Résumé biographique

Acteur et humoriste suisse, Bernard Haller s’est imposé sur les scènes francophones par ses spectacles de cabaret, ses rôles au théâtre et au cinéma, ainsi que par ses voix de personnages cultes de la télévision pour le public francophone.


Parcours

Né à Genève en 1933, Bernard Haller grandit dans une famille ruinée par la Seconde Guerre mondiale et suit sa scolarité au Collège de Calvin. Il reçoit très tôt des cours de diction auprès d’une tante professeur d’art dramatique, qui l’oriente vers la scène. Après le baccalauréat, il commence des études de droit puis de médecine vétérinaire à l’université de Genève, qu’il interrompt faute de moyens, tout en travaillant notamment chez un joaillier. À Lausanne, il fait ses débuts au cabaret Chez Gilles, où il affine un jeu fondé sur la langue, le mime et les décalages de rythme. En 1955, il s’installe à Paris, se produit dans des cabarets comme L’Écluse et le Théâtre de la Vieille-Grille, et rejoint plusieurs compagnies, dont celle de Jacques Fabbri, ce qui lui ouvre durablement les portes de la scène parisienne.

Dans les années 1960, Bernard Haller accompagne en tournée des artistes comme Jacques Brel, Sheila, Juliette Gréco ou Marlène Dietrich, en France et à l’international. En 1971, son premier spectacle solo Et alors ?, créé au Théâtre de Poche à Genève puis joué à la Michodière, lui vaut le prix du Brigadier et asseoit sa réputation. Suivent d’autres one-man-shows comme Un certain rire incertain, Salmigondivers, Vis-à-vie à Bobino et Époque épique, qui circulent en Suisse, en France et au Canada. Parallèlement, il multiplie les rôles au théâtre et au cinéma, notamment dans Je sais rien, mais je dirai tout, Les Quatre Charlots mousquetaires, Le Roi des cons, Le Braconnier de Dieu, Max mon amour, Bonjour l’angoisse, La Soif de l’or, Les Poupées russes, ou encore Sa Majesté Minor. À la télévision et dans l’animation, il marque durablement le public en prêtant sa voix à Pollux dans Le Manège enchanté et à Rantanplan dans plusieurs aventures de Lucky Luke.


Repères chronologiques

1933 : Naissance à Genève, dans une famille protestante, le 5 décembre.
Années 1950 : Études de droit puis de médecine vétérinaire à Genève, débuts au cabaret Chez Gilles à Lausanne.
1955 : Installation à Paris, premiers engagements dans les cabarets rive gauche et les cirques.
Années 1960 : Tournées avec Jacques Brel, Juliette Gréco, Sheila, Marlène Dietrich en Europe, en Afrique et en Amérique du Nord.
1971 : Création du spectacle Et alors ? au Théâtre de Poche à Genève puis à la Michodière à Paris, récompensé par le prix du Brigadier.
1975 : Prix dramatique de la Société des auteurs et compositeurs, reconnaissance accrue comme auteur-interprète de one-man-shows.
1982 : Spectacle Vis-à-vie à Bobino, prolongement de ses tournées francophones et travail accru au cinéma et à la télévision.
1991 : Création de Fregoli, coécrit avec Patrick Rambaud, mise en scène par Jérôme Savary, au Palais de Chaillot puis en tournée.
1995 : Nomination comme commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres en France.
Années 2000 : Derniers rôles marquants, notamment dans Les Poupées russes, Les Aiguilles rouges et Sa Majesté Minor.
2008 : Sortie du DVD rétrospectif Haller… hilare, rassemblant sketches et documents d’archives.
2009 : Décès à Genève à 75 ans, après plusieurs décennies de carrière sur les scènes suisse et française.


