Naissance
Pékin, Chine
Décès
cancer du rein
Nationalité
Astrologie

Anniversaire historique

Cette année marque le 120ᵉ anniversaire de sa naissance.

Biographie

Puyi, de son nom complet Aisin Gioro Puyi, est un noble mandchou chinois né en 1906, douzième et dernier empereur de la dynastie Qing, devenu ensuite souverain fantoche du Mandchoukouo sous occupation japonaise avant de terminer sa vie comme simple citoyen jardinier à Pékin.


Parcours

Fils de Zaifeng, second prince de Chun et régent de l'empire, et de Youlan, fille du général mandchou Ronglu, Puyi est désigné héritier par l'impératrice douairière Cixi sur son lit de mort et intronisé le 2 décembre 1908, à l'âge de deux ans et dix mois, sous le nom de règne Xuantong. Le général Yuan Shikai le pousse à abdiquer le 12 février 1912, mettant fin au régime impérial, mais les Articles de faveur lui laissent son titre et la jouissance de la Cité interdite. En juillet 1917, le général royaliste Zhang Xun le replace brièvement sur le trône pendant douze jours, restauration aussitôt écrasée par le Premier ministre Duan Qirui. À partir de 1919, le précepteur écossais Reginald Johnston lui enseigne l'anglais et l'histoire occidentale ; Puyi adopte le prénom Henry, coupe sa natte et se met à la bicyclette dans les allées du palais. Expulsé de la Cité interdite en 1924 par les troupes du général Feng Yuxiang, il se réfugie dans la concession japonaise de Tianjin.

En 1932, le Japon impérial installe Puyi à la tête de l'État fantoche du Mandchoukouo, puis le sacre empereur sous le nom de Kangde en 1934. Après la capitulation japonaise du 15 août 1945, il tente de fuir mais tombe aux mains de l'Armée rouge soviétique, qui le livre en 1950 au gouvernement de Mao Zedong. Détenu dix ans au centre de Fushun, il rédige une confession et bénéficie d'une amnistie en septembre 1959. Zhou Enlai lui trouve un emploi de jardinier au jardin botanique de Pékin, tandis que Mao Zedong l'encourage à écrire ses mémoires et à se remarier ; le récit paraît en 1964 sous le titre La première moitié de ma vie, traduit en France chez Flammarion sous le titre J'étais empereur de Chine. L'historien Paul French a exploité en 2026, dans son ouvrage Twilight of the Forbidden City, les journaux d'Isabel Ingram et des lettres de Reginald Johnston pour éclairer les années que Puyi passa avec Wan Rong dans la Cité interdite entre 1922 et 1924.


Controverse

Puyi est entendu comme témoin pendant sept jours en 1946 devant le Tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient, à Tokyo, chargé de juger les crimes de guerre japonais en Asie ; il y minimise sa collaboration avec l'occupant, dissimulant notamment sa correspondance secrète avec le général Jirō Minami. Remis par l'Union soviétique à la République populaire de Chine en 1950, il est interné au centre de détention de Fushun, où une enquête le reconnaît coupable de collaboration avec le Japon et de crimes contre le peuple chinois. Il échappe à l'exécution en rédigeant une confession détaillée de son rôle au Mandchoukouo, ce qui lui vaut dix ans de rééducation avant son amnistie par Mao Zedong en 1959.


Repères chronologiques

1906 : Naissance à Pékin, fils de Zaifeng, second prince de Chun
1908 : Intronisation comme empereur sous le nom de règne Xuantong
1912 : Abdication forcée, fin de la dynastie Qing
1917 : Restauration éphémère de douze jours par le général Zhang Xun
1919 : Début de l'enseignement du précepteur écossais Reginald Johnston
1922 : Mariage avec Wan Rong, qui devient impératrice
1924 : Expulsion définitive de la Cité interdite
1925 : Installation dans la concession japonaise de Tianjin
1932 : Prise de fonction à la tête du Mandchoukouo
1934 : Sacre comme empereur du Mandchoukouo sous le nom de Kangde
1945 : Capture par l'Armée rouge soviétique après la capitulation du Japon
1950 : Extradition vers la Chine et internement au centre de Fushun
1959 : Amnistie et retour à la vie civile à Pékin
1962 : Remariage avec l'infirmière Li Shuxian
1967 : Décès à Pékin des suites d'un cancer du rein


Vie personnelle et engagements

Puyi est le fils de Zaifeng, second prince de Chun et régent de l'empire de 1908 à 1911, et de Youlan, fille du général et homme d'État Ronglu, mariée à dix-huit ans sur ordre de Cixi ; accablée de reproches publics après une faute de son fils, Youlan se suicide en 1921. Élevé par des nourrices et des eunuques dans la Cité interdite, Puyi n'a pas d'instruction scolaire classique, son éducation étant assurée par des précepteurs privés, dont Reginald Johnston à partir de 1919. Il épouse Wan Rong en 1922, puis Li Shuxian en 1962 ; le couple n'a pas d'enfant.

Outre ses deux épouses, Puyi a trois concubines : Wen Xiu, dont le divorce en 1931 fait scandale dans la presse de Tianjin, Tan Yuling, morte en 1942 à vingt-deux ans dans des circonstances qui le rendent longtemps soupçonneux, et Li Yuqin, épousée en 1943 à quinze ans et divorcée en 1957. Son frère cadet Pujie épouse en 1938 la princesse japonaise Hiro Saga, parente de l'empereur Hirohito, tandis que son demi-frère Puren, devenu Jin Youzhi après 1949, témoigne de son quotidien pour Le Dernier Empereur, le film que lui consacre Bernardo Bertolucci.


