Ladislas de Hoyos (1939-2011), journaliste et présentateur français d'ascendance austro-hongroise, est le premier reporter à avoir démasqué Klaus Barbie en Bolivie en 1972. Rédacteur en chef des journaux du soir de TF1 de 1984 à 1991, il fut aussi maire de Seignosse (Landes) jusqu'à sa mort.
Ladislas de Hoyos débute sa carrière en 1960 au quotidien France-Soir comme reporter chargé des faits divers, avant de se spécialiser dans les Amériques. Sa première couverture nationale porte sur l'enlèvement d'Éric Peugeot, petit-fils du constructeur automobile, à Saint-Cloud : un crime inspiré d'un roman de la Série noire de Gallimard écrit par l'Américain Lionel White, dont la lettre de rançon reproduisait mot pour mot le texte de quatrième de couverture. En 1971, il entre à l'ORTF puis rejoint TF1 comme correspondant à Londres de 1974 à 1976. En janvier 1972, aux côtés des époux Klarsfeld, Beate Klarsfeld et Serge Klarsfeld, et du cameraman Christian Van Ryswyck, il se rend à La Paz, en Bolivie. Klaus Barbie, ancien chef de la Gestapo de Lyon et tortionnaire de Jean Moulin, y vit depuis plus de vingt ans sous l'identité de Klaus Altmann. Le 3 février 1972, Ladislas de Hoyos obtient une interview filmée au ministère de l'Intérieur bolivien, l'interrogeant en allemand mais lui posant aussi des questions en français, langue que Barbie prétend ne pas comprendre.
Nommé rédacteur en chef du journal du soir de TF1, Ladislas de Hoyos présente le Journal de la nuit de 1984 à 1989, puis les journaux de 13 heures et de 20 heures du week-end de 1990 à 1991. À l'image de Roger Gicquel avant lui, il inaugure chaque édition par un bref éditorial personnel. En 1984, il publie le livre Barbie aux éditions Robert Laffont, ouvrage consacré à l'affaire, et couvre en 1987 l'intégralité du procès pour crimes contre l'humanité à Lyon. En août 1991, il est écarté des journaux du week-end de TF1 au profit de Claire Chazal. Entre 1997 et 1999, il anime sur France Inter le magazine d'histoire Les Jours du siècle, en remplacement de Patrice Gélinet. En 2001, il est élu maire de Seignosse dans les Landes, mandat qu'il exercera jusqu'à sa mort. En 2009, il publie Scoops et Flops ! aux éditions Yago.
1939 : Naissance le 27 mars à Ixelles, dans la région de Bruxelles-Capitale (Belgique)
1960 : Débuts au quotidien France-Soir, reporter aux faits divers
1971 : Entrée à l'ORTF
1972 : Interview filmée de Klaus Barbie (alias Klaus Altmann) à La Paz, le 3 février
1974 : Correspondant à Londres pour TF1 (jusqu'en 1976)
1975 : Mariage avec Corinne Meilhan-Bordes
1984 : Publication du livre Barbie (Robert Laffont) ; débuts à la présentation du Journal de la nuit sur TF1
1987 : Couverture intégrale du procès Klaus Barbie à Lyon ; présente Bonjour la France, bonjour l'Europe sur TF1 (jusqu'en 1988)
1990 : Présente les journaux de 13 heures et de 20 heures du week-end sur TF1
1991 : Écarté de la présentation des journaux du week-end au profit de Claire Chazal ; rencontre Magali Fernández-Salazar
1997 : Anime Les Jours du siècle sur France Inter (jusqu'en 1999)
2001 : Élu maire de Seignosse (Landes)
2006 : Nommé chevalier de la Légion d'honneur
2009 : Publication de Scoops et Flops ! (éditions Yago)
2011 : Décès le 8 décembre à Seignosse
Ladislas de Hoyos est le fils du comte Ladislaus Franz Leopold Hoyos von Stichsenstein (1910-1988) et d'Erika Kremenezky (1921-2001), d'origine germano-austro-ukrainienne. Il naît à Ixelles (Belgique) sept mois avant le mariage officiel de ses parents, qui divorcent alors qu'il a cinq ans. Ses études le conduisent successivement au Colégio Infante de Sagres, au collège de Juilly en Seine-et-Marne, à l'institution Saint-Jean-Hulst à Versailles, puis au collège Stanislas à Paris. En 1975, il épouse Corinne Meilhan-Bordes, hôtesse de l'air à Air France, avec laquelle il a deux filles, Amélie et Charlotte.
