Boxeuse algérienne née le 2 mai 1999 à Aïn Sidi Ali, Imane Khelif est devenue championne olympique des moins de 66 kg aux Jeux de Paris 2024. Devenue cible mondiale d'une polémique sur son éligibilité dans les catégories féminines, elle reste l'une des sportives les plus discutées de sa génération.
Imane Khelif grandit dans le village de Biban Mesbah, dans la commune d'Aïn Bouchekif (wilaya de Tiaret). Initialement attirée par le football, qu'elle pratique avec les garçons de son village, elle découvre la boxe sur le conseil du frère d'une amie qui s'entraîne au club de la Protection civile de Tiaret. Là, l'entraîneur Mohamed Chaoua, qui cherche à monter une équipe féminine, repère son potentiel et l'intègre au groupe. Pour financer ses déplacements, elle vend de la ferraille et du pain. Elle quitte le lycée en deuxième année pour rejoindre l'Institut des sciences et technologies du sport à Aïn Benian, près d'Alger. Sa première grande échéance internationale est le championnat du monde de New Delhi en 2018, où elle termine 17e. Aux Jeux olympiques de Tokyo 2020, disputés en 2021, elle est éliminée en quart de finale par l'Irlandaise Kellie Harrington, future championne olympique.
Son parcours bascule à partir de 2022 : médaille d'or aux Jeux méditerranéens d'Oran, médaille d'argent aux championnats du monde d'Istanbul, titre africain à Maputo. Lors des Mondiaux 2023 de New Delhi, elle est disqualifiée par l'International Boxing Association (IBA) avant la finale, après des tests d'éligibilité de genre dont les résultats sont contestés. Le manager niçois Nasser Yefsah, qui la suit depuis Oran, structure alors un projet olympique avec le ministère algérien des Sports. Elle se licencie au club Poing d'1 PACTE 65 à Tarbes auprès de Karim Aiouaz, puis au Nice Azur Boxe. Pour la préparation finale, elle s'entraîne à Miami avec l'Américano-Cubain Pedro Diaz. À Paris, le 9 août 2024, elle bat la Chinoise Yang Liu en finale et devient la première boxeuse africaine sacrée championne olympique.
Aux Jeux de Paris, Imane Khelif est la cible d'une campagne mondiale remettant en cause son éligibilité dans la catégorie féminine, après son combat de 46 secondes contre l'Italienne Angela Carini, qui abandonne. Des personnalités comme Donald Trump, Elon Musk et J. K. Rowling relaient ces accusations. Soutenue par le Comité international olympique, qui juge les tests de l'IBA non crédibles, elle dépose plainte le 10 août 2024 à Paris pour cyberharcèlement aggravé via son avocat Nabil Boudi ; le parquet de Paris ouvre une enquête. En mai 2025, World Boxing impose un test génétique à toutes les boxeuses pour détecter le gène SRY ; Khelif saisit le Tribunal arbitral du sport (TAS) le 5 août 2025. Le 4 février 2026, dans une interview à L'Équipe, elle reconnaît être porteuse du gène SRY et avoir suivi un traitement hormonal pour faire baisser sa testostérone avant les JO 2024, tout en réaffirmant ne pas être transgenre.
1999 : naissance le 2 mai à Aïn Sidi Ali, wilaya de Laghouat
2018 : 17e aux championnats du monde de New Delhi
2021 : quart-de-finale aux Jeux olympiques de Tokyo
2022 : or aux Jeux méditerranéens d'Oran et argent aux Mondiaux d'Istanbul
2022 : titre africain à Maputo
2023 : disqualification controversée des Mondiaux de New Delhi par l'IBA
2023 : qualification olympique au tournoi africain de Dakar en septembre
2024 : devient ambassadrice de l'UNICEF en Algérie le 31 janvier
2024 : médaille d'or olympique aux moins de 66 kg le 9 août à Paris
2024 : décorée le 14 août de l'Ordre du Mérite national au rang d'Ahid
2024 : plainte pour cyberharcèlement aggravé déposée à Paris
2025 : appel devant le TAS contre la décision de World Boxing le 5 août
2026 : révèle dans L'Équipe le 4 février être porteuse du gène SRY
2026 : combat professionnel programmé à la Salle Wagram reporté en avril après une blessure à l'épaule
Imane Khelif est née dans une famille très modeste. Son père, Omar Khelif, est soudeur sans emploi stable, parfois berger ; sa mère, sans profession, élève les enfants au foyer. Elle est l'aînée d'une fratrie de six enfants. Elle grandit dans le village de Biban Mesbah, à dix kilomètres du centre de Tiaret, dans une région semi-désertique de l'ouest algérien. Sa mère vend du couscous, et Imane récupère métal et plastique pour financer les bus vers le club de la Protection civile de Tiaret. Initialement opposé à sa pratique de la boxe, son père prend publiquement sa défense en 2024, en présentant aux journalistes les documents d'identité de sa fille pour réfuter les rumeurs sur son genre.
