Demain marquera le 14ᵉ anniversaire de sa disparition.
Thierry Roland, né Thierry José Roland le 4 août 1937 à Boulogne-Billancourt et mort le 16 juin 2012 à Paris, était un journaliste sportif et commentateur de football français dont la carrière de 57 ans couvrit 13 Coupes du monde et 9 Championnats d'Europe des Nations.
Dès l'âge de douze ans, Thierry Roland fréquente chaque dimanche le service des sports de la RTF dirigé par Georges Briquet, où il aide les journalistes à trier les résultats sportifs et côtoie notamment Robert Chapatte et Roger Couderc. En 1955, à dix-huit ans, Georges Briquet l'engage officiellement à la radio. C'est Raymond Marcillac, créateur du premier service des sports de la télévision française, qui le fait passer devant les caméras, et Roland participe à l'émission Les Coulisses de l'exploit. Il commente sa première Coupe du monde en 1962 au Chili. En 1969, il est licencié de l'ORTF à la suite des remaniements consécutifs aux événements de mai 1968 et rejoint France Inter, où il reste jusqu'en 1975 avant de revenir à la télévision sur Antenne 2.
Sur Antenne 2, Thierry Roland commence par commenter avec Bernard Père, puis forme dès 1979 un duo avec Jean-Michel Larqué, ancien footballeur professionnel. Ce binôme Roland-Larqué, qui durera plus de trente ans, passe en 1984 sur TF1, où ils coanimont Téléfoot jusqu'en 2003 et commentent des événements majeurs comme le drame du Heysel en 1985 et la catastrophe de Furiani en 1992. En 1997, Roland remporte le 7 d'or du meilleur journaliste sportif. Le 16 mai 2000, Jacques Chirac le fait Chevalier de la Légion d'honneur aux côtés de Larqué. Victime d'une rupture d'anévrisme en 2003, il est mis à l'écart par TF1 fin 2004, remplacé par Thierry Gilardi. Il rebondit sur M6 en 2005, y couvrant la Coupe du monde 2006 aux côtés de Frank Leboeuf, puis l'Euro 2008, avant de retrouver ponctuellement Larqué jusqu'en 2012. Il était aussi sociétaire des Grosses Têtes de Philippe Bouvard sur RTL.
Thierry Roland fut régulièrement mis en cause pour des propos diffusés en direct à caractère raciste ou xénophobe. En 1976, lors de France-Bulgarie sur Antenne 2, il insulte l'arbitre écossais Ian Foote en direct. En 1986, lors du quart de finale Argentine-Angleterre, il déclare à propos de l'arbitre tunisien Ali Bennaceur : « Ne croyez-vous pas qu'il y a autre chose qu'un arbitre tunisien pour arbitrer un match de cette importance ? » La phrase provoque un incident diplomatique et vaut à la France de présenter des excuses officielles à la Tunisie. Il s'en excuse publiquement mais nie tout caractère xénophobe. Avant la Coupe du monde 2002, lors d'un match amical France-Corée du Sud sur TF1, il commente que rien ne ressemble plus à un Coréen qu'un autre Coréen, tous étant bruns et mesurant la même taille. Lors du même tournoi, il lance sur France-Sénégal : « Il se bat, Vieira, contre ses cousins. » En 1997, une interview accordée au quotidien d'extrême droite Présent, dans laquelle il déclare partager certains points de vue de Jean-Marie Le Pen, dont la peine de mort, nourrit les critiques. Ces incidents restèrent sans procédure judiciaire ni sanction professionnelle formelle de la part des chaînes employeuses.
