Née à Paris le 23 mai 1908 et morte à Guyancourt le 30 novembre 1934, Hélène Boucher est une aviatrice française qui a détenu plusieurs records du monde de vitesse en 1934 avant de se tuer à 26 ans lors d'un vol d'entraînement à bord d'un Caudron Rafale.
Fille de Léon Boucher, architecte parisien, et d'Élisabeth Hélène Dureau, Hélène Antoinette Eugénie Boucher grandit entre l'appartement familial du 169 rue de Rennes et la propriété de Boigneville, en Eure-et-Loir. Surnommée Léno, anagramme des prénoms de son père Léon et de son frère Noël, elle passe par le lycée Montaigne puis le collège Sévigné, où elle se lie d'amitié avec Dolly Van Dongen, fille du peintre Kees van Dongen. À seize ans, elle obtient son permis de conduire et se passionne pour la mécanique. La mort en vol du sergent-pilote Jean Huber, ami de son frère, le 1er août 1930, décide de sa vocation. Elle effectue son baptême de l'air le 4 juillet 1930 à Orly avec Henry Le Folcalvez. Henri Farbos, fondateur de l'aéroclub des Landes, l'accueille à Mont-de-Marsan, où Henri Liaudet devient son moniteur. Elle obtient son brevet de pilote de tourisme le 21 juin 1931.
En juin 1932, après cent heures de vol et un vol de nuit, elle décroche son brevet de pilote professionnel de transport public, devenant la quatrième Française à l'obtenir après Adrienne Bolland, Maryse Bastié et Maryse Hilsz. Elle tente un raid Paris-Saïgon qui s'interrompt près de Naples, puis remporte en 1933 le record d'altitude féminin pour avion léger deuxième catégorie à 5 900 mètres, sur un Mauboussin Corsaire. Formée à l'acrobatie aérienne par le champion de voltige Michel Détroyat, elle signe en juin 1934 un contrat avec Caudron-Renault, à l'embauche décidée par François Lehideux, administrateur délégué de Renault. Le 8 août 1934, aux commandes d'un Caudron C.450, elle enlève les records internationaux de vitesse toutes catégories sur 100 km à 412 km/h et sur 1 000 km à 409 km/h, ce dernier étant détenu jusqu'alors par Maurice Arnoux.
1908 : naissance à Paris 14e, le 23 mai
1924 : obtention du permis de conduire à 16 ans
1930 : baptême de l'air à Orly le 4 juillet, avec Henry Le Folcalvez
1931 : brevet de pilote de tourisme le 21 juin, à Mont-de-Marsan
1932 : brevet de pilote professionnel de transport public, en juin
1933 : raid Paris-Saïgon interrompu près de Naples, début d'année
1933 : record d'altitude féminin pour avion léger à 5 900 mètres, en août
1933 : conférence "Impressions d'acrobatie aérienne" au Petit Palais, le 28 novembre
1934 : engagement militant aux côtés de Louise Weiss pour le vote des femmes
1934 : signature du contrat avec Caudron-Renault, en juin
1934 : records internationaux de vitesse sur 100 km et 1 000 km, le 8 août
1934 : record du monde féminin de vitesse à 445 km/h, le 11 août
1934 : accident mortel à Guyancourt le 30 novembre, à bord d'un Caudron C.430 Rafale
1934 : Légion d'honneur à titre posthume et hommage national aux Invalides, en décembre
1934 : Prix Monique Berlioux de l'Académie des sports, décerné en fin d'année
Hélène Boucher grandit entre Paris, où la famille réside au 169 rue de Rennes, et la propriété de Boigneville, près de Yermenonville, en Eure-et-Loir, où elle est envoyée pendant la Première Guerre mondiale. Son père Léon Boucher est architecte parisien, sa mère Élisabeth Hélène Dureau tient le foyer, et son frère aîné Noël joue un rôle décisif dans son entourage, c'est par lui qu'elle rencontrera le sergent-pilote Jean Huber. Adolescente, elle séjourne en Angleterre pour apprendre la langue et se passionne pour la littérature anglaise, en particulier Charles Dickens. Scolarisée au lycée Montaigne puis au collège Sévigné, premier établissement secondaire laïque pour jeunes filles en France, elle y noue une amitié durable avec Dolly Van Dongen, fille du peintre Kees van Dongen.
