Claude Joseph Rouget de Lisle

1760–1836 · † à 76 ans
Naissance
10 mai 1760
Lons-le-Saunier (39), France
Décès
Nationalité
Astrologie

Biographie

Claude Joseph Rouget de Lisle, né le 10 mai 1760 à Lons-le-Saunier et mort le 26 juin 1836 à Choisy-le-Roi, est un officier français du génie et écrivain, auteur en avril 1792 du Chant de guerre pour l'armée du Rhin, devenu La Marseillaise puis hymne national de la République française en 1879.


Parcours

Aîné des huit enfants de Claude Ignace Rouget, avocat au bailliage de Lons-le-Saunier, et de Jeanne Madeleine de Gaillande, Claude Joseph Rouget passe son enfance à Montaigu, dans le Jura, où il apprend tôt le violon. À seize ans, il intègre l'École militaire de Paris, puis l'École royale du génie de Mézières, où était passé avant lui Lazare Carnot. C'est à cette occasion qu'il ajoute à son patronyme la désinence « de Lisle », empruntée à son grand-père. Il en sort officier en 1784 et est successivement affecté à plusieurs garnisons, dont Mont-Dauphin dans les Hautes-Alpes. Nommé capitaine du génie le 1er avril 1791, il rejoint Strasbourg, où il fréquente le maire Philippe-Frédéric de Dietrich. À la demande de ce dernier, il compose plusieurs chants patriotiques, dont un Hymne à la Liberté sur une musique inspirée d'Ignace Joseph Pleyel, exécuté place d'Armes.

Dans la nuit du 25 au 26 avril 1792, cinq jours après la déclaration de guerre à l'Autriche, il rédige paroles et musique du Chant de guerre pour l'armée du Rhin, dédié au maréchal Nicolas Luckner. Adopté par les volontaires marseillais qui entrent dans Paris le 30 juillet 1792, le chant devient La Marseillaise. Monarchiste constitutionnel, Rouget de Lisle proteste contre la suspension de Louis XVI et est destitué par Lazare Carnot. Réhabilité, il sert à l'armée du Nord puis aux Ardennes, où il se lie au général Le Veneur et à Lazare Hoche, et participe au siège de Namur fin 1792. Emprisonné sous la Terreur, il échappe à la guillotine. En 1795, il combat aux côtés de Hoche lors de l'expédition de Quiberon, puis défend la Convention le 13 vendémiaire aux côtés de Bonaparte. Il démissionne en 1796.


Repères chronologiques

1760 : naissance le 10 mai à Lons-le-Saunier, dans le Jura.
1776 : entrée à l'École militaire de Paris.
1784 : sortie de l'École royale du génie de Mézières comme aspirant-lieutenant.
1791 : promotion capitaine du génie le 1er avril, affectation à Strasbourg.
1792 : composition du Chant de guerre pour l'armée du Rhin dans la nuit du 25 au 26 avril.
1792 : participation au siège de Namur ; ajout des « couplets aux Belges » à la Marseillaise.
1793 : emprisonnement sous la Terreur, échappe à la guillotine.
1795 : participation à l'expédition de Quiberon avec le général Hoche.
1796 : démission de l'armée et retour à Lons-le-Saunier.
1804 : opposition publique à l'instauration de l'Empire par Napoléon Bonaparte.
1825 : publication du recueil Chants français rassemblant cinquante poèmes mis en musique.
1826 : incarcération à la prison de Sainte-Pélagie pour dettes.
1830 : pension viagère accordée par Louis-Philippe Ier ; nomination chevalier de la Légion d'honneur.
1836 : décès le 26 juin à Choisy-le-Roi, au domicile d'Élise Voïart.
1915 : transfert solennel de ses cendres aux Invalides le 14 juillet.


Vie personnelle et engagements

Originaire d'une famille de notables jurassiens, Claude Joseph Rouget grandit à Montaigu auprès de Claude Ignace Rouget, avocat du roi au bailliage et au présidial de Lons-le-Saunier, et de Jeanne Madeleine de Gaillande. Deux de ses grands-pères exerçaient des charges judiciaires. Il est l'aîné d'une fratrie de huit enfants comprenant notamment Claude Pierre Rouget, futur maréchal de camp et chevalier de Saint-Louis, et Théodore Hippolyte Rouget, commissaire de marine à Saint-Servan. Aucune source biographique ne lui attribue de mariage ni de descendance directe : sa généalogie, étudiée notamment par son neveu Amédée Rouget de Lisle, ne mentionne ni épouse ni enfants légitimes.

Royaliste constitutionnel devenu suspect sous la Terreur, il refuse ensuite de servir l'Empire et adresse à Napoléon Bonaparte une lettre restée célèbre : « Bonaparte, vous vous perdez, et ce qu'il y a de pire, vous perdez la France avec vous. » Reçu en loge maçonnique à Strasbourg, il y rencontre Philippe-Frédéric de Dietrich. Vieillissant et endetté, il est recueilli en 1826 par son ancien camarade le général Ange François Blein à Choisy-le-Roi, puis soigné jusqu'à sa mort par l'écrivaine Élise Voïart. Le poète Pierre-Jean de Béranger lui rend visite en prison pour dettes en 1826.


Contexte du décès

Claude Joseph Rouget de Lisle s'éteint le 26 juin 1836 à Choisy-le-Roi, à l'âge de 76 ans, au domicile de l'écrivaine Élise Voïart, qui l'avait accueilli et soigné après plusieurs années de précarité matérielle. La cause médicale exacte du décès n'a pas été précisée par les sources biographiques disponibles. Il meurt dans le dénuement, ayant dû vendre l'héritage paternel et purgé en 1826 une incarcération pour dettes à la prison de Sainte-Pélagie. Le journal Le Siècle publie le 2 juillet 1836 un poème en son hommage intitulé La mort de Rouget de Lisle. Il est inhumé une première fois à Thiais, dans la propriété de son ami le général Ange François Blein, avant le transfert solennel de ses cendres aux Invalides le 14 juillet 1915, en pleine Première Guerre mondiale.