1937 : naissance le 4 août à Boulogne-Billancourt, de Claude-Roland Lévy et de Liouba Protassieff
1947 : perd son père, mort d'une méningite virale à 35 ans
1949 : ramasseur de balle le 8 mai lors de la finale de la Coupe de France (Racing Club de France 5-2 face à Lille)
1955 : engagé à la radio par Georges Briquet, intègre le service des sports de la RTF
1962 : commente sa première Coupe du monde au Chili
1969 : licencié de l'ORTF après les remaniements post-mai 1968, rejoint France Inter
1975 : retour à la télévision sur Antenne 2
1979 : début de la collaboration avec Jean-Michel Larqué sur Antenne 2
1980 : devient président du Variétés Club de France, poste qu'il occupera jusqu'à sa mort
1984 : passage avec Larqué sur TF1 ; ils coaniment Téléfoot jusqu'en 2003
1997 : remporte le 7 d'or du meilleur journaliste sportif
1998 : commente la victoire de la France en finale de la Coupe du monde contre le Brésil (3-0) sur TF1
2000 : fait Chevalier de la Légion d'honneur le 16 mai par Jacques Chirac, avec Jean-Michel Larqué
2003 : victime d'une rupture d'anévrisme, contraint à une longue période de repos
2005 : rejoint M6 après sa mise à l'écart par TF1
2012 : décède le 16 juin à Paris d'un accident vasculaire cérébral, à 74 ans
Thierry Roland est le fils de Claude-Roland Lévy, dit Claude Roland, bijoutier parisien d'origine juive et résistant gaulliste, mort d'une méningite virale à 35 ans alors que son fils n'avait pas dix ans, et de Liouba Protassieff, russe née à Saint-Pétersbourg. Adolescent, il est élève à l'établissement Gerson, puis au lycée Janson-de-Sailly et au Cours Pollès. Son frère, Claude Roland (1946-2007), fut conseiller de Paris, adjoint au maire du 9e arrondissement et secrétaire national du RPR. En 2004, après vingt-huit ans de vie commune, Thierry Roland épouse la réalisatrice de télévision Françoise Boulain à Coulommiers, mariage célébré par Guy Drut, alors maire de la commune. Ils ont un fils, Gary.
Ami de nombreux joueurs de football, Thierry Roland préside le Variétés Club de France de mars 1980 jusqu'à sa mort, une équipe de célébrités et d'anciens internationaux parmi lesquels Michel Platini. Sociétaire régulier des Grosses Têtes de Philippe Bouvard sur RTL, il se distingue par son rire particulier, objet de nombreuses imitations de la part d'Olivier de Kersauson et de Francis Perrin. Dans les années 1980, il est membre du groupe de musique Carton Rouge, dont la chanson phare est Troisième mi-temps. Il est également l'auteur de plusieurs ouvrages sportifs, dont La fabuleuse histoire de la Coupe du monde, La fabuleuse histoire des coupes d'Europe, Tout à fait Thierry et Mes plus grands moments de football.
Dans la nuit du 15 au 16 juin 2012, Thierry Roland s'éteint vers trois heures du matin dans le 15e arrondissement de Paris des suites d'un accident vasculaire cérébral. Selon Jacques Vendroux, directeur des sports de Radio France et ami de quatre décennies, Roland avait regardé la veille au soir le match de l'équipe de France contre l'Ukraine à l'Euro 2012, s'était endormi, puis avait fait un AVC. Les médecins n'avaient pas réussi à le réanimer. Il avait dû renoncer à commenter l'Euro 2012 quelques jours plus tôt pour se faire opérer d'un calcul biliaire. RTL lui consacre une émission spéciale le jour même. Ses obsèques sont célébrées à la basilique Sainte-Clotilde de Paris (7e arrondissement). À l'Euro 2012, une minute de silence est observée avant le coup d'envoi du match France-Suède à Kiev. Le 18 octobre 2013, la tribune de presse du Stade de France est rebaptisée à son nom lors du match amical France-Allemagne.
Thierry Roland est inhumé au cimetière de Passy (division 5), dans le 16e arrondissement de Paris, auprès de ses parents. Un complexe sportif à Coubron (Seine-Saint-Denis), inauguré en juin 2013 en présence de Françoise Boulain et de son fils Gary, porte également son nom. La tribune de presse du Stade de France lui est dédiée depuis octobre 2013.
