Première star internationale du tennis féminin, Suzanne Lenglen, joueuse française née le 24 mai 1899 à Paris et surnommée « la Divine », domine sa discipline entre 1919 et 1926 avec six titres à Wimbledon, deux Internationaux de France et une médaille d'or olympique à Anvers en 1920.
Fille de Charles Servais Adolphe Lenglen, rentier et pharmacien de formation, et d'Anaïs Dhainault, Suzanne reçoit sa première raquette de son père en 1911, sur le court familial en terre battue de Marest-sur-Matz, dans l'Oise. Charles Lenglen devient son entraîneur exclusif et installe sur le court des cibles, mouchoirs ou chapeaux, pour travailler la précision de ses coups. En 1914, à quinze ans, elle remporte le Championnat du monde sur terre battue à Saint-Cloud en simple face à Germaine Golding, et en double avec l'Américaine Elizabeth Ryan. Le champion néo-zélandais Anthony Wilding la prend pour partenaire en double mixte lors des tournois hivernaux de Nice et Cannes. La Première Guerre mondiale interrompt sa progression, mais elle continue de s'entraîner sur la Côte d'Azur, où la famille s'installe au Nice Lawn Tennis Club, avec le professeur niçois Joseph Negro comme second formateur aux côtés de son père.
Son retour à Wimbledon en 1919 face à Dorothy Lambert Chambers, victorieuse sept fois du tournoi, marque le début de sa domination : elle remporte six titres à Wimbledon entre 1919 et 1925, deux Internationaux de France en 1925 et 1926, et signe entre 1921 et 1926 une série de 171 victoires consécutives. Aux Jeux olympiques d'Anvers de 1920, elle décroche l'or en simple, l'or en double mixte avec Max Decugis et le bronze en double dames avec Élisabeth d'Ayen. Le 17 février 1926, elle dispute à Cannes contre l'Américaine Helen Wills le « match du siècle », remporté 6-3, 8-6 devant le roi Gustave V de Suède. Habillée par le couturier Jean Patou, elle impose une nouvelle silhouette sur les courts. En août 1926, elle signe avec le promoteur américain C. C. Pyle un contrat professionnel de 50 000 dollars et entame une tournée nord-américaine.
L'incident de Wimbledon de juin 1926 met fin à sa carrière amateur. En mauvaise santé et contestant un changement tardif de programmation imposé par les organisateurs, Suzanne Lenglen refuse de se présenter sur le court alors que la reine Mary, présente en tribune, était venue spécialement la voir. Jean Borotra est mandaté pour présenter les excuses de la joueuse. Lorsqu'elle dispute finalement ses matchs le lendemain, le public anglais lui réserve un accueil glacial et elle renonce à la suite du tournoi. Sa signature professionnelle avec C. C. Pyle deux mois plus tard entraîne sa radiation à vie par la Fédération française de lawn-tennis et son bannissement du All England Club, sanctions levées tardivement par les institutions.
1899 : naissance le 24 mai à Paris, dans le 16e arrondissement
1911 : reçoit sa première raquette de son père à Marest-sur-Matz
1914 : titre de championne du monde sur terre battue à Saint-Cloud
1919 : premier titre à Wimbledon face à Dorothy Lambert Chambers
1920 : trois médailles aux Jeux olympiques d'Anvers, dont deux en or
1921 : abandon controversé contre Molla Mallory à l'US Open et médaille d'or du sport féminin de l'Académie des sports
1924 : consacrée « Reine du Sport » à la suite d'un référendum organisé par L'Auto
1925 : premier titre aux Internationaux de France ouverts aux étrangers
1926 : « match du siècle » contre Helen Wills à Cannes en février
1926 : signature en août d'un contrat professionnel de 50 000 dollars avec C. C. Pyle
1936 : inauguration le 20 février de son école de tennis au Tennis Mirabeau à Paris
1937 : publication de Tennis by simple exercices avec Margaret Morris
1938 : décès le 4 juillet à Paris
1978 : intronisation au International Tennis Hall of Fame
1997 : le court A de Roland-Garros devient officiellement le court Suzanne-Lenglen
Suzanne Rachel Flore Lenglen naît le 24 mai 1899 au hameau de Boulainvilliers, dans le 16e arrondissement de Paris, fille de Charles Servais Adolphe Lenglen (1859-1929), rentier et pharmacien de formation, et d'Anaïs Dhainault. Son petit frère Philippe Charles Adolphe, né en 1901, meurt prématurément en 1904. La famille s'installe en Picardie en 1906, à Marest-sur-Matz dans l'Oise, puis à Nice avenue Auber en 1914, où la municipalité met à disposition des Lenglen la Villa Ariem en face du Nice Lawn Tennis Club. Suzanne ne s'est jamais mariée et n'a pas eu d'enfant. Pratiquante de plusieurs disciplines, elle est championne de France de natation en 1919 et s'initie également au golf, au tir à l'arc et à l'équitation.