Contexte du décès

Atteint d'un cancer du rein diagnostiqué peu avant, aggravé de complications cardiaques, Puyi meurt dans la nuit du 17 octobre 1967 au Peking Union Medical College Hospital de Pékin, en pleine Révolution culturelle. Protégé jusqu'au bout par le Premier ministre Zhou Enlai, il échappe aux persécutions des gardes rouges qui frappent alors nombre d'anciens dignitaires. Son corps est incinéré selon la loi funéraire chinoise et ses cendres déposées au cimetière révolutionnaire de Babaoshan. Sa mort, dans un climat politique hostile à tout symbole de la Chine impériale, ne donne lieu à aucune cérémonie officielle ni hommage public des autorités.


Lieux de mémoire

Incinéré conformément à la législation funéraire de la République populaire, Puyi est d'abord inhumé au cimetière révolutionnaire de Babaoshan, à Pékin, aux côtés de cadres du Parti. En 1995, sa veuve Li Shuxian fait transférer ses cendres au cimetière commercial de Hualong, près des tombeaux de l'Ouest des Qing, dans le district de Yi (Hebei), à proximité de la sépulture de son prédécesseur Guangxu.


Anecdotes

1 - Puyi se montre cruel envers son entourage enfant : il fait un jour préparer un gâteau truffé de limaille de fer pour punir un eunuque, projet que seule sa nourrice Wang Lianshou parvient à lui faire abandonner.
2 - L'édition originale de ses mémoires, parue en 1964 sous le titre La première moitié de ma vie, avait été expurgée de 160 000 mots par la censure ; la version intégrale ne voit le jour qu'en 2007, quarante ans après la mort de l'auteur.
3 - Devenu jardinier après son amnistie, Puyi retourne régulièrement, de son plein gré, arpenter la Cité interdite transformée en musée ; il y joue alors les guides improvisés pour des touristes ignorant tout de l'identité de cet ancien employé municipal.
4 - En septembre 1930, à la veille du départ définitif de son précepteur Reginald Johnston pour le Royaume-Uni, Puyi lui offre un éventail calligraphié de sa propre main, aujourd'hui conservé dans les collections de la School of Oriental and African Studies, à Londres.
5 - Selon les journaux inédits d'Isabel Ingram, préceptrice américaine de l'impératrice Wan Rong, exploités en 2026 par l'historien Paul French, Puyi et son épouse circulaient ensemble à bicyclette dans les allées de la Cité interdite durant les deux années qui précédèrent leur expulsion du palais.


Points clés

- Métier(s) : Empereur, jardinier, bibliothécaire-archiviste, auteur
- Résidence principale : Cité interdite (Pékin), puis Tianjin, puis Changchun, puis Pékin
- Relations de couple : Deux épouses, Wan Rong (1922-1946) et Li Shuxian (1962-1967), et trois concubines, Wen Xiu, Tan Yuling et Li Yuqin
- Enfants : Aucun
- Distinctions : Aucune distinction civile ; titres impériaux Xuantong (1908-1912, 1917) et Kangde (1934-1945)


Célébrité liée

1 relation
Ascendants 1

Autres empereurs

Citations

Vous ne devriez pas me servir, c'est à moi de vous servir.

— Propos rapportés par Edward Behr, The Last Emperor, 1987 (traduit de l'anglais)

Battre les eunuques faisait partie de ma routine quotidienne.

— Autobiographie, La première moitié de ma vie, 1964 (traduit de l'anglais)

Bien que j'aie eu de nombreuses mères, je n'ai jamais connu l'amour maternel.

— Autobiographie, La première moitié de ma vie, 1964 (traduit de l'anglais)

Ma cérémonie d'intronisation fut gâchée par mes larmes, deux jours après la mort de l'impératrice.

— Autobiographie, La première moitié de ma vie, 1964 (traduit de l'anglais)

Questions autour de Puyi

Puyi a-t-il eu des enfants ?
Non, Puyi n'a eu aucun enfant malgré deux mariages et trois concubines ; sa lignée impériale s'est éteinte avec lui.
Puyi a-t-il collaboré avec le Japon ?
Puyi a accepté de devenir empereur du Mandchoukouo, l'État fantoche créé par le Japon en Mandchourie, ce qui lui vaut d'être reconnu coupable de collaboration par les autorités chinoises en 1950.
Quel métier Puyi a-t-il exercé après sa libération ?
Après son amnistie en 1959, Puyi devient jardinier au jardin botanique de Pékin, avant de travailler comme bibliothécaire puis membre de la Conférence consultative politique du peuple chinois.
Quel film raconte la vie de Puyi ?
Le Dernier Empereur, réalisé par Bernardo Bertolucci en 1987 et récompensé de neuf Oscars, retrace la vie de Puyi d'après son autobiographie.
Qui était le précepteur de Puyi ?
Le Britannique Reginald Johnston, diplômé d'Oxford, enseigne l'anglais et l'histoire occidentale à Puyi à partir de 1919 et influence durablement son goût pour la culture occidentale.
Où Puyi est-il enterré ?
Les cendres de Puyi reposent au cimetière de Hualong, près des tombeaux de l'Ouest des Qing, dans le Hebei, où sa veuve Li Shuxian les a fait transférer en 1995.
Qui est né le même jour que Puyi ?
À quel âge est mort Puyi ?
Puyi est mort à 61 ans, le 17 octobre 1967.
Qui est mort le même jour que Puyi ?
Quels noblesse et royautés sont du signe Verseau comme Puyi ?
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