Cette année marque le 70ᵉ anniversaire de sa naissance.
François Chérèque, né le 1er juin 1956 à Nancy et mort le 2 janvier 2017 à Paris, est un syndicaliste français, éducateur spécialisé de formation, qui a dirigé la Confédération française démocratique du travail (CFDT) de 2002 à 2012, marquant durablement le paysage du dialogue social en France par une ligne réformiste revendiquée.
Après l'obtention de son baccalauréat en 1975 au lycée Notre-Dame Saint-Sigisbert de Nancy, François Chérèque intègre l'école d'éducateurs spécialisés de Neuilly-sur-Marne en Seine-Saint-Denis. Il débute sa carrière à l'hôpital de jour du centre Jean-Wier à Puteaux, avant de devenir éducateur spécialisé en pédopsychiatrie au centre hospitalier de Digne-les-Bains en 1978. La même année, il adhère à la CFDT et prend rapidement des responsabilités au sein de la structure locale malgré des réticences initiales liées à la figure de son père, Jacques Chérèque, alors responsable de la Confédération. En 1986, il devient secrétaire général de l'union départementale CFDT des Alpes-de-Haute-Provence, puis intègre le bureau régional interprofessionnel CFDT de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. En 1996, il accède à la direction de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CFDT, poste qu'il occupe jusqu'en 2002. Sa connaissance du secteur sanitaire et social, acquise sur le terrain, forge une conception du syndicalisme enracinée dans les réalités professionnelles des salariés, distincte du modèle purement confédéral.
En mai 2002, François Chérèque est élu secrétaire général de la CFDT au 45e congrès, succédant à Nicole Notat. Il est réélu au congrès de Grenoble en 2006, puis à Tours en 2010. Son mandat est immédiatement marqué par la décision, en 2003, de signer la réforme des retraites portée par le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, en échange notamment d'un dispositif de départ anticipé pour les carrières longues. Cette position provoque une crise interne majeure avec des départs massifs d'adhérents et une confrontation durable avec la CGT de Bernard Thibault. En 2004, la CFDT est également impliquée dans la controverse des "recalculés", des chômeurs qui perdent leurs droits à indemnisation à la suite d'un accord Unedic cosigné par la centrale, un épisode sur lequel François Chérèque formule publiquement un mea culpa dès 2005. Il négocie en 2008 avec Nicolas Sarkozy la loi sur la représentativité syndicale, réforme structurelle du dialogue social français. Il passe la main en novembre 2012 à Laurent Berger, son successeur choisi. À partir de janvier 2013, il préside le think tank Terra Nova, fondé par Olivier Ferrand, et succède en décembre 2013 à Martin Hirsch à la présidence de l'Agence du service civique, poste qu'il quitte en juin 2016 pour raisons de santé.
1956 : naissance le 1er juin à Nancy (Meurthe-et-Moselle)
1975 : baccalauréat au lycée Notre-Dame Saint-Sigisbert de Nancy
1978 : diplôme d'éducateur spécialisé au centre hospitalier de Digne-les-Bains ; adhésion à la CFDT
1986 : secrétaire général de l'union départementale CFDT des Alpes-de-Haute-Provence
1996 : directeur de la Fédération CFDT de la santé et des services sociaux
2002 : élu secrétaire général de la CFDT en mai, succédant à Nicole Notat
2003 : signature de la réforme des retraites Raffarin en échange du dispositif carrières longues ; crise interne à la CFDT
2004 : accord Unedic et affaire des "recalculés" ; départs d'adhérents
2006 : réélection au congrès de Grenoble
2008 : négociation et signature de la loi sur la représentativité syndicale avec le Medef et la CGT
2010 : réélection au congrès de Tours ; mobilisation contre la réforme des retraites du gouvernement François Fillon
2012 : fin de mandat en novembre ; transmission à Laurent Berger ; nomination comme inspecteur général des Affaires sociales
2013 : présidence de Terra Nova ; présidence de l'Agence du service civique (décembre)
2015 : diagnostic d'une leucémie en septembre ; suspension des activités pour chimiothérapie
2017 : décès le 2 janvier à Paris des suites de sa leucémie, à 60 ans
François Chérèque est né dans une famille lorraine de cinq garçons. Son père, Jacques Chérèque, ouvrier devenu secrétaire général adjoint de la CFDT puis ministre chargé de l'Aménagement du territoire sous Michel Rocard, constitue une référence professionnelle aussi influente qu'ambivalente pour lui. Sa mère se prénomme Marie Colson. Scolarisé au lycée Notre-Dame Saint-Sigisbert de Nancy, François Chérèque grandit à Pompey puis à Sarcelles après un déménagement familial à ses 12 ans. Atteint de dyslexie, il compense ce trouble par une oralité affirmée qui deviendra une caractéristique de son style syndical. C'est à Digne-les-Bains qu'il rencontre Marinette Giraud, originaire de Mallemoisson, avec qui il se marie et aura deux fils. Ses frères Philippe Chérèque et Marc Chérèque occupent respectivement des fonctions de direction dans le groupe Amadeus et à la présidence du FC Grenoble Rugby.