1 - Dès ses douze ans, Thierry Roland se rendait chaque dimanche au service des sports de la RTF pour trier bénévolement les résultats sportifs. En 1955, Georges Briquet, qu'il fréquentait depuis l'enfance, l'embaucha officiellement : il était déjà informellement de la maison depuis six ans.
2 - Le 8 mai 1949, à onze ans, Thierry Roland fut ramasseur de balle lors de la finale de la Coupe de France au Parc des Princes, remportée par le Racing Club de France 5-2 face à Lille. Six ans plus tard, il commentait les résultats de ce même championnat à la radio.
3 - Président du Variétés Club de France pendant trente-deux ans (1980-2012), Thierry Roland gérait une équipe mêlant anciens internationaux et célébrités, dont son ami Michel Platini. Cette présidence, non rémunérée, fut l'un de ses engagements les plus constants en dehors des antennes.
4 - En décembre 2006, Thierry Roland coanime quelques épisodes du jeu télévisé Takeshi's Castle sur M6 aux côtés de Moon Dailly, démontrant une capacité à s'adapter à des formats très éloignés du commentaire sportif.
5 - Dans les années 1980, Thierry Roland était membre d'un groupe de musique nommé Carton Rouge, dont la chanson principale s'intitulait Troisième mi-temps. Cette incursion musicale, peu relayée dans ses biographies standard, illustre un aspect méconnu de sa personnalité.
6 - Lors de la finale de la Coupe du monde 1998, sa phrase prononcée en direct sur TF1 après la victoire de la France face au Brésil (3-0) est restée gravée dans la mémoire collective : le texte exact, archivé par Larousse, était : « Je crois qu'après avoir vu ça, on peut mourir tranquille, enfin le plus tard possible, mais on peut. » Il mourut exactement quatorze ans après l'avoir prononcée.
- Métier(s) : journaliste sportif, commentateur de football, animateur radio, auteur
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Françoise Boulain (compagne puis épouse en 2004, jusqu'au décès en 2012)
- Enfants : Gary Roland
- Distinctions : 7 d'or du meilleur journaliste sportif (1997), Chevalier de la Légion d'honneur (16 mai 2000)
Je crois qu'après avoir vu ça, on peut mourir tranquille, enfin le plus tard possible, mais on peut.
— Commentaire sur TF1 lors de la finale de la Coupe du monde France-Brésil (3-0), 12 juillet 1998
Si on m'avait dit, quand j'avais 20 ans, que pendant 57 ans j'allais faire ce métier-là, je ne l'aurais évidemment pas cru ! Et c'est une énorme surprise pour moi et un rêve insensé d'avoir pu assister à 13 Coupes du monde, commenter près de 1 800 matchs, une trentaine de finales de Coupe de France, une vingtaine de finales de la Ligue des champions et entre 200 et 250 matchs de l'équipe de France !
— Biographie de quatrième de couverture, ouvrage Tout à fait Thierry, Fnac
Je crois qu'après avoir vu ça, on peut mourir tranquille, enfin le plus tard possible, mais on peut.
— Commentaire sur TF1 lors de la finale de la Coupe du monde France-Brésil (3-0), 12 juillet 1998
Si on m'avait dit, quand j'avais 20 ans, que pendant 57 ans j'allais faire ce métier-là, je ne l'aurais évidemment pas cru ! Et c'est une énorme surprise pour moi et un rêve insensé d'avoir pu assister à 13 Coupes du monde, commenter près de 1 800 matchs, une trentaine de finales de Coupe de France, une vingtaine de finales de la Ligue des champions et entre 200 et 250 matchs de l'équipe de France !
— Biographie de quatrième de couverture, ouvrage Tout à fait Thierry, Fnac