Industriel américain d'origine allemande, Henry John Heinz est le fondateur de la H. J. Heinz Company de Pittsburgh, célèbre pour son ketchup à la tomate et son slogan « 57 Varieties ». Pionnier de l'agroalimentaire moderne, il a soutenu activement le Pure Food and Drug Act de 1906.
Né le 11 octobre 1844 à Birmingham, en Pennsylvanie, dans une famille d'immigrants allemands installée près de Pittsburgh, Henry John Heinz commence très tôt à vendre les légumes du jardin familial aux épiciers locaux. À seize ans, il emploie déjà plusieurs personnes pour cultiver ses serres et livrer ses produits. Formé à la comptabilité au Duff's Business College de Pittsburgh, il travaille un temps dans la briqueterie de son père avant de se consacrer pleinement à la conservation alimentaire. En 1869, il fonde à Sharpsburg la société Heinz Noble & Company avec son ami L. Clarence Noble, qui commercialise un raifort râpé conditionné dans des bocaux en verre transparent — choix commercial inédit, destiné à démontrer la pureté du produit face aux concurrents qui utilisaient des bouteilles brunes. Sauerkraut, vinaigre et cornichons s'ajoutent rapidement au catalogue.
La crise économique de 1875 entraîne la faillite de Heinz Noble & Company. Dès l'année suivante, Heinz reconstitue une affaire à Pittsburgh avec son frère John et son cousin Frederick Heinz, sous la raison sociale F & J Heinz. Le ketchup à la tomate, lancé en 1876, devient rapidement le produit phare. En 1888, Henry John Heinz rachète ses associés et donne à l'entreprise son nom définitif, H. J. Heinz Company. Le slogan « 57 Varieties », inventé en 1896 alors que la firme commercialise déjà plus de soixante produits, devient l'une des signatures les plus reconnaissables de l'industrie agroalimentaire mondiale. En 1905, la société est constituée en corporation et Heinz en devient le premier président, fonction qu'il conserve jusqu'à sa mort.
1844 : naissance à Birmingham, Pennsylvanie, le 11 octobre
1849 : la famille s'installe à Sharpsburg
1869 : fondation de Heinz Noble & Company à Sharpsburg ; mariage avec Sarah Sloan Young le 3 septembre
1875 : faillite de Heinz Noble & Company
1876 : création de F & J Heinz avec son frère John et son cousin Frederick ; lancement du ketchup à la tomate
1888 : rachat des parts de ses associés et création de la H. J. Heinz Company
1892 : acquisition de la demeure Greenlawn, à Point Breeze, Pittsburgh
1894 : décès de son épouse Sarah Sloan Young, emportée par une pneumonie
1896 : lancement du slogan « 57 Varieties »
1905 : constitution de la H. J. Heinz Company en corporation ; Heinz en devient le premier président
1906 : soutien actif au vote du Pure Food and Drug Act
1917-1918 : collaboration avec la United States Food Administration durant la Première Guerre mondiale
1919 : décès à Pittsburgh le 14 mai, à son domicile, des suites d'une pneumonie
Henry John Heinz est le fils de John Henry Heinz, briquetier originaire de Kallstadt dans le Palatinat bavarois, et d'Anna Margaretha Schmidt, native de Kruspis en Hesse-Cassel. La famille maternelle, les Trump, est connue pour avoir donné naissance à une autre lignée américaine notable. Élevé dans la foi luthérienne, Henry est inscrit à l'Allegheny Seminary à quatorze ans avant de s'orienter vers les affaires. Le 3 septembre 1869, il épouse Sarah Sloan Young, fille d'immigrants irlandais d'origine écossaise. Cinq enfants naissent de cette union : Irene Edwilda, Clarence Henry, Howard Covode, Robert Eugene (mort en bas âge) et Clifford Sloan. Sarah meurt d'une pneumonie en 1894 ; Henry ne se remarie pas.
Pittsburgh constitue le centre de gravité de toute sa vie. À partir de 1892, il habite Greenlawn, vaste demeure de trente pièces de style Renaissance française située à Point Breeze, où ses voisins sont notamment George Westinghouse, Henry Clay Frick et Andrew Carnegie. Edith Wharton les décrit collectivement comme les « Lords of Pittsburgh ». Très impliqué dans la vie protestante, Heinz préside la World's Sunday School Association et voyage à ce titre au Japon, en Chine et en Corée. Dans ses usines, il met en place une politique sociale paternaliste : soins médicaux gratuits, vestiaires, piscine, gymnase, jardin sur le toit et auditorium pour les employés.