En 1991, Ladislas de Hoyos rencontre Magali Fernández-Salazar, philosophe, neuroscientifique et ancienne journaliste de Radio France Internationale, avec qui il entame une relation qui durera jusqu'à la fin de sa vie. Installé à Seignosse depuis les années 1990, il s'investit dans la vie municipale locale et se présente aux élections de mars 2001 sous l'étiquette divers droite, remportant la mairie. Chevalier de la Légion d'honneur depuis juillet 2006, il exercera son mandat de maire jusqu'à son décès en décembre 2011. Marie-Christine Maisonnave, première adjointe, lui succède alors par intérim à la tête de la commune.
Ladislas de Hoyos décède le 8 décembre 2011 à Seignosse des suites d'un cancer, dont le type exact n'a pas été rendu public. Le lieu précis du décès et les détails de la cérémonie funèbre ne sont pas documentés dans les sources consultées. Frédéric Mitterrand, alors ministre de la Culture, rend hommage au journaliste en soulignant son attachement à la déontologie du métier et son travail approfondi sur l'affaire Barbie. L'annonce du décès est diffusée par l'AFP le 8 décembre 2011 et reprise notamment par Le Figaro. Aucune déclaration d'hommage institutionnel national n'a été documentée dans les sources consultées.
Ladislas de Hoyos est inhumé au cimetière de Seignosse, dans les Landes, commune dont il était le maire au moment de son décès. Sa sépulture se trouve rue du Château d'Eau. Il avait résidé à Seignosse depuis les années 1990. Aucun monument ou mémorial public dédié à sa personne n'est documenté dans les sources consultées.
1 - Le livre Barbie, publié en France en 1984, est traduit en anglais et édité aux États-Unis l'année suivante par McGraw-Hill, sous la traduction de Nicholas Courtin, témoignant du retentissement du scoop de 1972 au-delà des frontières françaises.
2 - Pour ménager les autorités boliviennes pendant le tournage de l'interview de 1972, Ladislas de Hoyos fait répéter à son interlocuteur, en français, des formules censées le disculper. Klaus Barbie obtempère sans hésitation, révélant sa maîtrise d'une langue qu'il prétendait ne pas parler.
3 - Ladislas de Hoyos naît à Ixelles le 27 mars 1939, sept mois avant le mariage officiel de ses parents, circonstance inhabituelle pour un enfant d'une maison comtale austro-hongroise. Ses parents divorcent alors qu'il a cinq ans ; tous deux se remarient à deux reprises.
4 - Une séquence filmée dans l'obscurité, dans laquelle Ladislas de Hoyos s'énerve contre son technicien sans pouvoir localiser la caméra, circule dans les bêtisiers télévisés depuis les années 1990 et figure parmi les archives régulièrement associées à sa carrière à TF1.
5 - Publié en 2009 aux éditions Yago, Scoops et Flops ! est qualifié dans les notices bibliographiques officielles de roman plutôt que de mémoires : l'auteur a délibérément modifié ses souvenirs et l'identité des personnages qui y figurent.
- Métier(s) : Journaliste, grand reporter, rédacteur en chef, présentateur de télévision, maire
- Résidence principale : Seignosse (Landes)
- Relations de couple : Corinne Meilhan-Bordes (épouse, 1975) ; Magali Fernández-Salazar (compagne à partir de 1991)
- Enfants : Amélie et Charlotte (nées de son union avec Corinne Meilhan-Bordes)
- Distinctions : Chevalier de la Légion d'honneur (2006)
C'est anormal, mais envoûtant.
— Documentaire Sur les traces d'un criminel nazi (date et diffuseur non précisés), réaction à l'attitude de Klaus Barbie lors de l'interview
Tu arrêtes de gueuler René, je ne vois pas où est la caméra !
— Archives télévisées, séquence filmée lors d'un direct (date exacte non documentée), rapporté par Puremédias, décembre 2011
Il a une attitude tranquille, avec un sourire un peu figé dans le style 'j'en ai maté d'autres'.
— Documentaire Sur les traces d'un criminel nazi (date et diffuseur non précisés), à propos de Klaus Barbie lors de l'interview de La Paz en 1972