Raoul Salan, né le 10 juin 1899 à Roquecourbe (Tarn) et mort le 3 juillet 1984 à Paris, est un général français, grand-croix de la Légion d'honneur et médaillé militaire, qui a pris part au putsch des généraux à Alger en 1961.
Appelé le général le plus décoré de l'armée française, son état de service porte de 1917 à 1960, année où il prend sa retraite.
Au cours de la Première Guerre mondiale, il s'engage en août 1917 et combat dans le 5e régiment d'infanterie coloniale (5e RIC). Après la guerre, il sert dans l'armée du Levant en 1921, où il est gravement blessé en Syrie en octobre, puis presque sans interruption en Indochine de 1924 à 1937. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s'illustre notamment comme colonel à la tête du 6e régiment de tirailleurs sénégalais (6e RTS) lors de la libération de Toulon en août 1944. Promu général de division en 1947, il est nommé commandant supérieur des troupes en Extrême-Orient en 1948. Après la mort du maréchal de Lattre, il lui succède comme commandant en chef des forces françaises en Indochine en janvier 1952, poste qu'il quitte en mai 1953, après avoir été fait grand-croix de la Légion d'honneur en août 1952.
Général d'armée, il est nommé en novembre 1956 commandant supérieur des forces armées en Algérie par le gouvernement Guy Mollet dans un contexte d'escalade de la guerre. Sous sa responsabilité, l'usage de la torture, déjà présent au sein de l'armée française, devient une pratique massive et institutionnalisée pendant la bataille d'Alger. Il échappe à un attentat perpétré par des partisans de l'Algérie française en janvier 1957, et, après la tentative de coup d'État du 13 mai 1958, il entre en contact avec le général de Gaulle qui le nomme délégué général du gouvernement en Algérie en juin 1958. Il est décoré de la médaille militaire en juillet de la même année. Remplacé par le général Challe en 1958, il devient gouverneur militaire de Paris en 1959.
Partisan jusqu'au-boutiste de l'Algérie française, il participe en avril 1961 au putsch des généraux à Alger, qui faute de soutien populaire et militaire, échoue au bout de quelques jours (22-26 avril). Refusant de se rendre, Salan bascule dans la clandestinité et prend la tête de l'Organisation armée secrète (OAS), qui s'oppose à l'indépendance de l'Algérie en menant des campagnes d'attentats aussi bien sur le sol algérien qu'en métropole.
Salan est jugé une première fois in absentia et condamné à mort par contumace le 11 juillet 1961 par le Haut Tribunal militaire pour sa participation au putsch des généraux et son rôle de chef de l'OAS. Après son arrestation à Alger le 20 avril 1962, il est jugé une seconde fois, en sa présence. Son procès s'ouvre le 15 mai 1962 au Palais de Justice de Paris. Bénéficiant de circonstances atténuantes qui lui évitent la peine de mort, il est condamné le 23 mai 1962 à la réclusion criminelle à perpétuité. Il est gracié en juin 1968 par de Gaulle, puis amnistié en juillet 1968. Il est réhabilité par la loi d'amnistie du 3 décembre 1982, sous le premier septennat de François Mitterrand, qui en avait fait une promesse de campagne.