Jacques Martin, né le 22 juin 1933 à Lyon et mort le 14 septembre 2007 à Biarritz, est un animateur, comédien et chansonnier français qui a dominé les dimanches de la télévision publique pendant près de deux décennies avec des émissions comme Le Petit Rapporteur, L'École des fans et Dimanche Martin.
Jacques Martin débute sa formation artistique à Paris en 1949, sous la direction du metteur en scène Charles Dullin. Élevé dans des pensionnats jésuites lyonnais après le décès de son père Joannès Martin, industriel, il monte à Paris à 16 ans pour apprendre le théâtre. En 1956, Jean Le Poulain l'engage au théâtre des Mathurins dans La Tour de Nesle. De 1959 à 1962, il rejoint le cabaret satirique alsacien de Germain Muller, Le Barabli, à Strasbourg, puis revient à Paris pour jouer Le Misanthrope de Molière au théâtre Gramont aux côtés de Danièle Lebrun et Daniel Prévost. Au début des années 1960, il forme un duo de chansonniers avec Jean Yanne dans les cabarets parisiens et assure la première partie de Jacques Brel à l'Olympia. Dans ces mêmes années, il débute à la télévision sous le pseudonyme Ducerf à Télé-Strasbourg. Repéré par Jacques Chancel en 1964, il rejoint l'ORTF pour créer avec Jean Yanne l'émission 1 = 3, parodie de grands événements historiques, qui rencontre un vif succès populaire avant d'être interrompue par un procès lié à un sketch satirique.
En janvier 1975, Jacques Martin lance sur TF1 Le Petit Rapporteur, parodie hebdomadaire de journal télévisé co-animée avec Stéphane Collaro, Daniel Prévost et Pierre Desproges. Certaines semaines, l'émission rassemble jusqu'à 28 millions de téléspectateurs. L'humour décalé de l'équipe provoque des tensions avec la direction, et l'émission s'arrête le 26 juin 1976. À la demande de Marcel Jullian, Martin migre sur Antenne 2 avec La Lorgnette en 1977, puis crée le bloc Bon Dimanche. Le 30 janvier 1977, il lance L'École des fans avec Stéphane Collaro : des enfants y interprètent les chansons d'un artiste invité avant de se noter mutuellement, la formule rituelle de clôture restant associée à son nom. À partir de décembre 1980, Dimanche Martin occupe l'après-midi dominicale d'Antenne 2 puis France 2 jusqu'en juin 1998, révélant notamment Laurent Gerra, Laurent Ruquier, Julien Courbet, Virginie Lemoine et Laurent Baffie. En 1978, il met en scène et interprète le roi Ménélas dans La Belle Hélène de Jacques Offenbach à l'Opéra du Rhin sous la direction d'Alain Lombard.
1933 : naissance le 22 juin à Lyon (4e arrondissement), de son nom complet Jacques Claude Martin.
1949 : monte à Paris pour suivre les cours de Charles Dullin ; début de sa formation théâtrale.
1956 : engagé par Jean Le Poulain au théâtre des Mathurins dans La Tour de Nesle d'Alexandre Dumas.
1959 : intègre le cabaret satirique Le Barabli de Germain Muller à Strasbourg (jusqu'en 1962).
1964 : repéré par Jacques Chancel, rejoint l'ORTF et crée l'émission 1 = 3 avec Jean Yanne.
1968 : présente la cérémonie de remise des prix du festival de Cannes ; anime Midi Magazine avec Danièle Gilbert (jusqu'en 1972).
1974 : nommé chevalier de l'ordre national du Mérite.
1975 : lance Le Petit Rapporteur sur TF1 en janvier ; l'émission réunit jusqu'à 28 millions de téléspectateurs certains dimanches.
1977 : crée L'École des fans sur Antenne 2 le 30 janvier, avec Stéphane Collaro.
1978 : met en scène et interprète Ménélas dans La Belle Hélène à l'Opéra du Rhin, sous la direction d'Alain Lombard.
1980 : débute Dimanche Martin sur Antenne 2, bloc dominical diffusé jusqu'en 1998.
1984 : épouse Cécilia Ciganer-Albeniz à Neuilly-sur-Seine, le mariage est célébré par Nicolas Sarkozy.
1999 : reçoit la Légion d'honneur des mains du président Jacques Chirac ; nommé officier des Arts et des Lettres en 2005.
2007 : décède le 14 septembre à l'hôtel du Palais de Biarritz d'un cancer généralisé ; obsèques célébrées le 20 septembre en la primatiale Saint-Jean de Lyon.
Jacques Martin est le fils de Joannès Martin, industriel décédé lorsque son fils avait cinq ans, et de Germaine Ducerf. Placé dans des pensionnats jésuites à Lyon, il confie à Thierry Ardisson avoir toujours eu l'impression d'être en vacances après ces années de pension. Il suit les cours de Charles Dullin à Paris dès 1949. Marié trois fois, il épouse d'abord Annie Lefèvre, avec qui il a deux enfants : David, né en 1961, cuisinier et présentateur, et Élise, née en 1965. Il vit ensuite avec la comédienne Marion Game de 1968 à 1972, puis avec la comédienne Danièle Évenou, mère de ses fils Frédéric, né en 1973, animateur de radio, et Jean-Baptiste, né en 1976, comédien.
