Animateur, parolier et écrivain français, Pascal Sevran, de son vrai nom Jean-Claude Jouhaud, est né le 16 octobre 1945 à Paris et mort le 9 mai 2008 à Limoges. Figure de la télévision française entre 1984 et 2007, il a animé La Chance aux chansons et écrit pour Dalida.
Élevé à Antony par Jean-Jacques Jouhaud, chauffeur de taxi originaire de Nexon en Haute-Vienne, et Régina Rodriguez, couturière espagnole née à Casillas de Flores, Jean-Claude Jouhaud quitte tôt l'école avec un certificat d'études. Au début des années 1960, il fréquente Le Petit Conservatoire de Mireille, où Emmanuel Berl, mari de l'animatrice, devient son mentor intellectuel. En 1965, sous le pseudonyme de Pascal Régent, il sort un premier 45 tours, Puisque nous sommes cousins, qui passe inaperçu. Il adopte ensuite le nom de Pascal Sevran, emprunté à la commune de Seine-Saint-Denis, et se tourne vers l'écriture de chansons. Il rejoint la rédaction d'Ici Paris avant de se faire connaître comme parolier, signant pour Dalida des titres comme Il venait d'avoir 18 ans, Femme est la nuit ou Comme disait Mistinguett, fréquemment co-écrits avec Serge Lebrail, Claude Carmone ou Pierre Delanoé.
En 1979, il publie chez Orban son premier roman, Le Passé supplémentaire, couronné par le prix Roger-Nimier. Suivent Vichy dancing en 1980 et Un garçon de France en 1982, adapté à la télévision par Guy Gilles. À partir de 1981, il s'installe à la télévision : d'abord sur TF1 avec La Croisée des chansons, puis sur FR3 Limoges avec Laissez passer la chanson, avant de lancer en 1984 La Chance aux chansons sur TF1. L'émission migre vers Antenne 2 puis France 2 en 1991 et tient l'antenne jusqu'en 2000. Il y impose un répertoire de chanson française classique et lance Patricia Kaas, Lynda Lemay, Patrick Bruel, Patrick Fiori ou Dany Brillant. Il enchaîne ensuite avec Sevran en chantant, Surprise Party, Chanter la vie et le télé-crochet Entrée d'artistes, jusqu'à son retrait de l'antenne en septembre 2007.
En décembre 2006, un entretien accordé à Var-Matin autour du septième tome de son journal, Le Privilège des jonquilles, déclenche une polémique nationale. Le journaliste Lionel Paoli résume un passage du livre en termes crus liant la natalité africaine à la famine ; Pascal Sevran reprend l'idée à son compte et évoque la nécessité de « stériliser la moitié de la planète ». Le 11 décembre 2006, Philippe Baudillon, directeur général de France 2, lui adresse une « très ferme mise en garde » publique. La Licra et l'État du Niger déposent plainte pour provocation à la discrimination et à la haine raciale. L'affaire est examinée le 18 décembre 2008 par la 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris, après le décès de l'auteur ; le passage incriminé a été retiré de l'édition de poche parue en janvier 2008.
1945 : naissance de Jean-Claude Jouhaud le 16 octobre à Paris
1965 : sortie du 45 tours Puisque nous sommes cousins sous le nom de Pascal Régent
1973 : Dalida enregistre Il venait d'avoir 18 ans, dont il signe les paroles
1979 : prix Roger-Nimier pour Le Passé supplémentaire
1981 : débuts à la télévision avec La Croisée des chansons sur TF1
1984 : lancement de La Chance aux chansons sur TF1
1991 : passage de l'émission sur France 2
1998 : mort de son compagnon Stéphane Chomont, le 16 octobre
2000 : arrêt de La Chance aux chansons et publication du premier tome de son journal intime
2001 : parution de La Vie sans lui, succès de librairie à plus de 100 000 exemplaires
2006 : polémique autour du Privilège des jonquilles et entretien à Var-Matin
2007 : arrêt de Chanter la vie et d'Entrée d'artistes, annonce publique de sa maladie
2008 : mort le 9 mai à l'hôpital du Cluzeau de Limoges, inhumation le 14 mai à Saint-Pardoux
Jean-Claude Jouhaud grandit à Antony dans une famille communiste : son père, Jean-Jacques Jouhaud, conduit un taxi parisien après avoir quitté Nexon, et sa mère, Régina Rodriguez, exerce comme couturière. Il publie ses premiers poèmes dans Heures claires, mensuel proche de la CGT et du Parti communiste français. Garçon-coiffeur à ses débuts à Paris, il est repéré par Mireille au Petit Conservatoire et placé sous l'aile d'Emmanuel Berl, dont il devient le secrétaire particulier. Ouvertement homosexuel, il partage la vie de Stéphane Chomont (1963-1998) durant dix-huit ans ; le deuil de son compagnon, mort le jour de son anniversaire, nourrit l'essentiel de son journal intime.