Le 31 janvier 2024, elle devient ambassadrice nationale de l'UNICEF en Algérie pour la période 2024-2026, sur nomination de la représentante Katarina Johansson. Après son sacre olympique, elle est décorée par le président Abdelmadjid Tebboune de l'Ordre du Mérite national. Elle s'installe principalement à Paris, où elle s'entraîne dans une salle de boxe et bénéficie de l'encadrement de l'ancien boxeur Brahim Asloum pour son passage chez les professionnels. Elle est la figure de proue d'une marque algérienne de cosmétiques et a fait la couverture de Vogue Arabia ainsi que du magazine M du Monde en 2024.
1 - Adolescente, Imane Khelif jouait au football avec les garçons de son village avec un tel engagement que ses adversaires masculins, vexés d'être surclassés, déclenchaient régulièrement des bagarres ; selon UNICEF, c'est sa capacité à esquiver leurs coups qui l'a orientée vers la boxe.
2 - Pour rallier la salle de boxe située à dix kilomètres de Biban Mesbah, elle ramassait ferraille et plastique de récupération qu'elle revendait, pendant que sa mère vendait du couscous, afin de réunir le prix du bus.
3 - Lors du tournoi de qualification olympique de Dakar en septembre 2023, sous suivi médical décrit par elle-même, elle a fait baisser son taux de testostérone à zéro et remporté le tournoi des moins de 66 kg, selon ses déclarations à L'Équipe en février 2026.
4 - Son entraînement final pour Paris 2024 s'est déroulé entre Miami, Las Vegas et Nice, sous la direction de l'Américano-Cubain Pedro Diaz, ancien coach de l'équipe nationale cubaine de boxe.
5 - En avril 2026, son retour professionnel prévu à la Salle Wagram à Paris contre l'Allemande Julia Igel, organisé par Brahim Asloum, a été reporté à la suite d'une blessure à l'épaule gauche contractée à l'entraînement.
- Métier(s) : boxeuse professionnelle, championne olympique, ambassadrice UNICEF
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : non documentées dans les sources consultées
- Enfants : non documentés dans les sources consultées
- Distinctions : médaille d'or olympique 2024 (-66 kg), Ordre du Mérite national algérien au rang d'Ahid (2024), médaille d'or aux Jeux méditerranéens 2022, médaille d'argent aux championnats du monde 2022, titre africain 2022
« Je veux devenir celle qui, pour la première fois dans le sport algérien, parviendra à conserver son titre olympique. »
— Interview L'Équipe, 4 février 2026
« Je suis issue d'une famille conservatrice. La boxe n'était pas un sport très pratiqué par les femmes, surtout en Algérie. C'était difficile. »
— Interview Canal Algérie, juillet 2024
« Je suis une femme comme les autres, j'ai fait l'objet d'attaques et d'une campagne féroce et c'est la plus belle réponse que je puisse donner. »
— Déclaration relayée par RMC Sport, août 2024
« J'ai des hormones féminines. Et les gens ne le savent pas, mais j'ai pris des traitements hormonaux pour faire baisser mon taux de testostérone pour des compétitions. Je ne suis pas une transsexuelle. Ma différence, elle est naturelle. Je suis comme ça. Je n'ai rien fait pour changer la manière dont la nature m'a faite. »
— Interview L'Équipe, 4 février 2026
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— Interview L'Équipe, 4 février 2026
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— Interview Canal Algérie, juillet 2024
« Je suis une femme comme les autres, j'ai fait l'objet d'attaques et d'une campagne féroce et c'est la plus belle réponse que je puisse donner. »
— Déclaration relayée par RMC Sport, août 2024
« J'ai des hormones féminines. Et les gens ne le savent pas, mais j'ai pris des traitements hormonaux pour faire baisser mon taux de testostérone pour des compétitions. Je ne suis pas une transsexuelle. Ma différence, elle est naturelle. Je suis comme ça. Je n'ai rien fait pour changer la manière dont la nature m'a faite. »
— Interview L'Équipe, 4 février 2026