Henry John Heinz meurt le 14 mai 1919 à son domicile de Pittsburgh, à l'âge de 74 ans, des suites d'une pneumonie contractée quelques jours plus tôt. Ses obsèques sont célébrées à l'East Liberty Presbyterian Church de Pittsburgh, congrégation à laquelle il était lié de longue date. Il laisse une succession évaluée à environ quatre millions de dollars, qui inclut des legs importants à l'Université de Pittsburgh et à diverses associations dominicales. La direction de la H. J. Heinz Company revient à son fils Howard Covode Heinz, qui occupera la présidence jusqu'à sa propre mort en 1941. Sa demeure Greenlawn, dont la conservatrice est proposée à la ville de Pittsburgh sans succès, est démolie en 1924.
Henry John Heinz repose dans le mausolée familial du Homewood Cemetery de Pittsburgh, où sont également inhumés plusieurs de ses descendants, dont son arrière-petit-fils le sénateur H. John Heinz III. Une statue en bronze réalisée par le sculpteur Emil Fuchs lui est dédiée le 11 octobre 1924 dans les bâtiments de la H. J. Heinz Company à Pittsburgh.
1 - L'idée du slogan « 57 Varieties », adopté en 1896, lui vient de la vue d'une publicité new-yorkaise pour vingt-et-un modèles de chaussures ; Heinz expliquera avoir choisi le 5 et le 7 parce qu'ils étaient respectivement son chiffre porte-bonheur et celui de son épouse Sarah.
2 - Sa famille maternelle, les Trump, originaire de Kallstadt dans le Palatinat, est la même lignée que celle de la famille Trump installée plus tard aux États-Unis, ce qui fait de Heinz un cousin éloigné de cette branche bavaroise.
3 - Dans son testament, Heinz fait inscrire en préambule une profession de foi explicite, déclarant placer en tête de son document « la confession de [sa] foi en Jésus-Christ comme [son] Sauveur ».
4 - Sa demeure Greenlawn abritait un véritable musée privé : en 1915, sa collection rassemblait environ cinq mille objets — miniatures, montres anciennes, ivoires, céramiques, orfèvrerie — au point que Heinz employait un conservateur à temps plein.
5 - Lors de ses voyages en Angleterre, Heinz se rendait systématiquement sur les tombes de John Bunyan, Isaac Watts et John Wesley, et notait après une visite à une chapelle fondée par Wesley : « J'avais le sentiment d'être en terre sainte. »
6 - Le premier raifort commercialisé par Heinz en 1869 reposait sur la recette de sa mère, Anna Margaretha, et était cultivé sur une parcelle du jardin familial que son père lui avait confiée pendant son enfance.
- Métier(s) : industriel, entrepreneur agroalimentaire, fondateur de la H. J. Heinz Company
- Résidence principale : Pittsburgh, Pennsylvanie (demeure Greenlawn à Point Breeze à partir de 1892)
- Relations de couple : marié à Sarah Sloan Young de 1869 à 1894 (décès)
- Enfants : Irene Edwilda (1871), Clarence Henry (1873), Howard Covode (1877), Robert Eugene (1882, décédé en bas âge), Clifford Sloan (1883)
- Distinctions : promoteur reconnu du Pure Food and Drug Act de 1906 ; statue commémorative par Emil Fuchs inaugurée à Pittsburgh en 1924
« J'avais le sentiment d'être en terre sainte. »
— Récit d'une visite à la chapelle fondée par John Wesley en Angleterre, cité dans Robert C. Alberts, The Good Provider: H. J. Heinz and his 57 Varieties, Houghton Mifflin, 1973 (traduit de l'anglais)
« Je désire exposer, au tout début de ce testament, comme l'élément le plus important qu'il contient, la confession de ma foi en Jésus-Christ comme mon Sauveur. »
— Testament personnel d'Henry John Heinz, cité dans Richard Lee, In God We Still Trust, Thomas Nelson, 2011 (traduit de l'anglais)
« J'avais le sentiment d'être en terre sainte. »
— Récit d'une visite à la chapelle fondée par John Wesley en Angleterre, cité dans Robert C. Alberts, The Good Provider: H. J. Heinz and his 57 Varieties, Houghton Mifflin, 1973 (traduit de l'anglais)
« Je désire exposer, au tout début de ce testament, comme l'élément le plus important qu'il contient, la confession de ma foi en Jésus-Christ comme mon Sauveur. »
— Testament personnel d'Henry John Heinz, cité dans Richard Lee, In God We Still Trust, Thomas Nelson, 2011 (traduit de l'anglais)