Présenté à François Mitterrand par Dalida, il défile à ses côtés après la victoire de 1981 et l'accompagne chaque année à l'ascension de la roche de Solutré, avant d'être nommé chargé de mission au ministère de la Culture. Il consacre un livre à cette amitié, Mitterrand, les autres jours, en 1997. Après la mort de l'ancien président, il affiche son soutien à Nicolas Sarkozy tout en gardant des liens avec Bertrand Delanoë et Jack Lang. Lié à Brigitte Bardot, Charles Trénet, Sheila, Renaud, France Gall, Patrick Bruel et Roger Hanin, il est régulièrement invité par Michel Drucker et Thierry Ardisson.
Pascal Sevran meurt le 9 mai 2008 à l'hôpital du Cluzeau, annexe du centre hospitalier régional universitaire de Limoges, à l'âge de 62 ans, des suites d'un double cancer du poumon et du foie. Il avait annoncé publiquement sa maladie en septembre 2007 et avait été opéré de la gorge la même année. Le 21 avril 2008, sa mort avait été annoncée par erreur sur Europe 1 et France 2 à la suite d'une information de Jean-Pierre Elkabbach. Une cérémonie d'hommage est célébrée le 13 mai 2008 en l'église Saint-Louis-en-l'Île à Paris ; Alain Delon y lit un texte, et l'écrivain Philippe Besson y prononce une lecture également reprise dans le journal posthume. Les obsèques sont célébrées dans l'intimité familiale.
Pascal Sevran est inhumé le 14 mai 2008 au cimetière de Saint-Pardoux, en Haute-Vienne, près de sa propriété de Morterolles-sur-Semme. Il repose aux côtés de son père Jean-Jacques Jouhaud et de son compagnon Stéphane Chomont. Sa mère Régina Rodriguez, morte en 2013, l'a rejoint dans la sépulture familiale.
1 - Le pseudonyme « Sevran » a été choisi sur une carte de la région parisienne, par référence à la commune de Seine-Saint-Denis dont la sonorité plaisait à Jean-Claude Jouhaud après l'échec de son premier disque signé Pascal Régent.
2 - Avant de vivre de sa plume, il a exercé comme garçon-coiffeur à Paris, métier qu'il abandonne après sa rencontre avec Mireille et Emmanuel Berl au Petit Conservatoire de la chanson.
3 - Le neuvième volume de son journal, Les petits bals perdus, devait s'intituler Soudain l'été dernier ; il y renonça en découvrant que ce titre appartenait à une pièce de Tennessee Williams.
4 - À sa mort, on a découvert qu'il avait légué 170 000 euros à la Ligue contre le cancer, information révélée en 2012 par le quotidien La Montagne.
5 - En 1991, il a tenu un rôle au cinéma dans Les Secrets professionnels du Dr Apfelglück aux côtés de Thierry Lhermitte, expérience qu'il qualifia lui-même de sans lendemain.
6 - La chanteuse Vanessa Paradis le surnomma « Pascal Navrant » en 1987, sobriquet repris ensuite par le mensuel Paroles et musique pour railler le caractère passéiste de La Chance aux chansons.
- Métier(s) : animateur de télévision, parolier, écrivain, chanteur
- Résidence principale : Paris, île Saint-Louis ; propriété familiale à Morterolles-sur-Semme (Haute-Vienne)
- Relations de couple : Stéphane Chomont (1980-1998, jusqu'au décès du compagnon)
- Enfants : aucun
- Distinctions : prix Roger-Nimier 1979 ; officier de la Légion d'honneur ; officier de l'ordre des Arts et des Lettres
« J'écris et je dis ce que je veux. Me considérer comme un néo-nazi est une belle connerie. »
— Europe 1, 6 décembre 2006
« Que les dimanches paraissent longs quand il n'y a pas d'enterrement pour se changer les idées. »
— La Vie sans lui, Albin Michel, 2000
« Aux hommes et aux femmes que j'ai pu peiner, je veux dire ma tendresse et leur présenter mes excuses. »
— Communiqué public, décembre 2006 (cité par AFP)
« J'écris et je dis ce que je veux. Me considérer comme un néo-nazi est une belle connerie. »
— Europe 1, 6 décembre 2006
« Que les dimanches paraissent longs quand il n'y a pas d'enterrement pour se changer les idées. »
— La Vie sans lui, Albin Michel, 2000
« Aux hommes et aux femmes que j'ai pu peiner, je veux dire ma tendresse et leur présenter mes excuses. »
— Communiqué public, décembre 2006 (cité par AFP)