Le 10 août 1984, Jacques Martin épouse Cécilia Ciganer-Albeniz à la mairie de Neuilly-sur-Seine, le mariage étant célébré par le maire Nicolas Sarkozy, qui épousera lui-même Cécilia plusieurs années plus tard. Ils ont deux filles, Judith, née en 1984, et Jeanne-Marie, née en 1987. Le couple divorce en 1989. Le 20 avril 1992, Jacques Martin épouse Céline Boisson, de 37 ans sa cadette, rencontrée sur le plateau du Monde est à vous. Ils ont deux enfants, Juliette, née en 1994, et Clovis, né en 1999. Amateur de gastronomie, il est le petit-fils de Joannès Ducerf, chef de cuisine du tsar Nicolas II et propriétaire du restaurant lyonnais L'Universel.
En 1998, Jacques Martin apprend en direct dans son émission Sous vos applaudissements la décision de France 2 de ne pas renouveler son contrat. Le soir même, il est victime d'un accident vasculaire cérébral qui le laisse partiellement paralysé. Jean-Claude Brialy assure la fin de la saison à sa place. Après un retrait progressif à Neuilly-sur-Seine puis dans une résidence médicalisée à Courbevoie, il s'installe en novembre 2006 à l'hôtel du Palais de Biarritz, où il décède le 14 septembre 2007 d'un cancer généralisé, à 74 ans. Le jour même, les principales chaînes et stations françaises modifient leur programme pour lui rendre hommage. Ses obsèques sont célébrées le 20 septembre 2007 en la primatiale Saint-Jean de Lyon, en présence notamment de Rachida Dati, Christine Albanel, Gérard Collomb, Cécilia Sarkozy, Patrick de Carolis, Laurent Gerra, Chantal Goya, Enrico Macias et Paul Bocuse.
Jacques Martin est inhumé au cimetière nouveau de la Guillotière, à Lyon (carré D 13, allée 14, tombe 11), auprès de ses parents. L'hôtel du Palais de Biarritz, où il passa ses derniers mois, est également associé à sa mémoire. Ses obsèques furent célébrées en la primatiale Saint-Jean de Lyon.
1 - Durant les années 1950, Jacques Martin officié à la télévision alsacienne sous le pseudonyme Ducerf, en hommage à son grand-père maternel Joannès Ducerf, chef de cuisine du tsar Nicolas II de Russie et propriétaire du restaurant L'Universel à Lyon.
2 - L'idée de L'École des fans lui est venue en avion lors d'un retour du Japon, où il avait observé des enfants chanter les succès de leur artiste favori. Le concept est directement transposé à Antenne 2 en janvier 1977.
3 - En 1978, ses qualités de chanteur lyrique lui permettent de mettre en scène et d'interpréter le roi Ménélas dans La Belle Hélène de Jacques Offenbach à l'Opéra du Rhin, aux côtés de chanteurs professionnels comme Jane Rhodes sous la direction d'Alain Lombard.
4 - Déguisé en mitron, Jacques Martin réussit à s'introduire à l'Élysée sous prétexte de livrer des petits-fours lors d'un reportage pour Le Petit Rapporteur, l'une des séquences les plus mémorables de l'émission.
5 - Il a été totemisé "Grenouille optimiste" lors de ses années de scoutisme à Lyon dans les années 1940, un surnom qui contraste avec l'image d'enfance difficile qu'il évoquait volontiers en interview.
- Métier(s) : animateur de télévision et de radio, comédien, chansonnier, producteur, réalisateur
- Résidence principale : Lyon (naissance), Biarritz (fin de vie)
- Relations de couple : Annie Lefèvre (1er mariage), union libre avec Marion Game (1968-1972), union libre avec Danièle Évenou, Cécilia Ciganer-Albeniz (2e mariage, 1984-1989), Céline Boisson (3e mariage, 1992)
- Enfants : huit enfants (David, Élise, Frédéric, Jean-Baptiste, Judith, Jeanne-Marie, Juliette, Clovis)
- Distinctions : chevalier de l'ordre national du Mérite (1974), officier des Arts et des Lettres (2005), Légion d'honneur (1999)
Je veux distraire, être populaire sans être populeux.
— Paris-Match, 1999 (cité par France Info et Jean-Marc Morandini)
Le comique, c'est le paravent de la tendresse, et je déborde de tendresse.
— Pensées, répliques et anecdotes, Michel Lafon, 2009
Il faut rester insolent. La fin de l'insolence, c'est le début de la vieillesse.
— Pensées, répliques et anecdotes, Michel Lafon, 2009
J'ai perdu les femmes de ma vie à cause de la télé. Elles se sont éloignées et je ne l'ai pas vu.
— Pensées, répliques et anecdotes, Michel Lafon, 2009
Moi qui suis un homme de bruit, qui parle à des salles pleines de milliers de gens, je suis devenu amoureux fou du silence.
— Paris-Match, 1999
Regardez Jésus, il prenait des mots simples, et quand ça se compliquait, il faisait des paraboles. C'est ça, un bon animateur télé.
— Télé 7 Jours, 20 septembre 2000
La tauromachie, c'est les abattoirs de la Villette avec les costumes du Châtelet.
Regardez Jésus, il prenait des mots simples, et quand ça se compliquait, il faisait des paraboles. C'est ça, un bon animateur télé.