Lieux de mémoire

Ses cendres reposent à l'hôtel des Invalides depuis le 14 juillet 1915, mais sa tombe d'origine au cimetière de Choisy-le-Roi a été conservée. Une statue d'Auguste Bartholdi lui rend hommage à Lons-le-Saunier depuis 1882, et une seconde, œuvre de Léopold Steiner, est érigée à Choisy-le-Roi. Sa maison natale de Lons-le-Saunier abrite un musée depuis 1996.


Anecdotes

1 - La désinence « de Lisle » accolée à son patronyme n'est pas un titre de noblesse personnel : il l'emprunte à son grand-père au moment de candidater à l'École royale du génie de Mézières, ouverte aux roturiers.
2 - Selon plusieurs musicologues, dont Arthur Loth, la mélodie de La Marseillaise serait dérivée d'un air de l'oratorio Esther composé en 1784 ou 1787 par Jean-Baptiste-Lucien Grisons, maître de chapelle de la cathédrale de Saint-Omer.
3 - Hector Berlioz livre en 1830 une orchestration de La Marseillaise (H51A) et du Chant du 9 Thermidor (H51bis) qu'il dédie expressément à Rouget de Lisle.
4 - À la suite du siège de Namur, fin 1792, il ajoute à La Marseillaise deux strophes intitulées « couplets aux Belges », imprimées sur place mais oubliées par la postérité.
5 - Le carillon du théâtre de Lons-le-Saunier égrène à chaque heure les premières notes de La Marseillaise pour rappeler aux habitants l'origine jurassienne de leur compositeur.
6 - Un train Corail diurne reliant Strasbourg à Nice via Lons-le-Saunier portait le nom Le Rouget-de-Lisle jusqu'à sa suppression le 9 juin 2001.


Points clés

- Métier(s) : officier du génie, capitaine de l'armée française, poète et compositeur
- Résidence principale : Choisy-le-Roi en fin de vie, après Lons-le-Saunier, Strasbourg, Paris et Montaigu
- Relations de couple : aucune union ni descendance documentée par les sources biographiques
- Enfants : aucun enfant connu
- Distinctions : chevalier de la Légion d'honneur (1830), pension viagère accordée par Louis-Philippe Ier


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Autres militaires nés dans les années 1760

Citations

« Bonaparte, vous vous perdez, et ce qu'il y a de pire, vous perdez la France avec vous ! »

— Lettre à Napoléon Bonaparte, citée par André Castelot dans Bonaparte (Perrin)

Mourir pour la patrieC'est le sort le plus beau, le plus digne d'envie !
« Bonaparte, vous vous perdez, et ce qu'il y a de pire, vous perdez la France avec vous ! »

— Lettre à Napoléon Bonaparte, citée par André Castelot dans Bonaparte (Perrin)

Mourir pour la patrieC'est le sort le plus beau, le plus digne d'envie !

Questions autour de Claude Joseph Rouget de Lisle

Qui est Claude Joseph Rouget de Lisle ?
Claude Joseph Rouget de Lisle est un officier français du génie et un écrivain, auteur en avril 1792 du Chant de guerre pour l'armée du Rhin, devenu La Marseillaise.
Pourquoi Claude Joseph Rouget de Lisle est-il célèbre ?
Il est l'auteur des paroles et de la musique de La Marseillaise, composée à Strasbourg dans la nuit du 25 au 26 avril 1792 et adoptée comme hymne national français en 1879.
Où Claude Joseph Rouget de Lisle a-t-il composé La Marseillaise ?
Il l'a composée à Strasbourg, où il était capitaine du génie dans l'armée du Rhin, à la demande du maire Philippe-Frédéric de Dietrich, dans la nuit suivant la réception du 25 avril 1792.
Claude Joseph Rouget de Lisle était-il marié ?
Aucune source biographique ne lui attribue de mariage ni de descendance directe ; il est mort célibataire en 1836 au domicile de l'écrivaine Élise Voïart.
Comment Claude Joseph Rouget de Lisle a-t-il fini sa vie ?
Il a fini sa vie dans la précarité, contraint de vendre l'héritage paternel et incarcéré pour dettes en 1826, recueilli ensuite par le général Ange François Blein puis par Élise Voïart à Choisy-le-Roi.
Où sont enterrées les cendres de Claude Joseph Rouget de Lisle ?
Ses cendres ont été transférées solennellement à l'hôtel des Invalides à Paris le 14 juillet 1915, mais sa tombe d'origine au cimetière de Choisy-le-Roi a été conservée.
Qui est né le même jour que Claude Joseph Rouget de Lisle ?
Salma Bennani, Meg Foster, Damso, Owen Simonin et Emmanuelle Devos sont nés le 10 mai comme Claude Joseph Rouget de Lisle.
À quel âge est mort Claude Joseph Rouget de Lisle ?
Claude Joseph Rouget de Lisle est mort à 76 ans, le 26 juin 1836.
Qui est mort le même jour que Claude Joseph Rouget de Lisle ?
Fernand Guiot, Matti Makkonen, Lalo Schifrin, Joseph-Michel Montgolfier et Édith Scob sont morts le 26 juin comme Claude Joseph Rouget de Lisle.
Quels militaires sont du signe Taureau comme Claude Joseph Rouget de Lisle ?
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