Vie personnelle et engagements

Bernard Haller naît le 5 décembre 1933 à Genève, au sein d’une famille protestante originaire de Reinach et de Genève. Ses parents sont Gabriel Haller et Renée Alice Badan. Marqué par la dégradation de la situation économique familiale pendant la Seconde Guerre mondiale, il grandit dans un environnement où les études et la culture gardent une place importante. Il suit sa scolarité au Collège de Calvin, puis s’inscrit à l’université de Genève avant de se tourner définitivement vers le théâtre. Cette formation générale, combinée à un apprentissage précoce de la diction et du jeu dramatique auprès d’une tante actrice et pédagogue, contribue à façonner un artiste attentif à la langue, aux nuances de ton et au travail de la voix.

Sur le plan privé, Bernard Haller est d’abord marié à Noëlle Favre, puis épouse en secondes noces Antje Christiansen, avec laquelle il partage sa vie pendant de longues années. Sa famille proche, notamment Sylvie Haller-Xylouris et Marc Haller, apparaît dans les avis officiels publiés après son décès. Installé en fin de parcours à Versoix, près de Genève, il reste très lié à sa ville natale tout en conservant des attaches fortes avec Paris, où il a construit une grande part de sa carrière. Membre de sociétés d’auteurs comme la SACEM et la SACD, il s’inscrit durablement dans le paysage professionnel du spectacle vivant francophone, entre Suisse et France.


Contexte du décès

Grand fumeur, Bernard Haller souffre de problèmes pulmonaires graves au tournant des années 2000. Après plusieurs décennies de carrière entre Genève et Paris, il se retire en Suisse et vit notamment à Versoix, sur les bords du Léman. Il décède à Genève le 24 avril 2009, à l’âge de 75 ans, des suites de complications respiratoires. Une cérémonie religieuse est organisée au temple de Chêne-Bougeries, en présence de sa famille et de nombreux proches du monde artistique suisse et français. Peu avant sa disparition, un DVD rétrospectif consacré à son œuvre scénique et télévisuelle est publié, contribuant à fixer une mémoire accessible de ses sketches et de ses personnages.


Où se recueillir ?

Les personnes souhaitant se recueillir peuvent se rendre au cimetière de Chêne-Bougeries, près de Genève, où Bernard Haller est inhumé. Sa sépulture y est identifiée et régulièrement mentionnée dans les notices biographiques et guides des cimetières genevois. Parallèlement, plusieurs archives audiovisuelles de la Radio Télévision Suisse conservent ses prestations pour la scène et la télévision, offrant un autre lieu de mémoire, accessible à distance, de son travail d’acteur et d’humoriste.


Anecdotes

1 - Au début des années 1970, alors qu’il envisage de renoncer à la scène, une rencontre déterminante avec Pierre Fresnay à la Michodière le convainc de poursuivre. Le triomphe d’Et alors ? et l’obtention du prix du Brigadier confirment ce choix décisif.
2 - Sa popularité dépasse largement le cadre du cabaret grâce au doublage : la voix de Pollux dans Le Manège enchanté et celle de Rantanplan dans plusieurs films et séries de Lucky Luke marquent durablement des générations de téléspectateurs francophones.
3 - Son univers scénique repose souvent sur des jeux de langue et d’allitérations, comme dans le sketch « Coco le concasseur de cacao » ou dans le célèbre numéro du « Concertiste », où un pianiste commente son interprétation de Beethoven tout en laissant affleurer ses doutes et ses faiblesses.
4 - Parmi les phrases qui lui sont attribuées figure une réflexion devenue citation fréquente sur le thème de la réputation : « Les scandales sont comme les trous aux chaussettes. On ne s’en inquiète pas tant qu’on est le seul à en connaître l’existence », régulièrement reprise dans des recueils de pensées et d’aphorismes.


Points clés

- Métier(s) : Acteur, humoriste
- Résidence principale : Versoix, près de Genève (Suisse)
- Relations : Mariages avec Noëlle Favre puis Antje Haller-Christiansen
- Enfants : Sylvie Haller-Xylouris, Marc Haller
- Distinctions : Prix du Brigadier (1972), prix dramatique de la SACD (1975), commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres, prix de la Ville de Genève