Très proche des « Quatre Mousquetaires », elle entretient une amitié particulière avec René Lacoste et Jacques Brugnon, son partenaire de double favori. Elle compte parmi ses intimes le navigateur Alain Gerbault, l'intellectuel Antoine « Coco » Gentien et l'Américaine Elizabeth Ryan. Ses compagnons documentés successifs sont le champion de bridge Pierre Albarran, le joueur de tennis italien Placido Gaslini, l'Américain Baldwin M. Baldwin rencontré durant sa tournée de 1926, et enfin Jean Tellier qui finança une partie de son école de tennis. Sa célébrité lui permet de fréquenter le roi Gustave V de Suède, Douglas Fairbanks, Mary Pickford et le Maharaja de Kapurthala.
La presse annonce en juin 1938 que Suzanne Lenglen est atteinte d'une leucémie. Certaines sources médicales mentionnent une anémie pernicieuse comme cause finale. La maladie est foudroyante : devenue aveugle dans les dernières semaines, elle s'éteint le 4 juillet 1938 à son domicile parisien du square Jean-Paul-Laurens, dans le 16e arrondissement, à l'âge de 39 ans. Ses funérailles se déroulent à l'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Paris devant une foule considérable. Y assistent notamment le président du Conseil Édouard Daladier, le roi Gustave V de Suède et les Mousquetaires Jean Borotra, René Lacoste et Jacques Brugnon. Les institutions sportives françaises et internationales saluent officiellement la disparition de la première star mondiale du tennis féminin.
Suzanne Lenglen est inhumée au cimetière parisien de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis. À Paris, le deuxième court principal du stade Roland-Garros porte son nom depuis 1997, et la coupe remise à la gagnante du simple dames porte également son nom depuis 1979. Le parc omnisports Suzanne-Lenglen, situé entre le 15e arrondissement de Paris et Issy-les-Moulineaux, lui rend également hommage.
1 - Durant son retour à Wimbledon en 1919, son père Charles Lenglen lui lance depuis les tribunes un flacon de cognac à la fin du deuxième set face à Dorothy Lambert Chambers. Suzanne en boit une gorgée et l'eau-de-vie deviendra son remontant habituel durant les matchs.
2 - Sa finale aux Internationaux de France 1926 contre Mary Browne, remportée 6-1, 6-0 en seulement 27 minutes, est considérée comme la finale la plus courte de l'histoire des tournois du Grand Chelem.
3 - À partir de 1930, elle devient collaboratrice d'une grande maison de couture pour laquelle elle dessine des modèles de sport, prolongeant sur le plan professionnel sa collaboration historique avec Jean Patou.
4 - Elle apparaît à l'écran dans le film Le P'tit Parigot en 1926, où elle joue son propre rôle, puis dans la comédie britannique Things Are Looking Up en 1935 aux côtés de Max Miller.
5 - Son acte de naissance, daté du 26 mai 1899 et conservé aux Archives de Paris, prouve qu'elle est née dans le 16e arrondissement parisien et non à Compiègne, comme l'indiquent encore certaines notices biographiques.
6 - Lors de sa rencontre d'entraînement en 1920 au Parc de Saint-Cloud avec l'Américain Bill Tilden, celui-ci s'impose 6-0 en mettant toute son énergie : les deux stars du circuit ne s'appréciaient guère.
- Métier(s) : joueuse de tennis, enseignante, écrivaine sportive
- Résidence principale : Paris, avec une longue période à Nice
- Relations de couple : Pierre Albarran, Placido Gaslini, Baldwin M. Baldwin, Jean Tellier
- Enfants : aucun
- Distinctions : médaille d'or olympique 1920, six titres à Wimbledon, deux titres aux Internationaux de France, médaille d'or du sport féminin 1921, International Tennis Hall of Fame 1978
77 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.