Hélène Boucher reste célibataire et sans enfant. En 1934, elle rejoint le combat féministe aux côtés des aviatrices Maryse Bastié et Adrienne Bolland, et milite pour le droit de vote des Françaises au sein du mouvement animé par Louise Weiss. Sur les aérodromes, elle évolue dans le cercle des pilotes Raymond Delmotte, Michel Détroyat et Maurice Arnoux, et travaille étroitement avec Marcel Riffard, chef du bureau d'études de Caudron-Renault et concepteur du Caudron Rafale. Elle accepte de promouvoir la Renault Vivasport, dessinée par Riffard, dans le cadre de son contrat avec la marque. Passionnée de mécanique automobile autant qu'aéronautique, elle conduit elle-même ses voitures de course.
Le 30 novembre 1934, aux commandes d'un Caudron C.430 Rafale, Hélène Boucher se tue lors d'un vol d'entraînement sur l'aérodrome de Guyancourt. La presse de l'époque évoque une perte de vitesse à l'atterrissage et une possible inversion involontaire des commandes : l'appareil accroche la cime des arbres au-dessus du bois de la Croix, à Magny-les-Hameaux, et s'écrase près de la route de la Butte aux Chênes, à Brouessy. Les pilotes Raymond Delmotte, Fouquet et Goury, témoins de l'accident, la dégagent grièvement blessée. Elle meurt dans l'ambulance en route vers l'hôpital de Versailles, dans la côte de Satory. Un hommage national, premier du genre rendu à une femme, est célébré à la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides à Paris, où son cercueil est exposé deux jours. Le ministre de l'Air Victor Denain et l'écrivain et officier René Chambe rédigent les citations officielles.
Hélène Boucher est inhumée au cimetière de Yermenonville, en Eure-et-Loir, commune où elle passa son enfance. Une stèle indique l'emplacement de l'accident à Magny-les-Hameaux, près de la demeure de l'aviateur Henri Farman. Une sculpture signée Camille Toutée Bonhomme a été inaugurée à Voisins-le-Bretonneux. Le lycée Hélène-Boucher à Paris et de nombreuses rues, écoles et collèges en France perpétuent sa mémoire.
1 - Son surnom de Léno, qu'elle conserve toute sa vie, est l'anagramme formée du prénom de son père Léon et de celui de son frère Noël, un détail rapporté par Wikipédia et la presse locale landaise.
2 - Bilingue dès l'adolescence après un séjour en Angleterre, Hélène Boucher cultivait une passion pour la littérature anglaise et lisait Charles Dickens dans le texte.
3 - Au terme de sa formation à la voltige, le champion Michel Détroyat avait pronostiqué à son sujet : "Dans quelques mois, elle sera la meilleure acrobate du monde !"
4 - Sous contrat de promotion avec Renault, elle posait au volant de la Vivasport 6 cylindres, dessinée par Marcel Riffard, l'ingénieur qui concevait également les Caudron Rafale qu'elle pilotait.
5 - Le 28 novembre 1933, deux jours avant un meeting au Grand Palais, elle donna au Petit Palais une conférence intitulée "Impressions d'acrobatie aérienne", éditée par le Comité des œuvres sociales du ministère de l'Air.
6 - Au collège Sévigné, premier établissement secondaire laïque français pour jeunes filles, elle s'était liée d'amitié avec Dolly Van Dongen, fille du peintre Kees van Dongen.
- Métier(s) : aviatrice, pilote d'essai, recordwoman de vitesse
- Résidence principale : Paris (169 rue de Rennes) et propriété familiale de Boigneville (Eure-et-Loir)
- Relations de couple : aucune union ni partenaire officiel documenté
- Enfants : aucun
- Distinctions : Légion d'honneur à titre posthume (décret du 4 décembre 1934), citation à l'ordre de la Nation, Prix Monique Berlioux de l'Académie des sports 1934
506 voies portent son nom en France, ce qui en fait l'une des personnalités les plus présentes dans l'odonymie française.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
« Voler est la seule chose qui me donne l'impression d'être vivante. »
— Citation rapportée par Theatrum Belli et la Mairie du 7e arrondissement de Lyon, attribuée à Hélène Boucher au moment de sa décision de se consacrer à l'aviation (1930)
« Voler est la seule chose qui me donne l'impression d'être vivante. »
— Citation rapportée par Theatrum Belli et la Mairie du 7e arrondissement de Lyon, attribuée à Hélène Boucher au moment de sa décision de se consacrer à l'aviation (1930)