1988. Sa première Route du Rhum, en 1990, se court sur un trimaran assemblé à partir de pièces de récupération, notamment les flotteurs de l'ancien catamaran Elf Aquitaine récupérés à la Trinité-sur-Mer. Cette philosophie du « faire beaucoup avec peu » devient sa marque. De 1988 à 2000, il accumule podiums et places d'honneur dans les grandes courses, croisant des skippers comme Alain Gautier, Franck Cammas et Marc Guillemot. En 2000, il remporte sa première grande épreuve, la Transat anglaise, sur le trimaran Eure-et-Loir, établissant un nouveau record de la course en 9 jours 23 heures et 21 minutes.
En 2004, Joyon réalise le premier tour du monde sans escale sur multicoque en solitaire, en 72 jours, améliorant de vingt jours la référence précédente. Le record lui est repris par Ellen MacArthur, mais il le reconquiert en 2008 sur un nouveau trimaran dessiné par Nigel Irens, en 57 jours 13 heures, surclassant la marque de la navigatrice britannique de quatorze jours. Il multiplie ensuite les records océaniques, dont la traversée de l'Atlantique nord, après avoir détrôné Laurent Bourgnon en 2005. En janvier 2017, avec Sébastien Audigane, Gwénolé Gahinet, Alex Pella, Bernard Stamm et Clément Surtel, il s'empare du Trophée Jules-Verne en 40 jours, détrônant Loïck Peyron. En novembre 2018, il remporte la Route du Rhum à 62 ans, dépassant François Gabart à la sortie du canal des Saintes.
1956 : naissance le 28 mai à Hanches, dans l'Eure-et-Loir
1988 : début de carrière professionnelle de coureur au large
1990 : première participation à la Route du Rhum sur le trimaran BPO
2000 : victoire à la Transat anglaise sur Eure-et-Loir, premier grand succès
2001 : victoire à la Fastnet Race et record du Tour de l'île de Wight
2004 : premier tour du monde sans escale en solitaire sur multicoque, en 72 jours
2005 : record de la traversée de l'Atlantique nord en solitaire
2008 : record du tour du monde en solitaire en 57 jours ; chevalier de la Légion d'honneur
2013 : nouveaux records sur la Route de la découverte et l'Atlantique nord
2017 : victoire au Trophée Jules-Verne en 40 jours avec son équipage
2018 : victoire à la Route du Rhum à 62 ans, devant François Gabart
2020 : record de la route du Thé entre Hong Kong et Londres
2022 : quatrième de la Route du Rhum en classe Ultime
Francis Joyon naît à Hanches, un village près d'Épernon où il fait ses classes à la communale et passe son enfance proche de la nature dans la vallée de la Drouette. Il est marié à Virginie Joyon. Le couple a quatre enfants : deux filles, Juliette et Marion, et deux garçons, Corentin et Damien. Le navigateur, qui se définit comme un « Beauceron sur la mer », réside depuis plusieurs années à Locmariaquer, dans le Morbihan, un lieu abrité du golfe. Sa famille a pu monter à bord de son trimaran géant lors de plusieurs de ses arrivées triomphales à Brest.
Sur l'eau, Joyon cultive une approche autonome et minimaliste, réparant lui-même ses bateaux et choisissant ses partenaires avec parcimonie. Le skipper Yann Eliès l'a comparé à Éric Tabarly, voyant en lui l'héritier d'une génération de marins fonctionnant à l'instinct. Son fils Corentin l'a accompagné comme équipier sur le record de la route du Thé en 2020, aux côtés de Bertrand Delesne. Sa rencontre avec le groupe IDEC, son sponsor de longue date, a marqué un tournant durable dans sa carrière de coureur au large.
1 - Pour disputer sa première Route du Rhum en 1990, Joyon construit son trimaran à partir de pièces de récupération, sans démarcher de sponsor. Contraint de raccourcir ses flotteurs faute de dérogation, il termine tout de même dixième en Guadeloupe.
2 - Lors du tour du monde de 2004, son trimaran portait des voiles vieilles de plus de dix ans et il naviguait sans routeur météo, sur un bateau conçu pour un équipage de six à sept personnes.
3 - Après sa conférence de presse de 2004, le double champion olympique anglais Rodney Pattisson lui a offert l'une de ses médailles d'or en gage d'admiration. Pattisson a ensuite été son équipier au Tour de l'île de Wight.
4 - En 2005, son trimaran Idec, sous pilote automatique pendant que Joyon dormait, épuisé, s'est échoué sur les rochers de Penmarch lors d'un convoyage. Le bateau n'a pas pu être récupéré.
5 - Son record du Trophée Jules-Verne de 2017 tenait toujours en 2024, ce qui fait de lui le plus long détenteur de l'histoire de cette épreuve.
6 - En 2020, il a divisé par près de trois le temps mis par les clippers du XIXe siècle sur la route du Thé entre Hong Kong et Londres, ramenant le trajet à moins de 32 jours.
- Métier(s) : navigateur, skipper de course au large en multicoque
- Résidence principale : Locmariaquer (Morbihan)
- Relations de couple : marié à Virginie Joyon
- Enfants : quatre (Juliette, Marion, Corentin, Damien)
- Distinctions : chevalier de la Légion d'honneur (2008), Marin de l'année 2008
« Je revendique être un Beauceron sur la mer. »
— L'Écho républicain, novembre 2018
« C'était vraiment une course extraordinaire. Le fait de tactiquer avec François, c'était vraiment passionnant. »
— Propos sur les pontons, Route du Rhum 2018 (cités par routedurhum.com)
« Il y en a eu beaucoup, des grands moments ! Je retiendrai un grand classique : le passage au cap Horn dans des conditions de mer très agréables et une lumière extraordinaire. »
— Déclaration après le Trophée Jules-Verne 2015, citée par adonnante.com
« Je revendique être un Beauceron sur la mer. »
— L'Écho républicain, novembre 2018
« C'était vraiment une course extraordinaire. Le fait de tactiquer avec François, c'était vraiment passionnant. »
— Propos sur les pontons, Route du Rhum 2018 (cités par routedurhum.com)
« Il y en a eu beaucoup, des grands moments ! Je retiendrai un grand classique : le passage au cap Horn dans des conditions de mer très agréables et une lumière extraordinaire. »
— Déclaration après le Trophée Jules-Verne 2015, citée par adonnante.com