Passionné de rugby, sport qu'il pratique au Rugby Club Dignois, François Chérèque s'investit dans plusieurs engagements associatifs liés au monde du travail et au secteur social. Nommé inspecteur général des Affaires sociales à l'issue de son mandat à la CFDT, il coordonne le suivi du plan gouvernemental de lutte contre la pauvreté et rédige deux rapports d'évaluation. Son engagement à l'Agence du service civique, qu'il préside à partir de 2013, traduit un intérêt constant pour les dispositifs d'insertion et de citoyenneté active. Il s'éteint à Laragne, dans les Hautes-Alpes, où il avait passé une partie de ses derniers mois, ses liens avec la Provence-Alpes-Côte d'Azur restant profonds tout au long de sa vie.
En septembre 2015, François Chérèque reçoit le diagnostic d'une leucémie. Il annonce aussitôt la suspension de ses activités pour suivre un traitement de chimiothérapie, avant de reprendre temporairement la présidence de l'Agence du service civique en janvier 2016. Il quitte définitivement ses fonctions en juin 2016. Il décède le 2 janvier 2017 à Paris, 10e arrondissement, des suites de cette leucémie, à 60 ans. Ses obsèques sont célébrées le 5 janvier 2017 en l'église Saint-Sulpice à Paris, devant environ 2 000 personnes. Le président de la République François Hollande, le Premier ministre Bernard Cazeneuve, les ministres Marisol Touraine, Myriam El Khomri et Jean-Marc Ayrault, ainsi que Laurent Berger, son successeur à la tête de la CFDT, assistent à la cérémonie. La même année, le 24 décembre, son père Jacques Chérèque décède à son tour.
François Chérèque est inhumé au cimetière de Mallemoisson, dans les Alpes-de-Haute-Provence, commune d'origine de son épouse Marinette Giraud. Son choix d'être enterré dans ce village provençal, loin de Paris, illustre l'attachement durable qu'il avait gardé pour cette région où il avait exercé ses premières responsabilités syndicales.
1 - Lorsqu'il adhère à la CFDT en 1978, François Chérèque essuie trois refus successifs d'adhésion, ses interlocuteurs soupçonnant un projet de carrière personnel lié à la notoriété de son père Jacques Chérèque dans la Confédération.
2 - Dyslexique, François Chérèque a développé une pratique syndicale fondée sur la parole et le rapport direct aux personnes, compensant par l'oral une difficulté persistante avec l'écrit que ses collaborateurs ont souvent mentionnée.
3 - Avant de prendre la tête de la CFDT nationale, il était secrétaire général de l'UD des Alpes-de-Haute-Provence et s'était investi dans le Rugby Club Dignois, sport qu'il pratiquait et qui lui valait, selon des témoignages, sa stature physique imposante souvent relevée par ses interlocuteurs.
4 - En 2005, dans son livre Réformiste et impatient !, il assume publiquement l'accord Unedic de 2004 sur les "recalculés" comme une erreur, déclarant que la CFDT avait agi "en gestionnaire froid, sans tenir assez compte de la réalité sociale derrière" - mea culpa rare pour un secrétaire général en exercice.
5 - Malgré la violence de la crise interne de 2003, François Chérèque n'a jamais renié la signature de la réforme des retraites Raffarin, revendiquant jusqu'à la fin le bénéfice concret du dispositif carrières longues pour plus d'un million de travailleurs.
- Métier(s) : éducateur spécialisé, syndicaliste, inspecteur général des Affaires sociales
- Résidence principale : Paris (active) ; Hautes-Alpes en fin de vie
- Relations de couple : Marinette Giraud (épouse)
- Enfants : deux fils
- Distinctions : non documentées dans les sources consultées
« Nous avons agi en gestionnaires froids, sans tenir assez compte de la réalité sociale derrière. »
— Réformiste et impatient !, Le Seuil, 2005 (à propos de l'accord Unedic de 2004 sur les recalculés)
« Si on veut qu'il y ait plus de salariés qui se syndiquent, il faut donner plus d'utilité au syndicalisme. »
— Interview France Inter, 2 octobre 2003 (Vie-publique.fr)
« On ne devient pas réformiste parce qu'on pense que le monde va bien et qu'il suffirait de le gérer correctement pour qu'il aille encore mieux. On devient réformiste parce qu'on pense qu'il faut le transformer réellement. »
— Réformiste et impatient !, Le Seuil, 2005
« On ne peut pas dans notre pays dire éternellement que les organisations syndicales sont faibles, et permettre des évolutions du temps de travail, de la législation ou de la réglementation dans les entreprises, sans que ça passe par des négociations. »
— Interview RTL, 11 janvier 2005 (Vie-publique.fr)
« Nous avons agi en gestionnaires froids, sans tenir assez compte de la réalité sociale derrière. »
— Réformiste et impatient !, Le Seuil, 2005 (à propos de l'accord Unedic de 2004 sur les recalculés)
« Si on veut qu'il y ait plus de salariés qui se syndiquent, il faut donner plus d'utilité au syndicalisme. »
— Interview France Inter, 2 octobre 2003 (Vie-publique.fr)
« On ne devient pas réformiste parce qu'on pense que le monde va bien et qu'il suffirait de le gérer correctement pour qu'il aille encore mieux. On devient réformiste parce qu'on pense qu'il faut le transformer réellement. »
— Réformiste et impatient !, Le Seuil, 2005
« On ne peut pas dans notre pays dire éternellement que les organisations syndicales sont faibles, et permettre des évolutions du temps de travail, de la législation ou de la réglementation dans les entreprises, sans que ça passe par des négociations. »
— Interview RTL, 11 janvier 2005 (Vie-publique.fr)